lundi 19 octobre 2015

Subventions de l’Etat, Les paradoxes d’une décision


Il est difficile de tenter de comprendre la décision du bureau fédéral de la fédération algérienne de football (FAF) relative au renoncement de la subvention annuelle qui lui est accordée par les pouvoirs publics. Pour certains, cette décision fait partie d’une thématique qui serait à proposer aux romanciers et scénaristes spécialistes des sagas à succès de science fiction décrivant des situations paradoxales.
Cette décision, qui semble murement réfléchie par les instances dirigeantes du football national, confronte justement une bizarrerie, celle de l’opulence insolente de la structure associative-faitière d’une discipline sportive croulant sous les milliards de centimes au point de ne savoir que faire de 30 milliards (toujours de centimes) par an et l’indigence miséreuse des associations de base dont elle est sensée être l’émanation.
Il faut reconnaitre, toutefois à contre cœur, que transiter régulièrement  par les palaces internationaux  de Zurich, Rome, Paris, New York ou Rio de Janeiro quand ce n’est pas Doha ou Pékin éloigne les dirigeants élus de la plus haute instance nationale du football des réalités locales, celles qui voient les joueurs de quartiers et des niveaux les plus basiques se contenter (dans le meilleur des cas) des casse croutes frites-omelettes ou de cachir au risque prononcé de botulisme.
Le bureau fédéral se prévaut d’une santé financière florissante qui lui permet de se passer de la subvention de l’Etat. Elle s’enorgueillie de ses ressources en sponsoring et des droits de télévision engrangées grâce aux résultats d’une équipe nationale montée de toutes pièces à partir du produit des centres de formation de l’ex-puissance coloniale tandis que les centres de préparation et de formation des soit disant clubs professionnels algériens n’ont pas encore vu le jour et que les talents locaux s’étiolent. Il est vrai aussi que leurs dirigeants, par mimétisme compréhensible, se sont mis au diapason de leurs pairs de la FAF et de la LNF.
L’embellie financière présente n’aurait pu être sans les sacrifices consentis, depuis le recouvrement de la souveraineté nationale par les pouvoirs publics (aides apportées aux fonctionnement des différentes structures du football national et dans la réalisation d’infrastructures), les institutions et les dirigeants qui se sont succédés au fil des décennies et des individualités (fort nombreuses et jamais comptabilisées à bon escient) qui se sont dévouées (trop souvent dans les pires conditions d’évolution) pour accomplir un sacerdoce rarement reconnu à sa juste valeur.  
Cette décision incongrue montre à ceux qui ne l’avaient pas encore compris que les instances sportives (celles du football en particulier) vivent en autarcie complète, sans aucune complémentarité entre elles et encore moins avec les autres d’un niveau hiérarchique et fonctionnel distinct. Elles se juxtaposent simplement les une aux autres sans aucune complémentarité et une hiérarchie de façade.
En fait, la fédération algérienne est complètement déconnectée de son milieu naturel. A force de côtoyer d’autres hiérarques du football mondial, impliqués directement ou indirectement dans un esclandre planétaire de corruption, les dirigeants de la FAF ont certainement à l’esprit un désengagement total de leur structure (fonctionnant uniquement pour elle-même et non le développement du football) et une distanciation avec les pouvoirs publics. Une sorte de privatisation de la FAF qui fonctionnerait grâce aux subsides d’entreprises publiques nationales en attendant l’apparition des multinationales liées à un titre ou à un autre avec l’instance mondiale du football.

La FAF, par cette décision, a montré qu’elle se comportait non pas en une instance de gestion et de développement du football algérien mais comme une association (c’est d’ailleurs son statut au sein de la FIFA) gérant une équipe nationale représentative de ses intérêts à court terme (celle formée par une majorité de binationaux) et portant une attention dérisoire aux autres sélections nationales dont on connait malheureusement les performances mitigées.    

