vendredi 4 septembre 2015

Domiciliations au "stade du 5 juillet" (2), Du haut de l’Olympe belouizdadi



Le milieu du football est traversé ces derniers jours par une idée aberrante (du point de vue de l’équité sportive) consistant à domicilier toutes les grandes rencontres du championnat de Ligue 1 au stade du 5 juillet. Cette idée découle de la réouverture-homologation de ce stade de grandes dimensions et de l’impossibilité de trouver une infrastructure ayant la capacité suffisante pour recevoir tous les fans du Mouloudia d’Alger.
Il s’y ajoute aussi cette croyance complètement farfelue, mais à la dimension de ce qui prend forme arrogante, véhiculée en premier lieu par des journalistes-supporters farouches du club auxquels se sont joints, par mimétisme, d’abord les supporters puis que les joueurs qui, au lieu de croire à des balivernes journalistiques à tendances sensationnalistes pour duper les lecteurs et accroitre leur influence, feraient mieux de faire l’effort de s’adapter aux conditions d’évolution qui leur sont proposées et donc de faire leur métier de footballeur professionnel. Les fameuses conditions idylliques qu’ils évoquent n’étant pas de leur temps sportif, mais d’une époque révolue qu’ils n’ont pas connue.
Faire évoluer le Mouloudia totalement acquis serait cependant insuffisant, il ne restait plus pour bien faire que d’y faire jouer, en aller et retour, les autres matchs du Mouloudia, ceux qu’il aurait à disputer face à l’Entente de Sétif, le CS Constantine, le MC Oran, la JS Kabylie, ASM Oran et le MO Béjaïa qui drainent des foules immenses ainsi que ceux contre les équipes géographiquement  excentrées (JS Saoura et RC Relizane). Ou ceux dont les supporters ne sont pas encore nombreux (DRB Tadjenanet).
Au final, le Mouloudia ne jouerait qu’un match en déplacement, contre l’USM Blida au stade Tchaker, l’autre stade où est domicilié l’EN. La logique du président de la LNF est fondée, nous semble-t-il sur un background, où les incidences financières sont primordiales et les aspects sportifs, accessoires et même secondaires. Si cela est compréhensible, compte tenu des difficultés financières et de trésorerie qui sont l’apanage malheureux des clubs sportifs professionnels à la recherche permanentes de ressources capables de suppléer aux errements des dirigeants en matière de rémunération des joueurs, cela conduit à des dérapages discursifs comme celui de faire jouer un match CRB- JSK en (aller et retour) dans cette arène mythique. Notons que l’idée qui est dans l’air ou du moins qui est déductible de ces prémices est de faire jouer tous les clubs algérois au stade du 5 juillet lors de leurs confrontations avec les grandes équipes de l’intérieur du pays. Et bien évidemment toutes ces rencontres de prestige s’y joueraient en aller et retour, au nom de cette rentabilité financière portée en bannière.
Soyons sérieux, cette idée fort intéressante en elle-même (lorsqu’elle est restreinte aux derbies algérois en permettant à tous les supporters algérois de trouver une place, sans chicaneries oiseuses et déplacées, dans les tribunes) engendre d’autres difficultés (dont la première sera la répartition des recettes aux guichets) de service public comme celle consistant à assurer dans de bonnes conditions le déplacement (sur les routes nationales et l’autoroute) des milliers de supporters du CSC, de l’Entente, du MOB, etc. privés de ces grandes affiches et donc contraints de s’agglutiner devant les portillons du stade olympique.  

