dimanche 8 novembre 2015

Formation de champions, A force de répétitions et conditions de fortune


E
n août 2013, à la veille des championnats  du monde d’athlétisme  de Moscou, dans une interview publiée sur  le site Le monde.fr, l’ancienne athlète puis entraîneur et enfin dirigeante (vice-présidente de la fédération ukrainienne), la spécialiste soviétique du 400 mètres, Olga Bryzgina, triple championne olympique et double championne du monde sur 400 m et 4x400 m entre 1987 et 1991, évoque ses souvenirs  et sa pratique de ce sport dans son Ukraine natale.
La quinquagénaire qu’elle est voue encore, à celui qui fut son entraîneur, un très grand respect que les athlètes algériens ayant un certain niveau de notoriété oublient quelque fois bien qu’il soit possible de le discerner dans ce « cheikh…… »   qui traverse leurs propos. Plus de vingt ans après son dernier titre, celui-ci est encore, dans une situation de communication officielle comme peut l’être une interview, « Monsieur Fedorets » dont elle dit qu’il «  était un excellent coach ».
Elle se souvient également que son entraîneur était un adepte de l’individualisation de l’entraînement qui « concoctait un programme complexe d’exercices adapté à chacun de nous. Il était très pointilleux et on répétait les mouvements jusqu’à ce que l’exécution des gestes soit idéale, notamment les bras, en ce qui me concerne ».
Guy Roux, l’emblématique entraîneur de l’AJ Auxerre, présent à la cérémonie de remise du Soulier d’or algérien qui s’est déroulée il y a quelques jours dans un des grands hôtels d’Alger, s’est penché un bref moment sur la formation en football en racontant une anecdote qui indique que les deux grandes nations sportives des deux grands géopolitiques, que furent et sont la Russie et les Etats Unis, privilégient la répétition inlassable des exercices. Il dit à ce sujet que Tony Parker, une des stars françaises actuelles du basket américain (NBA) lui aurait confié que « chaque matin que Dieu fait, même à Noel, il exécute 300 shoots à trois points » avant de poursuive que « c’est ce qui explique pourquoi il est toujours adroit ».  Une façon aussi très subtile de dire que le talent des grands sportifs est le fruit d’une quantité importante de travail qui par certains aspects confineraient à une sorte de conditionnement ou, pour reprendre une expression très actuelle, un formatage qui mènerait à la perfection technique que l’on accorde à pérorer que c’est la première qualité sportive.
On ne peut pas dire que la déclaration rouxienne soit innovante. En fait, elle très éculée puisque Guy Roux n’a fait que répéter un discours connu de tout un chacun (lecteurs, auditeurs et téléspectateurs) qui aujourd’hui savent que les Zidane, Messi, Ronaldo et Cristiano Ronaldo et tant d’autres légendes sportives furent avant tout des bourreaux de travail.
L’ancien entraîneur d’Auxerre, très peu l’ont perçu, avait en cette rencontre à l’hôtel Aurassi revêtu l’uniforme de l’éducateur, celui du pédagogue qui sait s’adapter à toutes les conditions. Un survêtement que nos techniciens et conseillers du sport ont jeté aux orties avec les principes et valeurs qui l’accompagnent en tous temps et tous lieux.
Cet esprit l’animant encore, alors qu’il a vécu plus des trois quart d’un siècle, lui fait voir la formation du jeune footballeur avec des riens disponibles à qui sait chercher et trouver. Loin du « luxe », des terrains et autres accessoires à profusion qui émaillent les réclamations et récriminations de nos techniciens et dirigeants habitués, malgré les difficultés de tous ordres, à un consumérisme né de la fonctionnarisation de leurs fonctions et des avantages qui s’y rattachent. Nous y rattacherons aussi le corporatisme qui en fut le déclic au crépuscule de la « Réforme sportive de 1976», lorsque les diplômés des instituts de formation des techniciens (et surtout) des cadres du sport mirent au rencart les éducateurs, les moniteurs et autres enseignants d’EPS qui leur livraient des sportifs à perfectionner et à spécialiser mais le plus souvent prêts à monter sur les podiums.

