lundi 5 octobre 2015

Point de vue d’expert, Trois tests ne suffisent pas


L’ « affaire de dopage Paula Radcliffe » dévoilée par un parlementaire britannique s’appuie su trois tests qui  présenteraient des valeurs anormales ayant autorisé certains à mettre en cause l’athlète dans des pratiques interdites par le code d’éthique sportive. Les experts, dont les interprétations ne sont pas tranchées, affirment que des données complètes doivent être fournies pour être analysées et interpréter. Les résultats des trois tests douteux que s’est procurés le journal Sky News et qui ont mis Paula Radcliffe au cœur du scandale du dopage ne sont pas en eux-mêmes probants. Tous les spécialistes de l’anti dopage admettent attendre avec impatience ces données.

Un site français d’informations spécialisé en athlétisme a interrogé l’expert français Pierre Sallet qui explique les méthodes utilisées (Off score et On score), en fait un historique, en présente les forces et les faiblesses. Il rappelle qu’au début des années 2000, les experts et les structures de lutte contre le dopage avaient pris acte que « certaines molécules n’étaient pas détectables dans les tests » et que pour contrer le problème du dopage, l’UCI (fédération internationale de cyclisme) a mis en place des mesures dites de « santé ». Celles-ci consistant, par exemple, a déclaré inapte un cycliste affichant un taux supérieur à 50% d’hématocrite.
Méthodes d’analyses des résultats
Il remarque aussi que « des modèles mathématiques plus poussés se sont développés, pour lier EPO circulaire, Hémoglobine, Transferring » et que le chercheur Michael Ashenden (informateur maintenant dans les reportages diffusés par ARD et publiés par le Sunday Times) a publié « un modèle liant l’hémoglobine et la réticulote, dans une équation mathématique, et décrit le ON Score et le OFF Score. Le ON Score correspond à la prise d’EPO, l’hématocrite augmente. Le OFF Score : on ne prend plus d’EPO, l’hématocrite diminue, c’est ce qu’on appelle le ₺ Wash Out₺ ».
Pierre Sallet constate aussi que le concept d’OFF Score a été repris par plusieurs fédérations sportives pour leur politique de santé et que pour l’UCI, un OFF Score supérieur à 100 provoquait une exclusion. Il note aussi que «  chaque fédération pouvait adopter sa propre norme » et que « l’IAAF (fédération internationale d’athlétisme) n’a jamais pratiqué la politique de santé». La conclusion à tirer est que du point de l’athlétisme les résultats de cette méthode ne sont pas recevables et donc ne peuvent pas conduire à des sanctions.
Les interprétations du Test OFF Score
La méthode du test OFF score ne serait pas une méthode sure. Pierre Sellet indique qu’« il existe plein de raisons autres que le dopage pour dépasser les seuils du OFF Score. C’est le problème des faux positifs et des faux négatifs ». Revenant à l’analyse de l’hématocrite, il note que « le taux de 50% n’est pas atteint par des personnes qui se dopent : avec l’EPO, ils vont monter à 49%, et pourtant ils seront négatifs. D’autres dépassent les 50%, j’en connais qui sont toujours à 52-53, et qui ne prennent rien ! ».
De son point de vue, il en est de même pour le OFF Score. A ce sujet, il dit qu’ « avec ce repère, on se retrouve avec de faux positifs, et de faux négatifs. L’altitude par exemple peut faire basculer vers le OFF Score ».
Comme si cela ne suffisait pas pour atténuer le niveau de certitude, il fait valoir un autre problème qui est celui de la marge d’erreur importante qui serait de l’ordre de 1 sur 100. Il affirme que « c’est énorme à considérer que pour le test hormone de croissance, le taux de faux positif est seulement de 1 pour 10.000 ».
Pour cet expert, « on ne peut pas utiliser ces résultats comme des tests. Ces résultats pris isolément ne veulent rien dire ». C’est pour cela qu’il considère que « les tests publiés par Mo Farah ou Robert Harting ne signifient rien. Un bon score ne veut rien dire, et un score élevé non plus. Par exemple pour l’hématocrite, l’UCI a fixé la limité à 47, on voit des sportifs shootés et affichant 45, et d’autres normaux à 48 ». Toujours la référence à l’hématocrite.
Depuis le début du millénaire, la lutte antidopage a fait des progrès ce qui incite à affirmer que s’appuyer sur « des références isolées correspond à la lutte anti dopage d’il y a 15 ans. Maintenant, nous disposons d’autres outils, beaucoup de modèles fonctionnent et permettent de savoir si le sportif est propre ou pas ». Selon ses déclarations, ces modèles « ne sont pas faits pour sanctionner comme l’est le passeport biologique » mais donnent simplement des résultats. Il ajoute pour faire bonne mesure que « pour les utiliser, il faut les profils sanguins complets des sportifs».
La question de l’altitude
Trois tests de Paula Radcliffe seraient à considérer comme douteux. Leurs mesures sont, selon Sky News,  de 114.86 – 109.86 – 109.3. Pour certains experts , un résultat supérieur à 103 serait à considérer comme anormal. Mais, selon une étude publiée en 2003 par Michael Ashenden (le chercheur informateur d’ARD et du Sunday Times) une marque de 111.7 serait normale pour une athlète femme s’entraînant en altitude.  On voit donc l’importance de l’écart entre 103 et 111.7.
Selon Ashenden, un seul test serait douteux, celui de 114.86. Paula Radcliffe l’estime invalide en raison des circonstances entourant sa collecte qui aurait eu lieu  après un semi-marathon au Portugal couru sous une température de 29 degrés centigrades, et immédiatement après l’arrivée (alors qu’il est maintenant admis qu’un délai de 2 heures doit être respecté pour plus de fiabilité).
Pierre Sallet analysant l’argument de  Paula Radcliffe (les valeurs des off Score seraient plus élevées car elle s’entraînait en altitude) remarque que « c’est vrai que l’altitude impacte, et produit les mêmes effets que l’EPO, mais plus rapidement. Disons qu’on atteint les mêmes états finaux après une semaine d’EPO qu’après 4 semaines en altitude » avant de déclarer que « toutefois, ce n’est pas une justification totale».
L’autotransfusion
Paula Radcliffe aurait eu recours à l’auto transfusion. Cette rumeur n’est pas nouvelle. Elle a été souvent entendue après ses records du monde et surtout après celui qui l’a vu réalisé 2 heures 15 minutes. La question posée à Pierre Sallet est de savoir si elle peut être détectée à travers les prélèvements effectués.
Sa réponse est « L’auto transfusion peut être vue dans les prélèvements ». Il explique avoir  travaillé en 2008 sur un protocole sur l’auto transfusion pour tenter de déterminer le gain d’hématocrite obtenu par l’auto transfusion par rapport à ce qui est obtenu par l’entraînement en altitude.  Après avoir  disséqué toutes les études réalisées et fait des tests il a abouti à la conclusion « que dans le cas d’une variation supérieure à 4% en 15 jours de la valeur de l’hémoglobine, on peut conclure à une auto transfusion. C’est implacable. On utilise souvent cette méthode en « off » pour savoir si quelqu’un pratique l’auto transfusion. »
Les données de Paula Radcliffe
Pierre Sallet avoue que Paula Radcliffe fait partie des « cas » qui attirent l’intérêt  des spécialistes de l’anti-dopage mais qu’il ne peut donner son intime conviction qui,  sur ce cas, « se doit de demeurer secrète ». Il conjecture que les chercheurs sont nombreux « à souhaiter pouvoir disposer de tous ses profils pour les disséquer avec les nombreuses méthodes mathématiques qui existent, en plus du passeport biologique » dont, rappelle-t-il, qu’il est le seul repère admis pour une éventuelle suspension.
Il souligne l’existence de « 3 ou 4 modèles qui peuvent s’allumer à l’analyse des données » et qu’il « serait bien de disposer des profils de Paula Radcliffe. Si elle est une victime de la désinformation, nous serons contents de le prouver. ».
Un expert américain de la lutte anti-dopage, Ross Tucker souligne lui aussi auprès de Lets’Run, que certaines explications de Paula Radcliffe paraissent convaincantes mais qu’il est indispensable que l’ensemble des données la concernant soient disponibles à la communauté de l’anti-dopage pour des analyses approfondies.
Mais, Paula Radcliffe refuse de fournir les prélèvements effectués durant sa carrière. Ainsi qu’elle l’a déclaré à Sky News elle n’a « rien à prouver. Je suis propre». La presse internationale se plait à rappeler que durant toute sa carrière marqué par sa croisade anti-dopage, elle avait toujours promis de conserver disponible ses échantillons de sang pour toute analyse dans le futur.
Nos confrères se demandent donc, avec une certaine pertinence, pourquoi aujourd’hui elle est revenue sur les promesses faites. Ils prédisent aussi qu’elle pourrait être dépassée par la suite des évènements. Pierre Sallet souligne à ce propos que ses données ne sont pas conservées que par l’IAAF. Elles peuvent être en possession de personnes qui pourraient les divulguer publiquement avec le risque d’un très gros scandale à la clef.

