lundi 9 mai 2016

Préparation olympique (10), Absence de centres de préparation

L
a crise qui a jailli entre le COA et certains entraîneurs d'athlétisme (dont Ahmed Mahour Bacha est le leader) est née des conditions de préparation offertes aux athlètes d’élite. Ceux qui, à travers les pronostics émis par leurs entraîneurs et la FAA sont susceptibles de participer aux finales des Jeux Olympiques de Rio et pour quelques-uns (bien rares) de s’installer sur une des trois marches du podium. Ces pronostics sont établis sur la base des résultats de la saison passée et de l’idée (fort louable et logique d’ailleurs) que les athlètes en question peuvent améliorer leurs performances si on leur en donne les moyens de réussir le challenge. Des moyens consistant essentiellement en….stages à l’étranger.
La préparation à l’étranger fait aujourd’hui partie de la routine, des habitudes prises pendant d’abord deux périodes importantes de l’Histoire récente du pays. Une première période qui a vu la sécurité des athlètes et des staffs prévaloir sur toute autre considération et une seconde où l’on a considéré que les rentrées en pétrodollars étaient à la fois  importantes et éternelles. Deux considérations qui ont fait que tous les stages de préparation ont été organisés en dehors des frontières. Un troisième aspect a été aussi mis en avant par les entraîneurs et les instances fédérales : l’absence d’infrastructures modernes permettant à la fois de réaliser le travail programmé et ensuite de bénéficier des moyens de récupération.
Pendant le quart de siècle qui vient de s’écouler les pouvoirs publics ont financé la réalisation d’infrastructures sur tout le territoire national. D’autres ont été réhabilitées. Toutes ces infrastructures ont (en théorie) fait l’objet d’une maturation et d’un suivi par les structures déconcentrées du ministère de la jeunesse et des sports dans lesquelles activent des cadres des sports, condisciples des cadres permanents des fédérations et des entraîneurs nationaux pratiquant, du moins nous le supposons, le même langage et partageant une même idéologie puisque sortant du même moule, du même établissement de formation. Malgré cela, malgré ce réseau qui quadrille le pays, il est de notoriété publique que tous ces projets connaissent des retards (se décomptant en années) et des malfaçons dont on se  rend compte tardivement.
La cécité semble être la maladie qui frappe les cadres et les gestionnaires du  sport. L’effort financier consenti par l’Etat a permis de doter des centres urbains (Batna, Sétif, Bordj Bou Arreridj, Tlemcen, Saïda) situés en altitude moyenne (1 000 à 1 300 mètres) d’infrastructures répondant aux normes internationales. Le centre de préparation en altitude (1 600 mètres) de Tikjda (dévasté par le terrorisme) a été réhabilité et accueille des délégations de nations amies, quelques équipes nationales ainsi que des équipes professionnelles de football auxquelles l’asséchement financier interdit une préparation à l’étranger. Souvent, ces centres de préparation étrangers (auxquels sont abonnées, depuis des années, nos équipes de football professionnel) sont édifiés à quelques dizaines de kilomètres des frontières avec nos voisins tunisiens et marocains.  
Pendant ce temps, le bon vieux centre de préparation de Seraidi, sur les hauteurs d’Annaba, où des générations d’athlètes ont préparé leurs compétitions de haut niveau, attend que l’on se retrousse les manches et qu’il ne donne plus l’impression d’être abandonné.  Bien qu’il ne réponde plus aux attentes de la nomenklatura sportive algérienne, quelques coups de pinceaux,  de marteaux et de râteaux en feraient un centre envié par les milliers d’athlètes kenyans et éthiopiens qui ne disposent pas des conditions matérielles offertes aux athlètes algériens. La récente polémique (cet hiver) a permis au public attentif de prendre connaissance qu’après les championnats du monde de Pékin, Toufik Makhloufi a été hébergé à l’hôtel Sheraton du Club des Pins aux frais de la FAA et ensuite du COA.
Mais, Tikjda, Chréa sur les hauteurs de Blida (1 550 mètres), Seraidi (900 mètres) sonnent moins bien aux oreilles, frappent moins les esprits que Formia, Iten, Eldoret, Font Romeu (démodé dans l’esprit des entraîneurs), Ifrane ou les centres d’Afrique du Sud, du Qatar, d’Espagne, du Portugal, etc. Chaque discipline, chaque épreuve a ses centres de préparation fétiches.
L’argumentaire des entraîneurs comprend (pour justifier leurs souhaits de préparation à l’étranger) l’absence des moyens de récupération et de sparring-partners obligeant donc à se rendre là où ils trouveront ce qui manque sur place, ici en Algérie.


