mercredi 26 août 2015

Usain Bolt, Le champion des champions



En remportant le titre de champion du monde 2015 du 100 mètres qui s’est disputé à Pékin que tous les pronostics voyait tombé dans l’escarcelle de l’Américain Justin Gatlin, un athlète suspendu à deux reprises pour dopage et qui a survolé la saison,  le Jamaïcain Usain Bolt surnommé « fightening » ou la « foudre » est devenu le « champion des champions », un titre symbolique qu’on ne lui disputera pas avant longtemps, très longtemps même.
Depuis septembre 2013, Usain Bolt est à la traine. Ou du moins traine des blessures récurrentes qui ne lui ont pas permis de réaliser de véritables saisons sportives. Même la présente a été très laborieuse avec des blessures qui l’ont retardé dans sa préparation jusque dans les premiers jours du mois de juillet.
Notons que pour beaucoup de commentateurs, Usain Bolt n’a pas gagné les championnats du monde et que  plutôt c’est Justin Gatlin, impérial jusque-là y compris dans les tours qualificatifs à la finale, qui l’aurait perdu. Perdant pour avoir trop dominé. Perdant pour n’avoir pas su résister psychologiquement à un adversaire qui n’était pas (et n’est pas encore) en possession de tous ses moyens physiques qui lui avaient valu ce surnom de « la foudre » et l’avaient vu dominé cette course (qui n’est pas sa préférée) avec tant d’insolence qu’il n’a été battu que par lui-même aux championnats du monde de Daegu de 2011 en anticipant le coup de feu du starter depuis sa médaille d’argent du 200 mètres d’Osaka en 2007.
Athlète le plus médaillé d’or chez les hommes, Usain Bolt qui peut être encore rejoint par la sprinteuse américaine Allyson Felix qui devrait obtenir la médaille d’or du 400 mètres. Il est cependant en mesure d’en conquérir deux autres sur 200 mètre et au relais 4X100.
Mais, Usain Bolt n’est pas l’athlète le plus médaillé des championnats du monde d’athlétisme. Dans ce concours, il est devancé par son ex-compatriote  la « sublime Merlene Ottey » qui comptabilise 14 médailles dont seulement 3 dans le métal le plus précieux, l’or. Il s’en rapprochera certainement à la fin de cette édition des championnats du monde, dans ce stade du « nid d’oiseau » où à l’occasion des jeux olympiques de 2008, il avait gagné trois médailles d’or. Beaucoup plus difficile cette fois-ci avec un relais 4X100 américain très fort et favori des pronostiqueurs alors que la course du 200 sera plus ardue à remporter que celle du 100.  Pour battre Merlene Ottey, Usain Bolt sera contraint de poursuivre sa carrière jusqu'aux Mondiaux 2017 à Londres, lui qui aspire à prendre sa retraite sportive juste après les jeux olympiques de Rio de Janeiro, l’été prochain. Mais, sait-on jamais.
Notons qu’avec ses 11 médailles, Bolt, bien  que deuxième, devance « Carl » Lewis son prédécesseur dans la hiérarchie du sprint. Un « Carl » Lewis, un brin jaloux du succès de l’’homme des îles et surtout de son empathie avec les foules, qui en tant que consultant a tenté d’entacher la réputation du Jamaïcain par des allégations  de dopage.
Il est vrai que l’Américain en connait un bout sur la question. Lui qui, selon certains experts du monde de la lutte contre dopage, aurait été plusieurs fois été contrôlé positif mais aurait été blanchi par les instances sportives américaines de son époque. On dit même qu’il aurait du être disqualifié avec le Canadien Ben Johnson, exclu des jeux olympiques de Séoul (1988) en  lui cédant la médaille d’or. 
Au cumul, des Championnats du monde et des Jeux Olympiques, le palmarès de « la foudre » s'élève maintenant (donc avant le 200 et le 4X100) à 17 médailles, dont 15 en or. « Carl » Lewis  a remporté dix médailles olympiques (neuf en or) et dix médailles aux championnats du monde d'athlétisme (huit en or).

