vendredi 7 août 2015

La fratrie Morceli, De la lumière à l’ombre


 De Nouredinne Morceli, on a dit (et on a su) qu’Ammar Brahmia fut son entraîneur. Une idée préconçue qui fit son chemin dans les esprits de tous et s’installa durablement. Aucune contradiction n’a été apportée, aucun contradicteur n’est apparu. Le fut-il vraiment, nul ne le sait.  Sauf ceux qui côtoyèrent de près les Morceli et Brahmia. Ce qui est impossible à nier c’est qu’il fut son manager et le DTS de la section athlétisme du MPA (deux fonctions non négligeables qui permirent à Nouredine de devenir ce qu’il a été à savoir le leader mondial des courses de demi-fond du début des années 90). Quant à dire qui fut (furent) son (ses) premier(s) entraîneur (s), la question reste sans réponse.
Pourtant, en ce temps-là, au début de la carrière professionnelle de Nouredinne, le prénom de son frère était souvent donné pour en être l’entraîneur. Son découvreur, son initiateur à la course à pied est inconnu du grand public. Un enseignant d’EPS dont le nom n’a pas marqué l’histoire. A l’image de tous ces enseignants qui mirent le pied à l’étrier de tant de champions. Dans la presse de l’époque, Abderrahmane était seulement signalé comme son inspirateur.
On sait seulement des débuts de Nouredinne, qu’originaire de Sidi Okacha, près de la ville côtière de Ténès, qu’en 1986 (Nouredinne était cadet 1), il était scolarisé à Chleff où officiait Mohamed Hamouni (anciennement conseiller des sports puis directeur de la jeunesse et des sports de Chleff et aujourd’hui député) qui l’accompagna à ses débuts et le sauva (en 1986) de l’amputation d’un pied blessé par un malencontreux coup de ₺pointes₺ au national de cross de Draa Ben Khedda. Au début de la période des premiers exploits mondiaux de N. Morceli (91-92), Mohamed Hamouni (il exerçait alors les fonctions de directeur de la jeunesse et des sports) éludait toutes les questions relatives à ce sujet. Seuls, les entraîneurs de Chleff lui accordaient cette qualité.   
Jusqu’à l’été 88, Nouredinne était un bon coureur de demi-fond, un espoir pouvant…relever le niveau du demi-fond algérien déclinant. Un espoir comme l’athlétisme national en connut par fournée. Tout changea au mois d’août de cette année-là et la conquête de la médaille d’argent des championnats du monde juniors du 1 500 derrière le Kenyan Wilfred Oanda Korichi qui s’illustrait déjà auprès de ses aînés. La suite fait plus ou moins partie du domaine public. Pourtant des zones d’ombre subsistent.
Nouredinne obtint, à en croire les récits de ses proches, une bourse d’études au Riverside Collège en Californie grâce, on ne le crie pas sur tous les toits, à l’entregent de Nawel Moutawakel, une athlète marocaine qui avait fait des études universitaires au Etats Unis et avait obtenu une médaille d’or surprise sur le 400 mètres haies des jeux olympiques de Los Angeles (1984) amputés de la présence des athlètes de l’Europe de l’Est qui n’ y avaient pas pris part en représailles au boycott des jeux de Moscou (1980) par les athlètes des pays occidentaux. Khaida Lotfi (un triple sauteur qui su allié sports et études) et Abdenouz Redha -un coureur de 800 qui revint rapidement, moins d’un trimestre après le départ, n’ayant pas pu supporter les conditions difficiles qui étaient les leurs. La bourse étant insuffisante, ils étaient dans l’obligation d’exercer de petits boulots pour subvenir à leurs besoins - furent aussi du voyage.
Pendant deux années, Nouredinne l’invincible se forgea sur les installations du Collège, réalisa quelques chronos probants et y décrocha des titres universitaires dont se gaussèrent quelques journalistes de la presse sportive de l’époque. Personne ne croyait véritablement à son essor et qu’il puisse réaliser le palmarès que l’on connait. Son entraineur américain est lui aussi resté anonyme.

