mercredi 6 janvier 2016

Au sujet des « no shows », Une invitation massivement critiquée

L
a fin de l’année 2015 a été marquée dans les milieux de l’athlétisme par deux importants scandales de dopage. Le premier est bien évidemment celui qui a éclaboussé l’ensemble de la structure russe à partir des athlètes en passant par les entraîneurs, certains dirigeants de la fédération, ceux de l’agence russe de lutte contre le dopage, leurs collaborateurs et même cet Etat russe qui dérange les stratégies géopoliticiennes et même ces services secrets, accommodés à toutes les sauces, qui auraient coordonné les opérations. Nous savons, selon la propagande agissante occidentale en permanence,  que la Russie (et les pays qui en furent satellites pendant la période soviétique ainsi que les pays qui se sont tenus et/ou se tiennent dans son sillage) sont sous l’emprise des services secrets. En Europe, le concept de « théorie du complot » met en avant l’action d’officines qui seraient des groupuscules de barbouzes encore plus secrets que les services secrets officiels. A ces actes de tricherie sportive s’ajoutent l’extorsion de fonds, la corruption et le financement de campagnes présidentielles.
Le deuxième de ces scandales retentissants liés au dopage est celui qui rythme la progression internationale de l’athlétisme kenyan devenu le plus important collecteur de médailles lors des championnats du monde qui se sont déroulés en Chine l’été dernier. Manque de chance, les contrôleurs n’ont pas pu inquiéter les ténors des courses de demi-fond et de fond et n’ont pu épingler que des seconds couteaux (même si quelques champions ont été suspendus). Il n’empêche que ces coureurs-là qui défraient régulièrement la chronique sportive par des chronos époustouflants, hors normes sont la cible permanente de l’AMA et de l’IAAF.    
Le monde de la course à pied a été secoué également par un autre scandale que l’on a eu tendance en Europe à occulter, à ne pas lui donner l’importance qu’il mériterait. Sans doute parce qu’il s’agit de 28 athlètes européens (Italiens) dont la réputation (dans diverses disciplines sportives) de dopés et de maîtres d’œuvre de systèmes organisés de dopage n’est plus à faire et que l’on retrouve au cœur du scandale kényan. Il ne s’agit pas de cas de dopage francs, constatés par des résultats positifs d’analyse sanguine et/ou urinaires mais de situations suspicieuses suscitées par des absences à des contrôles ou à des défauts de localisation synonymes d’infractions  à la réglementation assimilées à des cas de dopage, sanctionnées au même titre que les cas avérés.
Un athlète français, le triple sauteur Teddy Tamgho a lui aussi été suspendu pour  trois absences (en 15 mois) au passage du contrôleur. Il a bénéficié d’une certaine mansuétude de la fédération française qui, en plus de l’avoir soutenu devant les instances internationales,  l’a invité à assister officiellement aux championnats de France de cross (2015). Un geste, à destination du meilleur triple sauteur mondial de ces dernières années, vivement critiqué par la presse et les autorités sportives tandis que des athlètes algériens suspendus en 2012 ont profité, sous le boisseau, du soutien des autorités fédérales algériennes. Encore et toujours la culture du secret.
Mis sur la sellette à ce sujet, le président de la FFA  a usé d’artifices pour justifier cette invitation en faisant valoir que les situations de « no shows » sont la conséquence de contraintes qui pèsent sur les athlètes devant faire preuve d’un sens de la programmation élevé : « Il faut que constamment, ces individus disent où ils sont, et qu’ils veillent pendant des mois à être présents là où ils se sont engagés à être».  Le président de la FAA revendique caricaturalement une sorte de bracelet électronique prenant la forme d’applications sur le téléphone de l’athlète qui l’alerterait de la présence du contrôleur.  Pourtant, le système de localisation Adams permet les ajustements de localisation et permet de prendre en charge les changements imprévus et imprévisibles de position géographique.
L’affaire italienne de 28 « no shows » ne le choque guère. Cela ne l’empêche pas d’inciter à ne pas faire « d’amalgame entre l’affaire de l’Italie et les Russes » en distinguant les « no shows » des cas validés de dopage. Pour l’Italie, ce serait « un problème de toilettage des listes», et surtout une expression « du laxisme de l’agence anti-dopage qui n’a pas fait son travail en temps et en heure » qui a conduit à une remise en ordre.



