mercredi 28 octobre 2015

Athlètes franco-marocains dopés, De la course aux laboratoires et aux prétoires


Le marathonien français Larbi Es Sraidi fait partie de ces deux athlètes franco-marocain que nous avons répertorié sur la liste des suspendus pour cause de dopage diffusée par l’IAAF à la date du 25 septembre dernier que nous avons évoqué dans une précédente chronique. Cet athlète fait l’objet d’une suspension de deux ans, pour usage de corticoïdes. Elle prend effet à compter du 14 juillet 2015 (date symbolique dans l’hexagone) et s’achèvera le 25 août 2017.
Larbi Es Sraidi a été sanctionné pour l’utilisation d’acétonide de triamcinolone, un produit faisant partie, selon un site d’informations sportives français s’intéressant à l’athlétisme et ayant fait  son cheval de bataille de la lutte contre le dopage, de la famille des glucorticoïdes qui aurait des visées  anti-inflammatoires.
A première vue, il s’agit d’un cas classique de dopage ne méritant guère que l’on s’y intéresse particulièrement. Si ce n’est que Larbi Es Sraidi n’est pas un inconnu dans ce milieu. C’est un récidiviste qui s’est fait remarqué lors d’une première suspension qui a donné lieu à nombre de péripéties.
Le site d’informations électronique en question observe qu’il « s’agit de la deuxième suspension pour dopage de Larbi Es Sraidi, déjà sanctionné de mars 2010 à novembre 2011 » et que « en 2006, Larbi Es Sraidi était encore de nationalité marocaine ». On doit donc comprendre qu’il appartient à la cohorte des coureurs marocains de demi-fond qui, n’ayant pu émerger dans leur pays ou pour d’autres considérations plus matérialistes, ont pris la nationalité du pays qu’ils ont rejoint, le sillonnant de long en large dans une course aux primes.
Ce que l’on sait c’est que la carrière française de Larbi Es Sraidi a débuté en 2004 sous les couleurs de l’Olympique de Marseille (il portait alors l’uniforme de la Légion étrangère) avant de prendre ensuite une licence à Le Mans puis au RC Vendée, dans cet Ouest français qui est une des régions françaises où le dopage semble être commun aux athlètes maghrébins dont les Algériens Ali Saidi Sief et Tayeb Kalloud.
La première suspension a été prononcée dans la douleur, après un long processus auquel ont participé les instances judiciaires françaises.  Elle a pris finalement effet après une décision du Conseil d’Etat français qui avait annulé un jugement du tribunal administratif de Marseille qui avait lui-même décidé de l’annulation de la décision de l’AFLD (agence française de lutte contre le dopage) prononcée en mars 2006. Les analyses avaient trouvé du Furosemide, un diurétique dont on dit qu’il permet de masquer des produits dopants.
Le site d’informations résume cette première infraction à une pratique saine de la course à pied en écrivant que « Larbi Es Sraidi sanctionné en mars 2006 avait fait appel de cette décision, mais se voyait débouté, et sa suspension s’effectuait finalement quatre ans après les faits ». Il indique également que la première sanction aurait dû l’éloigner de l’athlétisme du 22 février 2006 au 21 février 2008.
Durant cette période de  quatre ans, Larbi Es Sraidi avait poursuivi sa carrière normalement, en sillonnant le territoire français participant à des cross, des semi-marathons, des marathons et à des compétitions sur piste. Il participa ainsi à des marathons internationaux à Amsterdam (2007. 2h16’49’’), Madrid (2008. 2h16’48’’), Utrecht (avril 2009. Il y réalise son record personnel 2h10’08’’). En janvier 2010, juste avant que le Conseil d’Etat confirme sa sanction, il a couru le  marathon de Dubaï (2h13’) et le 27 novembre 2011 (soit 12 jours après la fin de sa sanction) il court le marathon de Beyrouth (2h14’42).
Le cas Es Sraidi préludait une des vagues de contrôles positifs relevés dans le rangs des athlètes marocains, franco-marocains et de leurs proches que nous avons cité précédemment dans les chroniques consacrées à Hind et Fodil Dehiba (Bouchra Ghezielle, Latifa Assarokh, Mustapha Tantan, Bouchouante, Julie Coulaud).  Khalid Zoubaa faisait également partie de ce contingent. Ce franco-marocain né dans le Sud de la France, contrôlé positif lors des championnats de France militaires de cross-country, a suivi, avec un certain succès, la voie montrée (action en justice) par Es Sraidi. Suspendu, interdit de compétitions, Khalid Zoubaa fut réhabilité en 2014 pour vice de procédure. Des laboratoires, le combat contre le dopage s’est poursuivi dans les prétoires.    