Ce qui est désolant n’est pas cette mécanique que l’on veut mettre en place (des arguments rationnels acceptables et compréhensibles par tous existent) mais la manière dont elle est présentée. Les clubs algérois ne désirant pas jouer au 5 juillet seront privés des droits de télévision. Un chantage qui ne dit pas son nom. Kerbadj, en Zeus moderne du haut de son Olympe de Belouizdad, a tonné et menace de foudroyer les récalcitrants. Pourtant l’argument ultime kerbadjien n’est pas porteur. Mahfoud Kerbadj a chiffré les droits annuels de télévision à 2 milliards de centimes. Une somme qui représente, à titre d’exemple, le double de la billetterie resquillée lors du dernier match CSC-MCO et qui donc n’est pas entré dans les caisses du club cher aux Sanafirs.    

mercredi 2 septembre 2015

Domiciliations au "5 juillet", Avantage permanent pour le Mouloudia


Nous savons tous que dans le milieu du football régenté par la FAF et la LNF, il est formellement interdit aux membres (dirigeants, arbitres, entraineurs et joueurs) de cette secte de critiquer les instances dirigeantes du football et donc ceux qui les dirigent. Nous savons également qu’il s’agit d’une reproduction au niveau national des directives (transcrits dans les statuts) de l’instance suprême qu’est la FIFA, une organisation multinationale tentaculaire qui, au vu du déballage médiatique et de l’emballement judiciaire qui l’ont mise sous la lumière de projecteurs, pourrait l’apparenter à un regroupement maffieux.
La LNF est une instance sportive dont les membres sont élus par les dirigeants des clubs professionnels pour gérer au mieux les affaires des ligues 1 et 2. Elle est donc l’émanation des clubs et devrait donc, dans le cadre d’une harmonie organisationnelle à mettre en place pour un développement fructueux pour tous de la pratique professionnelle du football, prendre en compte les desiderata de ceux qui font qu’elle est ce qu’elle est et ne serait pas une organisation qui fonctionne pour le plaisir basique de fonctionner. Cela suppose un mode de gestion participative où les clubs professionnels ont le droit d’émettre un avis ou tout au moins d’être consulter.
Il semblerait en fait que la LNF bénéficie d’une totale autonomie (vis-à-vis des pouvoirs publics et des clubs) et vit en autarcie. La dernière saillie du président de cette Ligue est celle qui consiste, du haut de son fauteuil présidentiel, à vouloir imposer aux clubs d’Alger de jouer leurs rencontres importantes (les fameuses ₺grandes affiches₺) au stade du 5 juillet nouvellement rénové et réceptionné.
La problématique des stades à Alger est connue. Tous les clubs disposent d’un stade où ils peuvent évoluer au milieu de leurs fans. Souvent situés au cœur des quartiers dont les clubs portent le nom, ces stades ne sont pas (ne nous voilons pas la face) ce qui peut se faire de mieux et ne proposent pas toujours les meilleures commodités, bien que répondant aux normes disons minimales du cahier des charges et donc des conditions d’homologation dont on suppose qu’elles font l’objet de dérogations encore populistes.
Tous sauf un, le Mouloudia d’Alger, le club le plus ancien du pays, celui dont la puissance financière fait rêver plus d’un et dont l’importance et la passion qui anime sa galerie est réputée un peu partout dans le monde. Malgré tous ces avantages indéniables, le Mouloudia est sans stade fixe, un club nomade qui (la faute à des dirigeants préoccupés par autre chose restant à définir) n’a pu, depuis des décennies, se constituer un patrimoine minimaliste (sous forme de concession des infrastructures sportives de l’Etat) comme ont pu le faire ces rivaux de la capitale et un palmarès à la hauteur de ses prétentions maximalistes.
Pour justifier les ratages sportifs, l’étroitesse des stades est invoquée comme si les autres (joueurs et équipes) n’en souffraient pas eux aussi.
Pour aider le Mouloudia, géant parmi les géants, les dirigeants du football n’ont pas trouvé mieux que de faire dans un populisme outrancier et de vouloir faire jouer toutes les rencontres importantes au stade ₺olympique₺ du 5 juillet. Les derbies algérois (les rencontres du Mouloudia contre l’USMA Alger, le CR Belouizdad, le NA Hussein Dey ou l’USM El Harrach) sont, sans contestation aucune, de grandes affiches capables de remplir les plus grandes enceintes sportives de la planète lorsque…..les résultats sont présents.