L’affaiblissement du sport scolaire qui a résulté de cette démarche suicidaire donne les résultats que nous connaissons. L’Algérie n’a plus de champions dignes de ce nom. On oublie (ou on ne sait pas) que les cadettes de la JS Ouzellaguen, rivalisant avec les seniors de l’élite nationale de hand-ball féminin, comme tant d’autres sportifs et sportives,  s’entraînaient dans des conditions de fortune, sur un parking souvent, à la tombée de la nuit, à la lumière des réverbères éclairant la route menant à Ifri, haut lieu de la Révolution.         

samedi 7 novembre 2015

Formation de champions, A force de répétitions et conditions de fortune


E
n août 2013, à la veille des championnats  du monde d’athlétisme  de Moscou, dans une interview publiée sur  le site Le monde.fr, l’ancienne athlète puis entraîneur et enfin dirigeante (vice-présidente de la fédération ukrainienne), la spécialiste soviétique du 400 mètres, Olga Bryzgina, triple championne olympique et double championne du monde sur 400 m et 4x400 m entre 1987 et 1991, évoque ses souvenirs  et sa pratique de ce sport dans son Ukraine natale.
La quinquagénaire qu’elle est voue encore, à celui qui fut son entraîneur, un très grand respect que les athlètes algériens ayant un certain niveau de notoriété oublient quelque fois bien qu’il soit possible de le discerner dans ce « cheikh…… »   qui traverse leurs propos. Plus de vingt ans après son dernier titre, celui-ci est encore, dans une situation de communication officielle comme peut l’être une interview, « Monsieur Fedorets » dont elle dit qu’il «  était un excellent coach ».
Elle se souvient également que son entraîneur était un adepte de l’individualisation de l’entraînement qui « concoctait un programme complexe d’exercices adapté à chacun de nous. Il était très pointilleux et on répétait les mouvements jusqu’à ce que l’exécution des gestes soit idéale, notamment les bras, en ce qui me concerne ».
Guy Roux, l’emblématique entraîneur de l’AJ Auxerre, présent à la cérémonie de remise du Soulier d’or algérien qui s’est déroulée il y a quelques jours dans un des grands hôtels d’Alger, s’est penché un bref moment sur la formation en football en racontant une anecdote qui indique que les deux grandes nations sportives des deux grands géopolitiques, que furent et sont la Russie et les Etats Unis, privilégient la répétition inlassable des exercices. Il dit à ce sujet que Tony Parker, une des stars françaises actuelles du basket américain (NBA) lui aurait confié que « chaque matin que Dieu fait, même à Noel, il exécute 300 shoots à trois points » avant de poursuive que « c’est ce qui explique pourquoi il est toujours adroit ».  Une façon aussi très subtile de dire que le talent des grands sportifs est le fruit d’une quantité importante de travail qui par certains aspects confineraient à une sorte de conditionnement ou, pour reprendre une expression très actuelle, un formatage qui mènerait à la perfection technique que l’on accorde à pérorer que c’est la première qualité sportive.
On ne peut pas dire que la déclaration rouxienne soit innovante. En fait, elle très éculée puisque Guy Roux n’a fait que répéter un discours connu de tout un chacun (lecteurs, auditeurs et téléspectateurs) qui aujourd’hui savent que les Zidane, Messi, Ronaldo et Cristiano Ronaldo et tant d’autres légendes sportives furent avant tout des bourreaux de travail.
L’ancien entraîneur d’Auxerre, très peu l’ont perçu, avait en cette rencontre à l’hôtel Aurassi revêtu l’uniforme de l’éducateur, celui du pédagogue qui sait s’adapter à toutes les conditions. Un survêtement que nos techniciens et conseillers du sport ont jeté aux orties avec les principes et valeurs qui l’accompagnent en tous temps et tous lieux.
Cet esprit l’animant encore, alors qu’il a vécu plus des trois quart d’un siècle, lui fait voir la formation du jeune footballeur avec des riens disponibles à qui sait chercher et trouver. Loin du « luxe », des terrains et autres accessoires à profusion qui émaillent les réclamations et récriminations de nos techniciens et dirigeants habitués, malgré les difficultés de tous ordres, à un consumérisme né de la fonctionnarisation de leurs fonctions et des avantages qui s’y rattachent. Nous y rattacherons aussi le corporatisme qui en fut le déclic au crépuscule de la « Réforme sportive de 1976», lorsque les diplômés des instituts de formation des techniciens (et surtout) des cadres du sport mirent au rencart les éducateurs, les moniteurs et autres enseignants d’EPS qui leur livraient des sportifs à perfectionner et à spécialiser mais le plus souvent prêts à monter sur les podiums.