En juillet 89, Nouredinne, de passage au pays, remporta (il était encore junior) le titre de champion d’Algérie du 1 500 sur la piste d’athlétisme nouvellement rénovée du stade du 17 juin (aujourd’hui Chahid Hamlaoui) de Constantine, ville natale de Hassiba Boulmerka, une autre gloire du demi-fond algérien, future championne du monde et championne olympique sur la même distance du 1 500 mètres.   

mercredi 5 août 2015

Serguei Bubka, L’autre visage de l’athlétisme


Dans la campagne à l’élection à  la présidence de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui aura lieu à Beijing (Pékin) à la veille des championnats du monde d’athlétisme qui se dérouleront dans la capitale chinoise nous avons vu que l’un des candidats en lice, le Britannique Lord Sébastian Coe de Ranmore a fait une promesse électorale qui s’apparente fort à une forme de corruption consistant à verser aux membres de l’IAAF (les fédérations nationales) un chèque de 100 000 dollars puisé dans les comptes de la fédération internationale.
Les premières fédérations ayant salué ce geste de grand seigneur d’un sujet de Sa Majesté la Reine d’Angleterre sont de petites fédérations européennes représentants de minuscules Etats dont certains ont la réputation d’être des paradis fiscaux (Andorre, Chypre, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco). Mais, les sites qui ont diffusé cette information n’ont établi aucune relation de causalité. Entre gens du meilleur monde, on ne peut se permettre de telles suppositions qui mettraient la Grand Bretagne au même niveau que le Qatar. Il est vrai également qu’il s’agit de l’argent de la communauté athlétique qu’il faut répartir équitablement. Même si pour cela, il faut enfreindre les règles du libéralisme et s’encanailler avec les principes que l’on suppose avoir été un temps, ceux que l’on croit être de l’autre postulant, Serguei Bubka ressortissant de l’ex-URSS communiste avant de rallier son pays natal l’Ukraine désireuse de rejoindre les rangs de l’Union européenne et de l’OTAN.
Le quotidien d’informations générales français « Le Monde » rapporte que Sergueï Bubka était présent à Paris lors du meeting de Saint Denis et qu’il avait alors exhibé un témoin de relais frappé de sa devise de campagne ₺Elever l’athlétisme vers de nouveaux sommets₺ » et qu’il offrait en « signe d’attachement à sa terre natale », comme offre des placards et dépliants publicitaires, « une demi-douzaine de napperons blancs brodés et un petit tableau – mi-peinture mi-canevas – figurant un bucolique paysage de chez lui ».
Le journaliste remarque aussi  que « sur les pistes d’élan, déjà, l’homme aux 35 records du monde cultivait cet art de la séduction, cette habileté à prendre l’ascendant sur l’« adversaire » par une poignée de main ou une attention, inattendues dans le monde de la compétition ».
Contrairement à Sébastian Coe, Sergueï Bubka, l’ancienne star de la perche brigue – outre la présidence – l’un des quatre ­postes de vice-président de l’IAAF, poste qu’il ­occupe déjà. A ceux qui pourrait penser que cette double candidature serait la preuve d’un manque de confiance, l’ancien sauteur à la perchent explique que son  «but est de faire progresser l’athlétisme » et qu’il ne s’agit pas pour lui de rechercher « le prestige d’un poste. Ce sport est toute ma vie et, quoi qu’il arrive, je continuerai à le servir».
Alors que Coe a prévenu qu’il poursuivrait ses activités professionnelles dans le marketing sportif et la communication s’il était élu, Bubka clame que « diriger l’athlétisme mondial est un travail à plein temps ». Il ­déclare aussi « Je fais ce que je pense nécessaire pour servir un sport qui m’a fait vivre ». 
Bubka, candidat malheureux à la présidence du CIO en 2008, promet une vaste consultation des 213 fédérations nationales sur leurs besoins et leurs moyens en matière de développement, de compétition, de marketing ou de dopage. Celle-ci, menée par des représentants de l’IAAF et des groupes de travail, aboutirait juste avant la tenue du congrès annuel de l’automne 2016 organisé à Monaco, siège de l’organisation. 
Il explique également la vision qu’il a du fonctionnement de l’IAAF au sein de laquelle « chaque fédération membre est en quelque sorte actionnaire de l’IAAF ». Au lieu de donner de l’argent comme compte le faire son adversaire, Bubka déclare que, s’appuyant sur l’individualisation de l’entrainement,« chacune d’entre elles (les fédérations) mérite un plan de développement sur mesure ».
Bien sur, Sergueï Bubka fait d’autres promesses comme celles de « renforcer les centres régionaux IAAF afin de préparer les athlètes qui ne disposent pas encore d’infrastructures adaptées dans leur pays et d’y former leurs coachs grâce à l’expérience internationale de techniciens ».
Bien qu’attaché à la tradition, Bubka est un homme « de son temps ». Pour preuve, sa  campagne se fait sur ­Google Hangouts. Les retours étant encourageants, il est partisan de mettre partout les nouvelles technologies et s’enthousiasme à « faire entrer les applications et les tablettes dans les stades ».