mardi 27 octobre 2015

Statut des entraîneurs, Nouvelle donne pour les "intermittents" du football


On le sait depuis la nuit des temps, en fait depuis que le football a supplanté la religion en tant qu’opium des peuples, les entraîneurs, dans le football professionnel algérien, sont  la cinquième roue de la charrette. La roue de secours, un de ces dirigeants qui doivent figurer réglementairement dans l’organigramme officiel du club mais à qui en réalité on accorde une considération variable et contrastée.
La fonction d’entraîneur fait partie de ces activités que l’on dit et que surtout l’on croit être à la portée de n’importe quel  quidam ayant eu, à un moment donné de son existence, l’opportunité (ne serait-ce dans un match de quartier) de tripoter un ballon en cuir ou mieux encore qui accumule au fil des années un temps de présence conséquent dans les gradins vermoulus des stades. On semble croire que les connaissances, l’expertise nécessaire à la maîtrise d’un groupe de joueurs au talent certes présent mais à développer, à la bonne conduite d’une préparation physique ou de la mise en place d’un schéma tactique est comme l’oxygène disponible à profusion, sans effort aucun.
Alors, lorsque, en plus d’être un citoyen dans sa plus simple expression, on fait partie des meubles du club, des accompagnateurs inamovibles qui, de temps à autre, mettent la main à la poche pour offrir aux joueurs une ou plusieurs palettes de bouteilles d’eau minérale ou de source, on devient entraîneur averti et confirmé (ou bien un super génie capable d’en remontrer au plus perspicace de cette corporation sans amour propre ainsi qu’en témoigne le sort qui leur est régulièrement fait) , dans la plus belle tradition des mécanismes de la gestion humaine participative des entreprises socialistes d’antan (et celles qui depuis les ont supplanté) où le temps de présence dans l’entreprise vaut diplôme au nom de la validation des acquis professionnels.
La fédération algérienne de football, désireuse de remettre un peu d’ordre dans un secteur qui va à vau l’eau, vient, lors d’une récente réunion du bureau fédéral, d’exiger la formalisation de la relation contractuelle entre le club professionnel et les entraîneurs par l’établissement d’un contrat-type devant être présenté avec l’ensemble de la documentation permettant l’engagement aux compétitions. Pourtant, nous semble-t-il, cette relation était déjà encadrée par des contrats conclus entre les deux parties mais qui (c’est la conclusion à laquelle malheureusement nous aboutissons) n’avaient aucune valeur juridique dans les rouages de l’administration footballistique. Les moyens et instruments de légalisation documentaire font l’objet d’une authentification par l’instance footballistique. Cette validation fédérale ouvrira aux entraîneurs, du moins cela fait partie de l’imaginaire des hauts cadres fédéraux, des moyens administratifs et réglementaires qui leur (les entraîneurs) permettra de faire valoir leurs droits éternellement spoliés par l’autre partie contractante, les présidents de clubs à travers les mêmes processus que ceux qui sont usités par les joueurs. On sait ce qu’il advient le plus souvent des recours déposés auprès de la CRL et du TAS  dont les décisions prétendument exécutoires font l’objet de manœuvres dilatoires de la part des clubs.  Ceci étant le sort connu par tous réservé aux acteurs principaux du football, qu’en sera-t-il des intermittents de ce spectacle, des saisonniers du ballon rond ?
Le milieu des entraîneurs de football est de plus en plus équivoque et de plus en plus réglementé. Les diplômes délivrés par les institutions étatiques, à la fin d’un cursus de formation de durée variable, n’ont plus guère de valeur face à ceux délivrés par les instances footballistiques à l’issue d’un parcours, de formations  accélérées et alternées (à raison de 4 jours ou 5 jours par session) évidemment accompagné de nombreuses passerelles et dérogations bénéficiant avant tout à la catégorie particulière des internationaux conduisant à ces fameuses licences validées par la confédération. Comme toujours, ces fameuses formations au rabais sont mises en œuvre au profit des pays en développement auxquels on propose un programme de prêt-à-former.    