L’affaiblissement du sport scolaire qui a résulté de cette démarche suicidaire donne les résultats que nous connaissons. L’Algérie n’a plus de champions dignes de ce nom. On oublie (ou on ne sait pas) que les cadettes de la JS Ouzellaguen, rivalisant avec les seniors de l’élite nationale de hand-ball féminin, comme tant d’autres sportifs et sportives,  s’entraînaient dans des conditions de fortune, sur un parking souvent, à la tombée de la nuit, à la lumière des réverbères éclairant la route menant à Ifri, haut lieu de la Révolution.         

vendredi 6 novembre 2015

Corruption à l’IAAF, Inspiré du modèle mafieux de "la famiglia"


L
es hautes sphères du mouvement sportif international, c'est-à-dire les dirigeants du niveau le plus élevé qui soit dans les fédérations internationales les plus importantes, la FIFA et l’IAAF sont en prises avec la justice. On ne compte plus ceux qui sont inculpés, mis en examen par des tribunaux et ceux qui sont suspendus ou mis à l’écart par les comités d’éthique engagés dans une action prétendument salvatrice.
Après Blatter, Platini, Bin Hamman, Waner, Texeira et consorts, tous très hauts dirigeants (président et vice-présidents) de la fédération international la plus riche (FIFA), c’est l’instance faîtière (IAAF) de la première discipline olympique (l’athlétisme) qui est confrontée aux juges d’instruction, procureurs et autres enquêteurs de la justice civile après que des investigations internes aient eu lieu.
Dans les deux cas, les dirigeants impliqués le sont sous les accusations de corruption et de blanchiment d’argent. Les uns (dirigeants de la FIFA) pour avoir perçu des pots-de-vin au cours du processus d’attribution de Coupes du monde de football et les autres (ceux de l’IAAF), selon les informations distillées, pour fermer les yeux sur des cas de dopage avérés, le fléau de ces épreuves athlétiques qui de plus en plus suscitent suspicion.
Dans l’ « affaire Lamine Diack », du nom de l’ancien président de la fédération internationale d’athlétisme dont le mandat est arrivé à expiration à la fin du mois d’août dernier, à la veille des derniers championnats du monde de la discipline, les prémisses seraient apparus dès 2011 et se seraient médiatiquement emballés à la fin de l’année 2014 avec la participation d’une chaîne de télévision publique allemande (ARD) et le titre de référence de la presse sportive quotidienne française (L’Equipe) puis au début de l’été, à l’approche des championnats du monde de Pékin, la presse britannique dont le Guardian et le Sunday Telegraph.