mardi 4 août 2015

Elections à la présidence de l’IAAF, Corruption au vu et au su du mond


Dans quelques, juste avant les championnats du monde d’athlétisme qui se disputeront du 22 au 31 août à Pékin, auront lieu (le 18 aout) les élections qui porteront à la tête de l’instance de l’athlétisme mondial un nouveau président de l’IAAF, en remplacement du ₺vieux₺ (né en 1933, 82 ans) Sénégalais Lamine Diack. Remarquons au passage que la majorité des présidents de fédérations internationales sont déjà âgés lors de leur accession à la présidence et le sont encore plus lorsqu’ils achèvent leurs nombreuses mandatures.
Lamine Diack (ancien sauteur en longueur) était âgé de 66 ans  lorsqu’il succéda (suite au décès d’une crise cardiaque, en 1999) de son prédécesseur l’Italien Primo Nebiolo, également ancien sauteur en longueur (né en 1923), élu à la tête de l’IAAF en 1981 58 ans), décédé donc à 76 ans.
Deux très grands athlètes sont en lice pour ce poste important pour le développement de la première discipline olympique. Le premier et le plus âgé des postulants est Sébastian Coe (60 ans). Un Britannique anciennement coureur et multiple recordman du monde de demi-fond (800, 1 500 et mile), avant l’avènement des Maghrébins et le retour des Kenyans.
Après sa carrière sportive, Sébastien Coe est membre de la première commission d’athlètes au sein du CIO (Comité international Olympique) puis de la commission sport pour tous. En 2003, il est président de la fédération britannique d’athlétisme et membre du conseil de l’IAAF dont il est devenu vice-président en 2007.
Sébastian Coe est aussi entré en politique. En 1990, il est élu député et siège à la chambre des communes. Deux ans plus tard (1992), il entre au Parlement dans les rangs du parti conservateur et devient secrétaire général du gouvernement en 1996. Pair à vie en 2000, il est nommé baron Coe de Ranmore. Ennobli en 2002, il est Lord Coe de Ranmore. Président de la commission de candidature de Londres pour les jeux olympiques de Londres, il fut ensuite le président du comité d’organisation des JO de 2012.
Serguei Bubka (58 ans), l’Ukrainien au palmarès interminable de titres et de 35 records du monde au saut à la perche (entre 1984 et 1994), connu sous le surnom de « Monsieur centimètre » caractérisant à la fois malicieusement cette habitude (devenue détestable aux yeux de la presse occidentale) de battre « ses » records du monde d’un seul centimètre sous le prétexte vrai ou fallacieux d’engranger, sous forme de bonus, les primes de records.
Bubka a concouru sous deux maillot : celui de l'URSS jusqu'en 1991, puis avec l'Ukraine jusqu'à la fin de sa carrière en 2000. Il fit partie de l'Équipe unifiée aux Jeux olympiques de Barcelone. Premier athlète à franchir la barre des six mètres (13 juillet 1985 à Paris), il a réalisé, en vingt années de carrière au plus haut niveau, quarante-six sauts au-delà des 6 m lors de quarante-quatre concours.
Membre du Comité international olympique depuis 1999, il a été président de la commission des athlètes de 2002 à 2008 et fait partie depuis 2013 de la commission exécutive de l'instance internationale. Il est comme Coe vice-président de l'IAAF depuis 2007.
 Sergueï Bubka a siégé au Parlement ukrainien de 2002 à 2006. Il a été membre du Parti des régions et conseiller indépendant du président ukrainien Viktor Ianoukovytch jusqu'en 2014.
L’IAAF disposant d’un compte bancaire créditeur de  76 millions de dollars, Sébastian Coe a dévoilé cette information il y a quelques jours, et a annoncé, qu’une fois élu président de l’IAAF, il distribuerait, dans les quatre ans à venir, à chaque fédération-membre de l’IAAF, la somme de 100.000 dollars récompensant ainsi l’implication de celles-ci dans la réussite de l’athlétisme aux Jeux Olympiques. La somme totale (22 millions de dollars) correspondrait au quart de la somme reçue par l’IAAF de la part du CIO lors de chaque JO.