Une nouvelle confirmation que l’univers footballistique veut se doter d’une autonomie totale vis-à-vis des institutions gouvernementales et nationales et s’instituer en Etat dans l’Etat pendant qu’ailleurs en Europe, leurs pairs rejoignent les bancs de l’université.

dimanche 25 octobre 2015

Athlètes algériens dopés, Des plagiaires désargentés ?


La fédération algérienne d’athlétisme ne communique pas sur les cas de dopage constatés. Evidemment en l’absence de transparence, la rumeur fait fureur et déstabilise encore plus une discipline sportive à la recherche d’elle-même et de ténors. Comme en de pareilles circonstances troubles, ce sont les quelques athlètes émergeants (cela existe encore, n’est-ce pas Malik Lahoulou ?) qui en souffrent le plus. Leurs résultats probants, leurs performances n’ont plus la crédibilité qui fut celles de leurs prédécesseurs.
On rapporte ici et là que deux athlètes auraient été contrôlés positivement et que l’un d’entre eux bénéficierait d’une AUT (une utilisation légalisée de produits dopants justifiée par une ordonnance médicale de prescription d’un produits à des fins thérapeutiques). Nous voulons bien le croire (la réglementation internationale sur la lutte contre le dopage permet de telles situations) mais la logique aurait voulu que l’athlète en question s’abstienne de participer aux compétitions figurant à son programme. En fait, à en croire la rumeur qui circule au SATO, ce serait une dizaine d’athlètes qui serait impliquée. Mais, comme toujours, il est difficile de faire la part de la vérité. Surtout qu’au plus haut niveau de la hiérarchie fédérale, on serait favorable à une préparation biologique que l’on dit proche des pratiques du dopage.
Il est malheureux de dire que même dans ce domaine de la tricherie, nos athlètes (ceux du moins épinglés) ne sont pas à la pointe du progrès. Les derniers officiellement reconnus et sanctionnés –précisons qu’ils ont été contrôlés positifs lors de participations à des compétitions à l’étranger (Belgique, France, Allemagne - que sont  Megdoud, Bouras et Bouraâda. Ces athlètes, faisant partie de l’élite nationale en préparation alors pour les championnats d’Afrique 2012 de la discipline, avaient utilisé un anabolisant. Celui qui avait tourné court la carrière sportive du sprinter canadien Ben Johnson pris dans un contrôle aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988.  Pour tricher, nos athlètes (ici nous incriminons les sportifs parce qu’ils ont été pris en flagrant délit tout en ayant à l’esprit que l’on pourrait imputer ces cas de dopage à leur proche entourage immédiat) ont eu recours à un produit si galvaudé qu’il doit être décelable par un apprenti expert faisant ses premiers pas dans un des laboratoires agréés par les instances mondiales de la lutte anti-dopage. Nos athlètes se comportent comme des amateurs en ce domaine.
Nos voisins Marocains dont nous avons écrit dernièrement qu’ils figurent parmi les ténors (ou du moins les plus nombreux) de la liste des suspendus au 25 septembre 2015 continuent certes de faire dans le dopage à la petite semaine, le dopage du pauvre, mais aussi semblent explorer d’autres voies comme l’utilisation de l’EPO ou (cela semble être l’apanage des Franco-marocains qui le pratique avec un certain succès) du retardement de l’application de la sanction prononcée par l’instance fédérale (nous re viendrons prochainement sur ce thème) ou des techniques sophistiquées.       
Dans cette fameuse liste du mois de septembre, on trouve un nom connu des observateurs et des passionnés d’athlétisme et particulièrement ceux suivant les compétitions internationales : Khadija Samah. Au palmarès de cette athlète au parcours atypique, le titre de championne du Maroc 2014 du 5 000 et du 10 000 mètres (à l’âge de 29 ans)  après une saison 2013 ou elle battit tous ses records sur piste après avoir bâti  sa réputation en courses sur route  courues essentiellement en Espagne. Au semi-marathon, une spécialité dans laquelle elle s’engagea dès 2004 (21 ans). Son record personnel a été réalisé en 2006 (23 ans) avec un chrono de 1 heure 16 minutes 37 secondes.
A l’international, Khadija Samah est connue pour une 2ème  place aux championnats de France de cross court (son record du 1 500 est 4.21 établi en 2013). A cette époque-là, une information avait circulé disant qu’une athlète de seconde zone avait  contrôlée positive au cross de Khouribga. Le produit décelé était la molécule GW 1516 qui serait proche d’un produit connu des experts, l’AICAR. Les deux molécules ont été testées en laboratoires pharmaceutiques en vue du traitement de plusieurs pathologies (obésité, diabète, cholestérol) mais dont le développement a été interrompu suite à la toxicité découverte lors de tests sur les êtres humains. La particularité de ces deux molécules est qu’elles modifieraient le métabolisme cellulaire et permettraient d’obtenir des résultats sans exercices. Selon des confrères qui s’intéressent de près au dopage, ces deux produits, aux effets aussi puissants que dangereux, seraient disponibles sans difficulté aucune sur internet.

