samedi 11 juillet 2015

Recrutements de joueurs (2), Entre sagesse et irresponsabilité


Alors que la saison 2014-2015 entame sa dernière droite, son sprint final, sa dernière journée, celle  qui permettra de connaitre le positionnement définitif des clubs professionnels algériens de la Ligue 1, la liste de ceux qui participeront aux compétitions continentales et ceux qui rejoindront la Ligue 2, le mercato (le marché des joueurs) est dans ce que les spécialistes d’athlétisme nomment la chambre d’appel. Un lieu où se regroupe les athlètes dans les ultimes instants qui précèdent le début de leur épreuve, se concentrent, se relaxent, s’échauffent, se détendent.
Pour le monde du football algérien, les principaux actants de ce marché sont déjà prêts à en découdre. Ils n’ont même pas attendu d’être emmener sur la ligne de départ qu’ils ont fait un faux départ. Ils ont commencé la course avant d’y avoir été autorisé. La réglementation en effet prévoit que le mercato débute après la fin de la compétition. Et, celle-ci n’est pas encore terminée. Certaines annonces ne prêtent pas à conséquence. Ces derniers jours, la déclaration du président du MCA révolutionne les us et coutumes de ce grand club qui de tous temps a fait dans la surenchère. Pour une fois, il est dit que le club financé par la Sonatrach ne participera pas à ceux du renchérissement des joueurs et de l’endettement des clubs. Le MCA ne s’intéressera pas aux joueurs encore sous contrat et ne rachètera pas les années à courir. Si le MCA ne s’engage pas effectivement dans cette voie, ses dirigeants seront à saluer.
A Bordj Bou Arreridj, l’entraineur Bira, sauveur du CABBA prétendant sérieux (il venait de rétrograder à la fin de la saison dernière en Ligue 2) à l’accession mais dont les résultats désastreux le menaient vers la division nationale amateur, a expliqué, au cours d’une conférence de presse la démarche qu’il allait emprunter. Une démarche que nous qualifierons de sérieuse ou du moins réfléchie. Elle consiste d’abord à libérer 15 joueurs de l’effectif actuel et de composer l’équipe qui participera au championnat 2015-2016 avec 18 ou 19 joueurs seniors. Pour atteindre cet effectif, il sera procédé à un recrutement de 7 joueurs occupant des postes ciblés. Le CABBA ayant le droit de présenter une liste de 25 joueurs à l’enregistrement par la LFP,  les autres (normalement 6 joueurs) seront puisés dans le réservoir du club (entre des joueurs des équipes des U 21 et des U18).
Abdelkrim Bira met en avant le fait que le recrutement sera judicieux et ne seront pas une charge pour le club. Il ne s’agira pas dit-il de faire « dans le social ». Il propose également de revoir le système de formation des jeunes. SI cette approche est intéressante, nous observeront seulement que ce qui semble être une ébauche d’un vrai « projet sportif » est intimement lié au maintien de l’entraineur qui est malheureusement placé sur un siège éjectable télécommandée non pas par l’utilisateur mais par des observateurs subjectifs.
C’est ailleurs du côté de Sétif, champion d’Algérie et consacré en compétitions africaines (et en conséquence aux assises financières plus solides via les récompenses accompagnant des résultats), que vient, à première lecture, l’infraction à la réglementation, cette fameuse incitation à rupture de contrat dénoncée par la réglementation universelle du football.  Nous avons ici même vu qu’un club n’est pas autorisé à prendre contact, négocié avec un joueur lié avec un autre club, en dehors de la période de 6 mois précédant la fin du contrat. Le président de l’Entente et le joueur Benlamri (lié avec la JSK jusqu’à la fin de la saison 2016-2017) n’ont pas la possibilité de négocier avant fin 2016. Pourtant, ces deux parties ont affirmé dans la presse avoir conclu un engagement. Les deux parties sont donc en infraction et donc passible d’une sanction administrative de la part des instances footballistiques nationales et internationales. Il est vrai que d’autres éléments d’appréciation concourent à l’éventualité d’une rupture du contrat liant Benlamri à la JSK. Mais, celle-ci n’étant pas actée, les instances nationales qui entérineraient le contrat ESS-Benlamri seront automatiquement en porte-à-faux avec les résolutions de la FIFA. L’excès de confiance, l’excès de médiatisation est préjudiciable au bon fonctionnement d’une affaire (incitation à rupture de contrat faisant partie des pratiques du football algérien). 