mardi 5 janvier 2016

Trêve des confiseurs, Du rêve aux cauchemars


L
e mois de décembre est le mois des jérémiades. Chez  les dirigeants des clubs algériens s’entend. Eux qui - pendant que les citoyens du monde festoient durant cette période que les chroniqueurs, sous d’autres cieux, appellent la » trêve des confiseurs », en référence à cette courte période (une semaine) où les restaurateurs, confiseurs et pâtissiers font leurs chiffres d’affaires - sont occupés à faire leur marché de joueurs,  à renouveler une partie importante  de leurs effectifs par des recrutements limités par la réglementation footballistique.  Comme pour prouver une nouvelle fois  leurs incompétences managériales et exposer aux yeux des supporters et des observateurs l’ineptie des choix estivaux qui ont vu quelquefois, un changement de plus de la moitié des joueurs dont ils (les dirigeants-recruteurs) avaient, au moment de leurs acquisitions, claironné pourtant qu’ils ont du talent et renforceront l’équipe aux ambitions consciencieusement étudiées. Ils affirment aussi, n’ayant pas idée de l’incongruité de leurs propos, que ce ne sont pas les meilleurs qui sont disponibles et que ne sont à leurs dispositions que les moins compétitifs, les laisser pour compte, les blessés, des joueurs à la recherche d’un temps de jeu.
Les derniers jours et les dernières semaines de décembre sont aussi la période de préparation des comptes financiers, de ce fameux bilan, que l’on remettra à qui de droit en dehors des délais légaux requis, qui selon toute vraisemblance sera conclu avec un résultat à nouveau déficitaire, c'est-à-dire avec des dépenses supérieures aux recettes. Ce résultat est connu bien à l’avance, avant même que l’exercice comptable ne débute. D'ailleurs, c’est pour cette raison que les instances sportives nationales (FAF et LFP) insistent tant pour que le capital social des SSPA soit augmenté et ouvert à d’autres investisseurs qui, comme des amoureux transis, savent que la mariée n’est pas aussi belle qu’il n’y parait et que loin d’être une affaire qui rapporte, le football professionnel n’est que désillusion et un tonneau percé qui se vide chaque fois qu’il est rempli.
Qu’importe semblent-t-ils dire. Les dépenses inconsidérées qu’occasionne le football seront récupérées ailleurs, dans les véritables affaires commerciales, celles qui bénéficient de l’exposition médiatique qu’offre le football. C'est l’explication qu’il faut certainement trouver pour justifier les salaires mirobolants proposés à des internationaux à bout de souffle, de retour de blessures ou à d’anciens joueurs de l’EN (brillants en leurs temps) se préparant à clore définitivement  leurs carrières footballistiques sur les terrains algériens quand ceux d’Europe, des pays du Golfe  ou de Tunisie sont réticents à les conserver ou à les accueillir. Loin de nous de faire injure à tous ces joueurs qui ont donné tant de bonheur et fait rêver les supporters des Fennecs et leur dénier tout talent ou faire d’eux ce qu’ils ne sont pas, mais le comportement boulimique des dirigeants des clubs algériens font des SSPA le dépotoir du football alors que les grands clubs qui font l’actualité footballistique mondiale sont construits autour de jeunes joueurs issus de leurs centre de formation, de leurs viviers, de la Masia et de la Castilla pour ne citer que le Barça et le Réal.

La FAF, selon une habitude profondément ancrée dans les traditions locales faites de multiples exceptions à la règle établie, invite les clubs à revoir leur capital social, un succédané à un mal bien connu (l’incompétence notoire) au lieu de mettre réellement en œuvre sa structure (prétendument) chargée du contrôle de gestion et d’appliquer ce fair play financier qui en Europe fait trembler les gestionnaires des plus grands clubs, leur interdit de recruter, les rétrograde en division inférieure ou les empêche d’accéder au niveau supérieur………parce qu’ils n’ont pas les moyens de leurs politiques, de leurs ambitions, de leurs rêves. Chez nous, on préfère les cauchemars.  