Sur ce plan, les journalistes et les experts français n’ont pas tort. On se souvient que cet été, en pleine polémique de dopage pharmaceutique et mécanique (suspicion d’utilisation d’un moteur électrique sur le vélo de certains coureurs du Tour de France cycliste), des fichiers informatiques avaient été piratées sur le disque dur de l’équipe de Christopher Froome (un autre Britannique) et que celles de ce coureur (déjà vainqueur de la course et leader au moment des faits) avaient été publiées dans la presse.   

Paula Radcliffe, Mise au pied du mur par un parlementaire


Au début de ce mois de septembre, la presse sportive internationale indiquait que l’athlète britannique Paula Radcliffe (une marathonienne de renommée internationale tant par ses résultats que pour le dodelinement de sa queue-de-cheval blonde) aurait publié un communiqué pour contester toute forme de tricherie durant sa carrière. En fait, en publiant un très long communiqué, la Britannique cherchait à  se justifier après avoir eu le sentiment d’être accusée de dopage par un parlementaire britannique durant un comité spécialement consacré aux révélations récentes du Sunday Times  prouvant accessoirement que les politiciens britanniques accordent un intérêt certain au travail d’investigation de leur presse. Même s’il ne s’agit que de sport. Sauf qu’à travers le dopage c’est une question de santé publique qui est abordée.