Recrutements de joueurs, Une véritable foire d’empoigne



La saison 2014-2015 du championnat de Ligue 1 n’est pas encore terminée. Elle le sera après que les clubs professionnels  qui la constituent auront achevé la prochaine journée tandis que ceux émargeant à la Ligue 2 ont achevé leurs parcours du combattant et connaissent ceux qui vont accéder en Ligue 1 et ceux relégués en Division nationale amateur, le premier niveau de l’élite des clubs amateurs. Eux aussi attendent l’ouverture du mercato qui débutera juste après la clôture de la saison.
Comme chaque année, à pareille époque, ils annoncent l’installation des commissions de recrutement qui vont s’atteler à prendre contact, négocier les conditions de recrutement des joueurs qui prendront part à la prochaine édition du championnat. Un rituel bien réglé comme le sont ceux (les rituels) des festivités religieuses qui s’achève, dans le cas où le procès est mené à son terme par la signature du contrat qui liera les deux parties pour une durée déterminée n’excédant que très rarement deux années.
Alors donc que ces commissions préparatoires se mettent progressivement en place, des informations sont publiées par la presse faisant état de contacts déjà entrepris, de contrats à signer dans les jours à venir. Tout comme y trouve des polémiques entre dirigeants de clubs qui n’auraient pas lieu d’être….si chacun faisait son boulot correctement. Si  on ne voulait pas déstabiliser l’autre (dirigeant), lui nuire et……occuper encore un peu de place dans les colonnes de journaux qui n’en demandent pas tant mais sautent sur l’opportunité de remplir les espaces.
Nous dirons, en accompagnant favorablement leurs pratiques délirantes, que tous les moyens sont bons pour renforcer les capacités de son équipe et réduire celles des autres. En fait, ceci est le fondement basique de leurs structures mentales. L’intérêt premier du club n’est pas pris en considération. Le « projet sportif » dont on nous rabâche à tout instant les oreilles est une belle expression qui fait bien dans les « discours électoraux » des dirigeants en quête de notoriété marquée par une place dans le bureau du CSA ou, s’il en a les moyens (financiers s’entend), dans l’assemblée générale des actionnaires.  La preuve en est donnée par le nombre de joueurs libérés et celui de joueurs à recruter. Il est quasiment le même.
Le « projet sportif » est confondu avec les ambitions sportives : titre, places africaines, maintien. Une ambition aisée à la réalisation lorsque l’on dispose des milliards à dépenser à l’instant et non dans un projet (un investissement) à moyen et/ou à long terme. On ne peut être le Barça et sa Massia , l’Athlético et sa Mestalla ou encore le Réal et sa Castilla. Une école de football certes, avec des installations sportives pour se préparer chez soi mais aussi et surtout une philosophie, une approche du jeu qui donne son identité à son équipe première, celle qui dispute le titre de la Liga ou la Ligue des Champions d’Europe. Une pratique qui possède son nom et identifie sans erreur l’équipe. Les grandes stars (Messi, Ronaldo et Cristiano Ronaldo, Neymar, Benzema, Zidane, Figo, etc.) ne dont (n’ont été) là que pour renforcer cette identité forgée dans la douleur du centre d’entrainement autour d’un Xavi, d’Iniesta, de Casillas et tant d’autres (brillants ou humbles) porteurs de cette marque de fabrique qui les accompagne pendant toute leurs carrières durant sur trois ou quatre contrats de quatre à cinq ans, constamment renouvelés. Ces « piliers du clubs », eternels malgré les critiques quelquefois virulentes des supporters, sont en symbiose avec les recrues qui elles aussi s’installent à demeure avec des contrats prolongés avant expiration. Au point que ces grands joueurs, lorsqu’ils tirent leur révérence en fin de carrière professionnelle ne comptent que trois ou quatre clubs, y compris le club formateur.