lundi 4 janvier 2016

Athlétisme/ L’IAAF dans la tourmente? Les manigances près de la….. présidence



N
ous sommes revenus en 2013. A l’IAAF tous les regards sont braqués sur Moscou où se dérouleront très bien bientôt les championnats du monde d’athlétisme. Dans certains bureaux, à Monaco où se trouve le siège de la fédération internationale, les feux virent à l’orange et même au rouge. Les championnats risquent d’être assombris par une « grosse » affaire de dopage qui touche essentiellement les marcheurs du pays organisateur. Des marcheurs qui font la loi sur les pistes et routes où se disputent leurs épreuves. La domination russe est totale.
Si forte que des soupçons de dopage naissent et sont confirmés par les résultats des analyses sanguines et urinaires pratiqués sur les marcheuses et les marcheurs de cet immense pays qui forme un véritable continent, entre l’Europe et l’Asie. On ne le sait pas encore mais, c’est alors que nait une sorte de complot auquel auraient participé des responsables de l’IAAF, des consultants, des dirigeants de la fédération russe d’athlétisme. Il ne s’agirait alors que d’étouffer des résultats positifs constatés sur l’examen des passeports biologiques des athlètes. Des résultats qui ne seraient pas en adéquation avec les normes retenues et qui font que les athlètes concernés sont considérés comme positifs, dopés.
Les investigations menées par l’AMA (agence mondiale de lutte contre le dopage) à l’instigation de l’IAAF, avec l’aide d’Interpol, montreront plus tard qu’il s’était établie une collusion, une connivence, une sorte d’entente entre les fils du président de l’IAAF (le Sénégalais Lamine Diack), quelques responsables de l’IAAF, des dirigeants de l’ARAF (la fédération russe), des entraîneurs pour soutirer plusieurs centaines de milliers d’euros aux athlètes russes impliqués dans ces résultats anormaux. D’autres athlètes, de nationalité turque, sont aussi soumis à ce chantage (Payez pour disputer les championnats du monde de Moscou). Ce sont ces mêmes athlètes, devenus lanceurs d’alerte,  qui dévoileront le pot aux roses.
Un mois avant le début des championnats du monde (du 10 au 18 août) apparait un nouvel actant.  Nick Davis était alors le porte-parole de l’IAAF. Dans un Email (publié par Le Monde en fin décembre 2015 et qui aurait été versé au dossier judiciaire de l’enquête actuellement en cours sur la corruption à l’IAAF), adressé le 29 juillet 2013, à Papa Massetta Diack (fils de Lamine Diack et consultant en marketing auprès de l’IAAF, associé dans une société de communication basée à Singapour qui aurait servi d’intermédiaire dans cette extorsion de fonds), Nick Davis informe son interlocuteur de son intention de mettre en place « officieusement », une « campagne RP [relations presse] pour s’assurer que nous évitons des scandales médiatiques internationaux liés aux championnats de Moscou, notamment dans la presse britannique, d’où viennent les pires articles».  Pour atteindre cet objectif (élaborer une stratégie de communication afin que ces cas, gênants pour l’athlétisme mondial, aient le moins de répercussion médiatique possible), Nick Davies précise qu’il envisage « d’utiliser CSM » (Chime Sports Marketing), une agence spécialisée dans le marketing sportif, dont le directeur général est… Sébastian Coe qui, à cette époque (été 2013) était premier vice-président de l’IAAF.

Profiter de l’influence de Coe au Royaume Uni

Nick Davies évoque dans ce courriel, le rôle de son compatriote qui en fera, après son élection au poste de président de l’IAAF, son chef de cabinet : « Nous pouvons aussi profiter de l’influence politique de Seb au Royaume-Uni. C’est dans son intérêt personnel de s’assurer que les championnats du monde de Moscou soient un succès et que les gens ne pensent pas que les médias de son propre pays ne sont pas en train de chercher à les détruire. Nous pouvons travailler fort pour arrêter toute attaque planifiée par la presse britannique à l’égard de la Russie dans les semaines à venir».
Quelques jours plus tard après ce courriel  de Nick Davies (le 29 juillet 2013), selon Le Monde, Papa Massata Diack adressé un e-mail à son père,  dans lequel il aurait écrit que Valentin Balakhnichev (le président de la fédération russe  l’aurait  sollicité « pour intervenir en interne auprès du personnel de l’IAAF qui lui a été antagonique dans le processus de gestion de ce dossier depuis septembre 2012 et à cette fin, un travail de lobbying et d’explication a été fait […]». Ce que Nick Davis, contacté par Le Monde en fin décembre 2015, avait démenti « fermement cette allégation. Malheureusement, je crois que la tactique de ceux qui sont accusés est d’essayer de démontrer que d’autres personnes sont impliquées dans leurs plans. Je les ignorais complètement ».
A propos de son e-mail, Nick Davies a fait savoir dans un communiqué, dédouanant le président de l’IAAF que « e-mail adressé moins d’un mois avant le début des Championnats du Monde de Moscou au consultant marketing de l’IAAF d’alors, Papa Massata Diack, consistait en un échange d’idées au sujet de possibles stratégies liées aux relations presse en vue de sérieux challenges rencontrés autour de l’image de la compétition ».  Il précise qu’aucun plan n’a été mis en place suite à cet e-mail et il n’y a absolument aucune possibilité qu’une stratégie ou un plan média/relations publiques puisse interférer avec la procédure antidopage. Il indique également  qu’il n’a « pas abordé ces idées avec CSM et il n’y a jamais eu aucun d’accord entre l’IAAF et CSM pour mettre sur pied une campagne de relations publiques. CSM n’a jamais travaillé pour l’IAAF en quelque capacité que ce soit depuis que Sébastian Coe en est membre». Par un curieux effet du hasard, Jackie Brock-Doyle, présentée par Le Monde, comme communicante pour CSM et l’IAAF aurait répondu aux questions du journal en disant « Ce qui est très clair c’est que Sébastian ne va pas répondre sur des e-mails dont il ne sait rien ».

