mardi 23 juin 2015

Relations clubs - Administration, La JSM Béjaïa confirme le modèle algérien


                                                                                                                                     
La semaine dernière s’est achevée sur un fait lié au monde du football rapporté comme si de rien n’était, comme un fait divers sportif, une information sans importance, par la presse sportive nationale. Une information qui, si elle concerne un club (la JSM Béjaïa) en proie à une crise indescriptible et incompréhensible, traduit en réalité le mode de fonctionnement des clubs sportifs algériens, ces SSPA supports de la promotion du professionnalisme imposé par les instances sportives internationale (FIFA et CAF pour ce qui concerne l’Afrique).
Dans leur vision du monde sportif, ces instances sportives ont privilégié, sous l’impulsion du libéralisme (l’idéologie dominante dans les pays occidentaux avec pour pivot la Suisse) la primauté du marché comme moteur du développement de la pratique de la discipline sportive qu’elles régissent sur une aire géographique (Europe, Amériques, Asie, Océanie) définie par sa richesse économique où la régulation par les pouvoirs publics (les Etats) est quasiment inexistante, remplacée par un équilibrage via « les mains invisibles » et les puissances d’argent.
La JSM Béjaïa, club professionnel algérien par excellence, - après une embellie d’environ une décennie – connait une période de remous et de déstabilisation qui l’ont conduit des cimes du football algérien (elle est détentrice d’une Coupe d’Algérie, de participations aux compétitions continentales signe qu’elle a fait partie de l’élite footballistique) à une relégation en Ligue 2 où elle tente d’échapper à une seconde relégation consécutive qui la conduirait en « Division Nationale Amateur », l’excluant ainsi du monde des professionnels.
Au lancement du professionnalisme, la JSM Béjaïa a présenté un des modèles possibles de la mise en place de ce mode de gestion et de fonctionnement du football. Elle a fait partie, dès les premiers mois, de ces clubs qui ont ouvert très rapidement leur capital social en le portant à plusieurs milliards de centimes contrairement à la majorité des clubs qui se sont contraints à respecter la limite juridique minimale par un souci de restreindre la dispersion du pouvoir de décision en des mains amicales, d’éviter l’éparpillement.
Comme toutes les entreprises du secteur privé algérien et bon nombre d’institutions, le fonctionnement des SSPA est par essence paternaliste et gérontocrate. L’état de faiblesse du dirigeant entraine un émoustillement des appétits de pouvoirs et la naissance puis l’attisement des rivalités internes. C’est dans ce cycle de dégradation et de décadence que s’est retrouvée la JSMB avec la remise en cause de Boualem Tiab et consorts précédée par la détérioration de l’état de santé du patriarche qui avait porté pendant des années un club qui avait été petit parmi les petits.
La fratrie des Tiab avait su gérer le club, selon la formule consacrée, « en bon père de famille ». Le rapprochement avec les autorités locales faisait partie des outils de bonne gestion en vue d’une élévation de standing permettant, ainsi à tout un chacun,  un bon retour sur investissements valorisé non pas par des gains financiers mais par une exposition médiatique de qualité.
La situation gravissime de la JSMB (elle joue sa survie sportive en Ligue 2 et son existence en tant que club) a conduit les dirigeants, les sages et la amoureux du club à se tourner vers les autorités locales en tant que dernier recours, en solution ultime au péril né de la discorde régnant au sein, dit-on, du conseil d’administration de la SSPA.

Alors que les difficultés se font pressantes (comme dans nombre de clubs), c’est la périphérie (supporters, anciens dirigeants, anciens joueurs, les fameux « sages et amoureux », les dirigeants du CSA) qui interfère à nouveau après avoir été à l’œuvre dans l’orientation donnée en début de saison. Dans l’impossibilité d’agir légalement, ces mains visibles ne peuvent trouver une aide salvatrice (surtout lorsqu’elle est d’ordre financier, ce qu’elle est trop souvent) qu’auprès des pouvoirs publics, signant ainsi un retour sous l’aile bienfaisante de l’Etat régulateur et démontrant ainsi l’incapacité des forces populaires à se prendre en charge. 