dimanche 8 mai 2016

Préparation olympique (9), La communication vue par Mahour Bacha

L
’histoire de l’athlétisme national (peu de gens le savent) a retenu un fait anodin, peu connu du public. En 1988, peu avant l’ouverture des championnats d’Afrique d’Annaba, Mahour Bacha fut l’un des leaders d’un mouvement (Hakim Toumi faisant tournoyer son marteau et Mahour Bacha brandissant le javelot) qui voulut empêcher les journalistes de la presse gouvernementale (la presse « privée » ou « indépendante » n’existera que deux années plus tard) d’accomplir leur mission.
La presse n’a jamais été bien perçue par la fédération algérienne d’athlétisme. Celle-ci partage, il faut bien l’admettre, le point de vue de toutes les fédérations sportives (et de dizaines de milliers de sportifs anonymes) qui n’ont pas le bonheur d’être chouchoutées comme l’est le football-roi et qui espère une modeste couverture médiatique lors des événements sportifs d’envergure nationale et internationale. Une couverture se réduisant à sa plus simple expression : quelques articles de présentation et de bilan, des couvertures, des interviews, des portraits et des photos. Le fruit de préjugés fortement ancrés dans l’esprit de la majorité des reporters et des éditeurs. Une simple obligation de service public dont ils se passeraient bien s’ils le pouvaient.
De toutes les fédérations, la FAA est certainement celle qui devrait faire l’objet d’un traitement de faveur un peu particulier, nous dirons « spécifique », compte tenu des performances réalisées par son élite. Ses faveurs pourtant la FAA les accordent à quelques journaux en souvenir du BVT (Bon Vieux Temps), de celui établi au fil des relations tissées du temps où les dirigeants d’aujourd’hui étaient des athlètes de haut niveau ou des entraîneurs abonnés aux « unes » sportives.
Les actuels détenteurs du pouvoir à la FAA connaissent bien les rouages et certains responsables de publications. Sauf que rien ne transparait dans les colonnes de journaux….sérieux et que les journaux (et les chaînes de télévision) à sensation ne sont pas notre tasse de thé de…..croulant sous le poids des ans.
Les résultats obtenus par d’autres disciplines individuelles (la boxe et le judo), ON (la presse, le public, les leaders d’opinion, les pouvoirs publics) s’en souvient pourtant au moment du décompte de leurs moissons de médailles et ON les oublie le reste du temps…au temps des semailles, de la répartition-distribution des subventions et des aides.
Ahmed Mahour Bacha et Amar Bouras, enfermés dans une médiatisation ségrégative, ont privilégié certains titres et s’en sont mis quelques-uns à dos (ce qui n’empêche pas de les citer lorsque leurs comptes rendus sont en leurs faveurs) en leur intentant des procès pour « diffamation », un terme que l’on retrouve dans la fameuse mise au point qui a enclenché cette série de chroniques. Un mot dont la signification leur est inconnu. Ce qui a valu des déboires devant les tribunaux. Internet indique que Mahour Bacha a été débouté de l’action engagée à la suite du dopage de juin 2012 (Zahra Bouras et Larbi Bourraâda). Il nous parait qu’Ahmed Mahour Bacha et Amar Bouras ont le même niveau de maîtrise de la communication. Ils ne savent que se mettre inconsciemment à dos les journalistes qui pourraient leur apporter leurs soutiens dans ce domaine.
Le phénomène a été illustré dernièrement, au lendemain de la conférence de presse conjointe COA- MJS, au sujet de laquelle Mahour Bacha écrit, dans un commentaire Facebook, qu’un journaliste (exerçant dans deux médias et dont on ne peut qu’apprécier la qualité du travail) aurait été exclu de la salle.
Nous sommes imaginé notre confrère accompagné à la sortie par des huissiers, par les vigiles de ces sociétés privées de gardiennage et de surveillance qui ont fleuri à travers tout le pays, du tumulte, des cris, etc. avec le sentiment de ne plus être en milieu sportif mais dans une réunion politique évacuant manu militari des contestataires ou des « redresseurs » mis en minorité.