Il y a près d’un an, L’Equipe révélait qu’une enquête interne avait été ouverte par l’IAAF. Celle-ci aurait été motivée par des accusations portées contre la fédération russe d’athlétisme (ARAF) par un agent sportif américain d’origine russe, Andreï Baranov. Ce manager avait  déposé plainte auprès de la commission d’éthique de l’IAAF pour dénoncer le fait que l’ARAF aurait réclamé de l’argent à l’une de ses athlètes (la marathonienne Liliya Shobukhova) pour masquer les données anormales de son passeport biologique. Le même jour  (3 décembre 2014), un documentaire sur la chaîne allemande ARD mentionnait aussi cette affaire.
L’ARAF aurait extorqué à la marathonienne la somme de 659  000 euros dont 200 000 auraient été rétrocédés à la « Famille Diack », composée, selon l’enquête de l’AMA et d’autres journaux, de Lamine Diack, ses fils Papa Masetta et Lamine, Valentin Balakhnichev (président de l’ARAF), l’entraineur russe Melnikov, Gabriel Dollé (chef du département antidopage) et Habib Cissé (conseiller juridique de l’IAAF) pour pouvoir participer aux Jeux de Londres, en 2012, malgré des paramètres sanguins anormaux sur son passeport biologique.
Le rapport de cette commission indépendante  formée de 3 personnes (un avocat, ancien président de l’AMA, le chef du département de cybercriminalité de la police de Bavière et un membre du tribunal arbitral du sport auraient entendu une quinzaine de témoins (athlètes extorqués, lanceurs d’alerte au sein de l’IAAF et experts de l’antidopage) et auraient conclu que la Fédération russe d’athlétisme a fait chanter plusieurs sportifs, sous promesse de couvrir auprès de l’IAAF leur suspicion de dopage, que les plus hauts dirigeants de la Fédération internationale d’athlétisme étaient complices, qu’une athlète turque (Asli Alptekin, championne olympique du 1 500 mètres à Londres) a été victime du réseau de corruption,  et que l’ex-président de Lamine Diack, a été alerté à plusieurs reprises sans réagir.
Finalement suspendue deux ans (en avril 2014) à cause de données anormales sur son passeport biologique, Liliya Shobukhova aurait ensuite demandé (à l’instigation de l’AMA ?) et obtenu en partie le remboursement de son argent (qui aurait transité par la Russie, Singapour, Dakar et Monaco, soit un mécanisme de transfert de fonds occultes digne des opérations de blanchiment d’argent) par le biais d’une société à Singapour dont le propriétaire serait un collaborateur de Papa Massata Diack (consultant en marketing de l’IAAF) soupçonné par ailleurs d’être impliqué dans la revente au marché noir des billets de la Coupe du monde de 2014 (Brésil). Quelques jours après avoir quitté l’IAAF Papa Massetta Diack avait été accusé par le Guardian d’avoir sollicité 5 millions  de dollars au Qatar, candidat à l’attribution des championnats du monde d’athlétisme en 2017.