Nick Davis se met en retrait

Dans un communiqué adressé à Le Monde publié intégralement, Nick Davies explique que ses fonctions de  directeur de la communication de l’IAAF étaient  gérer et promouvoir la réputation de l’IAAF et que son email « adressé moins d’un mois avant le début des Championnats du Monde de Moscou au Consultant Marketing de l’IAAF d’alors, Papa Massata Diack, consistait en un échange d’idées au sujet de possibles stratégies liées aux relations presse en vue de sérieux challenges rencontrés autour de l’image de la compétition ».
Il indique aussi  « suite à votre article au sujet des allégations de corruption concernant Lamine Diack (article publié le 18 décembre), je précise que je n’ai absolument jamais été impliqué dans aucune conspiration criminelle impliquant des représentants de l’IAAF. Je n’ai jamais reçu de paiements en connexion avec ces conspirations ».
Après avoir affirmé n’avoir eu « aucune connaissance en 2013 que des officiels de l’IAAF puissent être impliqués dans des conduites criminelles liées à des cas de dopage, tout comme je n’ai aucune connaissance d’aucun cas de dopage n’ayant pas été traité qui aurait dû l’être, ni d’aucune suspension pour dopage n’ayant pas été publiée dans les temps impartis par les Règles de l’IAAF », il a joute que lorsque des informations concernant des allégations de corruption lui ont été données au début 2014, il fut « l’un des salariés de l’IAAF ayant saisi la Commission d’Ethique de l’IAAF et ayant contribué l’enquête qui a suivi. Je fus également l’un des membres du personnel de l’IAAF ayant offert, et continuant d’offrir – de façon volontaire – mon entière assistance aux enquêteurs de la Commission Indépendante de l’AMA, ainsi qu’à la police monégasque et française».
Quelques jours plus tard, Nick Davies s’est mis en retrait de son poste de directeur de cabinet de la fédération internationale suite à sa mise en cause dans l'affaire de corruption qui secoue actuellement l'instance «pour laisser le temps au comité d'éthique d'étudier le dossier, et de déterminer si je suis responsable d'une quelconque infraction au code de l'éthique de l'IAAF».
La presse française rapporte que deux jours avant ce retrait, le journaliste allemand Hajo Seppelt, à l’origine de toute cette affaire, avait reçu un courrier du cabinet d’avocats « Bird and Bird LLP » le menaçant de poursuites dans le cas où il continuerait à faire état d’informations mettant en cause Nick Davies ou Sébastian Coe. Selon la relation qui en faite, ces juristes auraient noté en haut de leur email la mention « Personnel et confidentiel. Ne doit pas être publié ». Comme on ne pouvait si attendre, Hajo Seppelt s’est empressé de diffuser ce document via Twitter, quelques heures avant que Nick Davies annonce sa décision de retrait

Abramovitch aurait versé 200 000 livres à Coe

La révélation de l’implication de Nick Davies, l’ex- porte-parole de l’IAAF, devenu, depuis le mois de septembre dernier, le bras droit de Sébastien Coe est à peine oublier que le président de l’IAAF est à nouveau  éclaboussé par la découverte de ses liens financiers avec le club de football  de Chelsea appartenant au milliardaire russe Roman Abramovich…

Alors qu’une référence à sa société (CSM) très embarrassante pour Sébastian Coe, est dévoilée, il semblerait   qu’il était lui aussi informé de cette situation dès le milieu 2011, la presse britannique (Daily Mail) révèle que le club de Chelsea a financé, à hauteur  de 200.000 livres, la campagne électorale de Coe pour la présidence de l’IAAF. Malgré la possibilité émise  d’un paiement effectué par le bureau du club sans en référer à Abramovich, il est tentant de relier les deux hommes et de considérer que les décisions de Sébastian Coe au sujet de  la participation de la Russie aux JO de Rio pourraient être influencées par le puissant oligarque qui a œuvré pour que la Coupe du Monde de football revienne à la Russie en 2018.