dimanche 18 octobre 2015

Dopage en athlétisme, Les Marocains en premières lignes


Lorsque l’on évoque l’athlétisme marocain, on ne peut s’empêcher de citer la longue liste des athlètes qui ont fait de ce pays voisin une des grandes nations de l’athlétisme mondial, en particulier dans les courses (masculines et féminines) de demi-fond sur piste (800, 1500, 3 000, 5 000, 10 000 et 3 000 steeple) et les courses sur routes (semi-marathon et marathon). Les athlètes marocains, pendant des années, ont été des rivaux à la hauteur des athlètes de la Corne de l’Afrique (Kenya et Ethiopie).
On ne pourrait incontestablement faire l’impasse sur Nawel El Moutawakel, la première athlète arabe médaillée d’or olympique sur le 400 mètres haies des JO de Los Angeles en 1984, actuellement membre de l’IAAF et du CIO. Si les Moulay Brahim Boutayeb, Nezha Bidouane, Salah Hissou ne sont plus  très connus aujourd’hui, en dehors du cercle des amateurs de la discipline reine des jeux olympiques (malgré un palmarès que revendiqueraient beaucoup d’athlètes de très haut niveau), deux noms ressortent immanquablement : Saïd Aouita et  Hichem El Guerroudj qui ont porté haut les couleurs du royaume et fait vibrer de bonheur les téléspectateurs arabes et de tant d’autres pays. Des athlètes de très haut niveau qui ont fait naitre des vocations et participer à la médiatisation de ce sport.
On pourrait y ajouter Khalid Skah, grand coureur de cross et champion de 10 000 mètres devant l’Eternel, dont l’image malheureusement fut déteinte par une citation devant les autorités sportives mondiales comme pourvoyeur de produits dopants. Selon les dénonciations portées à la connaissance de l’IAAF, de l’agence mondiale anti dopage et de la fédération française d’athlétisme, au début des années 2000 (une dizaine d’athlètes franco-marocains ou leurs proches avait été épinglée par des contrôles anti-dopage), cet ancien grand coureur de cross aurait eu  pour terrain de chasse le centre de préparation en altitude d’Ifrane tant apprécié par les coureurs de demi-fond et de fond d’Europe et d’Algérie aussi bien pour ses bienfaits en oxygène que pour la présence massive de coureurs de qualité ainsi que, cela reste à vérifier, de la disponibilité à profusion de ces produits qui boostent les performances.  
On ne parle guère aujourd’hui des pratiques de dopage des athlètes marocains. La chose semble établie.  En effet, les athlètes de ce  pays fournissent l’un des plus forts contingents d’athlètes suspendus inscrits sur la liste du 25 septembre 2015 publiée par l’IAAF. Cette liste, qui n’est pas celle des athlètes nobélisables (loin sans faut), en recensent 15. Soit une unité de moins que le Kenya (16) que l’on cite chaque fois que l’on aborde la question et qui occupe la troisième place d’un podium où figure la Russie (29) à la première place et (on n’en parle très peu sans doute parce qu’elle ne focalise pas l’attention par le niveau de performance de ses athlètes) l’Inde (26) au second rang. Au contraire bien sur de la Russie et du Kenya qui accaparent les titres et médailles aux championnats du monde et aux Jeux Olympiques
Au royaume de la tricherie et de l’éthique sportive violentée, on retrouve également (dans l’ordre d’un classement des nations non fourni par l’IAAF et que n’avons pas achevé) ex-æquo la Turquie et le Brésil (11 suspensions) suivies de l’Italie (10), la France (8), les USA (6), l’Ukraine, et la Suède (5) ainsi que l’Arabie Saoudite (4).
Cela fait d’ailleurs bien des années que la réputation des athlètes marocains est entachée.  Nous l’avons ici même relevé en nous intéressant au cas de Hind Dehiba-Chahyd qui s’est vue remettre une médaille de bronze après que les trois athlètes qui l’avaient précédé aux championnats du monde en salle d’Istanbul (2012), grande ville d’un pays  qui n’est pas indemne de tous reproches dans le domaine du dopage.
Les coureurs marocains, depuis quelques années, ont formé des cohortes de coureurs et de coureuses disposant d’une bonne formation de base écumant les meetings et les  courses sur route d’Europe (France, Espagne, Italie, Belgique) et même des Etats Unis, prenant quelques fois (si ce n’est souvent) la nationalité des pays où ils se sont installés. Deux franco-marocains figurent sur la liste IAAF.



