dimanche 11 octobre 2015

Logements, Les joueurs de foot confrontés à la crise


Les joueurs de football professionnels sont en butte avec le phénomène de la crise du logement. Comme tous les Algériens d’ailleurs, quel que soit leur statut social, ils éprouvent des difficultés à se loger. Malgré les salaires faramineux que la plupart d’entre eux perçoivent, ils ne peuvent se loger décemment. Il est vrai aussi que, comme certaines professions, les joueurs de football professionnels sont, dans le contexte algérien de contrat de courte durée, astreints à une certaine mobilité qui fait d’eux  des nomades qui, contrairement à leurs ancêtres, veulent profiter des commodités que propose la vie moderne. Surtout que les villes dans lesquelles ils exercent leurs activités professionnelles font partie des grandes villes du pays où les loyers sont élevés. La demande, disent les agents immobiliers, étant plus élevés que l’offre.
Le hic, car il y en a un, c’est que le contrat-type de la LNF prévoit que, à l’instar du transport et de la restauration, le logement fait partie des avantages en nature dont doit bénéficier le joueur. En conséquence, les joueurs doivent être logés par le club ou, c’est une autre option, les frais de logements doivent être supportés par les clubs.      
Dans le créneau qui intéresse cette frange de la société et des coûts qui peuvent être supportés, le choix doit être cependant relativement large avec tous ces appartements de standing et ces villas qui sont proposés à leur attention.
La gestion des clubs professionnels étant ce qu’elle est, la question du logement des joueurs ou de la prise en charge des loyers est au cœur (au même titre que le paiement des salaires ou de l’assurance sociale ou des impôts) de toutes les polémiques, les débats et proposent mille et un scénarii.
Salif Keita, sujet d’une précédente chronique, déjà au centre d’une question qui pourrait faire l’objet d’un traitement au TAS de Lausanne et compliquer encore plus les relations FAF-FIFA (résiliation du contrat et d’une tentative d’abaissement de la rémunération alors qu’il est blessé) s’ingénie à exiger via son agent un logement individuel.
Quelques semaines plutôt, Kamel Yesli, joueur franco-algérien de la JS Kabylie a fait l’objet de menaces et de harcèlement qui l’ont conduit à se réfugier dans sa famille, en France. On apprit plus tard qu’il aurait pu bénéficier d’un logement mieux sécurisé. Après une escapade de 3 semaines, il a rejoint son équipe qui lui a attribué un autre logement, condition sine qua non posée pour son retour.
Autre affaire du même genre, celle qui oppose Chicoto à son club, l’ASM Oran. Au départ, une affaire d’absence à l’entrainement la veille du repos accordé par les dirigeants du club aux joueurs avant l’Aïd El Adha. Chicoto, qui dit être un joueur qui ne crée pas de problèmes, est aussi une personne qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et connait ses droits. Toujours laissé en dernier quand il s’agit d’être payé, il a avancé, pour justifier son départ anticipé pour rejoindre sa famille installée en Tunisie, d’abord le nombre réduit de vols en direction de Tunis puis l’absence de logement à Oran puisque, le contrat de location de la villa qu’il occupait  étant arrivé à expiration, il s’est retrouvé contraint de restituer les clés (par l’intermédiaire de son agent) aux dirigeants du club.

Pour ces derniers, la solution a été vite trouvée : Chicoto devait se mettre à la recherche d’un logement, le louer et puis se faire rembourser les frais de location. Une option que l’intéressé a refusée catégoriquement. Chicoto sait lire les clauses contenues dans le contrat : «…dans mon contrat, il est mentionné que c’est la direction du club qui doit se charger des frais du logement et du transport » et, comme le dit si bien le proverbe : « Chat échaudé craint l’eau froide ». 