Khadija Samah a été suspendue pour quatre ans. Elle a évolué pendant une saison dans un club français (Martigues) où elle aurait rejoint une autre athlète marocaine (suspendue également pour dopage) présentée comme sa cousine : Layla Traby.

Déclarations croisées, Trêve de flagornerie !


La presse sportive nationale, par les heureux hasards qu’impose quelque fois l’actualité, juxtapose des informations qui apparemment n’ont aucun lien entre elles mais expliquent certains phénomènes souvent rencontrés au gré des lectures.  Des faits qui passionnent les supporters et subjuguent les rédactions. Les allées et venues de entraîneurs et les états d’âmes de joueurs surévalués, surpayés élevés au rang de divinités sportives que l’on idolâtre comme des statues païennes animées.
José Mourinho, le manager portugais de Chelsea, fait partie de ces personnes qui attirent l’attention. Autant critiqué qu’adulé. Cet entraîneur pour le moins atypique, entraîneur adjoint-traducteur avant de devenir le « Special One », star parmi les stars, au palmarès éloquent qui fait taire les plus irréductibles, est un expert en déclarations qui font mouche et ne laissent pas insensibles. Sa stature dans le milieu lui donne un statut très envié et que peu de technicien de football (excepté Ferguson ou Wenger) n’ont atteint et donc l’opportunité de dire tout haut ce que d’autres osent à peine penser.
Sa dernière déclaration fracassante est celle qui fait suite au remplacement de Brendan Rogders par Jürgen Klopp à la tête du staff technique de Liverpool. Un de ces changements qui accompagnent les mauvais résultats même dans les pays où la retenue fait partie du flegme.
Se disant désolé de voir que « quelqu’un ait perdu son emploi », il est déçu que certains s’en réjouissent de ce départ et se félicitent de l’arrivée d’un autre manager. Mais, surtout qu’un joueur dise « maintenant, nous allons donner plus afin de séduire le nouveau manager ». Il conclue : « cela fait partie de mon monde, mais je n’aime pas ». Une anticipation peut être pour un manager en délicatesse avec les résultats.
Chez nous, c’est Velud, l’entraîneur des « Verts et noirs » du CSC qui se démet de ses fonctions. Dans les déclarations recueillies juste après l’annonce de sa démission, il remercie les supporters, les dirigeants et certains joueurs et observe que d’autres n’ont pas eu un comportement de professionnels, n’ont pas le niveau pour évoluer dans cette équipe. Jusque là rien d’anormal si ce n’est que la ₺rue constantinoise₺ fasse état d’agissements plutôt louches qui expliqueraient la défaite face à la JS Saoura, une sorte d’entente entre certains joueurs pour faire perdre l’équipe. Une formation sportive  qui assure leurs salaires…à coup de lance-pierre, il faut le dire. Au lieu de s’en pendre aux dirigeants, ils auraient trouvé un bouc émissaire en cet entraîneur qui ne les retient pas dans ₺la liste de 18₺ et puis des titulaires et ne leur permet pas de percevoir les primes de matchs qui meublent l’attente….pécuniaire. Sans compter les égos surdimensionnés par des éloges médiatiques pas toujours appropriés au vu de leur inconstance.