Au cœur de l’IAAF, « On n’était pas au courant »


C
ertains éléments d’informations laissaient penser que l’actuel président de l’IAAF, lord Sébastian Coe aurait pu être au courant des agissements de son prédécesseur, le Sénégalais Lamine Diack et du médecin français (Gabriel Dollé) alors en charge du département dopage. Le président de la fédération française d’athlétisme, interrogé à ce sujet, avant qu’un  courriel de l’actuel chef de cabinet du président de l’IAAF, son compatriote et ex-responsable de la communication adressé au fils de Lamine Diack, alors consultant en marketing de l’instance faîtière de l’athlétisme ne soit diffusé, affirme sans détour que  cela ne peut être.
Son argumentation repose sur le fonctionnement du conseil d’administration de l’IAAF (dont il était membre à l’époque des faits) qui faisait que « quand on siégeait au Conseil d’Administration,(…), on n’était au courant de rien. On n’avait pas d’infos ». A l’en croire, les membres du conseil n’évoquaient que les  dossiers qui étaient présentés. Quant à la gestion de l’IAAF, « on n’avait pas de regard ».
L’IAAF, telle qu’elle est décrite, fonctionnerait comme une machine, une administration n’accordant que peu d’importance aux membres élus perçus comme des « participants, des observateurs » qui posent des questions mais n’ont pas de réponse. Ce membre du CA de l’IAAF, représentant d’une fédération nationale importante, pense, malgré cela,  «que l’ensemble des salariés de l’IAAF sont honnêtes, ils font bien leur travail y compris dans le service médical et anti-dopage », un volet qui pourtant est au cœur des embrouilles rencontrées présentement et où à l’exception du docteur Dollé (impliqué et mis en examen) « les autres sont des gens honnêtes, sincères » et qui n’ont pas été entendus lorsqu’ils « avaient alerté leur hiérarchie interne, après avoir vu 4 athlètes russes contrôlés positifs, qui participaient aux JO. Mais on leur a dit de se taire ».
L’ « affaire Lamine Diack » était là aussi présente insidieusement. L’ancien maire de Dakar et ex-président de l’IAAF serait incriminé affectivement. Le président avoue que « le problème de Lamine Diack, c’est son fils ». En fait, ses deux fils (Pape Massetta et Khalil), selon certaines versions, seraient impliqués dans une affaire de corruption et d’extorsion de fonds  concernant des athlètes turques. Aucune certitude cependant. Rien que des suspicions et une absence de clarté qui résulte de cette affectivité qui fait qu’il y a « des choses qui ne sont pas très claires ». Il reconnait que « tout le monde savait qu’il y avait des problèmes avec le fils chargé de faire du consulting dans le marketing. Il y avait déjà eu des dossiers sortis dans d’autres sports. On savait bien que ça allait sortir un jour ». Il s’interroge en vain sur une éventuelle complicité de Lamine Diack, sur une possible tentative  de protéger son fils ou même  sa participation à la corruption et laisse à l’enquête le soin de découvrir la vérité.
Afin d’exonérer l’IAAF de tout ce qui pourrait lui être imputé, il rappelle que, dès novembre 2014, il avait été demandé à l’AMA « qu’une commission d’enquête soit nommée pour enquêter sur les problèmes dévoilés dans le documentaire de l’ARD », ce fameux reportage de la télévision publique allemande qui a mis le feu aux poudres. Il observe aussi qu’ « il a fallu un an pour que le rapport aboutisse ». La deuxième partie du rapport qui sera publiée en janvier mettraient en cause d’autres pays. Bien que son contenu ne soit pas encore connu, le président de la FFA dit que l’ « on parle de pays de l’Est, l’Ukraine, la Biélorussie, le Kenya, la Turquie, la Jamaïque, etc.». Heureusement que les membres du CA de l’AAF ne sont pas informés de tout se passe en son sein. Ce qui n’empêche pas de dévoiler quelles sont les nations visées par un rapport établi par une autre institution internationale. La porosité semble être l’élément essentiel des relations à haut niveau.
Ne plaçant pas sur un pied d’égalité les pays infectés par le fléau du dopage, évitant de faire des amalgames inopportuns, il fait une distinction en fonction des capacités financières. Le Kenya et la Jamaïque, étant des « pays pauvres», n’ayant pas les moyens (comme les pays occidentaux et les pays de l’Europe de l’Est) de disposer d’une agence anti-dopage devrait être aidés...par le CIO (et non par l’IAAF) « qui gagne beaucoup d’argent à travers les Jeux ».