samedi 10 octobre 2015

Liliya Shobukhova, "Repentie du dopage", sa sanction est raccourcie


Liliya Shobukhova est le dernier cas connu de repentance. En échange d’informations de pratiques de dopage dans l’athlétisme russe, elle a bénéficié d’un raccourcissement de la peine précédemment prononcée. Selon un communiqué publié par l’AMA pour annoncer cette décision, Liliya Shobukhova semblerait être en possession d’informations très intéressantes qu’elle aurait donc négocier pour jouir d’une atténuation de sa peine.
Des informations qui sont certainement de grande valeur puisque le communiqué diffusé indique que « les informations et les documents fournis par Madame Shobukhova sont d’une valeur substantielle dans la découverte et l’investigation des violations des règles anti-dopage commises par d’autres personnes, incluant des soutiens personnels des athlètes». Ces « soutiens personnels » étant, dans le jargon juridique qui prévaut dans ces instances, des entraîneurs, des coaches, des médecins et autres soigneurs, on est amené à  constater que la lutte contre le dopage ne se limite pas seulement aux seuls consommateurs mais s’étend aussi à leurs supposés complices. Nous observerons que dans notre pays, nonobstant les investigations qui pourraient être menées par les services de sécurité pour démanteler les réseaux de commercialisation, seuls les athlètes coupables de dopage ont été sanctionnés. Alors qu’il ne fait aucun doute que leur entourage (camarades d’entrainement, entraineurs, dirigeants, médecins, etc.) est incriminé.
En échange de ses révélations, Liliya Shobukhova a vu sa peine s’alléger de sept mois (elle s’est achevée le 23 août 2015  permettant à l’athlète de réintégrer le circuit des marathons rémunérateurs). Cette décision a provoqué une surprise générale, puisque la suspension de deux ans prononcée par la fédération russe avait parue trop courte à l’IAAF qui avait fait appel auprès du TAS (tribunal arbitral du sport) et avait obtenue satisfaction, à la fin du mois de juin, avec une suspension se terminant en mars 2016.
La décision de l’AMA n’a pas seulement choqué l’IAAF. Au début du mois d’août (s’appuyant sur l’appel de l’IAAF), les organisateurs des marathons de Londres et Chicago avaient annoncé l’engagement d’une action légale contre la coureuse en vue d’obtenir le remboursement des primes reçues dans leurs épreuves (et pour le circuit mondial de marathon), entre 2009 et 2011. Ils réclamaient le remboursement de 1.4 millions d’euros.
L’annonce de ce raccourcissement de sanction a incité les organisateurs du marathon de Londres a évoqué une règle de l’IAAF interdisant la participation d’un athlète à une compétition tant qu’il n’a pas remboursé les primes acquises illicitement.
Bien qu’elle ait été désavouée par l’instance suprême de lutte contre le dopage, l’IAAF paraît soutenir l’accord passé entre l’AMA et la marathonienne. A n’en pas douter, celle-ci aurait beaucoup à révéler sur le système russe. Dans le premier documentaire diffusé (en décembre dernier. Un second l’a été au début de l’été) par la chaine publique allemande ARD, elle avait prétendu avoir payé 450 000 euros à des officiels russes pour éviter une sanction pour dopage. Mais, des embrouilles auraient conduit  finalement à un contrôle positif. On peut donc comprendre que Liliya Shobukhova puisse se sentir trahie et dénonce ces dirigeants. 
Nul (à part l’AMA) ne sait quelles sont les révélations faites par Liliya Shobukhova. Le  secret est bien sur nécessaire ainsi que l’affirme l’AMA qui veut protéger les données communiquées pour mieux traquer les tricheurs.
Toutefois, un lien peut être étable dans l’enchaînement des faits, survenus en un trimestre, dont nous disposons. A la fin du mois de juin, Liliya Shobukhova est suspendue (par l’AMA, suite à l’appel de l’IAAF) jusqu’au mois de mars 2016. Quasiment à la même époque, la fédération russe annonce le démantèlement de son équipe de marche et l’absence de ses marcheurs aux épreuves des championnats du monde de Pékin (fin août). En début septembre, 6 marcheurs russes de très haut niveau sont suspendus pour dopage et…. Liliya Shobukhova voit sa peine raccourcie de 7 mois.