A seulement 29 ans. Lorsqu’on sait que Justin Gatlin est âgé de 33 ans et que Carl Lewis termina sa carrière plus tardivement, à 35 ans.

mardi 25 août 2015

Elections de l’IAAF, Le rejet des Algériens du cénacle de l’athlétisme



Abderrahmane Morceli, frère et entraineur de Nouredinne, champion du monde et champion olympique du 1 500 mètres, a utilisé, dans un entretien accordé à un confère à la fin de la décennie 2 000, une formule très simple permettant de qualifier l’athlétisme. Il disait alors, dans un commentaire sur ce qu’il qualifiait de régression de l’athlétisme national, que cette discipline employait « le chronomètre et le métrage » pour langue. Abderrahmane ne se préoccupait que du terrain et de ce qui s’y passait. Il n’a d’ailleurs jamais été passionné par ce qui se passe dans les coulisses des instances sportives. Dans sa vision du monde, la valeur d’un athlète n’est pas mesurée par les discours aussi dithyrambiques soient-ils mais par les temps enregistrés par le chrono et par la mesure donné par  un décamètre. Peu disert, Abderrahmane tenait un discours de technicien, d’homme de terrain.
Le 50ème congrès de l’IAAF, l’organisation supranationale de la discipline-reine des sports olympiques, précédant de quelques jours le déroulement des championnats du monde de la discipline qui se tiennent depuis samedi à Pékin, montre, à travers les élections qui ont permis aux 214 représentants des fédérations-membres de sélectionner le nouveau président, les 4 vice-présidents, les 15 membres du conseil exécutif et les membres des comités, que la génération montante des dirigeants est en phase avec le discours de A. Morceli. Beaucoup de ces électeurs sont issus de la discipline, d’anciens athlètes qui se sont tournés, à la fin de leurs carrières sportives, vers des fonctions que nous dirons de politique sportive, du sport qui leur a beaucoup donné sur le plan sportif et professionnel.
Le congrès de l’IAAF a élu un président, le Britannique Sébastian Coe qui fut, dans les années 80, le meilleur coureur de 1 500 mètres de son époque (double champion olympique). Son premier vice-président, l’Ukrainien Serguei Bubka, est un sauteur à la perche (multiple champion du monde et 35 fois recordman du monde).  Le quatrième vice-président,  le Cubain Alberto Juantorena, surnommé « el caballo » pour l’impression visuelle de puissance qu’il dégageait et la longueur de sa foulée, fut double médaillé d’or du 400 et du 800 des jeux olympiques de Montréal (1976).
Les Marocains Khalid Skah (vainqueur du 10 000 des jeux olympiques de Barcelone 1992) et Nawel el Moutawakel (médaille d’or du 400 mètres haies des jeux olympiques de Los Angeles (1980) ou encore le Namibien Frank Fredericks (médaillé d’argent du 100 et du 200 des jeux olympiques de Barcelone puis à nouveau double médaillé d’argent du 100 et du 200 aux jeux d’Atlanta, 1996) ont été élus au conseil exécutif de l’IAAF qui toute proportion gardée, est l’équivalent du bureau exécutif d’une fédération nationale d’athlétisme.    
Nous avons rapporté ici même que deux Algériens s’étaient auto-candidatés pour occuper des fonctions dans ces instances. Le président  de la fédération algérienne d’athlétisme, Ammar Bouras, pour une place au conseil exécutif et Ahmed Boubrit, le directeur technique national, pour siéger au comité de cross-country. On connait le résultat d’une démarche qui n’avait pas cherché l’agrément des instances sportives (FAA, MJS et COA).
Au-delà de ces démarches éminemment individuelles et individualistes, les deux postulants, prédisposés à ce camouflet car illustres inconnus au milieu de stars mondiales de la discipline et non soutenus par l’appareil de l’Etat, n’avaient pas pris en compte le pouvoir magique du palmarès, des titres et médailles obtenus dans les grandes manifestations dans un cénacle qui les compte par centaines si ce n’est par milliers.