A Alger, dans les rangs de ce MCA qui envahit les colonnes de la presse, c’est une de ces starlettes du football national gonflées aux hormones d’une médiatisation à outrance orientée (un espoir du football resté au même plan depuis qu’il est reconnu), qui s’insurge contre le comportement de l’entraîneur-adjoint qui aurait, selon lui et sans doute ses conseillers, été l’éminence grise du staff technique et l’aurait exclu de ses projets. ₺Petite₺ ( ?) référence du football international, ce technicien au statut vacillant serait porteur de tous les maux que connait le joueur et le club. On croit comprendre que cet entraîneur serait une calamité dont l’importance dans les rangs du club cher aux Chenaoua est en régression depuis l’arrivée d’un nouvel entraîneur en chef que l’on encense et que, d’un coup de la fameuse brosse à reluire dont beaucoup sont expert, on hisse au plus haut niveau de la notoriété, « un très grand entraîneur qui est réputé pour être quelqu’un de juste et qui ne badine pas avec la discipline ».  Trêve de flagornerie, c’est sur le terrain à l’entraînement qu’il faut démontrer que l’on mérite sa place dans l’équipe. Pas dans les colonnes des journaux.   

samedi 24 octobre 2015

Les Sanafirs à genoux, Pas de résultats malgré un train de vie ahurissant


Le CS Constantine fait partie de ces clubs de football professionnel qui surprendront toujours les observateurs. En difficultés financières, les dirigeants constantinois du club, vénéré par des centaines de milliers de supporters, rival par sa popularité du Mouloudia d’Alger auquel il dispute, mais sans le dire aujourd’hui ouvertement, le titre de doyen des clubs algériens, cherchent à multiplier les sources de financement et, ainsi que nous l’avons vu antérieurement, auraient démarché plusieurs sociétés qui, jusqu’à maintenant, refuseraient de s’engager dans un partenariat avec une SSPA où l’actionnaire majoritaire est le Groupe Tassili, qu’ils considèrent comme un empêcheur invétéré de les laisser gérer le club à leur guise.
Les antécédents entre les différents protagonistes de la guerre interne du CSC sont connus. Certains dirigeants auraient tenté d’induire en erreur l’actionnaire principal et ont poursuivi  en justice la société qu’ils dirigent et dont ils sont également actionnaires. La SSPA a été condamnée par la justice à payer à ces actionnaires-plaignants une somme avoisinant les 19 milliards de centimes. Comme pour envenimer des relations qui n’étaient pas sereines, les membres du CA (son président en tête) n’ont pas estimé nécessaire d’en informer la société-mère pour qu’elle puisse prendre ses dispositions. L’objectif avoué de cette action étant de renforcer leur présence dans la société en transformant les sommes dues par la SSPA/CSC (et donc le Groupe Tassili à hauteur de sa participation au capital) en actions de capital social.     