samedi 17 octobre 2015

Fantasmes et mégalomanie, Les extravagances des dirigeants du CSC


En difficulté financière, incapables de payer régulièrement les salaires dus, le montant des dettes avoisinant les 13 milliards de centimes et tendant à augmenter en l’absence de ressources financières stables, les dirigeants exécutifs de la SSPA (les membres du CA), en bisbille avec l’actionnaire principal, voient grand. Très grand même. En fait, on pourrait presque dire que ces responsables sportifs d’une société sportive commerciale ayant posé les genoux au sol n’ont plus les pieds sur terre. L’actionnaire principal du club (75% des actions) est une filiale de la compagnie nationale pétrolière Sonatrach qui seraient, selon leur perception et sur un arrière plan d’idées préconçues, en mesure de dépenser sans compter, sans contrôle, d’effacer toutes les dettes en mettant à la disposition d’₺entrepreneurs₺ du secteur privé, habitués aux mœurs qui traversent ce secteur d’activités, les moyens financiers nécessaires à la réalisation de leurs lubies.
Les fantasmes sanafiriens débutent avec ce désir (fort louable par ailleurs) exprimé par Samir Benkenida, l’ancien joueur et actuel manager général, de voir le club disposer d’un centre de préparation financé par le groupe Tassili. On peut difficilement admettre (les dirigeants du CSC vivant en un vase clos qui n’est cependant imperméable qu’a ce qui leur sied) que les milieux proches du club ne soient pas informés que le centre de préparation est (jusqu’à preuve du contraire) pris totalement en charge par l’Etat dans le cadre de l’aide à apporter au développement du football professionnel.  S’engager dans cette voie serait un double emploi sauf si….d’autres idées trottent dans leurs têtes.
Les toquades des dirigeants sportifs se poursuivent avec cette idée (qui est partagée par tous les dirigeant des clubs professionnels  algériens) de faire construire un hôtel dont on ne nous dit pas s’il servira à loger les joueurs ou pour des prestations de service à destination du grand public. On peut déduire, en l’absence de toute précision, que les dirigeants du CSC sont en osmose parfaite avec leurs pairs qui voient dans ces hôtels et les locaux commerciaux (objet d’autres projections et de convoitises futures) une source de financement.
Comme dans tous les milieux de dirigeants sportifs et tous les supporters, la mégalomanie ₺clubiste₺ s’exprime à travers des ambitions dirigeantes que nous qualifierons de démesurées et peu en rapport avec les moyens actuels. Il ne s’agit en aucune manière de dévaloriser le groupe de joueurs et le staff technique. La valeur réelle de l’équipe ne sera déterminée qu’a postériori lorsque l’on connaitra les résultats des rencontres à disputer sachant que le niveau ne peut que s’améliorer.  

Nous noterons, encore une fois, l’absence totale de coordination préalable entre le CA et l’actionnaire principal. Les dirigeants constantinois, emballés par une participation à une compétition continentale (Coupe de la CAF), se sont empressés de donner leur accord à la fédération nationale….sans s’être assurés de la présence des moyens matériels et financiers nécessaires à une participation honorable. Le président du CA  en convient en déclarant à des confrères, qu’une « participation aux joutes continentales nécessitent des frais énormes » avant de conclure « on va étudier et analyser tout ça ». Pourtant, il s’attendait au retrait du RCA et aurait du se préparer en conséquence. Ne dit-il pas « j’étais en attente de ce genre de nouvelle depuis un mois, car je savais que le RCA a des difficultés pour participer ». Une nouvelle preuve s’il en était de l’imprévoyance des dirigeants clubistes à moins qu’il ne s’agisse d’un plan concerté pour mettre l’actionnaire principal devant le fait accompli. Le fondement de la conception du CA de la SSPA/CSC semble être que le CSC dépense comme il l’entend et que Tassili paye sans voir. Dans leur folie des grandeurs, les dirigeants du CSC, les membres du C.A se sont dotés de tous les droits. Y compris celui de faire payer par des tiers la réalisation de leurs rêves les plus fous nés d’une politique de surendettement effrénée.