Notons que le dispositif de repentance implique que non-observance des obligations prévues dans l’accord autorise l’Agence Mondiale à suspendre à nouveau l’athlète pour la période initialement prévue. On peut croire que la marathonienne a respecté jusqu’à présent sa part du contrat.

vendredi 9 octobre 2015

Salif Keita, Blessé, ses dirigeants veulent le renvoyer


Pour les amoureux du ballon d’un âge certain, Salif Keita est le nom d’un footballeur malien célèbre, celui d’une icône du football africain (il fut, en 1970, le premier Ballon d’or africain) et la star de l’A.S. Saint Etienne où il succéda à notre star à nous, Rachid Mekhloufi. Bien sur, évoquer ce joueur renvoie loin dans le passé, à la fin des années 60 du vingtième siècle, celles du beau jeu dont Salif, Rachid, Pelé et tant d’autres furent les inspirateurs.
Le Salif Keita qui est au cœur de notre chronique d’aujourd’hui est un homonyme, footballeur lui aussi de son état qui semble connaitre chez nous, au RC Arbaâ, les mêmes mésaventures initiales que son prédécesseur. L’histoire anecdotique de Salif 1er indique que celui qui fut presque un des premiers « brûleurs de frontières », émigrant non enregistré dans son pays puisque, dit-on, pour se rendre en France et rejoindre le club qui voulait le recruter, il fut contraint de se déplacer vers le Libérai voisin et de prendre l’avion à partir de Monrovia, capitale du premier pays à redécouvrir la liberté, fondé par des esclaves et descendants d’anciens esclaves américains. La petit histoire raconte aussi que, dépouillé de tout l’argent dont il disposait, il prit un taxi (Paris-Saint Etienne) disons presque à crédit car le prix de la course (plus de 1000  francs français de l’époque, l’équivalent du SMIG) fut réglé par les dirigeants stéphanois à l’arrivée dans la capitale du Forez qui alertés, par téléphone à partir de l’aéroport de Paris par le chauffeur de taxi apitoyé par la situation de sans-le-sou du nouvel arrivant, avaient validé la prise en charge. Le président de l’ASSE était, en ce temps-là, un certain Roger Rocher qui, dit-on, avait la classe des grands seigneurs.  
Apparemment, Salif 2ème n’a pas autant de chance. Des informations publiées dans la presse sportive nationale semblent même démonter le contraire. Pourtant, l’ancien président du RCA n’est pas un étranger au milieu du football pour avoir été joueur du championnat national, international, joueur dans un championnat étranger et agent de joueurs avant de devenir président du club de la Mitidja. Reconnaissons cependant que les malheurs de Salif 2 ont débuté après que Djamel Amani ait déposé sa démission laissant supposer que la période de transition pourrait s’avérer mouvementée avant que les nouveaux dirigeants (issus pourtant du sérail local) puissent se faire une place au soleil et donc découvrent les subtilités de la fonction.
Salif Keita ne fait pas parler par son talent. Le pauvre n’a pas eu le temps de le montrer. Blessé juste avant le match que disputa son équipe contre la seconde équipe d’Oran évoluant en Ligue 1 professionnelle (l‘ASMO), le joueur malien, dont on dit qu’il est victime d’une rupture des ligaments du genou, est indisponible pour une longue durée (dans le meilleur des cas jusqu’à fin janvier) et pourrait voir son contrat résilié. Les dirigeants ont en effet annoncé chercher une résiliation à l’amiable.  Ce que les dirigeants du RCA ne disent pas (mais que l’on sait par radiotrottoir) c’est qu’ils éprouvent des difficultés à payer les salaires des joueurs (2 et 3 mois sont en retard) et que, comme tous les dirigeants sportifs algériens, ils tenteront par tous les moyens à se libérer d’une charge financière qui les dérangent.