Infrastructures sportives, MCA, le géant SDF

                                                                                                                             

Il est impossible de réfuter la grandeur médiatique, historique et sportive du Mouloudia d’Alger. Le tenterai-t-on que ses dizaines, ses centaines de milliers de supporters, les Chenaoua, seraient  là pour un rappel à l’ordre. Le Mouloudia est porté en effet par un mouvement populaire insondable qui en fait un véritable groupe social. Il est vrai aussi que le MCA, dans sa dimension multidisciplinaire, a été – pendant la vingtaine d’années qu’a duré la Réforme sportive - une somme d’équipes nationales-bis. Avant de connaitre la scission et la naissance du Groupement sportif des Pétroliers, repreneur de toutes les disciplines sportives (sports collectifs, sports individuels, sports de combat) indésirables, au moment de la sécession de la section  football souhaitant revenir au statut antérieur du club, celui de ce fameux « sport civil » perçu par les dirigeants, anciens et nouveaux nourris à la mamelle d’une histoire riche par ses exploits, comme un moyen de recouvrement de son passé.
Le MCA a marqué le mouvement sportif national de son empreinte. Avec des périodes de domination, étalées pendant un quart de siècle, marquées par d’innombrables consécrations nationales et internationales. Le parrainage de la compagnie pétrolière nationale figurant parmi les « majors » du secteur d’activité, une des plus grandes entreprises africaines  a été d’un apport incontestable permettant grâce aux énormes moyens financiers mis à la disposition du club de ratisser toutes les graines de champions apparaissant sur tout le territoire national. C’est cette aide que les dirigeants du MCA d’hier ont rejeté pour retrouver, ce qui à leurs yeux était le plus important : la liberté de gérer à leurs guise ce monument du sport algérien apportant une exposition médiatique inouïe.
Le Mouloudia des Pétroliers d’Alger bénéficiait d’un soutien matériel, organisationnel et financier incomparable. Pendant ces années fastueuses, le MPA était  (toutes proportions gardées) dans le paysage sportif algérien, l’équivalent du Paris Saint Germain actuel, du Barça ou du Réal. Un rouleau compresseur s’appropriant l’élite sportive du pays.
Sur le plan des infrastructures, le MPA jouissait alors à son gré de celles mises à sa disposition par l’Etat et des démembrements et la compagnie pétrolière. L’association sportive vivait sur un grand pied. Les besoins à peine exprimée étaient satisfaits.
L’avènement des clubs sportifs amateurs puis des SSPA (avant la reprise par Sonatrach) a fait du Mouloudia un club comme un autre, obligé de faire feux de tous bois pour survivre, de rameuter ses sympathisants financièrement aisés pour tenir un rang historique valeureux mais sans patrimoine matériel.
Le Mouloudia ne dispose pas d’installations sportives. Même lorsqu’il eut l’opportunité de se voir octroyer la jouissance du stade de Bologhine, il laissa son rival de toujours (l’USMA) s’en emparer. Le Mouloudia se voyait grand, très grand  et les installations de Saint Eugène, étaient, pour les dirigeants de l’époque, indignes de son statut et de l’attraction exercée sur le public.
La conséquence est que le Mouloudia d’aujourd’hui, revenu dans le giron de Sonatrach est dépourvu du strict minimum nécessaire à un fonctionnement relativement correct de son équipe-phare. Elle erre de stade en stade. Surtout en période de disette et quand les Chenaoua expriment leur colère après des résultats insatisfaisant et d’un jeu insipide. Le Mouloudia est un géant aux pieds d’argile, un géant sans domicile fixe, un SDF. Tous les clubs d’Algérie sont dans la même situation. Quelques uns cependant possèdent des biens propres. Tous sont des « pro » à la mentalité amateur. Un seul peut échapper à cette stigmatisation. Un petit club qui a flirté avec les honneurs de la Nationale 1 avant de rejoindre l’enfer de la division nationale amateur et d’accéder avant la fin de la saison en cours en Ligue 2.

Le PAC est le seul et unique à posséder un centre de formation où est hébergée son Académie du football financé sur fonds propres et fournisseur de jeunes athlète de talents à quelques équipes européennes et nationales. L’équipe du Paradou n’a pas attendu (ou quémandé, comme le font si bien les présidents de clubs) l’aide de l’Etat pour se lancer dans la vraie voie du professionnalisme. Ce n’est pas encore la « Massia » ou la « Mestalla ». Loin s’en faut. Mais, il faut bien un début à tout. Un début que le Mouloudia n’a pas su saisir.          