Paula Radcliffe s’est donc sentie mise en cause, offusquée comme pourrait l’être une lady. Le long communiqué diffusé le mardi 8 septembre par son agence de communication se veut être un témoignage de son indignation face à des allégations qui portent atteinte à son image de marque.
Il y a lieu de replacer ce communiqué dans le contexte. La réaction de Paula Radcliffe fait suite à une réunion d’un Comité Culture, Media, Sport, durant lequel un parlementaire a suggéré sans trop d’équivoque que les vainqueurs du marathon de Londres (y compris des Britanniques) seraient soupçonnés d’avoir recouru  au dopage.
Bien que le nom de Paula Radcliffe n’ait pas été directement cité par le parlementaire, beaucoup ont compris que la marathonienne britannique était dans son viseur puisqu’elle est la seule Britannique victorieuse de ce marathon depuis deux décennies.
On peut donc comprendre la réaction de l’athlète (en retraite sportive) à de pareilles affirmations qui lui permet réitérer sa totale honnêteté dans ce domaine.
L’alliance  presse et Parlement
Le parlementaire britannique réagissait pour sa part à l’enquête du Sunday Times qui s’était intéressée aux 12.000 échantillons collectés par l’IAAF depuis 2001. Cette enquête la mettait directement en cause puisqu’elle faisait ressortit, selon les experts du journal, qu’elle aurait présenté trois tests douteux avant 2009.
Jusqu’à ce communiqué, Paula Radcliffe avait opté, dans un premier temps, pour le silence. Elle avait même  refusé d’accepter la diffusion de ses analyses sanguines et urinaires, comme l’ont fait d’autres athlètes britanniques (dont Mo Farah).
Dans son communiqué, l’actuelle détentrice du record du monde féminin du marathon qui a milité de longue date contre le dopage et en faveur des tests sanguins d’EPO dès 2009, a publié des éléments d’explication des fluctuations constatées dans ses tests. Elle prétend qu’un des trois tests a été effectué après la prise d’antibiotiques et que les deux l’ont été immédiatement après des compétitions s’étant déroulées pendant une période de fortes chaleurs qui auraient provoqué une déshydratation, deux éléments susceptibles de brouiller les interprétations.
Nous noterons que les experts débattent sur les interprétations (possibles ou non) de données remontant avant 2009 et la mise en place du passeport biologique (PBA) et soulignent que des données douteuses prises isolément ne signifient pas le recours au dopage.
Un silence antérieur mystérieux
Pourquoi Paula Radcliffe est-elle restée silencieuse aussi longtemps ? Pourquoi n’a-telle réagi qu’après les affirmations d’un parlementaire l’ait mise en cause alors que des allégations la désignaient comme l’une des 12 Britanniques (observons le nombre de cas qui n’est pas aussi réduit qu’aurait pu le laisser penser l’agressivité des journalistes anglais envers les Russes, les Kenyans, etc.) affichant des résultats douteux pour des contrôles anti dopage ?
Les informations relayées par la presse britannique depuis que l’affaire Radcliffe étant étalée sur la voie publique, elle aurait choisi de suivre cette stratégie du silence qui lui aurait été indiquée fixée par ses avocats mais aussi conseillée aussi bien  par l’Agence Mondiale Anti Dopage (AMA) que par l’IAAF.
Pourtant, Paula Radcliffe avait été mise en cause dès le mois de décembre l’année dernière. A cette époque, un premier documentaire était diffusé par la chaîne de télévision publique allemande l’ARD affirmant que l’IAAF avait couvert des tests anormaux de 150 athlètes, incluant trois Britanniques, dont l’une des plus grandes stars britanniques. Les tests dissimulés par l’instance gérant l’athlétisme mondial remontant à plusieurs années en arrière, beaucoup avaient  deviné qu’il s’agissait de Paula Radcliffe avant que des journalistes britanniques du Daily Telegraph n’en fassent la vérification à la lecture de la liste.
Au cours de l’été, des experts consultés pour la réalisation du 2ème  documentaire de l’ARD avaient à nouveau ciblé Paula Radcliffe qui présentait trois contrôles affichant des résultats ayant très peu de chance d’être naturels (moins de 1 chance pour 1000).
Des menaces après le silence
On rapporte aujourd’hui que les journalistes du Sunday Times n’avaient pu révéler le nom de Paula Radcliffe. Ils affirment qu’elle aurait été très offensive  et les auraient menacés d’une action légale.
Mi-août, peu avant les championnats du monde d’athlétisme, plusieurs athlètes britanniques (dont Mo Farah impliqué dans une suspicion de dopage qui touche son groupe d’entrainement dirigé par Alberto Salazar) avaient accepté de publier leurs analyses sanguines. Paula Radcliffe, qui se présentait jusqu’alors comme une combattante implacable du dopage, avait surpris par son hostilité à cette initiative. Elle arguait de la difficulté de lecture d’analyses isolées. Un argument qu’elle a repris en ce mois de septembre pour se justifier sur les contrôles douteux, qui ne pourraient être pris en compte, en raison d’évènements périphériques les justifiant (l’altitude, une grippe, des problèmes de prélèvements).

Alors que tout la désigne sans ambiguïté et que personne n’en parle, c’est un  parlementaire qui, d’une simple question, sans cité le nom de la marathonienne (elle est la seule Britannique à avoir remporté le marathon de Londres) fait apparaitre un secret bien gardé jusque là. La justification de Paula Radcliffe est largement relayée par la presse britannique qui publie également les nombreuses réactions de soutien qu’elle a reçue de la part d’athlètes britanniques de bonne réputation (Steve Cram, David Bedford) et de son préparateur physique Gerard Hartman (quel crédit apporter au témoignage d’un professionnel étroitement lié à l’athlète) attestant de l’honnêteté de la coureuse.