mercredi 4 novembre 2015

Perception d’une E.N., A méditer pour progresser


D
Idier Deschamps a dit, dans l’interview publié par Europort.com, des choses si intéressantes et si éloignées de ce que nous avons l’habitude d’entendre ou de lire, que nous éprouvons un plaisir presque jouissif à les reproduire ici. Pour que les supporters des « Verts », certains confrères, des entraîneurs et anciens joueurs à la notoriété footballistique bien établie convertis, en attendant un mieux représenté par un retour sur le banc mis sur la ligne de touche, et l’ensemble des dirigeants des clubs des Ligues 1 et 2, en mode patinage sur place, prennent de la graine et arrêtent de disserter minablement sur cette équipe nationale enviée par des experts qui savent de quoi ils parlent et qui en parlent en bien.
En lisant et en relisant cette interview, on remarque que cette équipe de France qui ne dispute que des matchs amicaux et confrontée aux mêmes situations polémiques que l’équipe des « Fennecs ». Une différence notable uniquement, des situations quasiment opposées entre certains joueurs français qui jouent quasiment 3 rencontres par semaine et des joueurs algériens qui n’en jouent qu’un toutes les trois semaines, au mieux. Une opposition notable puisque les Français doivent récupérer tandis que les Algériens doivent s’affuter. 
De la nouvelle étoile du football français (Paul Pogba) que se dispute tous les grands clubs d’Europe et fait la « une » des journaux, il constate que « tout ce qui se passe autour de lui ne l’incite pas à la sérénité ». Un commentaire des plus sensé que l’on pourrait faire pour les Bensebaïni, Benrahma , Bentaleb et autres Mahrez que l’on ne laisse pas atteindre leur maturité et qui risquent de « griller » sous les feux de la rampe comme l’ont été un Samir Sayoud ou un  Belaïli définitivement détruit par la notoriété précoce et pour le second un trop grand surcroit monétaire.
Au sujet de la permanence de certains joueurs dans la liste des sélectionnés, formant un groupe, un « noyau dur » de 18 joueurs, il a cette réplique, frisant presque l’insolence, de celui qui maîtrise son sujet (« plus ils reviennent, mieux c’est pour eux ») qu’il fait suivre d’un propos qui montre qu’il est imperméable aux commentaires pernicieux : « il y aura des commentaires sur mes choix mais cela ne m’empêchera pas de dormir  et je ne changerai pas ma manière de faire » qui font comprendre qu’il est soumis aux mêmes tentatives de déstabilisation que Saâdane, Halilhodzic ou Gourcuff maintenant, après tants d’autres de leurs prédécesseurs qui n’ont pu mener leurs projets sportifs jusqu’à leurs termes.
L’équipe de France recèle des joueurs qui expriment leur frustration de ne pas figurer dans la liste  des sélectionnés. Alors que chez nous, on prend ombrage de ces déclarations (tandis que d’autres les suscitent), Didier Deschamps les accueille avec une sérénité remarquable. Ne dit-il pas « je pars du principe que les joueurs sont libres. Je ne les empêche pas de parler ». Ajoutant, sans en donner le sentiment que ces déclarations ne le touchent guère en soutenant qu’ « ils peuvent faire des campagnes médiatiques comme il y a eu avant la Coupe du monde ».

Des joueurs à caractère et de ceux avec qui il a eu des relations plutôt compliquées et conflictuelles, il a cette affirmation que bien d’entraineurs (et de dirigeants) devraient comprendre, assimiler et intégrer dans le système relationnel : « si quelqu’un peut apporter quelque chose à l’équipe de France, peu importe qu’il ait eu un problème avec moi ». Il disait cela à propos de Hatem Benarfa dont le profil et les incartades discursives correspondent  à ceux de beaucoup de joueurs algériens écartés  de l’EN ou de leurs équipes. 