dimanche 3 janvier 2016

Dopage en France, Le président de la fédération reconnait 10 cas par an


S
elon le président de la fédération française d’athlétisme, le dopage serait, dans son pays, un phénomène marginal. Ce phénomène qui mine l’athlétisme mondial et jette quasi automatiquement la suspicion sur toutes les performances qui sortent de l’ordinaire ne  toucherait  « que peu d’athlètes ». Sur 300.000 licenciés, il serait enregistré « 10 cas par an ». En communiquant cette information, le président ajoute un commentaire, porteur de signification qui voudrait minimiser ce constat qui pour n’importe quel observateur serait alarmant. Effectivement, c’est peu comparativement à la Russie, l’Inde, la Turquie, le Kenya ou le Maroc. Comparé à l’athlétisme algérien,  qui comptabiliserait (en 2015) seulement deux cas de contrôle positif (sur lesquels les instances nationales ont peu communiqué et n’ont pas encore statué 5 mois après la constatation) c’est beaucoup et peu à la fois lorsque l’on confronte les ratios de cas de dopage recensés par rapport à la population pratiquante en clubs (10 pour 300 000 licenciés et 2 cas pour 3 000 licenciés).
Alors que beaucoup spécule sur la manière dont la fédération algérienne a géré deux des trois dopés de 2012 qui ont bénéficié d’un soutien fédéral pendant la période de suspension de deux ans, à la fédération française, on considère qu’il s’agit d’un combat permanent qu’il faut mener en faisant de la prévention, en faisant témoigner des ex-athlètes dopés devant les jeunes athlètes  et en instaurant, plusieurs fois par an, le suivi biologique. La fédération française entretient également de bons rapports avec l’OCLAEPS (office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) qui est un service de police judiciaire à compétence nationale créé en 2004. Sa compétence a été étendue en  2009 à la lutte contre le dopage lorsque les substances utilisées ne sont pas classées comme stupéfiants. Il est intervenu dans les affaires Leila Traby et Mounir Acherki évoquées ici même.
A travers le suivi biologique, mis en place dès 2002, la fédération française exerce une vigilance sur les athlètes de premier plan en concoctant trois listes d’athlètes ciblés contrôlés par l’AFLD (agence française de lutte contre le dopage), l’IAAF et la FFA. La tricherie faisant partie de la nature humaine, les sportifs n’y échappant pas (le dopage), le principe est qu’il faut la sanctionner.
Le président de la FFA est un partisan du durcissement des sanctions. Déjà pour la 1ère infraction, il propose d’ajouter à la suspension une peine financière, et les  récidivistes seraient bannis à vie. Pour démontrer la volonté de la fédération qu’il préside à combattre ce fléau, il assure qu’elle serait la seule à avoir suspendu pendant 10 ans un athlète et quelle n’aurait sur ce sujet « aucun complexe ».
Le dopage s’accompagne de « performances étonnantes, des progressions anormales » qui suscitent de forts soupçons qu’il serait possible de valider à travers une expérience tentée en France consistant à « mettre en place des parcours d’athlètes sur leur carrière qu’on compare à des parcours normaux » qui permettraient de « voir les choses erratiques, anormales ». Se présentant sous forme de graphiques, ₺le parcours d’athlète₺ serait un instrument supplémentaire de prévention et d’observations de la performance. Suite à un test en interne montrant que cela était «un bon outil», proposition sera faite  à l’IAAF pour l’ensemble des athlètes suivis à l’international et alerterait sur des dérives.
Ainsi que nous l’avons vu ici même, il propose de sanctionner financièrement les cas de dopage avec une extension aux fédérations, lorsque, comme en Russie, il y a collusion. Il remarque également que des fédérations peuvent être victimes. Il prend l’exemple de ce qu’il appelle les pays pauvres où « il n’y a pas d’autorité, pas de laboratoires. Les Fédérations ne contrôlent rien. Ce sont des mafias installées qui font la loi ». S’il accorde des circonstances à ces pays,  il estime que« quand il y a une organisation mafieuse, avec la fédération, il faut des sanctions ». Ceci expliquant cela, il préconise  « une suspension des Russes toute l’année, y compris pour les Jeux. Il faut aller jusqu’au bout, car il faut un signal fort par rapport aux pays qui utiliseraient les mêmes méthodes ».