Grands stades, Dépenses somptuaires inutiles !


                                                                                                                               

L’argent du pétrole coule à flots. Tant que la rente pétrolière sera disponible (même avec les restrictions qu’impose le recul foudroyant du prix du baril), les « techniciens » du sport, ces fameux experts que l’on retrouve dans les institutions administratives du mouvement sportif national auront de grands projets ou du moins ils entérineront, adopteront, adosseront les projets somptuaires des dirigeants des associations sportives  proches de leurs sous mais généreux avec ceux de l’Etat et des contribuables.
C’est notre point de vue  sur ces fameux projets de « grands stades » qui fleurissent un peu partout à travers le pays, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et bien sur au Centre où les projets de ce type seront pléthore.  Partout, à Oran, Tizi Ouzou, Constantine, Sétif on annonce, à grands renfort de trompettes, la réalisation de nouveaux stades pouvant accueillir 50 000 spectateurs. Même Béjaïa, qui devait être dotée d’un stade de 30 000 places, s’est trouvée à l’étroit et aurait obtenu des pouvoirs publics la construction d’un stade de 40 000 places.
Ces « grands stades », s’inscrivent dans la ligne des grands projets, des projets d’infrastructures de prestige où ils rejoignent les projets de grandes mosquées dont se dotent les chefs lieux de wilaya. Comme toujours, ce sont les apparences qui sont mises au devant. Pour convaincre les « décideurs » enclins à adopter les points de vue des représentants auto-désignés de la masse populaire, il est fait appel à des situations exceptionnelles, à quelques rencontres-chocs ayant connu une saturation des enceintes sportives, d’incidents  conséquences d’une organisation inadéquate, d’une inadaptation d’infrastructures dépassées où une majorité de resquilleurs occupent les gradins aux dépens de ceux qui ont payé leurs tickets d’entrée.
On oublie de dire que ces situations exceptionnelles sont rares et que, lors de la majorité des rencontres, les stades sont vides. L’affluence fluctue avec les résultats. Les équipes se valent dans la médiocrité, luttent dans le même temps pour le titre ou l’accession et pour la rétrogradation. Il est cependant vrai qu’une dynamique de victoires attirent les supporters et qu’une spirale de défaites les fait déserter les stades.
Mais les statistiques des affluences sont inexistantes. Même si le nombre de tickets vendus pourrait être disponible, il n’est pas divulgué entrainant des polémiques sans fin entre les gestionnaires des stades et les dirigeants de clubs sur le thème du montant de la recette à verser ou à percevoir.
Suite à des surcouts liés aux dépassements des délais de réalisation et d’études précipitées et de ce fait immatures, les couts sont faramineux, supérieurs (en millions d’euros) à ceux de stades de même contenance construits dans d’autres pays du bassin méditerranéen. Des pays dont la population est supérieure à celle de notre pays et qui malgré cela, arrivent difficilement à les remplir régulièrement. Comme nos enceintes sportives de 15 000 et 20 000 places ne sont pas régulièrement remplies. Il s’agit en fait, quelquefois cela est avoué, de se préparer à postuler à l’organisation de manifestations sportives internationales de haut niveau qui ne nous sont pas attribuées.
Les projets de stades sont disproportionnés. Si les grands stades de 40 000 et 50 000 places sont l’apanage de grandes villes où il est vrai (cela ne doit pas être complètement occulté) une certaine masse populaire suit les rencontres, les autres chefs-lieux de wilayas souhaitent eux aussi héberger leurs équipes de « Nationale 2 » (professionnelle et amateurs)  dans de grands stades, de dimensions plus réduites certes mais toujours plus imposants que ceux existants mais aux affluences elles aussi réduites.
On comprend que la rentabilisation de ces infrastructures gigantesques par la billetterie est plus qu’aléatoire à raison de deux rencontres (en moyenne) par mois et qu’il faille utiliser d’autres moyens pour réduire un déficit perceptible dès la conception du projet.