Le hic est que la philosophie actuelle est de vouloir donner le sentiment au ₺peuple₺ du Mouloudia qu’il a été entendu. Au mépris, si nécessaire, des règles basiques du fonctionnement des championnats de football où chacun des protagoniste joue une rencontre à domicile (sur son stade) et une autre à l’extérieur (sur le terrain de son adversaire). Dans de telles conditions, le Mouloudia jouerait la quasi-totalité de ses rencontres importantes chez lui, au ₺5 juillet₺. Qui plus est en aller et retour 

mardi 1 septembre 2015

Taoufik Makhloufi, Sachons raison garder


En août 2012, lors des jeux olympiques de Londres, Taoufik Makhloufi avait emporté le peuple algérien dans un univers empli d’une extase quasi orgasmique. Une médaille d’or surprise obtenue à l’issue d’une course qui avait stupéfait les commentateurs et consultants étrangers qui ont vu dans cette victoire inattendue l’effet d’une manipulation pharmaceutique et des manœuvres en coulisses.
Beaucoup, y compris parmi les experts algériens, ne voyaient –avant que ne débute la compétition planétaire -, en cet obscur athlète venu des monts de Souk Ahras, qu’un outsider de second ordre dont on ne pronostiquait au mieux qu’une qualification en finale à condition que toutes les conditions favorables soient réunies et qu’il réalise un exploit.
Les chances de – non pas remporter une médaille- se qualifier pour la finale étaient si réduites que les décideurs de la FAA l’avaient engagé sur deux courses : les 800 et 1500 mètres. Une façon comme une autre pour meubler sa présence à Londres et lui faire acquérir un peu d’expérience de compétitions de haut niveau. On connait la suite. Une qualification inattendue en finale du 1 500 (où tout est possible surtout lorsque la course est tactique) et une course de 800 qui vient malencontreusement (?) s’intercaler comme pour contrecarrer les nouveaux plans sur la comète. Une course dont il prend le départ et qu’il abandonne très rapidement comme le ferait un junior qui ne maitrise pas ce genre de convenances réglementaires. Un imbroglio administratif et médical lui vaut disqualification et réintégration. Tout ce qu’il faut pour se mettre à dos la presse et les autres, tous ceux qui sont avides de ses à-côtés sulfureux.
Taoufik Makhloufi, avant que s’achève la course n’était qu’un bon coureur de 1 500, un parmi tant d’autres qui comme lui courent le 1 500 autour de 3.34, un chrono qui ouvre la porte du véritable niveau international. Rien de bien extraordinaire ! Si ce n’est qu’en cette année 2012, Taoufik a franchi une étape et s’est rapproché des 3.30 et occupe, avant les jeux olympiques, la 6ème place mondiale à 3 secondes du leader Asbel Kiprop - son vainqueur de Pékin (devenu avec cette victoire de Pékin, triple champion du monde de la distance) alors champion olympique (2008) et champion du monde (2011) de la distance – qu’il devancera après une dernière ligne droite fantastique.
Depuis cette victoire époustouflante, la carrière de Taoufik Makhloufi a connu une suite mouvementée dans laquelle la maladie, l’instabilité de l’encadrement technique, les polémiques avec les instances sportives ont été les moments forts et les « grosses » performances absentes. Jusqu’au début de l’été et les trois chronos (étourdissants et porteurs d’espoir de médaille) de Nancy, Paris et Monaco. Un espoir consolidé avec une très belle demi-finale et un chrono (3.35) qui en faisait le favori. Le premier de la course (second de la finale), le Kenyan Alijah Manangoi, moins connu (à peine 22 ans) l’obligeant à puiser dans ses réserves tandis qu’Asbel Kiprop s’autorisait une victoire aisée, sans éclat dans l’autre course qui fut pour lui un footing légèrement rapide (3.42).
Dans une finale qui rassemblait sept des dix meilleurs performers de l’année, les meilleures chances de Taoufik Makhloufi étaient de courir comme à Londres, attendre et (peut être) gagner grâce à un sprint échevelé dans la dernière ligne droite, une tactique incertaine puisque Kiprop (1.43.15) et les autres sont du même niveau (si ce n’est légèrement meilleur sur 800) et certainement mieux armé sur 1 500 (Iguider est régulier à moins de 3.32 depuis 2006 et est juste derrière lui au bilan mondial 2015).
Désirant certainement une victoire avec panache (dans le style Morceli et El Guerroudj), Makhloufi, bien placé dans la ligne droite opposée, a lancé un sprint très long (250 mètres) qui a certes fait souffrir ses adversaires qui l’ont cependant rejoint et dépassé de peu, après qu’il eut épuisé ses ressources physiques. Il avait oublié (ou ne savait pas) que ses principaux adversaires (Kiprop et Iguider) détenaient de meilleures et bonnes références sur 3 000 mètres (respectivement 7.42.32 et 7.34.99).
Quoiqu’il en soit, le résultat de Pékin ne doit pas être perçu comme un échec monumental. Son actuel entraineur n’envisageait-t-il pas seulement la possibilité d’une médaille ? D’ici Rio, l’été prochain (si rien ne perturbe la planification), Philippe Dupont connaitra mieux son athlète, ses forces et faiblesses, ses réactions à ₺sa₺ méthode d’entrainement. L’ ₺échec₺ (si échec, il y a) est le fruit de l’instabilité technique. On ne peut pas impunément passer entre les mains de 4 entraineurs (en trois ans) sans effets négatifs sur la progression.