On comprend par là que le club n’est pas en règle avec la réglementation qui encadre la gestion des clubs professionnels algériens. En effet, en pareille situation, tous les joueurs ayant paraphé un contrat  sont couverts par deux assurances (l’assurance sociale et l’assurance sportive) couvrant les indemnités journalières, les soins et autres prestations médicales, etc.). A condition bien évidemment que les clubs soient à jour de leurs cotisations et autres obligations réglementaires. Mais, il est de notoriété publique que ce n’est pas le cas et que dans beaucoup de clubs (USM Blida, dernièrement), on s’interroge encore sur la notion de ₺salaire brut₺ et de ₺salaire net₺. A croire que les dirigeants sportifs n’ont jamais été ₺salariés₺ et/ou ₺employeurs₺ et ne savent pas qu’un travailleur en situation de suspension temporaire d’activité (congés de maladie, annuels, ou tout autre type de congés) ne peut être l’objet d’une sanction disciplinaire et encore moins d’un renvoi.

mercredi 7 octobre 2015

Laureline Gaussens, De la morphine dans les urines


Le trail est une spécialité de course à pied que l’on connait très peu (pour ne pas dire pas du tout) dans notre pays. Il s’agit d’une course en nature empruntant des chemins escarpés de montagne. C’est dans cette discipline, fort courue par les amateurs de courses à pied revenus des courses sur routes, que la fédération française d’athlétisme a prononcé une suspension de deux ans (prenant fin en août 2017) en l’encontre de la traileuse Laureline Gaussens. Cette dernière à été contrôlée positive lors du Trail de Côte d’Or a la fin du mois de mai. L’analyse a révélé la présence de morphine dans ses urines, ce qu’elle ne comprend pas.
Laureline Gaussens, ancienne marathonienne, venue au trail depuis quelques années, s’est vue notifier par la FFA une sanction d’une durée de deux ans, prenant effet à compter du 25 août 2015 à la suite d’un contrôle anti dopage positif effectué à l’arrivée de l’Ultra Trail de Côte d’Or où elle avait couru sur 47 km, pour finir 1ère femme et 2ème  au classement général. L’examen des urines de l’athlète, âgée de 35 ans, pratiquée par l’agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a permis de découvrir la présence de morphine à une concentration estimée de 1.8 nanogramme par millilitre  donc supérieure à la norme maximale autorisée de 1.3 nanogramme par millilitre.
L’analyse de l’échantillon B effectuée (à la demande de la coureuse) a confirmé les résultats de l’échantillon A.
Dans un courrier adressé à la fédération française, en date du 3 août, Laureline Gaussens, a exprimé sa surprise et « son incompréhension ». Elle y soulignait également qu’elle ne prend jamais de médicament qu’elle recourt uniquement à des traitements homéopathies. Elle avait d’ailleurs déclaré, lors du contrôle anti-dopage, avoir utilisé de l’Arnica Montana 5Ch et du Sporténine.
L’instance anti-dopage de la FFA n’a pas pris en considération  ces protestations. Ce serait plutôt le contraire. La décision publiée par la FFA souligne que la morphine est un produit très adapté à la pratique du trail et surtout, ce qui semble avoir conduit la conclusion à laquelle est parvenue  la fédération que la performance de Laureline Gaussens, lors de la course à la fin de laquelle le contrôle positif a été fait, apparaît meilleure que ses performances antérieures.
Par le passé, elle comptait des performances de bon niveau, et comptabilisait quelques podiums dans des courses de bonne notoriété. En 2013, elle avait terminé  2ème  à la 6000 D, 6ème  aux Templiers, 2ème  à la Saintélyon.
Mais, au Trail de la Côte d’Or, elle a atteint un résultat que peu de femmes ont pu réussir : la  2ème  place au classement général, à seulement 6 minutes du vainqueur et en devançant de 11 minutes le 3ème  coureur, après une course de 47 kilomètres. Elle s’était aussi classée une 4ème place au classement général  du Maratrail de la Drôme à la mi-mai, et à nouveau 4ème  au classement général sur le 70 km du Trail Saint Jacques à la mi-juin. Un enchainement d’’aussi belles places et performances surprenantes, parce qu’elle s’est classée devant beaucoup d’hommes, n’a probablement pas plaidé en sa faveur au moment de la décision sur sa suspension…