La prospection de ces sources de financement s’étant certainement dirigée vers les firmes proches des membres du CA, on peut comprendre que la présence du Groupe Tassili soit des plus inopportunes. Ces entreprises ne sont pas intéressées par des actions de sponsoring (ou de mécénat plus en rapport avec le statut revendiqué d’amis du club) mais par la possession du ₺Club₺. Sauf que l’ouverture du capital ne peut être entérinée que par le Groupe Tassili et pilotée à sa demande.
Les membres clubistes du CA et la périphérie de celui-ci  sont dans une démarche de vampirisation médiatique des prérogatives du Groupe. L’un d’entre eux, le manager général, Samir Benkenida a en mémoire l’épisode où le CSC a été gérée par l’entreprise publique socialiste Sonacome. Il le dit d’ailleurs explicitement : «Le CSC doit éviter le remake de l’époque de Sonacome ». Il retient seulement de cette période (celle dite de la Réforme sportive 1976-1989) dont ils (les membres de la famille clubiste)  sont « sortis bredouilles ». Il faut reconnaitre toutefois que Samir Benkenida est pleinement dans son rôle de manager général de l’équipe. Pour lui,  « Il faut sortir de la réflexion des résultats immédiats, il faut travailler sur le moyen et long terme et surtout investir dans la formation dans les petites catégories».
Sauf que la traduction de cette ambition sportive, honorable au demeurant et en opposition totale avec les pratiques actuelles des autres dirigeants, n’est possible que par une implication financière plus conséquente de Tassili et des autres actionnaires que l’on a tendance à souvent oublier et qui eux-mêmes oublient cette partie de leurs responsabilités. Selon le discours sanafirien en vogue ces derniers temps, le groupe Tassili doit proposer un projet sportif et « en plus de lui construire des centres et pourquoi pas un hôtel ». Un inversement de la mécanique du fonctionnement normal du club qui voudrait que ce soit les dirigeants du club, les membres du CA qui en fassent  la proposition et le groupe qui en examine la faisabilité. Le CA doit convaincre l’actionnaire principal de s’impliquer financièrement.
Mais, ce même CA est dépourvu de crédibilité. Outre l’épisode judiciaire, le directeur financier de la SSPA estime le montant des anciennes dettes à régler à 12,6 milliards accumulés en trois ans. Un montant imposant représenté essentiellement par les dépenses de stages de préparation, d’hôtels et de restauration, de voyages auxquelles s’ajouteraient celles engagées lors de l’organisation des matchs de gala. Parallèlement à cela, en pleine contradiction avec le ₺programme Benkenida₺, la masse salariale du CSC a bondi de 2,7 milliards de centimes (époque Bentobbal) à 3,7 milliards avec Haddad.
On peut comprendre l’incompréhension des dirigeants de la compagnie aérienne dont le siège est…à Alger qui n’arrêtent pas de demander des rapports détaillés sur les dépenses folles afin de comprendre le train de vie ébouriffant d’un club qui n’a pas décroché le moindre titre ou consécration ces dernières années.