lundi 31 août 2015

Larbi Bouraâda, Le champion marqué à jamais par l’infamie


Dans la littérature française du 19ème siècle, des livres, dont la notoriété n’est plus à faire (₺Les misérables₺ de Victor Hugo et ₺Les trois mousquetaires ₺ d’Alexandre Dumas), ont pour personnages centraux des reclus, des réprouvés, des exclus de la société, des prisonniers souvent condamnés aux travaux forcés, portant indélébilement une marque qui est celle de l’infamie. Cette marque (la fleur de lys, symbole de la royauté française) avait été gravée au fer rouge, à même la chair, sur l’épaule de Milady (l’espionne, ex-épouse d’Athos, le compagnon d’armes de d’Artagnan, héros des ₺Trois mousquetaires₺). C’est une marque du même genre qui distinguait ad aeternam (pour l’éternité), les condamnés au bagne (Jean Valjean dans ₺Les misérables₺) du reste des membres honorables de la société. Une sorte de casier judiciaire à fleur de peau.
Larbi Bouraâda, un des héros algériens de la 15ème édition des championnats du monde d’athlétisme qui viennent de s’achever, revenu de Pékin avec une cinquième place du décathlon accompagnée d’un record personnel enrichi d’un record national et même d’un record continental (8 461 points) dans un concours de très haut niveau dont le vainqueur a lui-même amélioré son propre record du monde, fait partie des hommes forts, des athlètes complets capables de briller dans presque toutes les épreuves que propose un programme de compétitions d’athlétisme, des Hercule des temps modernes. Bons sprinters, bons lanceurs, bons sauteurs mais médiocres coureurs de demi-fond pourrait âtre le profil de ces athlètes hors du commun.
Il y a donc de quoi se gargariser du résultat réalisé au « Nid d’Oiseau », si ce n’est que, malheureusement, cet exploit est entaché d’une tare, d’une casserole que le pauvre athlète trainera derrière lui et avec lui pendant toute carrière. En effet, toutes les performances présentes et à venir seront accompagnées à jamais par la mention d’une suspension de deux années, prononcée en juin 2012, à la suite d’un contrôle positif au Stanozolol lors d’une compétition d’épreuves combinées disputée à la mi-juin 2012 en Allemagne.
Ce jour-là, Larbi Bouraâda avait remporté la victoire et amélioré le record d’Afrique (8 332 points) qui n’a jamais été validé et n’a jamais été porté sur les tablettes nationale et africaine.
Sanctionné par la fédération d’athlétisme, l’athlète a continué à faire partie de la liste des athlètes soutenus (contre vents et marées) par elle. C’est ce qui expliquerait que l’athlète ait continué à progresser et a réalisé une performance meilleure que celle produite sous l’influence de stéroïdes anabolisants.
D’autres athlètes de valeur mondiale ont été sanctionnés pour les mêmes faits. Les Américain Justin Gastin (double médaillé d’argent sur 100 et 200 mètres) et Tyson Gay, le Jamaïcain Assafa Powell (ex recordman du monde), sa compatriote Shelly Ann Fraser Price (championne du monde 2015 du 100 m)  ont été sanctionnés à divers degrés pour usage de produits dopants et ont réintégré, au plus haut niveau, le circuit mondial, en portant cependant une pancarte qui les met au ban de la société des athlètes honnêtes et rappelle constamment leur déshonneur.