Sauf que la « rentabilisation » d’une infrastructure sportive se détermine par l’importance de la pratique, du niveau de développement du sport, du nombre de rencontres qui se jouent sur un terrain, de la quantité de champions qui en ont émergés. Et que ces infrastructures imposantes et couteuses (dans la réalisation et la maintenance-entretien) sont réservées pour la frime, la parade, les apparences.           

M.O. Béjaïa, La Coupe qui marque…l’Histoire


                                                                                                                               
Après seulement deux saisons en Ligue 1, le Mouloudia de Béjaïa, avec 18 mois seulement de préparation sous la coupe d’Abdelkader Amrani  (vainqueur pour la troisième fois de cette compétition-couperet)  remporte son premier titre majeur (la Coupe d’Algérie) après une rencontre inédite dans les annales du football algérien face au RC Arbaâ, une équipe de la Mitidja ayant accédé en même temps que le M.O.B. parmi l’élite du football national.
Pour les « Crabes », les supporters du club populaire de la capitale des Hammadites, ce titre revêt une saveur particulière. Ils ont rejoint dans le palmarès, leurs voisins et rivaux irréductibles de la JSM Béjaïa qui se l’était approprié en 2008 et qui cette saison évolue en Ligue 2, alors que leur équipe favorite est encore concernée par la conquête du titre de champion.
On comprend donc que leur joie soit démultipliée. Bien que la rivalité entre les deux galeries soit intense, elle n’est pas aussi systématique et mesquine que l’on aurait tendance à le croire. Dans les moments de liesse, les plus irréductibles savent faire la part des choses en encourageant l’ « autre » équipe, en se déplaçant et en se mêlant avec les supporters, en partageant ces moments de bonheur fugace. Un phénomène qui n’est pas aussi anodin qu’il le parait. Un peu comme si les Chenaoua se plaçaient aux côtés des supporters de l’USMA ou les Sanafirs auprès des Mocistes, etc.
Malgré les dérapages et les égarements verbaux de quelques supporters zélés pendant les jours qui ont précédés la finale, il a été remarquable de noter que les dirigeants du club se sont comportés non pas comme des représentants de la cité historique mais de toute une région, d’un arrière pays sans lequel elle ne serait pas ce qu’elle est. La répartition et la gratuité des billets d’entrée au stade Tchaker est révélatrice de cet état d’esprit, de la communion qui anime les cœurs que l’on soit de la ville, de la « vallée de la Soummam », qui a fourni de nombreux joueurs de qualité aux deux grandes équipes de la wilaya, ou du Sahel, cette bande littorale Est, réputée pour ses plages (Tichy, Aokas, Souk El Tenine, etc.), qui conduit vers Kherrata.
Cité multimillénaire, Béjaïa est aussi au carrefour de deux couloirs géographiques porteurs séculaires d’Histoire, de populations refusant de plier devant les invasions. Kherrata, symbole de la ville-martyr du 8 mai 1945, s’allie à Ifri-Ouzellaguen du 20 août 1956, du congrès et de la plate-forme de la Soummam (moments forts de la guerre de libération) mais aussi à Tazmalt, Akbou, Sidi Aïch, El Kseur ou encore Amizour, marqueurs de la pensée ouverte vers d’autres horizons.     
La victoire du MOB s’inscrit dans la longue lignée des exploits des associations sportives de la wilaya. Sidi Aïch et Akbou prenaient part au championnat national de division 2 des années 80 et les équipes de volley ball (féminines et masculines) de Béjaïa et d’El Kseur rivalisaient déjà en ce temps-là  avec les ténors nationaux, africains et arabes  de « la balle au filet ». Les collégiennes d’Ifri-Ouzellaguen passionnées de « la petite balle » jouée sur des terrains impropres à la pratique sportive s’embarquaient pour l’Afrique.
Bien avant, depuis et avant la proclamation de l’Indépendance, les pugilistes faisaient tourner en bourrique leurs adversaires. Et, plus tard, vint Soraya Haddad et tant d’athlètes qui firent et font honneur aux couleurs nationales. 
Pourraient-on oublier l’athlétisme bougiote qui submerge l’athlétisme national en s’accaparant près de la moitie des places du « Top 20 » par clubs dont une deuxième derrière l’inabordable GSP. Sans compter la deuxième place aux classements des ligues.