Polémique au MCO, La presse pousse Cavalli vers la sortie


La rencontre MCO-ASMO est le derby oranais par excellence. Celui que les passionnés du ballon rond de la capitale de l’Ouest attendent avec impatience. C’est aussi l’un de ces nombreux derbies qui marquent et animent régulièrement la planète football (et par là même celle des médias) algérienne. Un match qui n’a rien à envier à un MCA-USMA, ou aux CSC- MOC, ESS-USMS d’antan. Des matchs où se jouent des suprématies mémorielles locales.  
Le match s’est achevé, sur le terrain, par une victoire du Mouloudia (3-2) que les journalistes présents dans les tribunes ont qualifié (mais en d’autres termes) de tirer par les cheveux tant elle fut engagée, palpitante, difficile mais aussi - c’est cela aussi le paradoxe des commentaires- intéressante à suivre. Cela ne fut pas mis en valeur (la déclaration de entrainement de l’ASMO ayant été noyée sous un flot d’informations), mais il est à signaler que l’ASMO n’a rendu les armes qu’après avoir été mis en infériorité numérique consécutivement à deux expulsions qui l’on conduit à terminer, de ce fait  le match, avec un effectif de 9 joueurs. Ali Guechi et Bentiba , ayant écopé de deux cartons jaunes synonymes d’un carton rouge automatique (c’est aussi cela la beauté des couleurs dans le football), ont été priés (disons plutôt sommés) de précéder leurs camarades et leurs adversaires aux vestiaires.
Omettant ce fait de jeu qui prouve que l’ASMO ne s’est pas conduite en victime expiatoire, les journalistes et correspondants de presse oranais se sont focalisés sur Jean-Michel Cavalli, l’entraîneur du MCO qui n’est plus, depuis le début de la présente saison, en odeur de sainteté après avoir su sauver, la saison dernière, l’équipe des affres de la relégation.
C’est à l’occasion de cette première victoire (en sept journées de championnat) qu’un tir de barrage, précédé ces dernières semaines par un pilonnage, a eu lieu, annonçant , sans trop de fioritures, que Cavalli sera prochainement ₺dégommé₺ si le principal actionnaire et dirigeant du club professionnel, plus connu sous le surnom de ₺Baba₺, lui retire sa confiance, surtout que ses proches, ses hommes-lige (dotés d’une belle expérience dans ce domaine) sont en première ligne pour éjecter l’entraîneur d’origine corse de son poste.   
La presse oranaise condamne, sur la foi de déclarations de « certains témoins » (la presse étant installé dans la tribune qui lui est réservée) l’attitude de l’entraîneur de l’équipe-phare oranaise qui aurait traité l’arbitre de « fou » avec la précision sidérante que ce terme aurait été prononcé en langue arabe. Nous notons que ces propos, répercutés par on-ne- sait -qui, « a suscité beaucoup d'indignation au sein de l'opinion publique »  et, qui plus est «  a nui à la crédibilité de l'arbitrage algérien ». L’exagération est méditerranéenne, on le sait depuis des lustres. Mais, à Oran, on semble avoir dépassé les limites de l’affabulation dont on crédite habituellement les Marseillais et même, Hassan Hammar, le président de l’ESS dont nous avons dit, que dans ce domaine, il pourrait être un leader de la galéjade. Avec l’avantage que le président sétifien assume ses propos. En effet, alors que ces propos ont été démenties par le Corse et n’ont pas été signalés dans le rapport de l’arbitre, on apprend que « le coach français n'a respecté, ni le public présent, ni les téléspectateurs, ni encore plus l'histoire du MCO et de l'ASMO, symboles de toute une ville ». Grandiloquence, quand tu nous tiens.

Ces journalistes, après l’avoir qualifié d’entraîneur qui « a failli à sa mission d'éducateur » se demandent comment il pourra « exiger de ses joueurs de ne pas contester les décisions arbitrales » et de rappeler, dans la foulée que « le MCO est en train d'enregistrer des résultats peu en conformité par les moyens mis par le président Baba» avant d’inciter celui-ci à « limiter le champ de manœuvre et les prérogatives de son coach pour préserver le prestige et assurer sa protection ». Tout un programme. 

dimanche 4 octobre 2015

B.E de la FAF, Lutte contre le dopage ou les stupéfiants ?