Cette annonce surprise démontrerait, selon certains sites européens spécialisés en athlétisme, la volonté de Sébastian Coe de revoir le système de financement de l’IAAF et d’injecter les ressources de l’instance internationale dans l’athlétisme mondial au lieu de les laisser s’accumuler dans des comptes bancaires.
Ces mêmes sites remarquent qu’il s’agit là d’un virage « très stratégique à quelques jours de l’élection (….) qui a de suite produit des effets très positifs à l’égard de Sébastian Coe ».
En effet,  dans la seule journée du 29 juillet, ce sont 12 Fédérations qui ont annoncé qu’elles voteraient pour Sébastian Coe. Parmi elles, les neuf fédérations membres de l’AASSE (l’association athlétique des petits pays d’Europe) recensant Andorre, Chypre, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco, Monténégro et San Marin). Ces lilliputiens de l’athlétisme se frottent déjà les mains à l’idée de recevoir ces 100.000 dollars, avec un premier versement dès le début 2016.











dimanche 2 août 2015

Enregistrement des entraîneurs, Les dirigeants toujours hors jeu


A l’issue de sa dernière réunion (celle qui avait vu l’interdiction de recrutement de joueurs étrangers), le bureau fédéral de la FAF décidé qu’à « compter de la nouvelle saison sportive 2015/2016, et conformément à la législation en vigueur, les entraîneurs n’auront droit qu’à un maximum de deux licences durant la saison pour exercer, cela afin de lutter contre l’instabilité des techniciens ».
Elle a été prise, nous dit-on, afin de mettre fin à la valse des entraîneurs dans les championnats algériens.  Cette décision aurait été précédée par la présentation d’un bilan de la DTN faisant ressortir ses activités en matière de formation d’entraineurs. Le directeur technique national, après avoir porté à la connaissance des augustes membres de cette assemblée le bilan des opérations des opérations de formation engagées, montre que le pays dispose d’un réservoir d’entraîneurs amplement suffisant pour satisfaire les besoins des équipes de football de performance et de pré-performance et de leurs équipes de jeunes : plus de 700 entraîneurs détenteurs de la licence ₺CAF A₺, 900 ₺CAF B₺et 1400 ₺CAF C₺.
Nous pensons et l’avons écrit, les instances sportives du football national (FAF et LFP) sont  la représentation sommitale d’un système dans lequel les dirigeants sont profondément enracinés, un système qui ne vit que par et pour les dirigeants. Une organisation conçue à l’avantage des dirigeants de clubs et de ligues. Nous devons reconnaitre que beaucoup d’entre eux furent, en de temps bien lointains des acteurs directs du football (joueurs, entraîneurs, arbitres) et que au fil des années, ils ont troqué la tenue du sportif pour le costume du dirigeant.
Il n’y a que dans l’esprit d’un dirigeant que l’on peut trouver l’idée de l’instabilité notoire des entraîneurs. Comme si ceux-ci, bénéficiant d’avantages certains, auraient une tendance maladive à nomadiser et à se poser dans tous les clubs connus et inconnus du pays. S’il est vrai aussi et malheureusement que certains d’entre eux sont en phase avec l’esprit de mercenariat qui a domestiqué tous les rouages de la société, il n’en demeure pas moins, pour beaucoup des membres honorables de cette corporation, la transhumance est liée à des décisions managériales souvent impulsées par des cercles périphériques dont les médias et les supporters et/ou les médias-supporters sont les plus visibles et forment des lobbies.
Les entraîneurs (comme les joueurs traités également de mercenaires motivés uniquement par l’argent lorsqu’ils ne répondent pas aux attentes démesurées placée en eux) sont au cœur de la réussite ou de l’échec d’une équipe formée de bric-et-de-broc par des dirigeants monopolisant le pouvoir de décision dans les clubs au nom de l’apport financier en dépit de leurs méconnaissances maintes fois avérées des principes et des règles élémentaires de gestion d’un club.
A regarder de près, la mesure prise pour réduire le « vagabondage » des entraîneurs est la copie conforme de la règle appliquée aux joueurs de football leur interdisant de porter les couleurs de deux clubs au cours d’une même saison sportive (Règlement du statut et du transfert de joueurs de la FIFA, chapitre 3, article 5.3 qui stipule qu’un «joueur peut être enregistré auprès de trois clubs au maximum au cours d’une même saison. Durant cette période, le joueur ne peut être qualifié pour jouer en matches officiels que pour deux clubs).
Dans un club algérien, les éléments erratiques sont les joueurs et les entraineurs. Ils sont ceux qui ont la propension à changer de couleurs. Ne serait-ce que par la durée des contrats qui les lient aux clubs. Ceux-ci (malgré la volatilité des personnes physiques qui constituent le staff dirigeant) donnent un sentiment de pérennité, de permanence dans le temps qui forcerait l’exemplarité des structures mais qui cependant n’est que factice. L’instabilité des conseils d’administration et des présidents de CA de SSPA, garants de la bonne marche du club, est la preuve que ce dernier est bâti sur des sables mouvants.
En fait, la mesure la plus judicieuse serait d’interdire aux clubs de changer de staff technique au cours d’une saison sportive.