Le retour de Liliya Shobukhova, Come back en vue des J.O de Rio


Liliya Shobukhova a achevé, le 23 août dernier, la sanction prononcé à son encontre par l’agence mondiale contre le dopage (AMA). Après avoir retrouvé la compétition à la mi-septembre, elle ambitionne de se qualifier pour les jeux olympiques de Rio de Janeiro.
Liliya Shobukhova n’a pas attendu longtemps pour s’aligner sur la ligne de départ d’une course sur route. A peine deux semaines se sont écoulées entre la fin de la suspension  et le retour à la compétition. Le 12 septembre, il y a un mois, elle a fait son come back au championnat de Russie de semi-marathon en terminant à la 5ème place et un chrono de 1h16’20’’.
Alors que l’agence Tass, agence de presse officielle russe, affirme formellement que Liliya Shobukhova veut se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio, son époux déclare qu’elle vise une sélection en équipe de Russie.
Rappelons que la marathonienne russe avait été sanctionnée le 29 avril 2014 (deux ans de suspension et retrait des victoires et records à partir du 09 octobre 2009) pour des irrégularités relevées sur son passeport biologique et que la durée de sa suspension a provoqué une détérioration des relations entre la fédération russe, l’IAAF, le tribunal arbitral du sport et l’agence mondiale anti dopage surtout après que cette dernière ait décidé de raccourcir de 7 mois, la sanction qui aurait du normalement s’achever au printemps 2016.
Ainsi que nous eu à le raconter ici même, Liliya Shobukhova a bénéficié de la mansuétude de l’AMA après que l’athlète eut accepté de collaborer avec l’AMA dans la lutte anti-dopage en livrant des informations sur la filière russe du dopage qu’elle connaîtrait parfaitement et sur laquelle elle aurait beaucoup à dire puisque la marathonienne a accusé la fédération russe de lui avoir soutiré de l’argent (450 000 euros) en échange d’annulation de contrôles positifs.
Ayant purgé la sanction qui lui a été infligée, Liliya Shobukhova peut et veut  maintenant tourner la page et renouer avec la compétition de haut niveau. Après cette période difficile, la marathonienne de 39 ans semble vouloir décrocher sa première sélection nationale sur marathon et participer aux Jeux Olympiques de Rio. Pour l’instant, elle n’a à son actif que des participations aux 5000 mètres des JO d’Athènes (13ème) et de Pékin (6ème).
Lilia Shobukhova n’est pas une débutante sur la distance du marathon. Pendant deux années (celles qui précédèrent sa suspension) elle fut une des meilleures spécialistes de cette distance en remportant des victoires sur le circuit des épreuves majeures internationales dont trois victoires à Chicago (2009, 2010 et 2011) et une à Londres (2010) qui ne figurent plus aussi bien à son palmarès qu’à celui de ces courses que sur les tablettes de la « World Marathon Majors » et de l’IAAF depuis sa sanction.
On notera également, ce qui risque d’accroitre la difficulté à revenir au plus haut niveau, qu’elle est interdite de participation à toutes les courses du « World Marathon Majors » (regroupant dans un circuit de courses bien médiatisées et bien rémunérées les marathons de Berlin, Boston, Chicago, Londres, New York et Tokyo) dont les organisateurs (essentiellement ceux de Chicago et de Londres) ont lancé une action à son encontre pour obtenir le remboursement des primes versées à l’occasion des victoires annulées. Bien sur, elle pourra toujours courir des marathons de second ordre. Mais pour briller, faire valoir ses performances, elle n’aura plus que les compétitions officielles (Jeux Olympiques, championnats du monde, championnats d’Europe) auxquelles vu son âge relativement avancé elle ne pourra pas postuler longtemps.
Des observateurs avertis de l’athlétisme mondial doutent qu’elle puisse réussir ce challenge qu’est une qualification pour les jeux olympiques. En plus de relever son âge, ils remarquent qu’elle est restée quatre années sans compétitions

Et s’interrogent aussi et surtout sur la fiabilité et la crédibilité qu’il y aura lieu d’accorder à ses performances futures puisque pendant longtemps elle n’a pas fait l’objet d’un suivi par les contrôleurs de la lutte anti dopage. Bien que son mari prétende qu’elle aurait été récemment contrôlée à trois reprises. Mais, sur ce plan, les championnats du monde de Pékin ont montré que les ex-dopés brillent encore (Assafa Powell, Justin Gatlin, Larbi Bouraâda, etc.). 