En se réunissant, dans l’après midi de mardi dernier, au centre technique national de Sidi Moussa, le bureau fédéral de la FAF a pris une série de décisions prenant  à contrepied (c’est le cas de le dire) toutes les informations qui avaient été présentées comme étant des ₺fuites₺, des informations informelles et anonymes mais sures, sur la démarche qu’envisageaient d’entreprendre les plus hautes autorités nationales du football algérien à la suite des sanctions prononcées contre Youcef Belaïli et Rafik Boussaid, respectivement joueur de l’USM Alger et du RC Arbaâ. Finalement, ce qui aurait dû être la proposition-phare du bureau fédéral (contrôle antidopage en début de saison dans le cadre de l’homologation des licences) laissant présager une application fafienne du passeport biologique de l’athlète, n’a été qu’un leurre pour les gogos. Bien que la FAF ait saisi la gravité du problème de consommation de stupéfiants !
Contrairement à d’autres fédérations sportives (dont les disciplines sont également impliquées dans les contrôles positifs révélés dans le courant de cette année) qui se sont placées dans une position d’attentisme sans équivoque permettant à certains observateurs et détracteurs de se laisser aller à les pourfendre et à s’autoriser à affirmer qu’elles pourraient même être complices de ces pratiques contraires à l’éthique sportive, la FAF a eu au moins la pudeur de prendre le problème à bras le corps en décidant (on peut considérer cela comme la première mesure) de faire procéder à des contrôles antidopage à tous les matches qui seront disputés dans le cadre des championnats de Ligues 1 et 2 Mobilis à partir de la journée suivant la réunion du BF (c'est-à-dire  la septième journée qui s’est disputée le weekend dernier) bien que le coût de cette action, selon les données communiquées parle président du COA, soit appelé à amputer profondément les réserves financières fédérales.  Ainsi que l’indique le communiqué, le bureau fédéral « a décidé de mobiliser un budget adéquat pour lutter contre ce fléau qui est le dopage dans le football » ce qui incite à saluer cette initiative.
Les informations statistiques présentées au bureau fédéral par la commission médicale de la FAF semble indiquer que la commission fédérale de la lutte contre le dopage n’est pas restée inactive et a été présente sur le terrain en ayant procédé à 1 034 contrôles antidopage (entre 2012 et 2015) dont 173 contrôles (en Ligues 1 et 2) depuis le début de la saison sportive 2015-2016.
Sous la présidence de Mohamed Raouraoua, de retour du pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam, le bureau fédéral de la FAF a pris également la décision de renforcer le programme de prévention et de lutte contre le dopage. Un programme qui comprendra en premier lieu une nouvelle campagne d'information, lancée en direction des joueurs, dirigeants et médecins des clubs, sur les méfaits du dopage, et ensuite la publication en permanence, sur les sites Internet de la LFP et de la FAF,  de la liste des produits prohibés. Plus personne ne pourra dire qu’il n’était pas informé. Cette campagne aura aussi un aspect didactique qui sera concrétisé, par la fédération algérienne de football, par l’organisation d’un séminaire scientifique portant sur la prévention et la lutte contre le dopage.
Le volet répressif de l’action fédérale a également été appréhendé  via l’autorisation accordée à la commission fédérale antidopage (conformément aux règlements FIFA, CAF et FAF) d’élargir son champ d’intervention et à effectuer des contrôles inopinés sur des joueurs durant les entraînements.
Le communiqué ayant sanctionné la réunion a légèrement soulevé le voile d’opacité qui recouvre les sanctions prononcées à l’encontre des joueurs Belaïli et Boussaid qui ne font pas état des produits incriminés.  Ce communiqué publié sur le site de la fédération appelle « l’ensemble des dirigeants et entraîneurs à se mobiliser pour une lutte efficace contre le dopage dans le football » en l’élargissant à  « l’usage des stupéfiants », comme pour dire que les joueurs n’étaient pas dopés mais drogués, envoyant dans les cordes le président de l’USMA prétendant que ses joueurs ne sont ni l’un ni l’autre. En attendant l’officialisation (ou l’infirmation) de cette rumeur qui impliquerait trois autres de ses joueurs.


samedi 3 octobre 2015

Scandale à la FIFA, Les sponsors veulent éjecter Blatter


L’organisation internationale non gouvernementale dénommée FIFA (fédération internationale de football amateur) est, depuis quelques mois, dans la tourmente. Des scandales se succèdent en une longue série de rebondissements, touchant, sur un fond généralisé de corruption, la majeure partie des plus hauts dirigeants dont sont rares ceux qui, jusqu’à présent, sont sortis indemnes.