lundi 2 novembre 2015

Didier Deschamps, L’éloge de la continuité et du travail mille fois répété


A
près Guy Roux, l’emblématique et inamovible entraîneur de l’AJ Auxerre, qui était dernièrement à Alger où il a dit de bien et belles choses sur le football et les joueurs algériens qu’il a côtoyé au cours de sa longue carrière, c’est sur les déclarations d’un autre compatriote de Christian Gourcuff que nous arrêtons aujourd’hui.
Didier Deschamps, actuellement sélectionneur de l’équipe de France de football après avoir été l’entraîneur de cet Olympique de Marseille qui nous est proche et frère d’armes de ce Zinedine Zidane vénéré par les deux rives de la Méditerranée, a expliqué sa philosophie. L’ancien capitaine de l’équipe de France n’a pas évoqué l’Algérie ni l’équipe des Fennecs. Aucun mot qui porte sur ce qui intéresse le plus. Rien ! Il ne parle que l’équipe de France qu’il coache et s’apprête à relever un important challenge, l’Euro 2016 organisé sur les terrains de football de France et de Navarre. Ça en vaut le détour. 
Dans cette interview accordée à Eurosport.com , le sélectionneur français est à son aise. Ni bousculé, ni maltraité, ni braqué. Pourtant, il est poussé dans ses derniers retranchements avec respect et civilité. Des conditions idéales pour dire ce qu’il a à dire dans un contexte où les supporters attendent énormément de l’équipe de France après une Coupe du Monde considérée comme un fiasco. Un peu comme les supporters des Fennecs espèrent beaucoup des « Verts ». Tout un programme avant ces dates FIFA qui verront les deux sélections nationales jouer deux matchs amicaux.
Alors que l’équipe nationale algérienne se prépare en vue des rencontres qualificatives qui l’opposeront à la Tanzanie, l’équipe de France s’apprête à rencontrer l’Allemagne et l’Angleterre en vue de l’Euro 2016 qu’elle disputera sans être confrontée au couperet des qualifications qui ont fait des dégâts parmi les grands nations du football européen. Nation organisatrice, la France  est dispensée de ces matchs à enjeux qui transcendent les joueurs et les supporters.
Alors qu’on essaye de lui faire dire que ces deux matchs de ce début du mois de novembre sont importantes, Didier Deschamps observe que ces deux rencontres sont des matchs de préparation contre deux équipes différentes faisant partie des meilleures équipes européennes mais que c’est matchs n’ont pas de conséquence. Il dit à ce propos qu’ « il n’y a pas de deadline » et qu’ « il (l’équipe de France) faudra être prêt le 10 juin », (c'est-à-dire pour la date de la cérémonie d’ouverture).
Il note aussi que, pendant cette période, l’EdF « passera par des moments difficiles » et que cette phase est nécessaire pour « continuer notre progression collective et individuelle ».
Interrogé sur la progression de son équipe depuis la Coupe du Monde 2014 marqué par des défaites contre l’Allemagne et la Belgique (un souvenir douloureux pour les Français), Deschamps explique que l’équipe est censée être meilleure, qu’elle a acquis de l’expérience et que « l’objectif est d’être performant pour l’Euro ». Il conclue sa réponse en disant que « c’est là qu’on verra si on a progressé ».
Le meilleur est à venir. A une de ces questions, que nous qualifierons d’insipide et de loufoque, reflétant cependant la croyance fortement ancrée dans les esprits qui fait du football (et du sport) un instant magique, D. Deschamps a une de ces réparties qui ne peuvent avoir pour auteurs que ceux qui connaissent la valeur du travail bien fait et de l’effort inconnues des aras, beaux parleurs et siffleurs sans aucune consistance. Il prend pour exemple cette équipe allemande, vainqueur de la Coupe du monde 2014 au sujet de laquelle il dit : « L’Allemagne n’a pas eu besoin de baguette magique pour devenir championne du monde. Cette équipe, c’est huit ans de vie commune. Elle est passée par des demi-finales, une finale, pour enfin arriver à ses fins ».

En cerise sur le gâteau, il ne peut s’empêcher d’affirmer que pour atteindre ce niveau- là, ce statut de champion du monde, « ça demande du travail et, parfois, ça ne suffit pas ». 