Chez nous, l’amateurisme règne en maître pendant cette période. Les agents de joueurs font la loi. Ils font et défont les équipes au gré des alliances et des accords passés avec les dirigeants de clubs. Tout comme ils influencent la médiatisation de leurs poulains qui se sentent pousser des ailes au pied alors qu’ils arrivent à peine à pousser le ballon dans le sens qui convient. Il ne reste plus aux dirigeants qu’à éplucher des CV.

Supporters en colère, N’est pas "socio" qui veut




Le championnat de Ligue, à la fin de l’avant-dernière du championnat de Ligue 1, s’est  décanté. Le titre est revenu à l’Entente de Sétif qui, at home, a vaincu les « Sanafirs » du CS Constantine. L’USM Bel Abbés, quant à elle, est relégué en Ligue 2. Les autres positions sont à entente des résultats de la dernière et 30ème journée. Les équipes, dans leurs médiocrités, ont décidé de faire duré l’attente, l’angoisse des supporters. Les dernières places pour la LDC et les accompagnateurs de Bel Abbés ne seront désignés qu’à l’ultime seconde de la prochaine journée. Que dis-je, à l’ultime coup de sifflet de Monsieur l’arbitre.
On comprend que les supporters soient sur les charbons ardents. Les « Vikings » du RC Arbaâ comme les autres. Sauf qu’ils n’ont pas suivi leur équipe favorite au stade du 20 août 55 de Belouizdad. Leur comportement irrévérencieux à l’égard de leurs homologues du CRB lors du match aller dans leur antre, les en a dissuadé. Leur président, pourtant un ancien de cette glorieuse équipe belcourtoise, selon nos confrères de la radio nationale commentant la rencontre en direct, et les supporters les plus sages (il en existe) se sont aussi abstenus. Comme s’ils avaient enfin pris conscience de l’énormité commise à l égard des visiteurs. La peur d’une pratique de réciprocité qui pèsera sans doute la saison prochaine sur tous les déplacements de l’objet de leur passion. A moins que la Ligue 2 ne les accueille.
A Constantine, les « Sanafirs » n’ont pas trouvé mieux, pour manifester leur mécontentement, que de s’inspirer des « Chenaoua » afin d’empêcher les joueurs de s’entrainer, compliquant ainsi une situation qui n’est pas déjà claire et glorieuse. Leur revendication ? Le départ du directeur général Bentoubbal. La conséquence a été immédiate. L’équipe est encore concernée par les petits calculs d épiciers (dont sont coutumiers les amoureux d’une équipe) pour éviter la descente en enfer de la Ligue 2.
Les « Sanafirs », qui espèrent un bon résultat lors de l’ultime rencontre, envisagent de « marcher » pour pousser Si Omar a démissionné. Ici, les Constantinois ne sont pas à l’avant-garde. Après pris pour modèle les « Chenaoua », ils ont pris pour exemple les « Canaris » de la JSK qui se préparent à « marcher pacifiquement » (une rhétorique usitée dans d’autres sphères de la société) dans quelques jours, le 30 mai, après le dernier match. Le maintien assuré, incités par un « comité de sauvegarde », leur objectif est ici aussi, le départ de « Moh » Cherif Hannachi.
Dans une société où la violence est en permanence présente, certains d’entre eux, certainement les plus virulents, ont accosté à deux reprises le président Hannachi qui s’en est tiré la première fois par l’intervention de membres du service de l’ordre proches de l’incident et le seconde fois par la fuite en automobile et un bris de vitres.
C’est dans cette ambiance pour le moins délétère et explosive qu’un ancien dirigeant de la JSK , ancien défenseur des dossiers juridiques de l’association sportive, avocat de profession et membre du « comité de sauvegarde » a fait une déclaration qui n’apporte pas grand-chose au débat, si ce n’est quelques éclaircissements pondérés toujours les bienvenus. Cependant, au détour des constatations maintes fois rabâchée, il voudrait donner plus de poids aux supporters dans la désignation du président du club (élément fondamental de son argumentation) et en faire des actionnaires de la SSPA. Une possibilité qui n’est pas permise par la réglementation actuelle.
L’avocat en question sait pertinemment que cette intrusion des supporters organisés ou non dans la gestion du club, société commerciale, n’est pas autorisée. Ainsi que nous l’avons précédemment indiqué ici-même, les supporters (y compris ceux adhérents du comité des supporters agréé) et le « comité de sauvegarde » ne sont que des structures informelles par rapport au système organisé qu’est la SSPA. De plus, ils n’ont aucun rapport avec les « socios » ibériques des « Blaugrana » du FC Barcelone ou des « Merengues » du Réal de Madrid.