En un tel environnement, les candidatures de Hassiba Boulmerka et de Nouredinne Morceli auraient été plus adaptées. Sauf que, les deux grandes stars de l’athlétisme national, les deux premières aussi, celles qui ont frappé l’imagination et les mémoires en remportant en l’espace de quelques heures de 1991, les deux premiers titres mondiaux sur une même distance (1 500 mètres) pour un pays alors inconnu sur l’échiquier mondial, dérangent tellement que la première n’a même pas invité à assister à la dernière assemblée générale de la FAA par celui qui fut son entraîneur dont la crainte d’être éclipsé est forte et qui pour être « le soleil de l’athlétisme algérien » a été jusqu’à faire perdre une fonction au sein de la confédération africaine à un ancien secrétaire général de la FAA. Heureusement pour ce dernier que le président de la confédération élu en qualité de 3ème vice-président de l’IAAF, l’aurait maintenu à ses côtés comme membre honoraire. 

lundi 24 août 2015

Comptes bloqués, Le CSC pris au piège tendu par ses dirigeants



Une action en justice menée contre le CSC a conduit, selon une décision prononcée par le juge, à ce que certains de nos collègues, proches du club constantinois, nomment une « saisie-attribution » qui serait, par déduction lexicale et sémantique, une nouvelle forme de blocage de comptes bancaires venant se positionner aux côtés des traditionnels « saisies arrêts » et « avis à tiers détenteurs » (A.T.D.).
Cette décision a été prononcée par la justice afin de contraindre la SSPA/CSC à régler des créances que détiendraient des tiers (en fait des dirigeants membres de l’organe de gestion de l’équipe professionnelle de football domiciliée Constantine). Par un concours de circonstances, cela équivaudrait in fine à obliger leur propre société commerciale. Du moins celle qu’ils ont créé avant qu’ils ne soient détrônés par le groupe Tassili, devenu actionnaire majoritaire. Par un tour de passe-passe, ils comptent se faire payer par le nouveau propriétaire des sommes qu’ils avaient certainement passé par « pertes et profits » et qui semble-t-il n’auraient pas été porté à la connaissance des nouveaux patrons.
La subtilité de cette affaire est que l’actionnaire majoritaire actuel n’a pu faire valoir la totalité de ses droits ou du moins recourir à l’ensemble des moyens que lui permet la procédure de justice puisque trompé par le conseil d’administration en place, c'est-à-dire par les prêteurs ou leurs proches.
Le montant revendiqué n’est pas négligeable. Selon les informations qui ont fuité dans la presse, il s’élèverait à 18.6 milliards de centimes que le groupe Tassili, s’estimant à juste titre d’ailleurs, trahi par les serpents qu’il a abrité en son sein, se refuse à payer.
La conséquence inéluctable découlant d’une décision de justice exécutoire, car n’ayant pas fait l’objet d’appel et mise en application par les bénéficiaires de la décision de justice, est le blocage du compte bancaire de la SSPA. Cette mesure a pour effet de consigner (jusqu’à ce que le solde du compte atteigne le montant du et déterminé par la décision de justice) les somme qui y seront logées portées au crédit du compte à la suite de virements ou de versements en faveur de la SSPA. Précisons que nul ne pourra en disposer jusqu’à extinction de la procédure.
Apparemment, les initiateurs de la procédure en justice sont pris à leur propre piège. Le groupe Tassili ne versant pas les tranches du budget prévisionnel arrêté de concert avec le C.A et le directeur général démissionnaire de la SSPA (Bentobbal) avant l’achèvement de la précédente édition du championnat, la direction du club  est dans l’obligation de trouver d’autres ressources financières en attendant de trouver une solution qui satisfasse toutes les parties.
En se plaçant dans une situation très britannique de « wait and see » très confortable au demeurant, le groupe Tassili met les gestionnaires directs (le président Haddad et ses mentors) de l’équipe face à leurs responsabilités : pérenniser l’équipe, assurer son fonctionnement, régler les salaires, les charges et les primes sans avoir recours à l’apport financier de l’actionnaire majoritaire et sans pouvoir utiliser les sommes contenues dans le compte de la société.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’appel lancé, aux Sanafirs à venir très nombreux remplir les gradins du stade Hamlaoui, par les responsables du club qui souhaitaient profiter de la venue du MC Oran pour remplir les caisses en vue de verser la prime du match contre la JSK, celle de la victoire face au MCO et les dépenses inhérentes au déplacement pour jouer le match contre l’Entente de Sétif. La duplicité étant une seconde nature, le président du CA convoque une réunion de l’organe de gestion pour résoudre un obstacle qu’ils ont eux même créé, rétablir le contact avec le propriétaire du club.  
Par ces hasards de l’histoire, ce qui devait être un remake de l’affaire SSPA/MCA (Sonatrach) - Omar Ghrib peut se  transformer en un remake de l’affaire JSMB (CSA vs SSPA) où les actionnaires de la SSPA ont laissé les membres du CSA, un commanditaire et les autorités locales s’enferrer dans une situation inextricable résolue  par la désignation d’un CA (en fait une reconduction du précédent) pour relancer provisoirement l’équipe.