La victoire du MOB couronne une période historique. Mais, elle est aussi, le symbole d’une wilaya sportive où la pratique multidisciplinaire n’est pas un vain mot. Y compris dans les bourgades les plus reculées et malgré l’absence de moyens.      

Salaires des joueurs, Chicoto and c°



Mohamed Chicoto est un joueur recruté l’été dernier par l’ASM Oran. Un joueur nigérien qui ne s’est pas trop fait remarquer par ses exploits sportifs bien qu’il ait été retenu pour faire partie de l’équipe nationale de son pays et qu’il ait participé à trois éditions de la Coupe d’Afrique des Nations. Comme tous les joueurs de football, Chicoto n’a pas été exempté de la phase d’adaptation et d’intégration à sa nouvelle équipe, à sa manière de jouer, à l’organisation de son nouveau club. Une phase qui est commune à tous les joueurs y compris les plus grands qui se retrouvent en outre en pays étrangers, dans des sociétés dont les règles de vie sont différentes de celles du pays d’où l’on vient et où communiquer n’est pas toujours aisé.
Comme beaucoup de ses pairs, les joueurs algériens et les joueurs étrangers évoluant dans le championnat professionnel de football, Chicoto a bénéficié d’une avance correspondant à trois mois de salaires qu’il a été tout heureux d’empocher. Un pactole qui laissait présager, pour ce joueur subsaharien (l’observation est tout aussi valable pour un joueur algérien), le paradis. Mohamed Chicoto s’est retrouvé exactement dans la situation de dépaysement qui serait celle d’un joueur algérien qui s’expatrierait pour jouer en Tunisie, en Egypte, en Turquie, dans un des pays des Balkans, etc., et s’engagerait dans un football véritablement professionnel (ou du moins plus professionnel que celui que l’on vient de quitter) et où la rémunération serait, semble-t-il plus conséquente, parce que perçue dans une monnaie convertible ou aisément convertible.
Pour son malheur, Chicoto n’a pas eu le temps d’exprimer son talent, de montrer sa valeur footballistique. Préparation estivale, quelques matchs d’application et amicaux et une sélection ave son équipe nationale qui lui vaut de revenir à Oran, à l’ASMO, avec une blessure. Un contexte des plus perturbateurs pour un joueur à la recherche de ses repères. Une situation qui s’aggrave avec la non-perception de salaires, modifie les attentes, les perspectives et les projets. Heureusement, tous les autres joueurs sont concernés ce qui  atténue un tant soit peu la colère, le sentiment de révolte qui gronde au fond de l’esprit.
Mohamed Chicoto ne fait pas de vagues. Il retient son amertume. Fais comme les autres. Il attend le versement des salaires qui … s’éternise. Pendant 6 mois, il ne voit rein venir. Rien qui ressemble à ne subvention, à un apport d’argent frais par des sponsors. Rien de rien, toujours rien ! Jusqu’au jour, où il apprend incidemment qu’une partie de ses coéquipiers a perçu quelques mensualités.      
Mohamed ne comprends pas que ses dirigeants n’aient pas pensé à faire un geste envers lui, l’expatrié ne disposant d’aucune autre ressource dans le pays. Le mettre simplement dans le groupe des premiers payés. Puisqu’il y a plusieurs groupes, une sorte hiérarchisation des prioritaires. Il s’est senti dans la peau d’un mendiant quémandant quelques sous pour survivre alors que dans les comptes du club des millions par centaines auraient du être versé dans son propre compte. Un mendiant sans le sou dormant sur un tas de billets virtuels. D’un immigrant clandestin qui doit se faire petit.
Mohamed a rué dans les brancards, a fait entendre sa voix, a réclamé son argent. Rien de plus, l’argent qu’on lui doit. Des confrères ont sauté sur l’opportunité offerte pour médiatiser le sujet et fustiger les dirigeants de l’ASMO. En partie à juste raison. Mais, aussi avec des intentions inavouées et inavouables de nuire à l’association et au joueur, invoquant sa blessure, le désir de libérer à la fin de la saison, etc. Des pratiques de bas étage que l’on met en avant lorsque l’on veut dénouer un contrat qui dérange.
Mohamed Chicoto a su garder raison. Pas trop de bruit, pas de propos inconsidérés. Réduisant à néant les vaticinations journalistiques, il a vu la solution dans la saisie de la chambre de résolution des litiges quoiqu’il lui en coûte. Une menace (ou une réalité) qui n’avait pas besoin d’être brandie

Finalement, les dirigeants de l’équipe oranaise se sont fait entendre. Chicoto sera payé avec le second groupe. Tout est bien qui finit bien. Mais, à nouveau, ils (les dirigeants) ont été piégés pour n’avoir pas su communiquer avec leurs propres joueurs.  