Comportements déplacés, Les valeurs éducatives du sport disparaissent


Dans un texte diffusé via les nouvelles technologies de l’information et de la communication, Ali Hakoumi, anciennement et sans doute présentement entraineur de haut niveau en athlétisme, dénonce une agression qui aurait été perpétrée au stade annexe, ce fameux « Sato » qui a vu évoluer un grand nombre de grands champions d’athlétisme mais aussi de nombreux éducateurs exercer leurs sacerdoces au profit des jeunes générations.
Ali Hakoumi constate malheureusement que cet incident gravissime s’il peut être (agression d’un cadre de club par un cadre de la DTN), relaté par ailleurs dans la presse arabophone généraliste à fort tirage, s’«est soldé par un stage au profit de l’agresseur » au lieu d’ « une réunion extraordinaire urgente  de la FAA » qui aurait du, pour le moins, examiné ce fâcheux incident.
Le docteur Ali Hakoumi, par ailleurs, enseignant-chercheur, observe - avec une certaine ironie - que si « le DTS du Mouloudia Sabour n’a pas déposé plainte » (présupposant donc un prolongement judiciaire et que si l’instance fédérale ne prend pas la moindre initiative pour prononcer une sanction (Hakoumi n’évoque qu’un simple rappel à l’ordre, la sanction la plus insignifiante qui puisse être prononcé par une juridiction disciplinaire relevant en outre, dans certaines entités, du pouvoir hiérarchique immédiatement supérieur à celui de l’agent ou cadre incriminé) n’importe qui  pourrait se sentir autorisé à proférer des menaces à l’aide  d’une arme à feu et bénéficié de la même impunité que ce cadre fédéral. Se voulant Cassandre, annonciatrice des catastrophes, Hakoumi présage, mettant en scène l’exemplarité préjudiciable au bon comportement des athlètes et des éducateurs que « dans 04 ou 05 ans les minimes et les cadets qui étaient présent au stade le jour de l’incident feront pareil sinon plus ».
Hakoumi laisse également à penser que la fédération ne peut s’autosaisir y compris dans des situations extrêmes. Nous devons aussi comprendre que, dans un environnement relationnel traditionnellement mouvementé entre l’instance fédérale et le Mouloudia, l’incident n’a pas fait l’objet d’un rapport par qui de droit à qui de droit et que même si compte rendu il y a, l’instance fédérale ne daignerait pas l’examiner en l’absence d’une plainte. Ce contexte permet à Hakoumi de se projeter dans un avenir plutôt alarmiste « si demain je vais sortir une  mitraillette et je vais menacer des gens et que personne ne dépose plainte, il n’y aura aucun problème ». Hakoumi a su résumer une situation dans laquelle la FAA se comporte en Ponce Pilate.
Le docteur Hakoumi relate également un autre incident, moins grave mais aussi déplorable, resté sans suite (Hakoumi dit qu’elle n’a « pas du tout était inquiété »). Celui d’une jeune athlète (une minime fille, donc une demoiselle âgée de 15 ou 16 ans) qui, il y quatre mois, avait adressé un bras d’honneur à la tribune à la suite de son exclusion d’une course pour un faux départ. Pour montrer l’ambiance d’impunité qui règne, Hakoumi se plait à préciser que la jeune starlette «a le plus normalement du monde continué à participer à la compétition dans d’autres épreuves».
Pour mieux montrer l’incongruité de la position fédérale en matière éducative, Hakoumi se laisse à dire qu’au lieu d’être sanctionnée la  jeune miss a bénéficié d’un encouragement à se conduire de la façon dont elle l’a fait : « Elle a même été sélectionnée à une compétition internationale ».
Ce que, sans le laisser paraître, Hakoumi a démontré c’est que la fédération d’athlétisme est une fédération-voyou et que ne peuvent y trouver place que des voyous puisque ceux-ci y trouvent récompense pour des comportements déplacés. Stage pour l’auteur d’une agression, sélection en équipe nationale pour une athlète à l’éducation laissant à désirer.