Pire encore, les dirigeants du CSC peuvent se trouver dans les prémices d’une « affaire HB Chelghoum Laïd » qui a vu le président de cette équipe de DNA/Est  être  condamné à une peine de prison pour avoir, dans une situation similaire, fait transité des subventions par un compte tiers.

dimanche 23 août 2015

Passeports biologiques et re-testings, Comprendre les prochaines sanctions



Un des  griefs adressés à l’IAAF repose sur son inaction face aux résultats que des médias se sont procurés. Il est cependant observé que les données sont  issues du module hématologique du Passeport Biologique de l’Athlète (PBA), utilisées comme une méthode dite "indirecte" de détection. Elles ne pouvaient être qu’une base de données ne pouvant en aucun cas être utilisées pour engager des sanctions. En effet, le PBA n’a été officiellement et légalement mis en place qu’en 2009. Les données portent sur la période 2001-2009.
La suspension de ces 800 athlètes par le biais du passeport,  oblige l’IAAF à suivre une procédure. Le non-respect de cette démarche lui aurait valu d’être systématiquement déboutée par le Tribunal Arbitral du Sport. Il est noté que la caution scientifique a été obtenue grâce a la publication des résultats de l’étude dans Clinical Chemistry.
Depuis  que la méthode indirecte a été entérinée et approuvée, c’est une longue procédure qui est mise en œuvre. Elle dure entre 2 et 3 ans, faites d’une succession de vérifications  qui permet à l’IAAF d’éviter de punir un « faux positif », et une série d’appels formulés par les athlètes pour échapper à la sanction. Cependant, une cinquantaine d’athlètes a été suspendue.
Depuis la publication de cette série d’articles, l’IAAF a annoncé que les analyses rétrospectives des échantillons prélevés des championnats du monde de 2005 et de 2007 a permis de confondre 28 athlètes positifs, dont 27 avaient pris des stéroïdes ( a priori des lanceurs, des sprinters ou des sauteurs).  Ces contrôles dits « re-testings »,  qui relèvent de la méthode "directe", n’ont rien aucun lien avec le PBA (« méthode indirecte »). Il s’agit de rechercher avec les dernières avancées technologiques les traces de produits indétectables à l’époque. On notera que l’athlétisme est l’un des rares sports à s’être doté du PBA, et qu’il est le seul à pratiquer des analyses rétrospectives dont la période avant prescription a été étendue de 8 à 10 ans. Concernant les mondiaux de 2005, 5 Russes ou Biélorusses ont déjà été déchus de leur récompense (en sauts ou en lancers) lors du précédent "re-tests" effectués en 2013. D'autres modifications de palmarès sont donc attendues.
Le journaliste de Le Monde.fr trouve quand même matière à critiquer l’IAAF. Il liste une longue série d’insuffisances : l’incapacité à protéger les bases de données du passeport et la préservation de l’anonymat ainsi du secret médical des athlètes concernés ; les annonces de cas positifs en remettant à plus tard la divulgation des noms qui contribuent à alimenter les rumeurs et dénonciations calomnieuses ; la gestion du programme de localisation des athlètes ; le manque de réactivité aux sanctions (ou absence de) prononcées par des fédération nationales complaisantes à l'égard de leurs athlètes ; l’insuffisance du budget  alloué à la lutte antidopage (6 millions d’euros par an)  qui, bien que relativement plus conséquent que dans d’autres sports, reste modeste comparé à d’autres budgets comme celui du gala de récompense de fin d’année qui coûte plus du double ; les critères de plus en plus exigeants de qualification pour les championnats du monde, la suppression des minima B alors que depuis deux décennies on observe une stagnation des performances, voire des régressions dans certaines régions du monde ou pour certaines disciplines, conduisant certains à y voir un encouragement au dopage afin de rester dans la course.
En conclusion, le bloggeur après avoir reconnu à l’ARD et au Sunday Times le mérite d’avoir contribué « à une meilleure compréhension du phénomène du dopage avec des recueils de témoignages effarants sur les pratiques en cours en Russie et au Kenya » et constaté que « l’utilisation des études portant sur le questionnaire dont personne ne voulait et le passeport que tout le monde réclamait pour accabler l’IAAF relève plutôt du sensationnalisme à quelques jours des mondiaux » remarque avec pertinence qu’il y a « suffisamment de motifs d’inquiétude au sujet de l'IAAF pour ne pas l’accuser de comploter précisément là où elle agit ».