Le regard des autres, Guy Roux raconte le football algérien


G
uy Roux, l’emblématique et inamovible entraîneur de l’AJ Auxerre, était dernièrement à Alger où, il y a bien des années, il était venu avec son équipe disputé des matchs amicaux. Nous n’étions pas à la conférence de presse qu’il a animée à l’hôtel Aurassi dans le cadre d’une cérémonie protocolaire. Mais qu’importe, sous les rameaux de notre olivier, nous pouvons lire les propos de nos confrères. Des déclarations d’une haute teneur qui malheureusement n’imprègnent pas les esprits, survolant à très haute altitude, ceux à qui ils sont adressés et qui devraient s’en inspirer.
L’entraîneur retraité des bancs de touche ayant rejoint un siège de consultant dans les tribunes de presse avoue son admiration pour le football algérien d’hier et d’avant-hier qui lui avait donné un ami dont il s’honore, un ancien président de fédération, le docteur Maouche et des joueurs talentueux (Moussa Saïb et Abdelhafid Tasfaout) qui se sont fait un nom sous les couleurs auxerroise et ont hissé le club parmi l’élite du football français dont il dit (et donc a retenu) que « c’étaient deux grands joueurs et aussi très éduqués ». Avec ces deux qualificatifs, Guy Roux dont la réputation n’est plus à faire, les a hissés sur un piédestal dont ils seront éternellement indéboulonnables. Surtout que rapportent nos confrères, il aurait également indiqué « j’ai rarement vu des joueurs aussi gentils et sérieux au travail ». Poursuivant avoir été « vraiment impressionné par leur sérieux et leur savoir-faire footballistique », il retient également que ce furent des « hommes avec des valeurs humaines » bien que les deux fussent dissemblables puisque l’un « venait d’un petit village » et l’autre « natif d’Oran ». 
Faisant un saut dans le temps, le prolixe entraîneur technicien du Centre de la France, évoque aussi deux joueurs qui firent les beaux jours de l’AJ Auxerre (Hassan Yebda et Rafik Djebbour) et firent le bonheur de l’Equipe Nationale. Bien que Guy Roux ne l’ait pas explicitement dit, nous remarquerons que ce sont deux moments forts de l’histoire du football national qui sont rappelés. Un premier où les talents formés localement  étaient exportés et un second, plus actuel, où au contraire ces mêmes talents formés par les centres de formation français sont appelés en équipe nationale.
Guy Roux n’est pas entré dans ces considérations. Dans son esprit, nous semble-t-il, il s’agit d’un seul et unique football algérien qui, selon ses dires, est « très technique » et dont il affirme que, en un suprême éloge qui devrait rendre radieux les supporters des Fennecs,  il a « toujours comparé les Algériens aux Brésiliens » en ajoutant, dans une sublime et incroyable référence et révérence, « notamment dans la finesse des gestes techniques ». De quoi fermer le clapet de certains.
Comme de bien entendu, Guy Roux a été invité à parler de son compatriote Christian Gourcuff, présentement sélectionneur des Verts après avoir longuement tenu les rênes techniques du FC Lorient et dont on nous dit que c’est un éducateur-formateur. Après avoir déclaré que c’est quelqu’un qu’il apprécie et estime beaucoup, il aura une très belle formule, bien que sibylline, (il faut se remettre dans le contexte algérien qui fait que beaucoup pousse à un renvoi du sélectionneur) qui cependant prend en compte un grand nombre des aspects qui caractérisent le football algérien : « si vous voulez avoir une équipe joueuse qui pratique un beau football, c’est vraiment l’homme le plus indiqué ».
Christian Gourcuff n’est pas que cela. Guy Roux le décrit comme un entraîneur en qui on peut faire « confiance en matière de formation et de savoir-faire dans le domaine du football ». Un compliment de la part d’un technicien connu pour avoir fait de l’AJ Auxerre une équipe qui compte dans le championnat français avec des moyens dérisoires et des joueurs inconnus devenus, après leurs passages dans ce club, de véritables stars du football international.
Guy Roux va encore plus loin que ce qu’on lui demandait. A moins bien sur que cela soit ce qu’attendaient des confrères désemparés, ballotés entres leurs rêves et la dure réalité. Guy assène une certitude, celle des hommes sûrs d’eux et des connaissances acquises : « les Algériens sont des joueurs habiles et avec cette qualité-là, Gourcuff va certainement réussir parce qu’il a les joueurs qui répondent à sa méthode de jeu ».
Roux connait le contexte dans lequel évolue son compatriote. Il sait et le dit ouvertement que « les Algériens tout comme les gens du Midi sont impatients ».    

   

dimanche 1 novembre 2015

La crise des doyens, L’argent ne fait pas le bonheur !