Dans une interview qu’elle a accordée, Laureline Gaussens réfute cette perception pour le moins machiste : « C’est faux. L’année dernière et l’année d’avant, j’ai toujours bien réussi mes courses, j’ai toujours été bien placée au scratch. Cette année, j’ai fait des premières places, mais il n’y avait pas non plus l’élite. J’étais bien placée au scratch, c’est vrai, mais rien de très différent de l’année précédente. J’étais toujours bien placée au scratch, et sur le podium des courses féminines ». 

Re-Testing/ Elvan Abeylegesse, Suspendue avec effet rétroactif


A la mi-août, une dizaine de jours avant la cérémonie d’ouverture des championnats du monde d’athlétisme, la presse anglaise (qui s’est acharnée depuis quelques mois sur les athlètes kenyans, russes et le groupe américain Alberto Salazar dont fait partie le britannique (d’origine somalienne) Mo Farah et l’américain, spécialiste du 10 000 mètres, Glen Rupp)  révélait le nom d’une athlète dont le nom figurait sur la liste des 28 athlètes contrôlés positifs après un réexamen des échantillons prélevés lors des championnats du monde de 2005 et 2007 en application d’une règle mise en place (re-testing) par la fédération internationale d’athlétisme portant à 10 ans (au lieu de 8 ans) la durée de conservation des échantillons. A nouveau, la presse anglaise avait anticipée une annonce de l’IAAF qui n’est pas encore venue.
Cette athlète est la Turque Elvan Abeylegesse, médaillée d’argent sur 10 000 mètres à Osaka. Pour les observateurs européens, l’annonce de ce contrôle positif n’a pas été une surprise. En effet, de fortes suspicions pesaient sur cette athlète d’origine éthiopienne depuis son apparition sur le circuit des compétitions internationales. On se plait à rappeler qu’elle avait ouvert la voie à une immigration « sportive » pour gonfler artificiellement l’équipe turque de coureurs est-africains. Elle avait été recrutée en 1999 (alors qu’elle n’était qu’encore que junior) puis naturalisée pour construire une équipe turque d’athlétisme de stature internationale et que les pratiques des entraîneurs nationaux laissaient supposer des méthodes empruntées aux pays de l’ancien bloc communiste. Evidemment, il ne pouvait s’agir que de dopage.
Elvan Abeylegesse n’est donc pas une inconnue. Pendant la première décennie de ce 21ème siècle, elle a marque le demi-fond mondial. Elle a remporté également les médailles d’argent des 10 000 mètres et du 5 000 mètres aux  J.O. de Pékin (2008) ainsi que trois titres européens (piste en 2010 et cross en 2001) qui pourraient lui être retirées.
Cette information a fait plaisir à la presse anglaise qui s’en est aussitôt félicitée. En effet, l’athlète britannique Jo Pavey (4ème  à Osaka et championne d’Europe sur 10 000 m à Zurich en 2014) pourrait se voir décerner 8 ans plus tard, la médaille de bronze. Alors que l’Américaine Gara Goucher serait médaillée d’argent.