samedi 22 août 2015

Dossiers sur le dopage, Les critiques pris à défaut


Un bloggeur français a publié récemment un article sur le site Le Monde.fr, un article fort intéressant sur le documentaire de la chaîne de télévision allemande ARD et les articles du tabloïd britannique The Sunday Times à l’origine d’un déballage médiatique dans la presse généraliste et spécialisée. Ce sont ces deux médias qui sont à l’origine de ce qui a pris la forme de campagne de presse visant la fédération internationale d’athlétisme (IAAF), la première des fédérations des sports olympiques. Une campagne de dénigrement qui, par ricochets, a porté atteinte à la crédibilité de beaucoup de champions africains et des performances réalisées par eux.
En titrant son article « Quand les critiques manquent leur cible », le bloggeur a, de notre point de vue, visé juste. A l’approche de l’ouverture des championnats du monde de la discipline qui ont lieu du 22 au 30 août à Pékin (Chine) -dont les athlètes sont une des cibles de ce genre de critiques- et des commentaires qui seront proposés par les journalistes sportifs et autres consultants.
Le bloggeur a affirmé sans détours que « «  une semaine de l’ouverture de ses championnats du monde, la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme (IAAF) est une nouvelle fois accusée d’avoir caché l’ampleur des pratiques dopantes chez les sportifs ». Suivons-le dans son argumentation.
En premier lieu, il observe que l’affirmation du  Sunday Times d’un empêchement de publication d’une étude, menée par l’université allemande de Tübingen lors des Mondiaux de Daegu en 2011, sur la base de questionnaires anonymes soumis aux athlètes afin d’estimer le nombre ayant eu recours au dopage n’est pas, contrairement à ce qui est prétendu ou cru, un scoop, puisque le journal américain New York Times en avait parlé en aout 2013 après avoir reçu le manuscrit.
Les auteurs de l’étude s’étaient, à cette époque-là, déjà plaints du barrage  fait l’IAAF qui aurait été embarrassée par les résultats. Le bloggeur indique que cette étude, financée par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), avait été soumise, sans succès, par l’université allemande à plusieurs revues à comité de lecture et qu’elle avait été refusée par la prestigieuse revue Science. Il précise également que l’AMA aurait demandé aux universitaires de suspendre leurs démarches jusqu’à ce que l’IAAF prenne connaissance du manuscrit et donne son accord pour publication.
Le journaliste rapporte que la situation n’a pas évolué et  que l’IAAF a fait savoir  qu’elle n’a jamais eu de droit de véto et qu’elle n’aurait pas eu à l’exercer puisque l’étude a été recalée par les journaux spécialisés. Elle a déclaré que, selon les spécialistes qu’elle a pu consulter, le protocole et l’interprétation de cette étude classée dans les sciences humaines serait contestable.
Sunday Times, en collaboration avec la chaine de télévision allemande ARD, a été à l’origine, au début de ce mois d’août, d’un précédent pseudo "scoop" : sur la base des statistiques 2001 - 2012, environ 800 athlètes sur 5000 auraient présenté des anomalies dans leur passeport biologique soit un taux de 16 % de cas suspects. L’IAAF aurait couvert ce fait. Il s’avère, selon notre bloggeur, que les deux médias ont omis de préciser que l’IAAF avait publié, il y a 4 ans, dans la revue Clinical Chemistry, avec le laboratoire d’analyse suisse, une étude utilisant les statistiques de 2001 à 2009  intitulée  "Prévalence du dopage sanguin dans les échantillons collectés sur des athlètes élite".