En une phrase conclusive et interrogative, « Où sont passées les valeurs éducatives du sport, et surtout qui a le  devoir de les sauvegarder ??? », Hakoumi pose, sans le vouloir, le véritable problème de la pratique sportive d’aujourd’hui. La  réponse à ces questions est que les valeurs sportives s’en sont allées lorsque les éducateurs sportifs ont été  remplacés par des techniciens et des conseillers du sport.

samedi 1 août 2015

Libération d’Elias M’Baye (CSC), Chantage au mois de….Ramadhan



En cette période mercato, les dirigeants des clubs professionnels de football sont prêts à tout : le meilleur et le pire. Surtout lorsqu’il s’agit de recruter des joueurs qui, selon eux, sont capables de faire des miracles pour porter au firmament du football national leurs équipes agonisantes. Ce ₺tout₺ signifiant essentiellement proposer, à ₺la prunelle de leurs yeux ₺, des salaires et des avantages mirifiques qu’ils savent être incapables de satisfaire passer la période couverte par les avances sur salaires exigées en préalable à la signature du contrat.
Le pire se rencontre au moment où, les pseudo-dirigeants s’aperçoivent (ou lorsque bonnes âmes leur fait prendre conscience) que leurs attentes sont déçues. Il s’agit alors de se libérer d’un poids gênant ou plutôt de se ₺débarrasser₺ d’un joueur dont on n’a plus que faire. Là aussi, tous les moyens sont bons y compris les plus machiavéliques, les plus immondes. Nous noterons que par un curieux hasard, les cas les plus abjects se produisent au moment d’une transition, lorsqu’un dirigeant supplante un autre ou lorsqu’un groupe devient dominant et que par la force des choses, la nouvelle direction doit faire table rase de ce passé qui horripile.
C’est dans ce contexte général, sans équivoque, que nous plaçons une information publiée par un de nos confrères faisant état de la malheureuse situation vécue par un joueur (pas très emblématique, il faut le dire) du CS Constantine. On y apprend de ₺belles₺ choses - narrées par le joueur lui-même, le qualifié de milieu algéro-sénégalais Elias M’Baye - sur les agissements (pour le moins méprisables s’ils étaient avérées) des dirigeants du club.
Au départ, le joueur est sollicité par notre confrère pour qu’il fasse part de son point de vue, sa réaction sur sa non-intégration dans le groupe de joueurs partis pour un stage de préparation à l’étranger (Tunisie). On apprend donc incidemment qu’il s’agit d’une forme de sanction prise par le staff suite au refus du joueur de résilier sans indemnisation son contrat. On pourrait presque comprendre les dirigeants du CSC. En effet, dans le cadre d’une bonne gestion des moyens financiers mis à la disposition du club par Tassili