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La perspective de 10 médailles à redistribuer
Quelques jours après l’annonce (par la fédération turque puis par la presse anglaise) du contrôle positif de la Turque Elvan  Abyelegesse figurant sur la fameuse « IAAF 28 » ainsi qu’est appelée la liste des 28 athlètes testés positivement (8 et 10 ans après le prélèvement des échantillons), il s’avèrerait que l’agence mondiale antidopage (AMA) pourrait remettre en cause le principe de sanctions pour des éléments antérieurs à 2009.
 A la mi-août, quelques jours avant l’ouverture des championnats du monde d’athlétisme de Pékin, nombreux étaient ceux qui pensaient que, dans les jours suivants, la liste des « IAAF 28 » serait connue. L’impatience était  grande avec la perspective de 10 médailles à redistribuer.
Il a été observé que la fédération de la Turquie a été la seule fédération à avoir décidé d’anticiper l’annonce de l’IAAF. On a même prétendu que la présence de la coureuse de 10.000 mètres dans la délégation turque pour le Mondial de Pékin l’avait incitée à confirmer officiellement la rumeur circulant à propos d’Elvan Abeylegesse.
Pour la Turquie, cette annonce portait un coup supplémentaire à sa crédibilité en matière de lutte contre le dopage. Avec Elvan Abeylegesse, le bilan de la Turquie, affiche un total de 50 athlètes suspendus entre 2013 et 2014 dont des athlètes de renommée mondiale telles qu’Asli Cakir (1),  Alemitu Bekele (une autre athlète d’origine éthiopienne) et Nevin Yanit (2).
La sanction prononcée par la fédération turque pourrait cependant être remise en cause par l’AMA qui est très prudente sur les sanctions. Elle a annoncé le 15 août que ses experts allaient s’attaquer à l’analyse de la base de données IAAF. Une banque de données dont une copie serait en possession des journaux britanniques mais qui, du point de vue de l’agence mondiale antidopage, pour la période antérieure à 2009 pourrait ne pas être considéré comme preuve de dopage. Afin d’éviter toutes spéculations, l’AMA a averti que des allégations de dopage s’appuyant sur cette base de données seraient irréfléchies et même diffamatoires.
1. suspendue pour dopage pour deux ans en 2004. Revenue ensuite aux compétitions, elle remporte la médaille de bronze aux championnats du monde en salle à Istanbul en mars 2012 sur 1 500 mètres. En avril 2013, elle est convaincue de dopage par la fédération internationale d'athlétisme, un an après son titre olympique pour des anomalies sur son passeport biologique. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) confirme la validité de l'appel de l'IAAF et annule tous ses résultats à compter de juillet 2010 et la suspend jusqu'en 2021.