Les "manipulateurs", On en trouve à profusion


Il ne se passe pas un jour sans que l’on évoque dans la presse sportive des histoires de….manipulation ayant lieu dans ce microcosme qu’est le football algérien. Il faut entendre par là que des responsables de clubs sportifs professionnels (le phénomène pourrait aussi être étendu à l’ensemble du mouvement sportif national), rencontrant des difficultés économique, relationnelles, organisationnelles ou de résultats - en d’autres temps, lorsque tout va bien ou du moins en présente les apparences ou que les difficultés ne sont pas (ou ne doivent pas être) médiatisées -  visent des personnes dont  le seul objectif serait de leur faire du mal, de leur nuire, de leurs créer des problèmes avec généralement les supporters ou avec les autorités sportives, ou cherchent à les supplanter.
La manipulation₺, dont il est question dans leurs déclarations reprises par les médias, seraient une forme insidieuse ou pas d’incitation à perturber le bon fonctionnement des clubs ou du moins dans ce qui, dans l’optique des dirigeants en poste, est considéré comme le bon fonctionnement. Notons que dans les deux cas (les dirigeants d’une part, et ceux qui sont présentés comme des opposants₺ d’autre part) tentent de circonvenir les foules, d’ameuter les supporters, de les regrouper autour d’eux pour renforcer les rangs de leurs partisans.
Pratiquement tous les dirigeants ont été confrontés à ces manipulations, à ces tentatives de les faire tomber de leurs perchoirs  sur lesquels ils se sont hisser, si l’on en croit leurs adversaires, par des manœuvres qui tiennent à ce même registre manipulatoire. Façon de dire qu’ils sont parvenus à s’assoir sur le fauteuil présidentiel en procédant de la même manière. C’est vrai qu’ils ont tous été à la bonne école. Une école où il n’existe pas de bancs ou d’amphithéâtre, qui est celle de la vie et des affaires où ….tous les bons coups sont permis pourvus qu’ils provoquent la réussite. N’oublions pas non plus que ces dirigeants sont proches des notables politiques. Le microcosme ne peut que reproduire que ce qui est à l’œuvre dans la société.
C’est cela qui pourrait éclairer certains glissements, comme ceux qui voient les responsables de clubs se heurter de front avec leurs alliés d’hier, ceux qui les ont aidé à prendre les rênes du club, à poser les pieds dans l’antichambre du pouvoir local, à obtenir une fenêtre d’exposition médiatique ouvrant les portes d’un univers encore plus vaste que celui de la gestion d’un club considéré comme un tremplin pour atteindre des honneurs encore plus somptuaires dans le monde de l’économie ou mieux encore dans celui de la politique via des mandats nationaux.
Ce sont ces alliances de circonstances, qui sont le plus souvent des mésalliances, qui expliqueraient que certains responsables de clubs (pas obligatoirement le président) engagent, suite à des divergences d’intérêts, des rapports de force avec ceux qui, dans leurs stratégies de prise de pouvoir, n’étaient que des forces supplétives. Les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui et les alliés demain dans un monde…. où la roue tourne.
Dans ce cadre, ce seront des attaques qui seront portées contre les supporters (ou leur représentation présente ou la plus virulente ou la plus représentative) qui ne seraient pas (ou plus) en phase avec le pouvoir sportif en place ou qui ne joueraient plus leurs rôles d’organisation de soutien, d’organisations satellitaires dans lesquelles  on les a incorporé en vue de réaliser le projet vers lequel on tend.
Les dirigeants du mouvement sportif, dont la vitrine est le football professionnel, ont tendance à omettre de prendre en compte, dans leurs pratiques de gestion à court terme, le fait que le monde sportif n’est guère différent de la société qui l’enveloppe, qu’en plus de s’y insérer, de le copier, de le mimer, il est aussi traversé par les mêmes courants de pensées et d’idées.  Des courants qui pourraient être révolutionnaires.  