samedi 2 janvier 2016

Athlètes dopés, La France suggère des sanctions financières


D
ans une interview publiée à la mi-décembre, à l’occasion et en marge des championnats d’Europe de cross country organisés dans le sud de la France, le président de la fédération française d’athlétisme, à la demande du journaliste, a passé en revue et a fourni son opinion sur les problèmes qui secouent l’athlétisme. Bien évidemment, les questions relatives au dopage et à la position fragilisée du président de l’institution internationale ont été évoquées. La corruption et les conflits d’intérêts ont fait partie des sujets abordés.
Ce président de fédération nationale proche des niveaux supérieurs de la hiérarchie de l’IAAF, membre du conseil d’administration, a exprimé son contentement « que les scandales sortent ». Citoyen d’un pays de la mouvance occidentale, grand bénéficiaire présent et futur, il ne pouvait qu’être satisfait du sort réservé à la Russie qu’il « situe dans des pratiques dignes de l’Union Soviétique, on y retrouve même le KGB ». Il reconnait qu’ « il faut mettre les choses sur la table, même si c’est préjudiciable à l’athlétisme » qu’on ne devrait pas s’intéresser seulement à l’athlétisme et au cyclisme mais aussi  aux autres sports et  surtout aux sports collectifs
On sait depuis plusieurs décennies déjà que l’athlétisme de haut niveau n’est plus un sport olympique (au sens coubertinien du terme) et qu’il s’est engagé dans la voie du professionnalisme. Pour celui qui n’en n’aurait pas conscience, le président de la fédération française considère que le dopage est une atteinte à l’image de la discipline et génère des préjudices. Relevant qu’en France, « il n’y a pas de problèmes avec les partenaires », il affirme savoir « qu’au niveau de l’IAAF, certains partenaires hésitent à continuer ou à venir » et qu’il aurait suggéré au président de l’IAAF, pour pallier à ce « vrai préjudice d’image », de mettre en place des sanctions financières, pour tenter de corriger le préjudice financier des athlètes lésés.
Ces sanctions, appliquées à toute personne ayant contribué au dopage, viseraient à dédommager les athlètes qui sont restés au pied du podium parce que devancés par des athlètes dont on découvre plus tard qu’ils étaient  dopés. Nous rappellerons que chez nous, l’athlétisme n’est pas confronté à cette problématique. Bien au contraire, des athlètes dopés, suspendus ont continué à bénéficier de l’aide fédérale et ont servi de support médiatique à une campagne publicitaire lors des derniers championnats du monde (Pékin, août 2015) signifiant subliminalement que le développement de l’athlétisme se fait par la tricherie.
Cette suggestion viendrait compléter la décision prise par l’IAAF d’engager des investigations pouvant déboucher sur une action en justice et inciterait les athlètes à porter plainte pour demander un dédommagement du préjudice subi. Il remarque que les cas de dopage sont « un drame à chaque fois » marqué par la remise de « beaucoup de médailles après coup ». Il illustre cette situation par le cas d’une lanceuse de son pays à qui on a remis cette année une médaille qui datait de 2005. Se faisant, à bon escient le porte parole de ces athlètes médaillés sur le tard, il note que « cela n’a pas le même goût ! » et que « c’est une frustration énorme pour les athlètes ».
C’est en s’appuyant sur d’autres cas concrets qu’il plaide pour les sanctions financières. En particulier au souvenir d’une autre athlète, classée 4ème  aux championnats d’Europe en salle à Bercy 2011, qui en apprenant, deux mois plus tard, qu’elle était 3ème  avait beaucoup pleurée en regrettant de n’avoir pas reçu la médaille sur le podium et qui se retrouve un peu plus tard, médaillée d’argent. Si la première médaille lui a été remise au cours d’un championnat de France indoor, elle n’avait pas voulu se déplacer pour la deuxième.
Les sanctions financières proposées permettraient de dédommager ces athlètes. Elles seraient versées dans une sorte de caisse de solidarité au niveau de la fédération internationale. Son argument final, dans un univers où l’argent prime, est imparable : « Quand on n’est pas sur le podium, on n’a pas de primes, on n’a pas la notoriété pour attirer les partenaires. Vous êtes doublement sanctionné ».