On peut y lire que « un total de 7 289 échantillons sanguins a été collecté sur 2 737 athlètes hors et en compétition internationales d’athlétisme. (…) La prévalence estimée du dopage sanguin allait de 1 à 48 % (selon les pays) et une moyenne de 14 % pour l’ensemble de la population étudiée. ». Le bloggeur constatant que le taux de 14 % est  très proche des 16 % rapportés par l’ARD et le Sunday Times se demande si les deux médias connaissaient l'existence de cette publication ou s’ils l’ont volontairement tue. 

vendredi 21 août 2015

Renouvellement des instances de l’IAAF, Premiers échecs algériens

 

Au moment où vous lirez cette chronique, les premières épreuves des championnats du monde d’athlétisme auront débuté depuis quelques heures, à Pékin. Le premier coup de starter a été donné alors que nous étions encore endormis. Décalage horaire oblige. Nous connaitrons les résultats des 3 athlètes algériens  - Bilal Tabti (SB 1 et PB2 : 8.21.15, 27ème au classement mondial 2015), Hicham Bouchicha (SB : 8.24.65 et PB : 8.20.11, 43ème mondial) et Abdelhamid Zerrifi (SB : 8.31.08 et PB : 8.25.96, 73ème) - engagés dans l’épreuve du 3 000 mètres steeple qui auront couru les 3 séries qualificatives (de 14 athlètes chacune) à partir de  2 heures 30.  Puis, deux heures plus tard, aux environs de 4 heures, dans la première série du 800 mètres, du sort qui sera réservé au second repêché, Khaled Belmahdi (1.46.06, 64ème  mondial)   Dans cette course Zerrifi et Belmahdi, repêchés par l’IAAF pour compléter les séries, n’avaient pas réussi les minimas. Ils sauront certainement saisir la chance offerte de briller à ce niveau de compétition. Heureusement pour eux que les critères de sélection ne permettent que la participation de 3 athlètes par nation (plus éventuellement le champion du monde de la précédente édition) ont entrainé l’élimination « administrative » de 21 Kenyans (sans compter quelques Américains, Marocains, Espagnols et Ethiopiens) mieux classés. Les minimas « B » d’antan (destinés aux espoirs) ont été supprimés. Peu importe, ils auront une opportunité de s’illustrer dans au moins cette première course qui sera à leur portée car tactique, donc courue à un rythme qu’ils pourront soutenir s’ils rééditent leurs meilleures performances de l’année. Mais, ceci est une autre histoire. Celle que doivent écrire des athlètes qui ont fait des efforts pour déjà arriver à ce niveau de compétitions dont beaucoup de leurs pairs rêvent.