Dans ce cadre, les « Canaris » se posent en perturbateurs de l’ordre public, ce qui fait partie de l’air du temps dans une société en déliquescence sur ce plan.        

Primes de matchs, Le "free style" des dirigeants



Le monde du football marche sur la tête. Ne vous trompez pas, il ne s’agit pas de « free style », cette discipline sportive artistique où le ballon est au cœur des l’exhibition et des jongleries et que l’on invite pour meubler les mi-temps. Encore que…..le football, celui que les Américains appellent le « soccer », tel que pratiqué chez nous  y ressemble comme son clone. Si dans le « free style », la virtuosité est dans la maîtrise du ballon rond, dans le football (algérien s’entend), elle se trouve elle et avatars (jongleries et tours de manipulation) dans ses mœurs, ses discours et ses pratiques.
Depuis toujours, et avec plus d’insistance depuis la pseudo-professionnalisation de ce sport, on ne parle que d’argent compté en milliards de centimes, en sous entendant ou en le disant expressément, que les clubs professionnels ne peuvent survivre sans l’aide de l’Etat, sans les subventions des wilayas et des APC. Devant l’incapacité des gestionnaires des SSPA à se prendre réellement en charge, les pouvoirs publics en sont même arrivés à mettre la main dans les redevances des contribuables et les revenus de la rente pétrolière pour réaliser (à coup d’une quarantaine de milliards de centimes par unité) ces centres d’entrainement qui seraient sous d’autres cieux le minimum exigible pour se prétendre professionnels. Même le budget de fonctionnement est soulagé par les aides du fonds spécial de soutien aux clubs professionnels.
Sans le sou (c’est du moins ce qu’ils disent), les clubs savent rétribuer somptueusement les joueurs (et les techniciens) fournisseurs d’un spectacle médiocre. Les salaires s’évaluent (pour des professionnels en devenir, n’ayant place dans les sélections nationales que par dérogation et obligation de présence au niveau international, ne répondant pas aux normes exigées par les clubs moyens hors des frontières nationales) à plusieurs fois le salaire du smicard pour les moins bien lotis et à plusieurs dizaines de fois celui des professions les plus prestigieuses pour ce qui serait l’élite du championnat, les « recalés » des championnats des pays voisins, ayant joué une saison ou deux dans ces pays et revenus dare-dare jouer au paradis du football où les salaires sont payés avec plusieurs mois de retard.
Le train de vie des clubs est princier. Déplacements par avion (50% pris en charge par l’Etat), hébergement et restauration dans les plus grandes enseignes de l’hôtellerie sont les indicateurs marquants de ce professionnalisme à l’algérienne. On comprend alors que les budgets (de fonctionnement) soient compris dans un éventail débutant autour de 20 milliards de centimes pour les plus dépourvus et les 80 milliards pour les « grands clubs ».
Dans un contexte où le moindre sou a sa valeur, cette saison les clubs ont estimé que cela n’était pas encore suffisant pour conserver leurs places en championnat de Ligue 1 où les positions se modifient d’heure en heure et même de minute en minute en fonction de l’évolution du score. Relégable à un moment, sur le podium, concerné par les compétitions continentales une seconde plus tard.
Les primes ont connu une inflation fulgurante, incompréhensible. Elles sont passées, à l’examen des déclarations des responsables de club de 50 000 dinars la victoire à l’extérieur à 200 000 et, selon des annonces de SSPA parrainées par la compagnie pétrolière ou ses filiales (puis par les équipes concurrentes), 250 000 dinars. Le salaire mensuel d’un haut commis de l’Etat pour rémunérer 90 minutes de clowneries.
L’autre trouvaille ingénieuse des dirigeants est celle dite la « motivation financière » fonctionnant selon des dispositions impudiques de retards de plusieurs mois de salaires débloqués la veille d’une confrontation importante comme pour rabaisser, dénigrer encore plus ces joueurs devenus aux yeux du grand public ces « mercenaires » honnis parce qu’ils réclament leurs droits contractuels prétendument au nom d’un « chantage de joueurs » qui en fait est une réponse à un « chantage de dirigeants».