mercredi 14 octobre 2015

Salaires impayés, Khaled Gourmi n’est pas une bonne poire


 Les salaires impayés sont la principale pomme de discorde entre les joueurs et leurs clubs. Il ne se passe pas un jour sans que cette question ne soit évoquée dans les colonnes de la presse sportive nationale. On sait tous aujourd’hui que les joueurs (surpayés soit dit en passant mais à qui on ne peut reprocher de percevoir des salaires aussi élevés que ceux qui leur sont proposés et consignés dans des contrats de travail négociés avec des dirigeants de clubs conscients, nous semble-t-il, des conséquences que ces salaires auront sur les finances et le fonctionnement  du club) sont près à tout (comme tout autre travailleur, serait-il payé au SMIG)  lorsqu’il s’agit de défendre leur beefsteak, ce salaire qui n’arrive pas à la fin du mois.
Tous les moyens pour faire bouger les dirigeants sont bons. Faire grève, quitter les lieux de stage ou d’entraînement, se présenter au stade en tenue civile et ne pas se mettre en tenue de sport, ne pas se présenter à un match, s’absenter sous des prétextes, aussi spécieux les uns que les autres, aux entraînements et aux matchs, etc.  font partie de l’arsenal dont ils disposent. Un seul n’a pas été employé jusqu’à présent, bien que celui-ci soit tout à fait légal et légitime : déposer une requête collective auprès de la CRL lorsqu’on est encore en activité au sein du club.
Le dépôt d’une plainte auprès de cette commission de résolution des litiges se fait généralement lorsque le joueur n’est plus engagé contractuellement avec le club  ou lorsque le joueur veut se désengager, obtenir à bon compte sa libération avant l’heure, avant que le contrat soit arrivé à son terme.
Khaled Gourmi, anciennement joueur de l’Entente sportive de Sétif et actuellement dans l’effectif du Mouloudia d’Alger a attendu, selon les informations qui nous parviennent, une quinzaine de mois pour faire valoir ses droits sur quatre mois de salaires impayés. C’est ce que les dirigeants qu’ils le veuillent ou pas, qu’ils alertent leurs plumes ou pas, considèrent comme un impair de la part du joueur qui devrait, selon leur point de vue, se laisser plumer comme une alouette. Sans rien dire.
Khaled Gourmi a été, convenons en, plus que patient. Attendre plus d’un an, près d’un milliard de centimes (les correspondants de la presse nationale de Sétif précisent qu’il s’agit de 880 millions de centimes) n’est pas à la portée d’un joueur impétueux. Il faut voir dans cette attente qui n’a que trop duré qu’une forme de respect aux couleurs d’un club qui ne mérite pas le déshonneur qui lui est fait.
Il est évident qu’aucun des responsables de cette Entente n’aurait attendu aussi longtemps un tel magot et qui, aujourd’hui par des journalistes à leur solde,  se présentent en donneur de leçons. Ces honorables dirigeants espéraient-ils que Gourmi efface une ardoise aussi importante ? Peut-on reprocher à un joueur de rejoindre un club qui lui propose mieux et que l’on n’a pas su retenir à la fin de son contrat ? Pourquoi n’ont-ils pas su régler ce passif en proposant et en respectant (ce qui est mieux mais malheureusement impossible pour des responsables en permanence insolvables) un calendrier de paiement qui se serait étalé dans le temps et aurait satisfait les deux parties ? Réclamer ses droits est-ce un acte d’ingratitude ?
Dans le plaidoyer présenté en faveur de l’Entente et de ses dirigeants, des arguments démontrent en fait que l’on prend les supporters pour des naïfs qui s’ils étaient placés dans la même situation que Khaled Gourmi n’auraient pas bondi sur l’opportunité d’augmenter leurs salaires mensuels de 60 millions de centimes.
Le plus risible dans cette affaire est cette surprise feinte des proches de l’ESS, toujours à en croire les échos venus d’Aïn Foura, qui pourtant savaient la réputation du joueur qui aurait été taxé, du temps où il évoluait dans l’équipe, de syndicaliste.  

La CRL en examinant ce dossier, en étudiant les arguments des deux parties, prendra une décision qui ne satisfera personne. L’essentiel est que les dirigeants comprennent qu’il existe une législation à respecter scrupuleusement et que le paiement des salaires à échéance en fait partie.    