Les dirigeants ont quant à eux achevé les épreuves qui leur étaient réservées avant que ces championnats ne soient déclarés ouverts. Désormais, leur rôle sera protocolaire. Dans la nuit de mardi à mercredi, ils ont pris part aux élections qui se déroulent traditionnellement avant le début des épreuves sportives. Des élections destinées à renouveler les instances  à tous les niveaux de l’IAAF. A commencer par la présidence de la fédération internationale qui est revenue comme attendu à l’ancien miler britannique Sébastian Coe, lord et ex-président du comité d’organisation des jeux olympiques de Londres (2012) devant son unique rival, l’ancien champion et recordman du monde du saut à la perche, l’Ukrainien Serguei Bubka qui a été élu vice-président aux côtés du Qatari Al Hamad Dahlan, du Camerounais Malboum Kalkaba (président de la Confédération africaine d’athlétisme) et de l’ancien double champion olympique (400 et 800 des JO de Montréal 1976, président de la fédération cubaine), le Cubain Alberto Juantorena .
Deux membres de la fédération algérienne d’athlétisme (le président de la FAA, Amar Bouras et le directeur technique national Ahmed Boubrit) s’étaient candidatés respectivement pour une place au conseil exécutif de l’IAAF et de la commission de cross-country et ont essuyé un cuisant échec. Du côté du Sato, le stade annexe du 5 juillet, des voix (aussi pointues que peuvent l’être les « pointes » des coureurs ou les engins des lanceurs de javelot) affirment avec force insistance que le ministère de la jeunesse et des sports n’aurait pas été informé de ces candidatures. Une explication plausible à cette déroute puisque les auto-candidatés n’ont pu bénéficier des soutiens qui auraient pu leur être apportés par les institutions nationales. Sans évoquer d’autres considérations de simple bienséance.
On rapporte également (comme pour faire bonne mesure) du côté de Delly Ibrahim que la liste des accompagnateurs de la délégation algérienne à ces championnats ne serait pas tout à fait conforme à celle approuvée par le MJS. On se laisse à dire à dire qu’un entraineur,  non concerné directement par cette compétition car n’ayant pas d’athlète qualifié, aurait été ajouté en tant que « préparateur physique » ce qui, si l’information est confirmée, signifierait que le premier sport olympique en Algérie marche bien sur la tête. Il est en effet connu, dans les milieux sportifs, que ce n’est pas pendant la compétition que l’on peut parler de préparation physique.
Ces mêmes voies ne peuvent aussi s’empêcher d’établir un lien entre ce membre de délégation supplémentaire et le repêchage de deux athlètes par l’IAAF (Zerrifi au 3 000 mètres steeple et Khaled Belmahdi au 800 m) qui aurait augmenté le nombre d’accompagnateurs pris en charge par l’IAAF.   