Larbi Bouraâda (et les autres athlètes sanctionnés) bénéficie d’une forme de mansuétude (suspension temporaire) qui risque de ne pas être éternelle. En effet, des débats alimentent le monde de la lutte antidopage. Des recherches effectuées sur ce sujet (en Norvège, en Suède et même en Allemagne de l’Est au temps où la RDA était à la tête du dopage mondial, c'est-à-dire antérieurement à la « chute du Mur de Berlin ») montreraient que les effets du dopage aux stéroïdes anabolisants seraient permanents, qu’en quelque sorte que « dopé un jour serait dopé toujours». Il semblerait que si les analyses pratiquées ne peuvent mettre en évidence l’utilisation présente de produits dopants, ceux-ci, employées antérieurement, modifieraient profondément les cellules de l’athlète et lui fourniraient donc indéfiniment un avantage sur leurs concurrents. C’est ce qui expliquerait l’amélioration des performances individuelles constatées entre la période d’usage des anabolisants et aujourd’hui où ils sont ₺clean₺.  

dimanche 30 août 2015

« Taïhoudite », Le CSC pris dans l’engrenage


Dans le parler populaire, la langue arabe dialectale, maternelle d’une grande majorité de la population, comprise par la minorité amazighophone, cette fameuse « derdja » (ou « daridja ») que l’on redécouvre au détour d’une proposition de pédagogues pour améliorer le niveau de compétences de nos enfants déroutés, dès leur entrée à l’école, par une langue qu’ils ne reconnaissent pas à moins d’être très assidus, aux côtés de leurs géniteurs, dans les salles de prière et les mosquées ou aux classes préparatoires (mi-classes maternelles et mi-crèches) qui font florès, en concurrence avec le cycle préscolaire de l’éducation publique nationale, est objet d’un débat polémique dans lequel s’affrontent les idéologues et les hommes politiques prenant le pas, comme à l’accoutumée, sur les pédagogues.
Un mot dans cette langue vernaculaire, « taïhoudite », exprime une partie de la mémoire collective. Celle où se juxtapose, spatialement parlant, depuis au moins le reflux andalou du 16ème siècle, deux communautés religieuses, venues du centre mythique du monde, en rivalité séculaire mais qui pourtant se sont interpénétrées socialement et culturellement. « Taïhoudite » exprime le comportement initialement connu et perpétué au fil des siècles par les communautés juives et mauresques déportées par la Reconquista  ibérique. Un comportement ne correspondant pas, selon le commun des mortels, aux normes sociales idéalisées d’inspiration musulmane. En fait, dans ce sémème seraient regroupés, depuis le recouvrement de la souveraineté nationale, des normes sociales attribuées aux alliés des colonisateurs, aux rivaux religieux héréditaires. C’est à travers des perceptions négatives portées par l’Histoire que ces derniers sont décrits par le commun des Algériens et les membres des autres communautés monothéistes du bassin méditerranéen. Dans ce pack se mêlent hypocrisie, capacité de nuisance, sournoiserie, etc. transcendées par des capacités intellectuelles mises au service du Mal. C’est aussi la différence entre deux strates de la société, entre le milieu citadin (celui des villes du 16ème et 17ème, Tlemcen, Alger, Oran, Blida, Béjaïa, Constantine, Annaba) qui ont recueilli cette diaspora au raffinement civilisationnel inégalé et l’exode rural post indépendance qui ne s’y est pas encore habitué   