Curieusement, le journaliste en question avait lui aussi écrit quelques heures plus tôt, sur sa page Facebook : « Lors de la conférence de presse du COA, mardi 26 avril 2016, j’ai pris la décision de me lever et de quitter la salle avant la fin de la conférence où les animateurs étaient censés répondre aux questions des journalistes ». Mahour Bacha a agi en provocateur, en agitateur qu’il a toujours été. Une facette peu connue du personnage dont les frasques ont été placées sous le boisseau.

samedi 7 mai 2016

Préparation olympique (8), Tirer les marrons du feu

L
a conférence de presse organisée par le comité olympique algérien avec pour thématique la préparation olympique en vue  des Jeux de Rio s’est arrêtée un long moment sur la réaction des entraîneurs de l’élite de l’athlétisme national. Une réaction qui est, dans la logique du système rentier, intempestive et inopportune. Elle est la suite logique à cette question de prise en charge des athlètes susceptibles de gagner une place en finale des jeux et même, disent leurs entraîneurs, en se basant sur les performances de la saison dernière, de monter sur les podiums.
Cette réaction a été celle des représentants de cette corporation (entraîneurs des athlètes de l’élite) que l’on chiffre à 3 ou 7 éléments insatisfaits qui seraient, selon certaines indiscrétions non validées, l’entraîneur de Makhloufi, celui de Lahoulou et enfin celui de Bourraâda. Toutefois, l’entraîneur (français) du premier (Makhloufi) se trouvant en Afrique du Sud et n’ayant apparemment pas de difficultés particulières à soulever et du troisième (Bourraâda) qui ne serait plus Ahmed Mahour Bacha semble indiquer qu’il y a maldonne quelque part.
Curieusement, ce trio ( ?) de contestataires est devenu quatuor depuis qu’Ahmed Mahour Bacha a pris la tête du mouvement de contestation dont la composition prête à confusion et à multiples interprétations. Un groupe dont la formation ne serait pas celle annoncée.
On oublie allégrement que 4 spécialistes du marathon (deux hommes et deux femmes) sont qualifiés. D’autre part, Mahour Bacha a toujours su mélanger le jeu de…cartes, mettre la pagaille dans le jeu de quilles. C’est la seule constante que l’on puisse lui reconnaître, être de tous les combats, de toutes les séditions, de toutes les velléités de « mettre de l’ordre » à la FAA. Avec surtout cette sublime habitude de savoir en tirer profit. Comme dirait l’autre, il sait tirer les marrons du feu.
Echangeant la casaque de l’athlète pour celle d’entraîneur, il fut l’agitateur de l’AACS (association algérienne des cadres du sport), une association de défense des droits des entraîneurs d’une manière générale devenant par la suite celle des diplômés de l’ISTS avant toute autre chose. Une association-satellite dont la proximité (ainsi que le voulait l’idéologie dominante d’une l’époque où la société connaissait la « transition démocratique ») avec le pouvoir centralisé entre les mains du Parti unique était patente. Une association se prétendant apolitique mais qui, lors des élections législatives-déclic de la « décennie rouge », pris le parti du conservatisme politique contre le mouvement islamiste avec le risque de se désintégrer.
L’opportunisme de Mahour Bacha n’a d’égal que celui d’Amar Brahmia (et de bien d’autres leaders passés et présents de l’athlétisme et du mouvement sportif national qui surent profiter des résultats des athlètes pour se frayer un chemin carriériste dans le prolongement du désuet mais si vivace « article 120 » ou dont la sphère politique sut utiliser l’image).
La rupture entre ces deux agitateurs est apparue, visiblement aux yeux du grand public, lors d’une intervention d’Amar Brahmia sur l’écran de « l’Unique » chaîne de télévision qui, par opposition au changement d’attitude des dirigeants de l’AACS, se fit laudateur de l’ex-parti islamiste. Brahmia qui n’avait cure de  cet idéal islamiste et était le chouchou du cercle dominant des sphères politiciennes, avouait alors (c’était la veille du cross Klouch à Chlef et quelques heures avant son passage à la télévision) que son acte était la marque de son indignation devant l’alignement politique des cadres du sport.  
Ahmed Mahour Bacha n’est plus l’entraîneur de Larbi Bourraâda depuis quelques semaines. Selon toute vraisemblance, depuis le forfait de Bourraâda aux championnats du monde en salle pour raison, dit-on, d’une blessure au dos. Ce qui n’était qu’une rumeur reçoit une confirmation indirecte via la page Facebook de la fédération algérienne d’athlétisme. Selon l’agence de presse APS et la confirmation de la FAA, Bourraâda « s'est montré "inquiet" quant à la concrétisation du programme établi par son entraîneur, Hocine Mohamed ».