mardi 13 octobre 2015

Fodil et Hind Dehiba, Les héros d’un "polar" à l’américaine


Hind Dehiba est une spécialiste franco-marocaine des courses de demi-fond qui a connu très tôt le haut niveau. Toute jeune, elle a fait partie des meilleures spécialistes marocaine. En 1994, elle est sélectionnée (elle était âgée de 14 ans) dans l’équipe marocaine qui participa aux championnats d’Afrique juniors d’Alger. Elle s’y  classa à la 6ème place avant de se classer à la 2ème place des championnats du monde scolaires de cross country (1996) et de battre de multiples records nationaux. En 1998, elle délaisse le sport pour suivre des études de cadre des sports. En 2003, elle épouse Fodil Dihaba (un Marocain, champion de France espoirs de 10 000 mètres qu’elle avait rencontré au cours d’un stage à Ifrane, haut lieu marocain de la préparation en altitude) et reprend l’entrainement avec son mari pour entraineur. En même temps, elle prend la nationalité française et est sélectionnée, une semaine plus tard, pour les Jeux Olympiques dans l’équipe de France et est inscrite sur le 1 5OO mètres par le Maroc et la France et créé une formidable polémique entre les deux fédérations..
Suspendue en janvier 2007, à la suite d’un contrôle positif à l’EPO, Hind Dehiba, comme par hasard et comme d’autres athlètes dopés, après sa suspension, était revenue au plus haut niveau en sa qualifiant pour les championnats du monde Berlin (elle est éliminée en demi-finales) et, à partir de 2010, elle réalise de belles performances : records de France, du 800 m (1’58’’67) et du 1500 m (3’59’’76) puis ceux du mile et du 800 m en salle.
Les circonstances du contrôle positif sont particulières. En janvier 2007, de retour, avec son mari-entraineur, d’un stage à Albuquerque (Etats Unis), elle avait été interpellée par des douaniers de l’aéroport de Paris-Roissy qui avaient alors découvert un stock d’ampoules d’hormone de croissance dans leurs bagages. Son mari avait été condamné (en août 2011) à 5 mois d’emprisonnement avec sursis par le tribunal de grande instance de Paris pour « importation non déclarée de marchandises prohibées » et avait été relaxé de l’accusation « d’offre ou cession à un sportif de produits interdits ».
Selon ses déclarations, les produits interdits transportés dans ses bagages étaient destinés à son usage personnel et n’avaient pas été utilisés par son épouse. C’était sans doute vrai. Mais, un prélèvement effectué sur Hind Dehiba a permis la découverte d’EPO (un autre produit dopant) ce qui conduisit à sa suspension. Elle détenait alors deux records de France (1500 m en salle et 3000 m,) et elle s’en appropriera quatre autres après sa suspension.
Notons aussi que le site Bladi.net titre, dans un article datant de juillet 2007, « Hind Diaba balance les autres pour avoir une réduction de peine ». Dans cette dénonciation d’athlètes prétendument dopés se trouve impliqué également Aïssa Dghoughi qui lui aussi n’est pas un inconnu. Cet ancien athlète marocain, spécialiste du 10 000 m, suspendu pour dopage, s'est fait un nom en balançant une dizaine de sportifs français dans le dossier remis par le mari de Hind Dehiba à l’IAAF qui l'aurait, selon le journal Le Monde, transmis à la FFA.
Dans ce dossier, l’athlète franco-algérien Bouabdellah Tahri est accusé de « se fournir en produits dopants » auprès d'une certaine Dorothée Paulmann, manager agréée par l'IAAF, qui serait, à cette époque-là dans le collimateur de la justice allemande. Médaillée de bronze aux Championnats du Monde 2005, Bouchra Ghezielle récuse les affirmations du trio et dénonce de telles informations à la veille des Mondiaux d'Osaka.
Deux autres athlètes marocains (Latifa Essarokh et Khalid Zoubaa) tous les deux suspendus pour dopage, « auraient eux aussi "pris de l'EPO et des hormones de croissance à Ifrane" en avril 2003 avec le Marocain Khalid Skah, champion olympique en 1992 ». Julie Coulaud, son compagnon Mustapha Tantan et Yamina Bouchaouante sont eux aussi visés.
Selon Bladi.net, les Dehiba ont passé des aveux afin d'obtenir une réduction de la suspension de Hind, comme en avait bénéficié les protagonistes de l' « affaire Balco ». Le directeur technique national français de cette époque, Franck Chevallier, observa que « celui qui tient ces propos est en ce moment en difficulté par rapport à la justice et à l'IAAF et, par ses déclarations, essaie de négocier une réhabilitation ».