mercredi 21 octobre 2015

Les "économies" de la FAF, Pour se faire une place au soleil


Depuis 5 ans, la FAF loge dans un compte séparé les subventions que lui accorde l’Etat algérien. Ce serait 150 milliards de centimes qui, pendant cette période, auraient été gelés, immobilisés au sens bancaire du terme. Sans que l’on sache s’ils ont été producteurs d’intérêts ou pas. Un véritable pactole constitué pendant que tous les niveaux de la pratique footballistique souffrent d’absence de moyens pour…survivre, pâtissant de l’insuffisance de moyens financiers et de l’octroi de subventions modiques par les autorités locales qui se tournent vers les plus exposés médiatiquement, c'est-à-dire les équipes phares de la localité ou de la wilaya. En un mot, l’opulence capitalistique opposée à l’indigence. Une représentation très illustrative de l’environnement et du libéralisme économique dans lequel se meut la FAF.
Le geste de la FAF, le renoncement aux subventions annuelles que lui accordent les pouvoirs publics en contre partie de la délégation d’activités et de pouvoirs qui lui est concédée en tant qu’organisation d’utilité publique chargée de la gestion et le développement du football national  et l’intention de restituer celles octroyées aux cours des années précédentes), se veut et se présente comme un geste de bonne volonté des membres du bureau fédéral et de bonne gestion. Ces sommes faramineuses inutilisées et inutilisables en l’état actuel des capacités financières de l’instance suprême du football national seraient peut être utiles dans ailleurs qui n’est le football, semblent vouloir dire les membres du bureau fédéral.
Cette question de renoncement et de restitution aux subventions annuelles étatiques est, de notre point de vue, à percevoir sous un autre angle. Celui qui s’inscrit dans le crédo (maintes fois réitéré) des fédérations sportives internationales (mais surtout de la FIFA) de la non-ingérence des Etats dans le fonctionnement des fédérations nationales agissant pourtant, dans beaucoup de nations, par délégation des pouvoirs publics. En renonçant aux subventions, la fédération distant inévitablement le lien vital et ombilical avec l’Etat qui lui permet d’exister juridiquement et légalement. La capacité à subvenir à ses besoins propres est tentante et relève du dogme libéral qui transcende justement ces fédérations internationales.
En tant qu’association dotée de l’indépendance financière, la fédération se place en position d’autonomie autarcique qui dénoue les liens avec l’Etat créateur et se vassalise, sous la forme d’une concession d’activités sur un territoire donné, à une instance supranationale elle-même télécommandées par des multinationales économiques et financières. On remarquera sur ce plan-là que Joseph « Sepp » Blatter, réélu dans ses fonctions de président au début de l’été dernier, a été réduit au rang de président intérimaire (jusqu’en février 2016) par l’action de la justice américaine et suspendu de ses fonctions dans les jours qui ont suivi l’intervention médiatique des 4 sponsors majors (dont 3 américains) de cette organisation internationale qu’est la FIFA. Il en découle un transfert de la vulnérabilité juridico-politique à la vulnérabilité économico-financière.
L’on notera également que la tendance à l’éloignement du giron national (donc des pouvoirs publics mais aussi des associations subalternes que sont les ligues et les clubs) s’est amorcé avec la constitution d’un patrimoine fédéral par un financement multiple : fonds propres, Etat dont l’aide était la bienvenue à ce moment-là, aide au développement de la Fifa dont le projet Goal.
En finançant ses activités par le biais du sponsoring et des droits de retransmissions télévisées (et l’exclusion des subventions étatiques), la FAF réduit également les capacités de l’Etat à lui demander de rendre des comptes sur le plan comptable et annihile sa mission de délégation de service public pour laquelle elle reçoit la subvention. En rendant les subventions, la FAF se libère unilatéralement de cette mission et n’a donc plus de raison d’être. A plus forte raison que déchargée de cette mission, elle ne peut assurer l’autorité qui est la sienne, du point de vue de la loi, sur les ligues et les clubs qui en sont le fondement.

A remarquer aussi que cette restitution, qui se veut être un signe de bonne gestion et consécutivement d’abondance financière, indique au contraire une mauvaise gestion puisque l’article 100 de la loi 13.05 prévoit que « Les fédérations sportives nationales (…) peuvent réaliser avec le concours financier de l’Etat et des collectivités locales et selon des conditions avantageuses, toute opération d’infrastructure et/ou d’équipement liée à leur objet et en relation directe avec leurs missions ».     