Présidence de clubs, Une fin de fonction conforme aux mentalité


La situation actuelle de l’USMH interpelle une population plus large que celles des fanatiques supporters des « Jaunes et Noirs » et des observateurs. Considéré comme un club formateur, donc fonctionnant avec des moyens réduits à leurs plus simples expressions, il devrait, selon l’interprétation très (trop ?) facile de beaucoup d’observateurs,  faire partie des formations de la Ligue 1 jouant en permanence, année après année, la relégation en Ligue 2, l’antichambre de l’élite où elle aurait une place réservée ad vitam aeternam, à perpétuité, laissant les soi-disant grosses cylindrées  se disputer les premières places. Malheureusement pour eux, chaque année, depuis quelques saisons, après un passage au purgatoire, l’USMH, sous la houlette de Laïb, se mêle aux équipes occupant les premières loges. Elle dérange comme le font d’autres « petites » équipes qui partagent le même statut.
Immanquablement, cette réussite toute relative puisque dans un championnat bien médiocre où les valeurs ne sont guère différenciées, où le plus grand nombre est candidat à une place sur le podium et en même pour prendre place dans l’ascenseur conduisant en Ligue 2, cause une perturbation au sein du club où les appétits s’aiguisent avec l’annonce réitérée du départ du président Laïb à la fin de la saison.
Ainsi qu’on a pu le remarquer à maintes reprises, l’univers du football (mais pas uniquement lui) est ingrat et ne sait pas reconnaitre l’apport des uns et des autres. Il faut toujours que le partant soit dévalorisé, rabaissé, que l’histoire soit réécrite par ceux qui ne l’ont pas encore écrite par leurs actes personnels même s’ils y ont contribué aux côtés des partants ou contre eux.
L’évolution, la transition ne fait pas partie des mœurs. Seule la prise du pouvoir par la révolution, un pronunciamiento,  compte et prime. Alors qu’à Béjaïa (à la JSMB) on veut effacer l’œuvre d’une vie entière, en procédant à la dissolution d’un club chéri par un Boualem  Tiab, aujourd’hui abattu par le sort (âge avancé, santé précaire, drame familial récent), à l’USM El Harrach, c’est par des arguties administratives que l’on voudrait que se fasse le changement tant désiré par les convoiteurs du poste occupé et leurs alliés. On n’accorde aucune considération à une démission désespérément souhaitée et on la remplace par une résolution de mise fin aux fonctions ou de retrait de confiance. Les articles écrits sur le sujet laissent lire le peu de crédibilité que ces membres du CA de la SSPA/USMH ont en leur statut et en l’instance dont ils font partie. Pour authentifier leur résolution, leur décision, ils auraient eu recours à un huissier de justice. Comme si le CA n’était pas suffisamment souverain dans sa prise de décision. Comme si une publication du PV de réunion (avec éventuellement copie à la fédération et à la LFP) n’était pas judicieuse ou adéquate. On trouve la jouissance où l’on peut !
Les propos tenus par un des membres de ce CA, sont fort révélateurs et suggestifs puisqu’il est question d’expulsion définitive du club du dirigeant démissionnaire. Commentant la décision du CA, en reconnaissant par ailleurs leur complicité silencieuse dans ce qui serait la dégradation de la situation de l’USMH, la même personne avertit le président déchu qu’il n’est pas autorisé à libérer les joueurs, « de casser le club ». En somme des pensées et des actes qui auraient pu être celles des « décideurs ».
Laïb, faisant preuve de pondération  ne veut pas, selon une déclaration,  entrer dans une polémique par médias interposés et explique avec sagesse le pourquoi d’une démission prenant effet dans un mois environ. D’autres, dans les mêmes circonstances, les laisseraient se débrouiller avec le règlement des salaires des joueurs. Comme l’auraient fait certainement ses détracteurs et l’ont fait bien d’autres dirigeants de clubs par le passé.