Le président de la FIFA (Sepp Blatter) et celui de l’UEFA (union européenne de football amateur), Michel Platini,  sont les derniers à être confronter aux institutions judiciaires suisses et à être au cœur de ces scandales qui font de l’instance planétaire gérant le football mondial un véritable groupe maffieux étendant ses ramifications, ses tentacules dans les endroits les plus reculés de la planète, y compris en des lieux n’apparaissant que sous la forme d’un point ou d’une minuscule tache sur la carte. La FIFA (comme d’autres fédérations sportives internationales) connait un nombre de membres (d’associations nationales) plus important que celui de pays reconnus membres de l’assemblée générale de l’ONU (organisation des nations unis).
Le faste et l’apparat des congrès et des assemblées générales de l’instance faitière du football, l’appât du gain, de l’argent facile semble être le moteur des comportements des nombreux dirigeants pris à défaut dans des attributions monnayées de Coupes du Monde ou de rémunération (et autres gratifications) prenant la forme d’indemnisation de services rendus ou d’importantes ristournes sur les droits télévisuels.
Les sanctions prononcées par le comité d’éthique, un conseil de discipline qui juge les dirigeants du football mondial qui ne se plient pas aux normes et aux us et coutumes en vigueur dans ce vénérable organisme, sont d’une sévérité exemplaire. Il a déjà banni plusieurs d’entre ceux qui avaient osé se dresser face aux inamovibles leaders-parrains, avaient remis en cause le fonctionnement - harmonieux et bien huilé de cette institution formatée à la mesure de son président et chef d’orchestre des mouvements d’ensemble, le Suisse Sepp Blatter - à la recherche d’une part plus importante qu’accorde la prise de pouvoir.
Les justices US et suisse s’impliquent
La FIFA a connu de multiples crises. Des tentatives de modifier l’ordre établi ont été résolues par l’expulsion des candidats putschistes. Mais, c’était avant que n’interviennent dans le jeu, ces autorités et ces instances judiciaires auxquelles il est interdit par le crédo et les statuts de la FIFA de faire appel. Dans quelque temps, un « FIFA Leaks » nous dira certainement qu’il y a lieu d’établir un lien entre l’enterrement du rapport rédigé par le procureur américain Garcia (chargé par la FIFA elle-même d’enquêter sur des cas présumés de corruption à porter à l’actif des adversaires de Sepp Blatter) et le début des ennuis de l’instance footballistique en rapport sans doute à l’écartement des Etats Unis de l’organisation de la Coupe du monde.
L’ingérence politique, l’ingérence humanitaire, l’ingérence au nom des droits des peuples à élargi son champ d’intervention au domaine sportif. Sur ce plan, les puissants n’ont jamais tort et choisissent à bon escient leur camp. Un camp qui n’est pas toujours sain. Mais, qui a une odeur de billets de banque qui s’entassent par millions de dollars dans les comptes de la FIFA avant d’être distribués dans des programmes d’aide au développement du football ou à l’organisation des compétitions mondiales à travers des réseaux bancaires démultipliés à l’infini rendant plus commode la répartition et la mise en place de branchements illicites.
La puissance de la FIFA de Blatter a été établi par un système de collecte financière dont la base est constituée par partenaires appelés sponsors globaux. Les sponsors importants (30 millions de dollars par an chacun) représentent soit de multinationales américaines (Coca-Cola, McDonald’s, Visa) soit de multinationales proches des milieux financiers américains (Budweiser) ainsi que trois autres partenaires globaux non-américains (Adidas, Gazprom et Hyundai) sont restées publiquement silencieux depuis des mois malgré toutes les informations publiées sur le scandale de corruption qui sévirait et jusqu’à la fin de la semaine dernière.
Les gros sponsors s’invitent dans le débat polémique
Les sponsors globaux américains, qui pour bénéficier de ce statut et pouvoir l’utiliser dans leurs publicités et stratégies marketing ont payé entre 2010 et 2014, 30 millions de dollars chacun par an, se sont manifestés publiquement une semaine après l’ouverture d’une procédure pénale en Suisse contre Blatter qui doit, normalement, abandonner son poste en février prochain.  Ce sont ces quatre des plus gros partenaires de la fédération internationale de football qui ont lancé une offensive médiatique sans précédent, qui semble concertée ayant pris la forme de communiqués sans équivoque publiés simultanément, demandant, ainsi que l’a fait Coca Cola, géant des boissons non-alcoolisées « pour le bien du football, (…) au président de la Fifa, Joseph Blatter, de démissionner immédiatement, afin qu’une procédure de réforme crédible et viable puisse sérieusement commencer ». Coca Cola, dans la grande tradition américaine des redresseurs de tort et des pourfendeurs du mal là où il se trouve a poursuivi son attaque en s’ingérant dans le fonctionnement de la FIFA en affirmant qu’elle « (…) a besoin d’une réforme globale et urgente et ceci ne peut être accompli qu’à travers une véritable approche indépendante ».
Du côté du géant de la restauration rapide, McDonald’s, il a été déploré que « les événements des dernières semaines ont continué de ternir la réputation et diminué la confiance du public en son leadership ».
Les déclarations de Visa rejoignent celles des deux autres multinationales. Mais, leurs déclarations ont été provoquées par une interpellation d’une agence de presse internationale (AFP). Avec cependant une certaine retenue, les dirigeants disent douter  «qu’une réforme profonde de la Fifa puisse avoir lieu avec la direction actuelle, et après les événements de la semaine dernière, il est clair qu’il est dans les meilleurs intérêts de la Fifa et du football que Sepp Blatter démissionne immédiatement ».
La quatrième multinationale, le groupe belgo-brésilien Anheuser Busch InBev, maison-mère du brasseur Budweiser, sponsor de la Fifa depuis 1986, sans doute motivée par sa proximité géographique exprime un point de vue tout en nuance, presque diplomatique en déclarant qu’il « serait bienvenu que M. Blatter quitte son poste ». Numéro 1 mondial de la bière souligne également que le groupe croit «que sa présence est un obstacle au processus de réforme ».
Sepp Blatter n’a pas tardé à donner sa réponse. Par la voix de son avocat américain, il a indiqué qu’il resterait à son poste jusqu’en février prochain. Celui-ci, Richard Cullen, a expliqué que « si Coca Cola est un sponsor apprécié de la Fifa, M. Blatter est, malgré tout son respect, en désaccord avec sa position et pense que quitter son poste maintenant ne serait pas dans le meilleur intérêt de la Fifa ni ne servirait le processus de réforme. C’est pourquoi il ne démissionnera pas ».
Les médias et la FA en soutien
L’offensive médiatique des plus importants des sponsors de la FIFA a été saluée, jusqu’à présent et en premier lieu, il fallait s’y attendre, par le président de la fédération anglaise (FA), Greg Dyke qui pense que cette action concertée des sponsors, «c’est quelque chose qui peut changer la donne ». Greg Dyke a été prolixe en relevant tout d’abord une partie du fonctionnement occulte de la FIFA (et certainement des autres fédérations et institutions internationales) et de la part importante qu’ont les « financeurs » dans leurs bonnes marches en  remarquant que « peu importe ce que dit M. Blatter maintenant, si les gens qui financent la Fifa veulent un changement, ils l’auront ». Tout est dit !
En disant cela, le président de l’importante fédération anglaise a affirmé tout simplement qu’il n’était qu’une marionnette conjugué d’un opportuniste puisque sans sourciller, il se permet de conclure que « pour ceux d’entre nous qui veulent un changement radical, c’est une bonne nouvelle », a-t-il conclu. Reste à savoir quelle sera l’attitude des trois autres partenaires globaux non-américains de la Fifa Adidas, Gazprom et Hyundai.
Le 27 mai dernier a été la date de l’arrestation (à l’instigation de la justice américaine) de plusieurs hauts responsables du football mondial dans un hôtel à Zurich (Suisse). Ces arrestations se fondaient sur des soupçons de corruption à grande échelle. Depuis cette date, la FIFA vit au rythme des révélations et des scandales.
Nous rappellerons que Blatter en est le président démissionnaire et qu’il est visé personnellement, depuis fin septembre par une procédure pénale suisse, pour un versement présumé illégal de 2 millions de francs suisse (1,8 million d’euros) en faveur de Michel Platini, président de l’UEFA  et favori (avant qu’il ne soit convoqué par la justice suisse sous un statut qui le placerait à mi-chemin entre témoin et accusé) à la succession de la  présidence de la FIFA.