1. SB = Season Best : Meilleure performance de la saison

2. PB = Personnal Best : Meilleure performance personnelle 

mercredi 19 août 2015

Avant les élections de l’IAAF, Message subliminal sur fond de dopage


Dans nos dernières chroniques nous avons délaissé l’actualité sportive nationale pour nous intéresser à l’athlétisme mondial. Il est vrai que depuis le meeting de la « Ligue de Diamant » organisé au stade Louis II de la principauté de Monaco (à la mi-juillet), la presse sportive internationale  a commenté, avec force allusion à des pratiques dopantes, le record du monde du 1 500 mètres réalisé par l’Ethiopienne Genzebe Dibaba dont le parcours au plus haut niveau est suivi de très près par les spécialistes.
Cette même presse s’est tue (ou presque)  sur la progression phénoménale d’Amel Tuka, un Bosniaque entraîné par un coach italien. Nous n’avons pas l’intention de prétendre que cet athlète était dopé mais les mêmes journalistes auraient pu s’interroger un peu plus sur les conditions qui ont mené aux chronos de cette année. 
En arrière plan, également une campagne conduite par des organes de presse anglais et allemands avec le renfort de spécialistes (?) australiens sur le thème du dopage dans les rangs des athlètes de haut niveau, une manière très médiatique et subliminale de critiquer la fédération internationale d’athlétisme et la fin du mandat de son président, le Sénégalais Lamine Diack.
C’est une fuite de données (ou plutôt l’exploitation médiatique d’une prétendue fuite) qui a emporté, dans un premier temps, les athlètes turcs et quelques athlètes russes. En cette période pré-électorale des fichiers informatiques ont « fuité » visant deux nations : la Russie et le Kenya.
Première conséquence, une trentaine de médailles distribuées depuis 10 ans sera retirée et redistribuée. Les grands bénéficiaires seront à n’en pas douter des athlètes occidentaux appartenant à des pays où l’avancée dans le domaine pharmaceutique  est importante et dont la tricherie ne sera repérée que dans quelques années, lorsque les moyens de contrôle seront adaptés aux nouvelle formules indécelables aujourd’hui.
La Russie et le Kenya (l’Ethiopie est également touchée pour l’instant à travers des athlètes ayant répudié leur nationalité d’origine) ont accaparé les médailles dans les dernières compétitions d’athlétisme et ont été jalousées. Il est clair que tous les athlètes suspectés de dopage ne seront pas présents aux championnats du monde de Pékin dont l’ouverture aura lieu dans quelques jours, le 22 août prochain. La Russie en a d’ailleurs fait l’annonce. Quant aux Kenyans qui tempêtent (40 cas répertoriés), cette question de dopés et de suspects de dopage les indiffèrent. Leur réservoir d’athlètes de valeur mondiale est si grand qu’ils n’auront aucune difficulté de remplacer ces athlètes par d’autres de presque égale valeur.
Un site d’information spécialisé en athlétisme a rapporté, à la fin du mois de mai, que pour l’inauguration de la piste (les gradins sont restés tels qu’ils étaient, taillés dans la terre) du stade d’Eldoret (la capitale du demi-fond kenyan n’en disposait pas avant cette date et malgré cela produisait chaque année de nouveaux athlètes de très haut niveau), le meeting avait vu 4 séries de 10 000 mètres et 7 séries au 5000 mètres, chaque série comptant 30 coureurs. Au 1 500, ils étaient, a-t-on- rapporté, plus d’une centaine.   
La deuxième aura un effet indéniable sur l’élection du nouveau président de l’IAAF. Deux postulants briguent ce poste à la tête de la deuxième fédération internationale (après la FIFA, le CIO étant hors concours): le Britannique Sébastian Coe et l’Ukrainien Serguei Bubka. Deux grands anciens champions que nul ne pourra effacer de l’histoire de l’athlétisme mondial, occupent aujourd’hui - avant que les électeurs (les présidents des fédérations membres de l’IAAF) ne les départagent- les fonctions de vice-présidents de cette organisation internationale.
Deux grands athlètes certes. Mais, aussi deux symboles de l’athlétisme mondial. Sébastian Coe représente, quoiqu’on en dise l’Europe, l’Empire britannique et le Commonwealth, c'est-à-dire les pays fondateurs de l’athlétisme moderne et normalisé, une Histoire qui a changé de cap avec la montée des nations socialistes d’abord puis des pays du tiers monde anciennement colonisé, ensuite. Un univers à la recherche d’un nouveau leadership et qui sait subtilement utiliser les moyens de communications.
Serguei Bubka, bien qu’il ait recouvré sa nationalité ukrainienne, est représentatif de l’athlétisme soviétique déclinant certes mais encore dominateur dans quelques spécialités athlétiques faisant encore partie de la culture de l’ancien bloc socialiste : la marche, les lancers et les sauts ainsi que les courses de demi-fond chez les dames. Bubka n’est plus soviétique depuis l’éclatement de l’URSS mais dans la mémoire des dirigeants de l’athlétisme mondial, dont la jeunesse n’est pas la première qualité et qui l’ont connu en tant qu’athlète porteur des couleurs de cette nation disparue qui dérangeait, il en est le symbole. Malgré les événements actuels de Crimée et d’autres régions orientales d’Ukraine.