N’étant plus l’entraîneur de Bourraâda, on peut se demander dans quel cadre se situe l’intervention de Mahour Bacha (si ce n’est que l’on susurre que Hocine Mohamed ne serait qu’un paravent). On ne peut bien sur lui interdire de donner son point de vue sur la question. Ce qui dérange, c’est le statut de meneur qu’il s’est donné dans cette affaire et son immixtion dans les dossiers gérés par la FAA en concertation, du moins nous le supposons, avec le COA.

jeudi 5 mai 2016

Préparation olympique (7), Le clash des ténors de l’athlétisme

L
a conférence de presse organisée par le comité olympique algérien au sujet de la préparation olympique en vue des Jeux de Rio (qui débuterons dans moins de 3 mois) a abordé la question de ce que nous avons appelé la rébellion des entraîneurs de l’élite de l’athlétisme national. Cette question n’était pas essentielle mais a été celle qui a fait réagir les représentants de cette corporation et quelques journalistes.
Ahmed Mahour Bacha est ces derniers temps en bisbille avec le COA. En fait, depuis que l’instance algérienne olympique n’a pas souhaité intégré dans son programme de financement un stage de 2 mois à l’étranger. Ceci expliquerait qu’il ait pris les choses en mains.
Dans un texte daté du 25 avril, publié sur sa page Facebook, il explique que ce qu’il désigne comme étant une conférence-débat aurait été « organisée à la vite pour contrer notre réunion prévue » à la même date (le 26 avril) au siège de la FAA. Une rencontre regroupant les entraîneurs dont les athlètes sont qualifiés pour les Jeux.
Avant même que la réunion ne soit tenue, en maître de cérémonie, Ahmed Mahour Bacha indique qu’il y sera décidé de ne plus avoir affaire de près ou de loin avec le COA. Dans le même texte, il annonçait qu’à la fin de la semaine une conférence  de presse serait tenue « afin d’informer, avec des preuves, l’opinion publique et les pouvoir publique (sic) sur la réalité de la préparation dite " Olympique " version COA ». Depuis aucun écho de cette conférence de presse, ce qui suppose qu’elle a été soit annulée soit reportée à une date ultérieure.