Le Suisse, président de la FIFA depuis 1998, quelques jours après sa réélection, a remis son mandat à disposition, le 2 juin dernier, jusqu’à de nouvelles élections prévues pour le 26 février prochain. Notons aussi que Blatter est par ailleurs accusé par la justice d’avoir« signé un contrat défavorable » à la FIFA, avec l’Union caribéenne de football (Concacaf), dont le président a été exclu des rangs et est appelé à rendre des comptes à la justice américaine. Blatter aurait vendu, très en-dessous des prix du marché, les droits de diffusion TV des Mondiaux-2010 et 2014. Une façon de permettre au président de la Concacaf de faire des affaires. 

Tadjenanet, Un avantage partagé avec d’autres équipes


Il est de notoriété publique que le football national connait une régression importante. Les écarts entre les différentes strates (les différents championnats) n’est pas véritablement important. Sans trop s’engager, on pourrait dire, qu’au fil du temps, faute de la mise en œuvre du véritable professionnalisme et de l’absence d’une réelle politique de prise en charge des jeunes footballeurs à travers des centres de formation de joueurs professionnels, cet écart se réduit comme une peau de chagrin. Les rencontres de la Coupe le démontrent de plus en plus ainsi que les allées et venues entre les niveaux, ces montées en division supérieure suivies de descentes rapides (souvent à la fin de la saison ayant vu l’accession) en divisions inférieures. On remarque également que certaines équipes de Ligue 2 sont très à l’aise en Ligue 1 et se sont fait une petite place parmi les ténors du championnat ou en Coupe. La JSM Béjaïa, le MO Béjaïa et le RC Arbaâ en font partie. Tandis que d’autres (encore la JSM Béjaïa, le CAB Bordj Bou Arreridj, l’USM Bel Abbés) se sont effondrées pour n’avoir pas su maîtriser les aspects logistiques qui font qu’un club est professionnel ou ne l’est pas. Quant au MC El Eulma, c’est, croyons-nous, une mauvaise gestion de sa progression (la participation à plusieurs compétitions dont les harassantes compétitions continentales en fait partie. Mais, on peut comprendre que les dirigeants et les autorités locales n’aient pas su mettre un frein à l’envie, l’ambition effrénée de connaitre d’autres cieux) qu’il l’a mis dans l’ascenseur à destination de la Ligue 2.
Le CRB Tadjenanet pourrait rejoindre le lot des équipes promues de la Ligue 2  à s’être rapidement installées dans le groupe des équipes intéressantes à suivre en Ligue 1. A condition, bien sur qu’elle arrive à surmonter l’handicap de l’intégration dans la pratique footballistique de haut niveau et qu’elle sache utiliser le temps (une denrée bien rare face à l’appétit de l’entourage immédiat du club) pour faire son apprentissage et se professionnaliser au bon sens du terme en se dotant des structures, des moyens et des mécanismes nécessaires à sa survie parmi les cadors en évitant de retourner dans cet ₺enfer₺ que sont les divisions inférieures (division nationale amateur, inter-régions) où la lutte est impitoyable.
Dans une précédente chronique, nous avons assuré que Tadjenanet disposait d’un avantage naturel qui devrait lui permettre de s’affirmer à l’exception de quelques rencontres qui l’opposeront à l’Entente de Sétif, le CS Constantine et la JS Saoura, soit six rencontres dont le résultat est de toute évidence indécis.
Ces trois dernières équipes bénéficient également de cet atout (ce qui explique l’indécision) qui toutefois, pour beaucoup de raisons, n’est pas décisif. L’Entente de Sétif, lors de ses plus belles heures, celles qui ont suivi le recouvrement de la souveraineté et avant l’avènement de la Réforme sportive (1962-1976), avait su en profiter en exposant, aux yeux du grand public assis dans les gradins ou dans un fauteuil devant un poste de télévision en noir et blanc, le fameux et légendaire ₺second souffle sétifien₺, basé sur une préparation physique exemplaire. Notons qu’en théorie, ce sont 24 rencontres qui devraient tourner à l’avantage de ces quatre équipes (Tadjenanet, Sétif, Constantine et Béchar). Cependant, cet atout n’est pas déterminant lorsque l’adversaire est physiquement bien préparé et sait gérer comme il se doit la rencontre. Une très bonne maîtrise des situations de jeu, de belles combinaisons peuvent même conduire à la victoire.
D’autres équipes, évoluant en Ligue 2 ou en DNA, ont su jouir de cet avantage lorsqu’elles évoluèrent en Ligue 1, en Nationale 1 ou 2 d’antan : le MC Saïda, le CA Bordj Bou Arreridj, le MC El Eulma, le CA Batna, la JSM Tiaret, l’AS Aïn M’Lila, l’US Chaouia, le WA Tlemcen, l’ESM Guelma ou l’USM Sétif, etc.