vendredi 1 janvier 2016

Salaires forfaitaires de référence, Les joueurs seront les dindons de la farce


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ahfoud Kerbadj, président de la Ligue de football professionnel (LFP), a annoncé, il y  a maintenant plus d’une semaine qu’un accord avait été conclu avec la CNAS (caisse nationale d’assurance sociale) pour le payement par la LFP des cotisations sociales impayés des joueurs de football sur la base d’un salaire forfaitaire de 120 000 DA. Il avait à l’occasion précisé que les dettes des clubs vis-à-vis de la CNAS seront prises en charge par la Ligue par une procédure devenue, à force d’avoir été pratiquée, un mode rituel de résolution des contentieux financiers des clubs algériens, consistant en une déduction de leur quote-part des droits de retransmissions télévisées à percevoir. Par cette action, la LFP se substitue à nouveau aux SSPA et apurerait une situation contentieuse qui a débuté avec l’instauration du professionnalisme.
Il avait aussi, pour confirmer son rôle de roue de secours que sont devenues les instances nationales du football algérien, ajouté qu’à partir du « 1er  janvier 2016, les clubs professionnels doivent honorer leurs engagements vis-à-vis de la Cnas sur la base d'un salaire forfaitaire de 270 000 DA/mois ». Nos confrères d’un quotidien national rapportent, que, selon une source non identifiée, qu’il n’en serait rien et que le représentant de la CNAS, présent lors d’une réunion regroupant le département ministériels du travail et des affaires sociales et celui de la jeunesse et des sports ainsi que le représentant de la FAF, a refusé que le calcul des cotisations dues se fasse sur la base d’un salaire forfaitaire de 120 000 DA qui n’est pas un indicateur fiable des salaires réellement versés.  
Devant ce que l’on présente comme un revirement,  la FAF (qui prétend se désister de la subvention des pouvoirs publics) s’est abstenue de signer l’accord et aurait réclamé un allégement de la note à régulariser qui est pourtant le résultat de l’inconséquence des dirigeants des clubs professionnels initiateurs de la surenchère salariale. Pour les dirigeants du football, la solution passe par deux niveaux salariaux. Le premier qui permettrait d’apurer le passif serait de seulement 120 000 dinars, le second, applicable avec le nouvel exercice comptable serait porté à 270 000 dinars.   Les parties en présence se sont quittées en se donnant rendez vous pour une autre rencontre  afin de tenter de trouver un compromis qui puisse les satisfaire et serait mis en œuvre au mois de février.
Dans l’esprit des dirigeants du football, les clubs professionnels doivent être assistés totalement et perpétuellement par les pouvoirs publics. Les nombreux avantages accordés jusqu’à présent, dans le cadre de l’investissement (exonération fiscale), du fonds d’aide au fonctionnement des clubs professionnels, de la réalisation future (assiette foncière, frais préliminaires, réalisation, etc.) des centres de préparation, semblent être insuffisants. Le raisonnement de ces responsables de clubs (dont beaucoup dirigent des entreprises des secteurs public et privé habituées à l’assistanat) ne prend pas en considération qu’eux-mêmes ou leurs représentants élaborent un système de plafonnement des salaires qui, selon les premiers bruits, les limiteraient à 1, 2 millions de dinars.
De son côté, la CNAS ne peut admettre (ce qui se conçoit d’ailleurs très bien) que l’obligation légale de déclaration des salaires ne soit pas en conformité avec les rémunérations réelles publiquement et ostensiblement affichées. Ce qui serait une acceptation juridique légalisée de la transgression de lois applicables à tous les travailleurs. Les salaires payés au noir seraient, pour les joueurs les mieux considérés, le double ou le triple et même le quadruple des salaires déclarés.

Pour ce qui nous concernent, nous noterons que ces plafonnements des assiettes de cotisations sociales, tout en réduisant les ressources actuelles des organismes d’assurances sociales (CNAS et CNR) diminuent également les charges futures (remboursements des frais médicaux, prestations d’assurances sociales, pensions de retraite) à hauteur des cotisations déclarées et réellement versés. La conséquence de ces plafonnements envisagés (quelque soit le niveau finalement retenu) seront désavantageux pour les joueurs qui ne pourront prétendre aux avantages sociaux qu’à hauteur de leurs cotisations et ne percevront malheureusement qu’une partie dérisoire de leurs salaires en cas de blessures et d’arrêts de travail. Ils seront encore les dindons de la farce ! des esclaves,-gladiateur des temps modernes.