Airlines, actionnaire majoritaire de la SSPA, n’importe quel quidam (supporter) normalement constitué assimilera sans difficultés que le joueur n’étant pas retenu pour la saison à venir, ne ₺faisant pas partie des plans pour la saison 2015-2016₺ ne bénéficie pas de cet avantage. Le joueur le reconnait, il n’est pas interdit d’entrainement (ce qui pourrait être considéré comme une entrave à l’exercice de sa profession) puisqu’il doit s’entrainer avec l’équipe des Espoirs (U21).
Pour bien montrer au joueur qu’il est indéniablement indésirable, celui-ci déclare à notre confrère que les dirigeants ont mis en œuvre une série d’actions d’accompagnement consistant à l’obliger à quitter l’hôtel où il est« pris en charge comme tous les autres joueurs alors que je suis toujours officiellement sociétaire du CSC ». Cette décision semble avoir été comprise par M’Baye qui affirme dans détours qu’il s’agit de le « pousser à accepter de résilier mon contrat ».
Circonstances aggravantes, la décision prise l’a été en plein mois de Ramadhan. Le joueur - qui n’est certainement pas né de la dernière pluie - semble posséder un sens de la communication qui n’est pas l’apanage de tous les joueurs professionnels profitent des circonstances qui lui sont offertes par la presse sportive nationale pour appuyer là où ça fait mal. Ses propos sont sans équivoques. Nous les reprenons tels qu’ils ont été publiés : « on veut non seulement me jeter à la rue, mais aussi me priver de manger et boire en plein Ramadhan alors que je n’ai pas été payé les trois derniers mois ».
Le joueur connait ses droits (ce n’est pas toujours le cas). Il se dit prêt à résilier le contrat qui le lie au CSC à condition que « la direction du CSC me paye les trois mensualités qu’elle me doit » assortie d’une condition supplémentaire : l’indemnisation.  M’Baye, encore une fois, montre qu’il connait la réglementation : « si c’était moi qui avais décidé de m’en aller, je ne pense pas que les dirigeants du CSC accepteraient que je parte sans me plumer ».

A une question de notre confrère qui insiste pour mieux connaitre la suite des événements et lui demande ce qu’il compte faire après que la direction du club l’ait sommé de quitter l’hôtel où il est pris en charge totalement, M’Baye répond que « en attendant que je trouve un arrangement avec les dirigeants du CSC, je ne vais pas quitter l’hôtel car je n’ai pas où aller, je vais y rester à mes frais ». Pour bien expliciter sa situation de SDF et la complexité de sa situation il ajoute pertinemment « si, bien sûr, la direction de l’hôtel accepte de me prendre en charge à crédit jusqu’à ce que je perçoive les trois mois de salaires que me doit mon club ».  