2.  Elles ont été  sacrées championnes d’Europe à Barcelone en 2010, respectivement sur 5 000 mètres et 100 mètres haies.

Le MCO en émoi, "Baba" fait sonner une trêve désavantageuse pour Cavalli


Oran, ou plutôt le MC Oran a montré aux amateurs de ballon rond qu’elle savait se distinguer de toutes les autres équipes des championnats de Ligue 1 et 2. Habituellement, les dirigeants de clubs sortent l’artillerie lourde après une série de défaites qui mettent en danger l’avenir de leur équipe préférée. A Oran, ceux-ci ont attendu la première victoire, après sept journées de compétitions pour se déchaîner.
Celui qui a mis le feu aux poudres est l’entraîneur français Jean-Michel Cavalli, anciennement entraîneur de l’équipe nationale, ramené la saison dernière pour sauver les meubles mouloudéens en danger de rejoindre le niveau inférieur et dont, en cette situation oranaise houleuse on a rappelé le peu de considération qui lui est accordé par les maitres du sérail local. Se sentant victime d’une campagne de stabilisation se manifestant par des envois de SMS et d’Emails, il a attendu un virage (un résultat favorable) pour riposter, après en avoir remis quelques uns à leurs places, dans les tribunes.
Dans une dispute entre Méditerranéens au sang chaud, les dérapages oratoires sont inévitables. Surtout lorsque les protagonistes se sentent en position de force. C’est pour cette raison que nous avons évité de rapporter les excès locutoires xénophobes qui n’honorent pas ceux qui en ont été les auteurs et qui de plus manifestent le peu d’envergure argumentative de leurs auteurs. 
Quoiqu’il en soit, le président de la SSPA/MCO, le sieur Ahmed Belhadj (dont le surnom ₺Baba₺ symbolise aussi bien une forme de paternalisme que la grandeur ottomane véhiculant tout un programme psychologique et sociologique à décrypter par une analyse anthropologique) a fait sonner du cor pour imposer une trêve aux belligérants.
La presse oranaise souligne que Belhadj pris entre deux feux, entre un entraîneur qu’il a ramené et l’a sauvé d’un désastre annoncé  et un trio faiseur et défaiseur de présidents mouloudéens, placé en position défensive et d’attente s’est exprimé pour mettre le holà à une dérive pouvant conduire à la destruction du club.
L’écrit est le meilleur moyen de communication quand on veut calmer le jeu. A travers un communiqué, adressé aux rédactions, dont la rédaction incite à la réflexion propice à calmer les ardeurs, ₺Baba₺ Ahmed a tenu à remercier les supporters des deux équipes (MCO et ASMO) pour leur comportement exemplaire lors du derby qui aurait démontré que « le football est un lien de fraternité ».
A en croire ₺Baba₺, la fête qui s’annonçait sous de belles auspices n’a pu l’être totalement par la faute de Cavalli qui n’a pas su faire « preuve de retenue dans ses déclarations » que le président de la SSPA/MCO qualifie « de provocatrices et infondées». Le président du MCO fait ensuite les éloges du trio Tewfik Belahcene-Hassani Krimo- Abdelhafid Belabbès dont il rappelle la position centrale et l’importance.  On apprend (pour ceux qui ne la savaient pas) que  Belahcene Tewfik « est un secrétaire qui a été toujours à la disposition de la société », que Hassani Krimo est « le doyen toutes générations confondues » et que ₺Hafid₺ Belabbès « est un actionnaire qui ne fait pas partie de l'équipe dirigeante de l'actuelle saison » mais est toutefois incontournable puisque « par amitié, est en train de m'aider dans la résolution des problèmes financiers de la société ».
Baba Ahmed rappelle aussi avec raison, un argument avancé par Tewfik Belahcene et Hassani Krimo, à savoir qu’il est « le seul habilité de concert avec les membres du conseil d'administration à recruter ou à mettre fin aux fonctions du personnel administratif » et demande en conséquence  à Cavalli « de ne s'occuper que du volet technique».

Par ce communiqué, ₺Baba₺ Ahmed a remis chacun à sa place : Cavalli sur le terrain, Hassani Krimo et Tewfik Belahcene à l’administration et Abdelhafid Belabbès au conseil d’administration. On remarquera également qu’un de nos confrères oranais, certainement fin connaisseur du fonctionnement de la maison mouloudéenne s’est empressé d’écrire que « le premier responsable de la formation d’El Hamri a signé et mis sa griffe dans un communiqué où il désapprouve Jean-Michel Cavalli ». Plus loin, il dira que ce dernier est « injoignable depuis le match contre l’ASM Oran » et que la réunion du CA a été reportée à une date ultérieure. ₺Baba₺ Ahmed, fin manœuvrier ? a empêché le piège de ses fermer rapidement. Mais, pour combien de temps ? 