C’est « taïhoudite » qui nous vient à l’esprit en observant le comportement des dirigeants et des supporters du CSC, un club de football algérien, prétendument doyen dans une conception de clubs autochtones, musulmans, portant haut le fanion « Vert et Noir ».
On connait le différent financier qui oppose l’actionnaire majoritaire de la SSPA/CSC (le groupe public Tassili) aux autres actionnaires que sont le CSA/ CSC et les actionnaires fondateurs du club professionnel (dignes représentants du secteur privé à l’algérienne) et la décision de justice, qui contraint le premier à verser aux seconds près de 19  milliards de centimes qui auraient permis au club de survivre, et a assorti la décision à un blocage des comptes.
Enfermés dans une impasse, les « opposants », avec à leur tête le président du conseil d’administration, ont voulu tenir une réunion de travail ou de conciliation prenant la forme d’une réunion extraordinaire du CA pour trouver une solution. Pour bien faire, seul le président du CA s’est présenté pour faire face aux représentants désignés du propriétaire du club rencontrés au cours d’une réunion informelle (puisque la réunion du CA a été avortée) au cours de laquelle il a présenté au nom de ses pairs constantinois une proposition apaisante (?) consistant à ne pas perturber le fonctionnement de l’équipe en ne prélevant pas sur les fonds que verseraient le groupe Tassili, les montants destinés à couvrir la dette.
Notons que les « copropriétaires », c’est à dire le CSA et les autres actionnaires que sont Boulhabib (le chef de file), les frères Boukhezra (les commanditaires) et Haddad (le président du conseil) ont échoués dans leur tentative de ramener au stade Hamlaoui les Sanafirs. Observons également que si ces derniers furent nombreux (une estimation donne 45 000 spectateurs entassés dans les gradins), seulement un peu moins du tiers ont consenti  à passer à la caisse (13 000 billets vendus, dit-on). En fait, Boulhabib et consorts n’ont pas eu le soutien (financier) attendu et espéré. Mais, pouvait-il en être autrement alors que ce problème est connu de tous depuis des lustres et n’a jamais été résolu.
Dans cette histoire de resquille, tous les intervenants sont perdants : le fisc, les pouvoirs publics, le stade et les clubs. C’est pour remplacer ces pertes financières que l’administration taxe au prix fort (1 500 dinars/mois) les sportifs du troisième âge qui tentent de conserver ou de retrouver la santé. Pendant ce temps, les supporters et les stadiers jouent à cache-cache à coup de milliards de centimes par grande affiche.

En une rencontre (CSC-MOC), 8 millions de dinars sont passés en pertes et profits. Plutôt en pertes.            

samedi 29 août 2015

Publicité sportive, Mobilis, un encouragement au dopage ?