mardi 20 octobre 2015

Les Sanafirs impatients, Dans l’attente d’un renflouement des caisses


Les joueurs du CSC, le doyen des clubs de l’Est, cette expression trouvée provisoirement par les inconditionnels des « verts et noirs » pour conserver ce statut de doyen revendiqué et disputé au MCA, attendent depuis quelques mois de recevoir leurs salaires faisant accessoirement l’objet d’un gel par le président du CA en représailles de la défaite face à la JS Saoura à Béchar. En fait, ils espèrent, avec une ferveur inqualifiable tant elle est forte, que leurs responsables administratifs et financiers trouvent une solution à la résolution de la quadrature du cercle et tiennent ces promesses qui leur sont faites depuis le début de la saison et dont la vanité se révèle de conseil d’administration en conseil d’administration.
La datation de cette situation ambigüe et intolérable remonte à ce coup de poignard que les dirigeants clubistes₺ ont porté à l’actionnaire principal et majoritaire de la SSPA. Un conseil d’administration composé, pour son malheur semble-t-il, pas une majorité de membres qui ne détiennent que la minorité du capital social. Rappelons que ces dirigeants n’ont pas trouvé mieux que d’ester en justice la société dont ils sont actionnaires et que les membres du CA n’ont pas daigné porter les décisions de la justice (avant qu’elles ne soient exécutoires) à la connaissance du propriétaire.
Le groupe Tassili ayant en châtiments fermé les vannes, les dirigeants ₺clubistes₺ n’ont pas su trouver les sources de financement nécessaires au bon fonctionnement de la société. Même les Sanafirs, les supporters inconditionnels ne se présentent pas en masse devant les guichets pour payer leurs billets d’entrée au stade et atténuer cette crise.
Quoiqu’il en soit, les dirigeants clubistes sont dans l’incapacité notoire d’honorer leurs engagements vis à vis des joueurs auxquels ils demandent de patienter toujours encore quelques jours se transformant en semaines se muant en mois, le temps que les membres du CA se réunissent avec les représentants de l’actionnaire majoritaire qui ne veut pas se dédire. A la reprise des entrainements, au début de la trêve pour raison de compétitions internationales de l’équipe nationale, les joueurs ont engagé un bras de fer avec la direction du club qui avait mandaté le manager général pour amadouer  les joueurs en colère.
Le président du CA s’est engouffré dans une fuite en avant en promettant que les salaires seraient réglés cette semaine en les matérialisant par des chèques, ces fameux ₺chèques de garantie₺ qui ne seront certainement pas provisionnés et que n’importe quel trublion pourra alors présenter à la banque, avec la certitude que les dirigeants du ₺Club₺ signataires sont susceptibles d’être condamnés pour ₺émission de chèque sans provision₺.  
Pourtant, à en croire la rumeur sanafirienne, la direction du club (donc les dirigeants constantinois issus du moule clubiste fortement représentés en nombre mais peu représentatifs sur le plan de la prise de décision car ne détenant que 25% du capital social et des voix) s’attèleraient à  élargir ses sources de financement et aurait entrepris des démarches auprès de plusieurs sociétés, malheureusement sans résultat palpable.
Dans des propos rapportés par les journalistes locaux proches du CSC, le président du CA, Mohamed Haddad, auraient imputé  ces multiples échecs consécutifs à «la présence du groupe Tassili Airlines (TAL)» disposant de la majorité des actions. Ce serait cet élément qui dérangerait les firmes éventuellement intéressées qui ne seraient pas désireuses ₺d’être dans l’ombre de Tassili₺. En fait, les dirigeants du ₺Club₺ ne seraient pas à la recherche de sponsors mais de nouveaux actionnaires, en alternative au groupe si dérangeant de Tassili qui aujourd’hui connait mieux ses pseudo-partenaires.

Il se dit dans ces mêmes milieux sanafiriens, prétendument bien informés, proches des dirigeants clubistes et du CA, que l’actionnaire majoritaire (le groupe TAL) serait tenté de revoir sa politique et motivé par l’idée d’un rassemblement de « la famille clubiste » dont on ne cache pas qu’elle est matérialisée par le fameux « groupe Boulhabib », constitué de l’ancien président du CSC et des dirigeants qui lui sont proches.