mardi 6 octobre 2015

Le MCO en ébullition, Belabbès, en deus ex machina


Dans la polémique agitant le Mouloudia d’Oran, dans leur assaut contre Jean-Michel Cavalli,  les journalistes acquis au Mouloudia ne pouvait ne pas utiliser l’argument du climat relationnel dégradé entre l’entraîneur corse, ex-entraineur de l’équipe nationale, et le trio incontournable de la vie mouloudéenne, composé de Belahcene Tewfik, « ex-secrétaire poussé vers la porte de sortie », le directeur administratif Hassani Krimo, indésirable sur le banc de touche, et l’actionnaire Belabbès Abdelhafid, et tenter de revivifier la gloire passée du club  « ex-finaliste de la Coupe d'Afrique qui a construit tout son palmarès avec des coachs algériens » que les résultats peu probants de ces dernières années ont occulté.
Tewfik Belahcene et Krimo Hassani, ont selon nos confrères oranais, fait preuve d’une certaine maturité communicationnelle d’abord en affirmant « être encore salariés au Mouloudia et ne pouvant être renvoyés que par le président Baba », ce qui est une réalité indéniable, puis en étant auteurs de dérapages traduisant en fin de compte l’état d’esprit des dirigeants oranais.
Hassani Krimo déclare ne s’être jamais « immiscé dans son travail » et n’avoir jamais critiqué les joueurs et, comme si de rien n’était et comme s’il n’était pas une contradiction près, ne se cache pas d’avoir « (…) seulement dit aux adjoints qu’on doit faire un marquage de près pour Feham Bouazza ». Quant à Toufik Belahcene, il marque bien son territoire en signifiant à qui veut l’entendre « qu’il sache que le MCO c’est chez nous ». Si ce n’est pas une ingérence dans le domaine technique part un administratif, qu’est-ce-donc ?
Abdelhafid Belabbès, sans avoir conscience de la portée de ses propos, confirme malheureusement qu’il est l’élément déstabilisateur du MCO. Ecoutons-le, à travers les propos rapportés par « ses amis » journalistes qu’il implique dans sa guerre contre l’entraîneur : « J’avais tenu jusqu’à présent ma promesse faite aux autorités de ma ville d’Oran de m’abstenir de toute déclaration à la presse qui pouvait être considérée comme déstabilisante ».
Mettant en exergue ses multiples facettes qui font qu’il est ce qu’il est, à savoir «actionnaire de la SSPA/MCO qui le (Ndlr : J.M Cavalli) paye, un cadre d’une grande entreprise et un ex-international », il tente de minimiser l’entraîneur  « qui se prend pour le messie » et, comble de l’impudence, «  a poussé le bouchon un peu trop loin en s'attaquant à ma personne » mettant ainsi à nu l’égocentrisme d’un dirigeant omnipotent.
Remis à sa place, en colère, A. Belabbès ne peut se retenir ce qui semble sa réalité, celle de celui qui  « connait trop bien ce club »  et que l’on ne peut tromper (« on ne me la fait pas à moi ! ») et qui suppose que la sortie médiatique de Cavalli « était de donner un coup de pouce à une opposition que j'ai exterminée » avouant ainsi qu’il est bien l’homme orchestre du Mouloudia, l’éminence grise du club, celui qui fait et défait les instances dirigeantes du MCO.  Pour bien marquer sa position de décideur au sein du MCO, dans une de ces tirades qui font effet  dans un rassemblement autour d’une boisson excitante, il ne peut s’empêcher de dire que Cavalli ne pourra nier qu’il a « procédé au virement de 10 240 000 dinars sur son compte bancaire personnel ». Une façon très mesquine de dire qu’il paye les salaires de Cavalli (et de ce fait lui doit respect et soumission) et de rappeler, à ceux qui auraient l’impudence d’oublier, qu’à Oran (et sans doute ailleurs) les actionnaires payent les joueurs (et les entraîneurs) qu’ils ont recrutés, les laissant sans salaire (et la SSPA dans des problèmes insolubles) lorsqu’ils se retirent.

En plus d’un manque de tact flagrant, Belabbès se pare d’une aura divinatoire : « J’avais prévu ce scénario et je me suis, de fait, préparé en conséquence vu que certains journalistes ont été avisés avant même cette sortie de l’actuel entraîneur du MCO ». Une manière très vicieuse, et pour le moins irrévérencieuse pour la corporation, de dire que « certains journalistes » sont dans sa poche, avec tous les sous entendus qui accompagnent une telle déclaration.