Mobilis est une entreprise publique de téléphonie mobile qui dans le cadre de sa politique de communication a investi le champ sportif. En plus du « naming » du championnat de football professionnel, cette entreprise sponsorise des fédérations, des événements sportifs et d’autres événements. Elle se veut être une entreprise citoyenne.
Mobilis est le parrain officiel de la fédération algérienne d’athlétisme et à ce titre participe au financement de quelques compétitions nationales telles que le challenge national des courses sur routes, perçu par la FAA, comme un moyen de promouvoir et de développer la course à pied alors que ces mêmes courses sur routes s’adressent essentiellement à des athlètes qui souvent ont fait le tour de la course pédestre (seniors et vétérans des deux sexes de toutes les catégories d’âges) et n’accordent qu’un intérêt secondaire aux jeunes catégories dont les courses meublent le temps mort entre le départ et l’arrivée des courses. Il est vrai toutefois, qu’elles permettent à de nombreuses villes d’animer leurs artères pendant quelques heures et aux athlètes locaux de se distinguer devant leurs concitoyens.
Dans ce qui semble devenir une tradition, ou pour le moins d’une pratique systématique de distribution de fonds sous la forme de sponsoring, Mobilis a publié des placards publicitaires pour accompagner la FAA en campagne aux championnats du monde d’athlétisme de Pékin. Un placard sur lequel figure le champion olympique du 1 500 mètres (Londres 2012) Taoufik Makhloufi soutenu par l’opérateur et le triple champion d’Afrique du décathlon, Larbi Bouraâda qui par le biais de la fédération aurait contractualisé sa relation avec l’opérateur de téléphonie.
Si nous ne pouvons nous permettre de juger le volet esthétique de cette affiche (les goûts et les couleurs….), nous sommes dans l’obligation de noter, du point de vue sémiologique, que les concepteurs de produit publicitaire (ici nous ne visons pas ceux qui ont été choisis par Mobilis mais ceux qui ont représentés la FAA) ont opté pour un message subliminal établissant un amalgame malheureux entre un champion (Makhloufi), pour l’heure exemplaire (bien que des suspicions sur son titre olympique aient été propagées par la presse sportive internationale lors de son titre olympique à la suite de sa participation plus qu’équivoque à la finale du 1 500 après un abandon sur 800)  et un autre (Bouraâda) certes plus complet (spécialiste des épreuves combinées) mais suspendu de la pratique pendant deux années (juin 2012-juin 2014) à la suite d’un contrôle positif au Stanozolol.
Ce qui est contrariant est que, dans un contexte d’exposition médiatique moins important, une manifestation sportive (challenge international de courses de demi-fond de Constantine), organisée à la fin du mois de mai 2015, par le MAC (Mawaheeb Athlétic de Constantine), créé et présidé par Hassiba Boulmerka pour promouvoir la course à pied avait refusé de faire figurer sur l’affiche de son meeting, Saidi Sief Ali (médaillé d’argent du 5 000 mètres des jeux olympiques de Sidney, 2000), pourtant enfant de la wilaya (né à Hamma Bouziane à quelques 8 kilomètres de la « ville aux 8 ponts ») parce que contrôlé positif aux championnats du monde d’Edmonton (2001). Tous les champions et championnes du monde et olympiques (Boulmerka, Morceli, Saïd-Guerni, Benida et Makhloufi) devaient figurer sur le projet initial d’affiche sauf Saidi Sief.
Les hommes forts de la fédération algérienne d’athlétisme sont connus, de très longue date, pour être des partisans de la « préparation biologique » dont les frontières sont bien ténues avec « la préparation pharmaceutique » et les pratiques de dopage. On peut donc comprendre que, pour remplir les caisses de la fédération, ils aient omis de préciser ce point de détail qui…change toute l’interprétation que l’on peut donner à cette affiche.

Pendant que Mobilis mettait en valeur un athlète peu représentatif (sur le plan de l’éthique), les lecteurs de la presse généraliste algérienne apprenaient que les pouvoirs publics étaient en guerre contre ce type d’agissements. La commission nationale anti dopage suspendait un cycliste et un lutteur. Une contradiction flagrante, s’il peut en être.