Ecrits journalistiques, Oh rage ! Oh désespoir ! Oh ignorance ennemie


« Oh rage ! Oh désespoir ! Oh….. », nous allions continuer sur la lancée, la célèbre tirade de la pièce théâtrale de Pierre Corneille par « vieillesse ennemie », lorsque les doigts se sont arrêtés de tapoter sur le clavier du « lap-top ». Ce n’est pas la vieillesse qui est en cause dans ce qui suivre mais l’ignorance crasse dont font preuve certains confrères, certains  journalistes qui émargent dans les colonnes de la presse sportive. Donc, notre tirade inspirée de Corneille devient, lorsqu’on la termine, « Oh rage ! Oh désespoir Oh ignorance ennemie !».
Loin de nous de nous heurter à des confrères pour des opinions ou des tendances politiques, métaphysiques ou autres qu’ils auraient pu formuler. Loin de nous également de leur reprocher ce penchant fortement marqué qui apparait dans les couvertures de matchs ou de faits qui font partie de la vie quotidienne des clubs pour lesquels ils éprouvent une si forte attraction qu’ils en perdent toute objectivité. Loin de nous de les sermonner pour cette complicité qu’ils entretiennent avec les leaders d’opinions (stars du jeu, dirigeants ou entraineurs) qui fait que leurs écrits sont remplis de cette subjectivité dont les linguistes de la fin du siècle dernier disaient qu’ils font partie du langage, du discours, de l’écrit.
Nous avons appris sur les bancs de l’université (il y a bon nombre d’années), en cours de sémiologie de l’information que les médias exerçaient une fonction essentielle mais aussi des fonctions annexes dont celle d’apporter de connaissances aux lecteurs : informer et former !
L’objet de notre colère  d’aujourd’hui est une phrase qui est sans doute passée inaperçue du lecteur lambda, des confrères et ne porte pas à conséquence grave (il n’y a pas mort d’homme) mais démystifie la fonction journalistique auprès de certains intervenants ayant un certain niveau de compétences dans la sphère sportive et alimente ou  perpétue indirectement le dédain qu’ils ont pour la corporation.
Après plusieurs heures d’un voyage décrit comme éreintant et un match amical joué dans le cadre de la préparation précompétitive, une équipe de football est rentré au camp de base, au centre de préparation. Pour le lendemain de la rencontre et des voyages en bus, le préparateur a concocté, nous dit notre confrère une séance normale ou du moins telle que prévue dans le programme de la préparation ou du moins, ce qui serait plus exact il ne compte pas revoir son programme à la baisse.
Jusque-là, tout va bien. Sauf que notre confrère emporté par le lyrisme ajoute « le technicien a préparé une séance intense pour effectuer un travail d’endurance et de renforcement physique ».
Le problème car il y a problème est qu’ « un travail d’endurance et de renforcement physique » sont à l’opposé d’un travail intense. Nous lui concéderons tous les adjectifs qualificatifs du dictionnaire qu’il voudra : lassant, ennuyeux, éreintant, usant, épuisant, harassant, etc. Tout sauf ₺intense₺.
Dans la hiérarchie des efforts, le travail d’endurance (à l’exception de la ₺sortie longue₺ du marathonien) est celui qui éprouve le moins le sportif. Il s’agit de la petite course ₺en petite foulées₺ que nous les voyons faire au début et/ou à la fin de chaque séance d’entrainement, cette petite ballade de joggers pendant lesquelles ils continuent les discussions entamées avant que l’échauffement ne commence.          
Un entraîneur (préparateur physique) évalue l’intensité de l’effort par deux approches. La première, la plus simple, la plus rapide, la plus commode pour tous est celle qui s’appuie sur la fréquence cardiaque au moment de l’effort. Pour la mettre en pratique, il faut un petit matériel, une aide technologique peu onéreuse (une centaine d’euros maximum par joueur) certes mais au-delà des moyens des clubs polarisés sur d’autres aspects de la gestion.
La seconde existe partout, se pratique partout pour peu que l’on sache travailler avec la VMA (vitesse maximale aérobique) dont certains nous rabâchent les oreilles sans savoir de quoi il s’agit.
Avec la première approche, le travail d’endurance correspond à un effort au cours duquel la fréquence cardiaque n’excède pas 75% de la fréquence cardiaque maximale théorique qui est déterminée par un simple calcul arithmétique (220 moins l’âge) ou pour plus de précision (ce qui est quand même préférable) par une épreuve d’effort (imposée normalement au moment de la visite médicale obligatoire avant l’enregistrement des licences).

La seconde consiste à courir sur une distance déterminée (ce fut le ₺test de Cooper₺ puis le ₺demi-Cooper₺ puis sur des distances de 1 200 mètres, 1 600 mètres, 2 000 mètres et même 3 000 mètres). A partir du temps réalisé sur la distance retenue, la vitesse est calculée. Avec l’approche dite de la VMA,  le travail d’endurance ne dépasse pas 70% de lla vitesse.