Pour ceux qui connaissent l’athlétisme algérien, pour la « tribu Mahour Bacha » (ceux qui gravitent autour d’Ahmed Mahour Bacha à distinguer de la « famille Mahour Bacha » puisque les membres de cette famille sont nombreux dans la corporation des entraîneurs d’athlétisme, dont celui de la sélectionnée olympique sur marathon, Souad Aït Salem), il est évident que la présence d’Amar Brahmia, en sa qualité de chargé de la préparation olympique au COA, éternel rival du duo Bouras- A. Mahour Bacha, a été le déclic de cette pseudo-crise sportive et médiatique (après les JO tout rentrera dans l’ordre, du moins retrouvera la routine habituelle).
L’antagonisme n’est pas récent. Bien au contraire, on pourrait le dater du début des années 90, lorsque ces trois entraîneurs apparurent au firmament de l’athlétisme algérien, sur le devant de la scène avec leurs athlètes (Morceli, Boulmerka, Brahmi et Azzizi). Une question de leadership, tout simplement.
Dans une précédente chronique, nous avons indiqué que la réussite passée de Brahmia (à travers la génération de coureurs de demi-fond ayant assuré la transition entre N. Morceli et T. Makhloufi) tient d’abord au soutien logistique apporté, à ce qui fut le « groupe Brahmia », par le Mouloudia d’Alger (dans ses différentes formes). Tandis que les « groupes » Bouras et Mahour Bacha n’ont pu exister que grâce aux subsides de la FAA et du COA (dont jouissaient également les athlètes du groupe Brahmia). La rivalité entre ces trois ténors de l’athlétisme est donc aussi liée à l’aspect pécuniaire, au partage de la rente sportive.
A noter aussi que Brahmia, qui n’est plus fonctionnaire du Mouloudia (GSP)-Sonatrach, dispose d’un statut et d’une fonction dans la hiérarchie sportive qui le distingue de ses éternels rivaux. Membre du COA au même titre que Bouras, qui s’y retrouve en sa qualité de président de la FAA et occupe la fonction de vice-président, Brahmia est, pour bien exacerber ce clash des ténors, en charge de la cogestion de la préparation olympique.  Dans cette situation, qui est aussi un retournement par rapport au passé pas si lointain qu’il n’y parait,  Bouras, Mahour and c° sont devenus des demandeurs de subventions distribuées (si notre compréhension est correcte) par A. Brahmia à qui ils doivent également rendre compte. Difficile à accepter quand les rapports ont été tendus.

Ahmed Mahour Bacha fait partie de ces personnes qui ont ouvert plusieurs pages Facebook : une sous son propre nom et une autre sous un pseudonyme qui, selon un avertissement qu’il a fait paraitre, serait une page piratée (ouverte pour lui nuire en offrant des informations, des idées qu’il ne partage pas). Une information à conserver en mémoire car nous y reviendrons.