vendredi 28 août 2015

Dopage en Algérie, A la recherche du cerveau du réseau

Le sport algérien vient d’être secoué par une affaire de contrôle positif à des produits dopants. L’agence nationale de presse a en effet annoncé la semaine dernière que la commission nationale antidopage (CNAD)  à suspendu deux sportifs de haut niveau pour une durée de quatre ans. Ces deux sportifs (le cycliste Hichem Chaabane et le lutteur Abdelkrim Ouakali) avaient été précédemment sanctionnés par le comité de discipline de la CNAD par une suspension de 18 mois (Hichem Chaabane) et de 6 mois (Abdelkrim Ouakali) qui donc ont été revues par la commission d’appel.
La suspension d’Hichem Chaabane prend effet à partir du 23 avril 2015 et celle d’Ouakali à compter du 12 mars 2015. Outre la suspension de 4 ans (48 mois), tous les résultats réalisés par ces deux athlètes en compétitions sont annulés à partir du 24 mars 2015 pour Chaabane et à partir du 12 mars pour Ouakali, précise la même source.
Le porte parole de la CNAD précise que Hichem Chaabane avait été contrôlé positif par la CNAD à deux substances interdites (l’érythropoïétine plus connue en tant qu’EPO et la méthylprédnisolone, suite à deux contrôles opérés respectivement à Constantine et à Annaba, les 24 et 28 mars, lors du Tour d’Algérie cycliste 2015.
Le lutteur Abdelkrim Ouakali, avait été contrôlé positif par la CNAD à une substance interdite, (un diurétique, le furosémide) à la suite d’un contrôle effectué à Alger, le 14 février 2015, à l’occasion du championnat national 2015 de lutte.
Cette information navrante confirme que le sport algérien n’est pas épargné par ce fléau mondial qui touche un grand nombre de disciplines sportives. L’athlétisme et le cyclisme sont celles qui sont le plus souvent épinglées. Mais, il est vrai également qu’elles sont celles qui prennent le plus au sérieux ce phénomène navrant qui frappent les sports où l’argent est distribué en abondance et qu’elles sont celles qui tentent de le juguler en mettant en place le passeport biologique de l’athlète (PBA).
L’été qui s’achève a d’ailleurs été agité par de nombreuse interrogations, tant dans la presse que sur les réseaux sociaux, pendant le Tour de France cycliste et au cours du mois qui a précédé l’ouverture des championnats du monde d’athlétisme. Des campagnes médiatiques ont, sur un fond de sensationnalisme visant essentiellement deux nations (la Russie et le Kenya) mais qui écorchent également la réputation de la Turquie, des Etats Unis (Lance Amstrong Justin Gatlin, Marion Jones, Tim Montgomery), la Jamaïque (Shelly Ann Fraser Price, Assafa Powel) de la Grande Bretagne (Christopher Frome) et même de la France (Bernard Moulinet et Leyla Traby).
En Algérie, l’athlète Ali Sidi Sief (médaille d’argent du 5 000 mètres des jeux olympiques de Sidney, 2 000) avait été en 2 001 contrôlé positif après avoir gagné la médaille d’argent (toujours sur 5 000 mètres) aux championnats du monde d’Edmonton.
En 2012, à la veille des 18èmes championnats d’Afrique, trois autres athlètes avaient été contrôlés positifs dans des compétitions s’étant déroulées à l’étranger. Le premier a été le spécialiste de sprint et de sauteur en longueur, Réda Arezki Megdoud,  lors du meeting de Namur (Belgique) puis, cinq semaines plus tard, deux athlètes potentiellement candidats au podium africain: Zahra Bouras (800m) et Larbi Bouraâda (décathlon) ont été contrôlés positifs au Stanozolol, un anabolisant qu’avait utilisé le sprinter canadien Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul, en 1988. Une information du reste confirmée par la suite par la Fédération algérienne d’athlétisme (FAA), à travers un communiqué laconique. Zahra Bouras, championne d’Afrique du 800m est tombée à deux reprises dans les mailles du filet : une première fois au meeting de  Montreuil (près de Paris) où elle avait remporté la course du 800m (1’58’’78) et quatre jours plus tard à Lille (1ère en 2’00’’03).
Larbi Bouraâda, son ex-partenaire d’entraînement, a l’a été une semaine plus tard, lors de sa première compétition des épreuves combinées de la saison (Ratingen, Allemagne). Bouraâda s’était imposé en Allemagne en pulvérisant son propre record d’Afrique du décathlon (8.332 points) et en réalisant la 7ème  performance mondiale de l’année. Toutes les performances ont été invalidées.
Lorsque Zahra Bouras a été épinglée, elle était entraînée, depuis quelques mois, par son père Ammar (anciennement entraîneur de Hassiba Boulmerka et actuel président de la FAA) après avoir fait partie du groupe d’athlètes d’Ahmed Mahour Bacha (ancien entraîneur d’Yasmina Azzizi) dans lequel figurait Larbi Bouraâda.

Alors que se pose la question lancinante de savoir qui a ‘‘fourni’’ les produits anabolisants aux athlètes, certaines voix, dans le milieu de l’athlétisme, ont fait un raccourci entre les cas de 2012 et la suspension de Hichem Chaabane à travers la personne du manager de l’équipe du cycliste.