P
ar un de ces hasards (pas toujours heureux) des calendriers sportifs, on perçoit que les deux protagonistes pour la détention du titre emblématique et si symbolique de doyen des clubs algériens de football que se disputent, avec force âpreté, les Chenaoua du Mouloudia d’Alger et les Sanafirs du Chabab de Constantine, vivent une période d’instabilité qui prend ses racines dans un passé lointain qui ne fut guère serein.
Disposant de tous les atouts (en particulier de ce nerf de la guerre, objet d’une quête sans fin de leurs rivaux du championnat de Ligue 1 qui leur envient le soutien que sont censées leur apporter la compagnie nationale pétrolière Sonatrach  et sa filiale, le Groupe Tassili), ces deux clubs de football de l’élite qui n’ont pas voulu se mettre au diapason des réalités économiques, managériales et organisationnelles qu’implique le professionnalisme naissant végètent, tout en étant dans le haut du tableau de classement (et même le podium pour le Mouloudia). L’un (le Mouloudia) se faisant remonter trois buts dans le dernier quart d’heure dans une confrontation avec la lanterne rouge (RCA) et l’autre (le CSC) se voyant infligé une déroute (4-0) par un mal classé (ASMO).
Il semblerait que ces clubs, leurs dirigeants, leurs supporters, leurs joueurs et leurs entraîneurs apprécient (on se demande bien pourquoi) évoluer dans une ambiance délétère qui provoque constamment ces remous qui empoisonnent leurs quotidiens.     
Il apparaît de plus en plus que l’environnement de ces deux clubs ne peut se passer de ces dissensions qu’exploitent avec une habileté d’une rare pugnacité et efficacité les correspondants de presse dévoués aux manigances des lobbies, aussi nombreux que pervers, qui divisent la pseudo-homogénéité de ces associations sportives dont les centres d’intérêts particuliers sont incontestablement divergents.
Le quotidien mouvementé de ces équipes qui, comme celui de leurs homologues ne peut être celui de l’écoulement un long fleuve tranquille, est l’objet d’une exaspération passionnelle qui fait feu de tous bois, s’adapte aux situations en constante évolution pour en freiner le développement. C’est dans ce contexte qu’il faut certainement inscrire la polémique intra-mouloudéenne suscitée, par la presse sportive,  entre les deux gardiens de but (Faouzi Chaouchi et Jonathan Matijas) dont la nouvelle recrue (Matijas) n’était même pas consciente avant d’en être informée par ces coéquipiers et évidemment les bonnes âmes₺, suscitant en outre une intervention de bons offices de l’entraîneur nouvellement venu qui aurait certainement préféré se pencher sur des questions techniques et tactiques plus importantes qu’un différent relationnel factice, tout en se laissant trop rapidement compromettre (malgré son expérience) dans un autre conflit interne antérieur à son arrivée. Le tout sur un fond de mauvaise passe sportive et d’absence de victoires. Pour couronner le tout, les dirigeants sportifs dont le statut les place au niveau de la hiérarchie  la plus élevée occupent une grande part de l’espace médiatique dévolue à ce club au lieu de vaquer, à l’abri des regards indiscrets, à des affaires plus sérieuses.
Du côté du Rhummel, c’est quasiment la même ambiance, que nous serions tenter de qualifier d’apocalyptique si une telle épithète n’était pas inadéquate et susceptible d’aggraver la situation déjà explosive, qui prévaut. Un entraîneur prend la poudre d’escampette en constatant que le terrain est miné et finalement s’en tire à bon compte dans un monde où les entourloupes les plus inimaginables pour un esprit rationnel sont nombreuses. Des dirigeants incapables de tenir les promesses faites de régler dans les meilleurs délais les arriérés de salaire des joueurs, mis au pied du mur pour trouver les fonds nécessaires pour ce faire et que l’actionnaire majoritaire répugne à mettre à leur disposition parce que trahi par ceux en qui il avait accordé sa confiance. Un président du CA désavoué par ses pairs qui, à son insu, prennent attache avec le postulant au poste de coach pour le dissuader de contracter une relation professionnelle avec le club en bonne voie de concrétisation. Des joueurs qui menacent de boycotter une rencontre de championnat pour faire aboutir leurs revendications salariales avant de revenir sur leur décision.

Pendant ce temps-là, le cendrillon du championnat, le DRB Tadjenanet s’est installé aux avant-postes.