Mais, ne voilà-t-il pas que comme dans les pièces de théâtre chères à Molière, dans le dernier acte, les événements se bousculent au point que le CA (ou du moins la majorité des membres) prend une décision contraire et maintient Laïb à son poste… en attendant le prochain rebondissement.

Le "suicide" programmé de la JSM Béjaïa



Béjaïa est connue pour être une cité balnéaire qu’il fait bien de visiter en période estivale. Elle est aussi un pôle industriel assez réputée au niveau national pour certains de ses produits disponibles dans la majorité des commerces de détail. L’huile, la margarine, les eaux minérales, les boissons gazeuses, les dérivés du lait sont portés par de grandes marques : Cevital, Danone, Soummam, Ifri, Candia, Toudja, etc. Des marques que l’on retrouve très souvent sur les maillots d’équipes ou de manifestations sportives qu’elles sponsorisent.
Elle est aussi une métropole sportive réputée pour son haut niveau de pratique en volley-ball, hand-ball, athlétisme, sports de combat. En football, cette discipline qui domine tout le reste, elle fait partie des villes privilégiées dont la caractéristique est que plus d’une équipe dispute les championnats de l’élite (Ligue 1 et 2 professionnelles). Alger la capitale étant hors concours, seule Oran (avec le MCO et l’ASMO) lui dispute ce privilège et la dépasse d’une légère encolure puisque les deux équipes oranaises sont engagées en Ligue 1 alors que Béjaïa est présente en Ligue 1 (MOB) et en Ligue 2, depuis que la JSMB a rétrogradé à la fin de la saison dernière. Sétif pourrait s’intégrer dans cette courte liste si on en élargissait le territoire à la wilaya (ES Sétif et MCE EL Eulma, les deux équipes évoluant en Ligue 1). Tout comme peuvent l’être la wilaya de Blida avec les équipes du RC Arbaâ et USMB évoluant également en Ligue 1 et 2) ou encore celle de Constantine (avec le CSC en Ligue 1 et l’AS Khroub en ligue 2) qui sont dans la même configuration que Béjaïa.
Tandis que le MOB caracole aux avant-postes de la Ligue 1 avec la prétention de décrocher une place en Ligue d’Afrique des champions après avoir remporter, au début du mois de mai, la Coupe d’Algérie lui ouvrant les portes de la seconde compétition continentale (Coupe de la CAF), la JSMB, club doyen de la « Vallée de la Soummam » et de Kabylie, après plusieurs années parmi l’élite, une Coupe d’Algérie et des participations aux compétitions continentales, a perdu ses repères de ce qui semblait une bonne  gestion et s’est retrouvé en Ligue 2  qu’elle a failli encore quitté pour rejoindre la division inférieure dite « division nationale amateur ».
Certains indices laissent penser que le retrait de la fratrie des Tiab (état de santé précaire, démotivation) est à l’origine de ce recul. Sauvée de justesse d’une seconde relégation consécutive, la JSMB est, ces derniers jours, au cœur d’une polémique entre dirigeants et anciens dirigeants et entre ces mêmes dirigeants et d’anciens entraineurs. Entre ceux qui sont actuellement aux commandes et ceux qui le furent. C’est en fait la face visible, la devanture du club qui se déchire sur un fond de tentative de prise du pouvoir démontrant à nouveau que le mouvement sportif est aussi instable que la société civile et que les deux univers sont agités par les mêmes phénomènes sociétaux.