Le président de la FAA, Bernard Amsalem, partagea aussi cet avis. Il affirma alors « Il peut y avoir manipulation, ce n'est pas les délations d'une lettre anonyme qui me suffisent » avant d'ajouter « Il me faut des preuves. Trois des noms cités dans ce dossier ont été contrôlés positifs. Pour les autres, on ne peut pas se prononcer », avait-il conclu. 

lundi 12 octobre 2015

Hind Dihaba-Chahyd, Dopée en 2007, elle reçoit une médaille de bronze



Dans les milieux sportifs, l’été 2015 a été très tumultueux avec le dopage pour fil rouge et pour leitmotiv. Des articles de presse, des documentaires télévisés, des polémiques à n’en plus finir. Les Russes et les Kenyans visés. Des champions déclassés et d’autres par contre ont été récompensés par les médailles retirées à des athlètes dopés. Des champions pincés par des contrôles positifs qui reviennent en compétition, à l’issue de la période de suspension, meilleurs qu’ils ne l’ont jamais été. Des repentis qui bénéficient de réduction de peine pour avoir fournis des informations aux enquêteurs. De quoi être déboussolés par des histoires sans queue ni tête. Alors que la Turquie collectionne une liste interminable d’athlètes dopés et sanctionnés (on parle d’une cinquantaine de coureurs et coureuses), que la Russie et le Kenya sont sur la liste des nations pourvoyeuses d’importants contingents d’athlètes tricheurs, la France et les pays européens d’une manière générale engrangent des médailles ristournées et au rabais. Des médailles certainement méritées en d’autres circonstances mais dévaluées car acquises sur ce ₺tapis vert₺, honorables certes mais dégriffées par les images de la télévision.
Un cas mérite qu’on s’y attarde un instant parce qu’il déstructure tous les systèmes de pensées et introduit un doute sur l’intégrité, l’honnêteté et la sincérité de tous les athlètes sans aucune exception y compris ceux et celles qui ne méritent pas un tel anathème. La suspicion est née et reste dans les esprits.
La nouvelle de l’attribution de la médaille de bronze du 1 500 mètres des championnats du monde en salle qui s’étaient disputés en 2012 à Istanbul (capitale de la Turquie) à l’athlète française Hind Dehiba était connue depuis la mi-août. Depuis quelques jours, elle est officielle suite à la disqualification, pour cause de dopage, de l’athlète turque Asli Cakir.  Au fil des ans, Hind Dehiba a grimpé lentement au classement, de la 5ème qui avait la sienne à l’arrivée de sa course à d’abord la 4ème place après la disqualification de la Biélorusse Natalia Kareiva et donc maintenant à la dernière place du podium consécutivement à la disqualification de la coureuse turque.
Les analystes de l’athlétisme mondial ont fait un étrange constat. Dans les résultats de cette course,  trois noms sont suivis des lettres ₺DQ₺ (signifiant disqualifié) : la Russe Elena Karzakhova, la Biélorusse Natalia Kareiva (4ème de la course) et maintenant Asli Cakir (3ème). Les trois athlètes ont été disqualifiées après que des sanctions pour dopage aient été prononcées (dans les trois cas des anomalies ont été relevées dans le passeport biologique).
Asli Cakir, en ce mois d’août 2015,  a d’abord écopé d’une suspension de 8 ans décidée par le TAS (tribunal arbitral du sport) pour dopage sanguin après que son passeport biologique ait révélé des valeurs sanguines anormales. La fédération turque avait refusé de la sanctionner contraignant l’IAAF (empêtrée depuis des mois à des polémiques sans fin) à porter l’affaire devant le TAS.
Cette instance internationale n’a eu aucune mansuétude pour Cakir qui avait déjà purgé une suspension de deux ans en 2004. Pour cette athlète, cette dernière sanction est accompagnée par la perte de sa médaille d’or des JO de Londres et donc de sa médaille de bronze conquise au Mondial en salle 2012, chez elle.
Pour Hind Dehiba, cette décision du TAS lui permet de décrocher une 3ème  médaille en grandes compétitions : elle avait remporté le bronze du championnat d’Europe en salle en 2005 et l’argent du championnat d’Europe en 2010.
Pourtant, Hind Dehiba n’incarne pas la pureté sportive.  En 2007, elle avait été contrôlée positive à l’EPO et avait été suspendue pour une période de 2 ans (jusqu’à l’été 2009). Notons aussi que, par un curieux hasard, lors des championnats du monde en salle de 2012, trois athlètes précédemment dopées et suspendues avaient concourues dans la même série de 1500 mètres (Hind Dehiba, Asli Cakir, et la Marocaine Mariem Alaoui Selsouli, positive à un diurétique).