mercredi 4 mai 2016

Préparation olympique (6), Du possible à l’inadmissible

E
trangement, c’est présentement, après un départ retardé puis un retour anticipé de l’entraîneur et du kiné de Lahoulou, que le président du COA se rend compte qu’il a été berné par des entraîneurs nationaux (et par la DTN) qui exercent un chantage sur les institutions sportives nationales. Comme cela fut le cas pour T. Makhloufi, la préparation d’A. Lahoulou a été amputée, d’une partie de la durée du stage programmé, de la présence de ses accompagnateurs officiels.
Ce retour n’est pas anodin. Pendant une dizaine de jours, Lahoulou s’est retrouvé seul. Ce qui était impensable, inconcevable, inadmissible pour T. Makhloufi est devenu, par un tour de magie méthodologique inexplicable pour le commun des mortels, possible pour Lahoulou qui, contrairement au champion olympique, concourt dans une épreuve où la technique de passage des haies, le respect de la fréquence et de la longueur de la foulée sont  importants.
Au début de l’année 2015, T. Makhloufi n’avait pas attendu le feu vert des autorités pour se rendre aux Etats Unis en compagnie…… d’un partenaire d’entraînement et d’un kiné qu’il aurait pris en charge sur ses propres deniers et qui durent rentrés plus tôt que prévu….faute d’argent. Après leur retour, l’enveloppe fut débloquée par qui de droit. Sans que l’on sache s’il s’agit de la fédération ou du comité olympique.
Le groupe Lahoulou, à en croire la « mise au point » de la FAA, aurait épuisé les fonds qui lui ont été alloués. Prétendument pour permettre au hurdler de bénéficier d’une prise en charge dans un établissement de soins sportifs de très haut niveau reconnu mondialement, Aspitar. Cet incident, devrez nous inciter à nous interroger sur justement le budget octroyé à ce stage. Il nous a été affirmé (il y a quelques semaines  bien avant que la polémique Lahoulou ne soit portée à la connaissance du public et ne soit évoquée  lors d’une conférence de presse, dans laquelle ont été associés le COA et le MJS, laquelle a permis la mise à jour d’une rébellion d’entraineurs nationaux envisageant de boycotter la préparation managée par le COA), par un entraîneur qui n’est plus en odeur de sainteté au niveau de la DTN à laquelle il a appartenu pendant plusieurs années, que les stages organisés pour la préparation de Larbi Bourraâda comportaient deux rubriques particulières : la complémentation alimentaire et les soins. Deux rubriques dont le montant se chiffreraient en milliers d’euros. Nous supposons que ce ne fut pas le cas pour Lahoulou.
 Ceci étant dit, la débandade au niveau de la FAA a débuté (certains diront qu’elle s’est accentuée) quasiment avec le début du mandat de l’actuel président arrivé à cette fonction au moment où sa propre fille Zahra et  le décathlonien Larbi Bourraâda étaient suspendus, pendant 2 ans (juin 2012-juin 2014), de toutes compétitions d’athlétisme. Faisant fi des contraintes que cela implique, la fédération a continué à intégrer ces deux athlètes dans ses programmes de préparation et aurait été destinataire d’une mise en garde de la part de la fédération internationale. Quand on sait (rétrospectivement) que la gestion du dopage par l’IAAF n’a pas été un modèle du genre, on se demande si la fédération algérienne n’avait pas franchi des limites implicites et acceptables que se seraient gardés de transgresser ceux qui sont aujourd’hui au ban de l’athlétisme international.
Certains détracteurs d’Amar Bouras (président de la fédération et père de Zahra) et d’Ahmed Mahour Bacha (entraîneur de Larbi Bourraâda) observent cette situation, considérée par eux, comme anormale qui a fait qu’A. Bouras ait confié l’entraînement de sa fille à un entraîneur plutôt porté sur les épreuves techniques et que celui-ci ait obtenu avec cette athlète des performances de niveau international (championne d’Afrique du 800 et 1.58… sur cette distance) que des entraîneurs spécialisés en demi-fond n’ont pas été capable de réussir avec leurs athlètes. La conclusion à laquelle ils ont abouti est qu’Ahmed Mahour Bacha n’avait été qu’un homme de paille. Amar Bouras aurait, dans leurs explications  proposés à tous vents, conçu les programmes d’entraînement qu'Ahmed Mahour Bacha faisait appliquer. Ce sont ces mêmes détracteurs qui notent également que Zahra Bouras est revenue se préparer avec son père quelques mois avant les jeux olympiques de Londres. Pour clôturer un partage d’activités et de primes.  