Un illustre inconnu de la saga de la JSMB est apparu sur le devant de la scène pendant l’inter saison. Le sieur Berkati dont le statut au sein du club reste à définir avec exactitude (actionnaire, membre de l’AG du CSA, industriel aux moyens consistants, etc.) car on dit qu’il serait le ₺sponsor officiel ₺ (une autre dénomination floue qui en d’autres temps, ne lui permettrait pas de parler au nom du club) de l’équipe pour avoir dépenser 6 milliards, profitant de l’exposition médiatique et des difficultés rencontrées dans la gestion de l’équipe, prétend entreprendre une révolution et de mettre un terme à la vie juridique de la SSPA en prononçant la dissolution de la société commerciale gérant le club. Une forme de suicide de personne morale.  La mort prématurée est accompagnée par une série de mesures d’accompagnement dont le changement d’une partie importante (50% environ de l’effectif de l’équipe) qui dans d’autres club n’a produit les résultats attendus (CSC, MCA, JSK, etc.) de jouer le titre ou du moins les premiers rôles.
La durée de vie de la SSPA est définie par ses statuts. Généralement, elle est de 99 ans. La « mort » de la société ne peut être décidée que par ses actionnaires. A condition qu’ils en aient la capacité, qu’ils disposent de suffisamment de voix au sein de l’assemblée générale des associés.
Dans le paysage sportif algérien, la SSPA/JSMB présente une configuration particulière. Il n’existe pas si nos souvenirs sont exacts (et s’il n’y a pas eu de modification  fondamentale dans le tour de table de l’actionnariat, l’été dernier avec le retrait de Boualem Tiab et frères) d’actionnaire majoritaire et prépondérant à l’instar de l’USMA Alger, du MAC, du CSC, de la JSS et du MCO). L’actionnariat bougiote n’est pas également dilué. Il est concentré entre quelques mains qu’il faudra convaincre d’aller à cette dernière extrémité. Ce qui n’est pas évident lorsqu’il s’agit de détruire l’œuvre d’une vie. Il est vrai toutefois que les circonstances dramatiques vécues ces dernières semaines pourraient être une incitation à laisser faire, à se désengager d’un lourd fardeau estimé à une dette de plus de 40 milliards de centimes dont 18 milliards aux titres des rémunérations à verser aux joueurs et autres salariés.
Il faudra aussi convaincre de nouveaux actionnaires en vue de la création d’une nouvelle SSPA dont le noyau dur serait sous toute vraisemblance le CSA entouré de commanditaires, simples pourvoyeurs de fonds renflouant les dérives de gestionnaires d’entreprises distribuant à tours de bras des milliards à leurs ₺danseuses₺ préférées à la manière des nouveaux riches industriels européens du 19ème et du début du 20ème siècle.
La dissolution de la SSPA est sans contestation la preuve d’un échec qu’il faudra imputer à un ou plusieurs responsable(s) qui ne pourront être les consorts Tiab lesquels ont toujours su être présents auprès de la JSMB .