Nous gardons cet atout dans la manche jusqu’à une prochaine chronique.

vendredi 2 octobre 2015

DRB Tadjenanet, Un avantage naturel pour l’équipe


Le match de la sixième journée du championnat national de Ligue 1 qui s’est disputé au stade de Tadjenanet a été entièrement en phase avec le football national d’aujourd’hui. Une rencontre entre un nouveau promu (le DRB Tadjenanet), représentant du ₺professionnalisme à l’algérienne₺ s’appuyant sur un système économique bien loin de répondre à l’orthodoxie enseignée sur les bancs de l’université et en droite line dans le prolongement de ces spécificités qui font partie du ₺naturel algérien₺, et un club (la JSK), représentatif de cette légitimité historique, véhiculé dans les différentes strates de la société, qu’incarne « Moh » Cherif Hannachi et certains de ses pairs. Une rencontre entre un nouveau venu dans la planète de l’élite du football national face à un symbole de ce même football, paré d’une multitude de titres y compris continentaux, une référence aussi de ce qui fut, dans les années 80-90, le ₺professionnalisme sportif d’Etat₺ perçu encore aujourd’hui comme constitutif des années d’or du sport algérien et la panacée des maux d’actuels.
Comme beaucoup de matchs des championnats de Ligue 1 et 2, la rencontre avait débuté sous les meilleurs auspices, une ambiance festive associant les deux galeries et s’est achevée avec des échauffourées heureusement rapidement maitrisée par les forces de l’ordre qui surent mettre à profit le petit nombre des supporters de la JSK pour en assurer la protection.
La gravité des événements avaient conduit les correspondants de presse a anticipé, dans le compte rendu de la rencontre, l’annonce des sanctions sévères qui furent effectivement prononcées par la commission de discipline : quatre matchs de suspension (dont deux avec sursis) et une amende. Rien de bien anormal, si ce n’est qu’une lecture de la presse montre que la sanction fut publiée dans l’actualité du club kabyle.  Selon toute vraisemblance, l’information avait une importance plus accrue à Tizi Ouzou qu’à Tadjenanet.
C’est aussi dans la presse sportive (dont les journalistes penchent, cela est normal compte tenu de l’expérience et du temps de présence des deux équipes dans le haut niveau national, sentimentalement plus vers la JSK que vers le CRBT) que viennent des commentaires d’après-match qui établissent que le résultat aurait pu être différent si les joueurs de Tizi Ouzou avaient fait preuve de plus de concentration en fin de match. Comme de bien entendu, lorsque le résultat ne correspond pas aux attentes, les commentaires s’appuient sur des explications, à la limite de la stérilité ou qui du moins ne sont pas très crédibles, faisant la part belle à des justifications plutôt subjectives alors qu’il en existe d’autres qui sont plus objectives ou du moins mesurables ou compréhensibles si on se donne la peine d’y penser. Mais, nous le reconnaissons, cette explication, qui est à la portée de tous, n’est pas souvent mise en avant. Pourtant, elle devrait l’être !
Il est incontestable que la JSK a souffert en fin de rencontre et que Tadjenanet aurait pu s’approprier les trois points de la victoire. Beaucoup d’autres équipes, en déplacement à Tadjenanet, rencontreront ce problème de concentration. A moins qu’elles ne soient véritablement supérieures (sur le plan tactique et superbement bien préparées sur le plan physique) au DRB Tadjenanet.

Le comportement odieux des pseudo-supporters du DRBT n’avaient aucune raison d’être. Ce n’est pas faire injure à leurs joueurs et à l’entraineur que d’affirmer péremptoirement que leur équipe est en apprentissage du haut niveau. Cette équipe nouvellement venue (6 matchs) dans l’élite footballistique nationale dispose d’un avantage naturel (semblable à l’₺avantage comparatif₺ en économie) qu’un grand nombre d’équipes mieux considérées ne possède pas. Nous citerons à titre d’exemples des équipes huppées telles que le MCA, l’USMA, le MOB, le MCO dont la réputation n’est plus à faire. On pourra ajouter à cette liste, pour compléter cet inventaire, dont la référence en matière de beau jeu et de formation est reconnue de tous les observateurs, l’USMH, le NAHD, l’ASMO, le RCA et l’USMB. De notre point de vue, seules les équipes de l’ESS, du CSC, la JSS sauront tirer leur épingle du jeu. Elles jouissent du même avantage.