Gestion financière des clubs "pro", Tassili ouvre-t-elle la voie à la rigueur ?


                                                                                                                           
Le conseil d’administration de la société sportive par actions (SSPA)/CSC s’est réuni à la fin de la semaine dernière. L’actionnaire principal a pris son temps pour tenir une réunion à laquelle poussé avec force  l’ « élite » des supporters, une caste dont la composition varie en fonction de celle de la classe dirigeante. Cette « élite » des supporters étant formée par l’opposition aux dirigeants en place, dans une sorte de mouvement de balancier où ceux qui ne détiennent pas le pouvoir au sein du club sont à la tête des opposants et donc de la masse des supporters. Remarquons que ce schéma peut être généralisé à l’ensemble des clubs professionnels algériens. Le véritable supporter, celui qui grille au soleil ou grelotte de froid dans les tribunes n’est que très rarement présent dans cette aristocratie des supporters, si ce n’est à titre de faire-valoir, de supplétifs, de piétaille faisant nombre dans un système de démocratie de façade.
LA décision du conseil (en fait les représentants de Tassili Airlines, actionnaire principal de la SSPA) a été de dégager la rondelette somme de 15 milliards de centimes  au titre du budget de l’année 2015. Cet apport de l’associé principal, selon les informations circulant à ce sujet, sera débloqué en trois tranches. La première serait de 9 milliards et sera versée dans les jours à venir. Elle permettra de régulariser les salaires de joueurs, de permettre le fonctionnement de la société et de régler les dettes en instance de paiement.
Le solde (6 milliards) sera versé en deux tranches. Une partie (3.5 milliards) est destinée à la participation de la SSPA au mercato estival, au recrutement de joueurs qui formeront l’équipe jouant la saison 2015-2016 de la Ligue 1. En fait, on peut supposer que ce montant servira à payer les primes de signatures ou autres avances sur salaires. La destination de la seconde tranche du solde (2.5 milliards) n’est pas connue. Elle servira certainement au fonctionnement du club.
La dotation au budget de l’exercice 2015 par Tassili représente un peu moins de la moitié du montant qui aurait été sollicité par les dirigeants du club qui ont estimé que les dépenses au cours de cette année civile devraient atteindre 35 milliards de centimes.  
La logique voudrait que, maintenant ou plus tard, dans un souci de clarté financière et éthique, les dirigeants de la SSPA qui sont (on ne peut l’ignorer totalement ou en faire abstraction) d’anciens dirigeants-supporters du CSC se retournent vers les autres actionnaires de la SSPA (dont le CSA) pour qu’ils s’alignent sur la démarche de Tassili Airlines et complètent cet apport de fonds par un montant total qui soit égal au tiers (5 milliards) de la participation de la compagnie aérienne au budget de la SSPA, chacun en fonction du nombre d’actions détenues.
De toute évidence, la SSPA/CSC aura à adapter, ajuster sa gestion à ce montant  (15 milliards + 5 milliards), de prévoir un équilibre budgétaire. Cela signifie entre autre qu’elle aura à revoir sa politique de recrutement, la grille des salaires (et avantages accordés) à verser aux joueurs et aux salariés ainsi que globalement le train de vie du club.
Il est bien sur possible de passer outre à cette limite, d’être ambitieux, de maintenir le budget à hauteur de 35 milliards. Cela impliquerait pour les dirigeants du club de s’engager dans une démarche dynamique et non attentiste consistant à  trouver d’autres  ressources financières, de se mettre à la recherche de sponsors, de faire appel aux dons de mécènes, d’anticiper les recettes aux guichets en fidélisant les supporters par la vente de cartes d’abonnements, de se lancer dans le merchandising, d’inclure les subventions, etc.

Ils auront également à prévoir un supplément de recettes qui puissent permettent à la SSPA de fonctionner harmonieusement au début de l’année 2016 (un trimestre ou plus) en assurant en particulier les salaires des joueurs, pierre angulaire du club. Car, malheureusement pour la SSPA/CSC (et pour l’ensemble du mouvement sportif) l’année civile ne correspond pas à l’année sportive.