      

Cession des biens des clubs, L’ASM. Oran vendrait son patrimoine



Un entrefilet a été publié par un de nos confrères de la presse généraliste à diffusion nationale. Une information concernant cependant le monde du sport et du football en particulier. Un fait divers insolite qui vaut que l’on s’y arrête un moment.
A la lecture de cet entrefilet, les lecteurs apprennent que le siège de l’équipe de « Medina Djedida », subissant actuellement des travaux de réfection, pourrait faire l’objet d’une cession à l’instigation d’un des dirigeants de l’ASM Oran. On peut comprendre cette tentation de cession (ou d’acquisition, c’est selon) par la nature du bien et du cadre architectural dans lequel il est situé et des marqueurs sociologiques qu’il véhicule. Il s’agit en effet d’un bien immobilier relevant de l’empreinte que les Européens ont donné à l’ensemble des grandes villes du pays pendant la période 1830-1962. C'est-à-dire un style qui la différencie à la fois de la ville historique d’Oran (celle des constructions traditionnelles des autochtones) et des nouvelles constructions postérieures au recouvrement de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, ces appartements, situés dans des immeubles que l’on pourrait qualifiés de luxueux, valent leurs pesants de dinars. Une valeur dopée par la réhabilitation.
La brièveté de l’article occulte bon nombre informations qui seraient nécessaires pour une meilleure compréhension par les lecteurs et surtout les supporters de l’ASMO. Primo, le propriétaire du bien immobilier n’est pas identifié avec exactitude. Cela accroit ainsi la confusion existante, dans tous les esprits qui ne prennent pas le temps de faire une pause, entre les deux entités ASMO différenciables uniquement par leur statut juridique : le CSA/ASMO et la SSPA/ASMO ou l’association sportive ASMO et la société commerciale ASMO.
Les entités sont censées disposer de biens mobiliers et immobiliers propres et distincts. Chacune d’elles doit tenir (et présenter à qui de droit) son registre d’inventaire qui enregistre le patrimoine et les mouvements d’immobilisations susceptibles de survenir (acquisitions, cessions, réformes, prêts). Un bien ne peut pas appartenir aux deux entités. Compte tenu de la confusion et de la nature des relations étroites entre les deux entités (association-mère/ société-filiale), on pourrait trouver cependant des biens appartenant à l’une d’elles mais utilisés par l’autre dans le cadre de prêts et/ou de locations.
L’enregistrement des biens sur le registre d’inventaire a pour préalable la détention d’un titre d’achat qui peut être une facture ou de tout autre document pouvant permettre l’identification du vendeur. On notera ici que pour l’association sportive, le titre de possession sera une décision administrative d’attribution d’un droit de jouissance à moins bien sur que le bien en question ait fait l’objet d’un désistement et que l’association ait mené à son terme le processus d’acquisition.
L’appartenance la société sportive ne peut que découler que de l’opération de création et d’intégration au patrimoine de la SSPA validée par un commissaire aux apports pour sa valeur. Il y a dans ces conditions transfert de la propriété du bien du patrimoine de l’actionnaire apportant le bien  à celui de la SSPA recevant ce même bien.
Ceci étant, l’on doit rappeler que dans les deux cas de figure susceptibles de se produire, aucune personne physique (membre de l’AG du CSA ou actionnaire de la SSPA) ne peut disposer à sa guise des biens patrimoniaux des personnes morales (CSA/ASMO ou SSPA/ASMO). Y compris le précédent propriétaire que celui-ci soit le CSA ou un autre actionnaire. Statutairement, la décision de cession (à l’instar de toutes décisions impactant la vie de l’association ou de la société) ne peut être prise qu’en assemblée générale des membres du CSA ou de la SSPA.
Dans l’hypothèse où la décision aurait été prise, un représentant du CSA ou de la SSPA peut être mandaté pour l’accomplissement des démarches. Il ne pourra statutairement conclure la cession…à moins de détenir une délégation de pouvoir établie en bonne et due forme.