mardi 3 mai 2016

Préparation olympique (5), En quête de signes

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ans la communication, comme dans toutes les activités humaines, du sens peut naître de peu, d’indices, de traces, de marques qu’il faut simplement chercher (ou trouver) pour comprendre. Comme l’homme de Neandertal ou les Peaux Rouges, ces Indiens des bandes dessinées et des westerns, l’être humain a toujours été en quête de signes indiquant la présence d’une proie à tuer ou d’un prédateur à éviter.
Un seul signe n’est pas suffisant pour donner du sens. Plusieurs le permettent. L’analyse de ces signes et du résultat qui en résulte est la sémiologie qui en sciences médicales recensent les symptômes pour diagnostiquer la maladie. En communication, plus que dans les autres domaines, tous les éléments y compris les images, les photos et caricatures, les légendes  ainsi les que mots (noms, adjectifs, expressions, phrases, paragraphes, etc.) participant à l’analyse du discours, relèvent de sa sémiologie.
Le mandat fédéral qui s’achève a débuté sous de mauvais auspices qui conduiront à une gestion très approximative des athlètes de haut niveau. A ce sujet, nous rappellerons la manière plus que chaotique avec laquelle a été menée la participation de Toufik Makhloufi (dont on n’espérait pas qu’il aille en finale) aux jeux olympiques de Londres. Le comportement de l’athlète (et de la délégation également) a fait planer des doutes et à susciter des commentaires fâcheux sur sa participation à la finale du 1 500, sur l’imbroglio médical et son abandon inintelligent sur le 800 mètres qui a précédé la course (Makhloufi était inscrit sur 800 et 1 500) et les insinuations de dopage.
Depuis, Toufik Makhloufi est au cœur de multiples polémiques. Ne soyons pas dupes. Le champion olympique n’est pas un enfant de cœur se laissant marcher sur les pieds. Il est allé à bonne école. Celle du Mouloudia et de l’équipe nationale. Son titre olympique a été suivi par une année quasiment sabbatique provoquée, selon des informations divergentes, par une blessure ou par une maladie. Personne ne semble connaitre la réalité qui n’intéresse véritablement personne.  
La biographie à écrire de Toufik Makhloufi est riche en débats âpres et en protagonistes de haut rang : le champion olympique, le précédent ministre de la jeunesse et des sports, le président du Comité Olympique Algérien, les responsables de la FAA dans un premier temps (hiver 2014). Puis, une année plus tard (hiver 2015), le coach Philippe Dupont est venu s’ajouter au tour de table. Sans omettre la presse qui ne pouvait manquer (ou attiser) le déballage de linge sale d’une « famille » sportive se déchirant à grands coups de dents.
Les péripéties qataries de la préparation d’Abdelmalek Lahoulou, confirment en grande partie nos analyses de l’époque. La fédération, ses responsables en relation avec ceux des instances sportives nationales, sans qu’il n’y paraisse,  a été le pivot des ratages successifs.  
Souvenons-nous du début de la préparation en vue des championnats du monde Pékin perturbé et retardé par une histoire d’entraîneur qui n’aurait pas obtenu l’agrément de la fédération, de l’obligation qui lui aurait été faite d’être accompagné par un autre entraineur désigné par elle pour un stage à l’étranger  dont le lieu a changé au motif que le hôtel retenu ne serait digne du standing de notre champion (ou des responsables de la FAA ?), de l’exigence par la fédération de la désignation d’un de ses membres (le DTN) pour se rendre aux Etats Unis en transportant dans une mallette quelques 200 000 euros en billets de banque pour régler des factures, de la signature d’une convention de coaching avec Philippe Dupont un semestre avant les championnats du monde. C’est-à-dire toute une série de situations perturbantes qui, jusqu’à maintenant, n’est pas totalement élucidée et dont on peut supposer qu’elle est (en partie) à l’origine de l’échec chinois.
Si l’on devait évoquer le début de la présente saison, on se doit de rappeler le coup de gueule du coach français qui s’était irrité d’une lourdeur en matière d’obtention du visa Schengen qui aurait fait rater à T. Makhloufi un stage au Portugal en compagnie des meilleurs coureurs de demi-fond français dont le coach à la charge. Un épisode qui a permis de dévoiler un certain nombre d’informations restées jusque-là confidentielles et qui furent livrées en pâture aux lecteurs d’un site français spécialisé en athlétisme avant qu’elles ne soient communiquées aux lecteurs algériens.


lundi 2 mai 2016

Préparation olympique (4), L’inefficacité de la FAA

E
n matière de communication, « la polémique Lahoulou » a montré le déphasage de la fédération algérienne d’athlétisme empêtrée à la fois dans un clash permanent de ses leaders et dans son incapacité, devenue malheureusement notoire,  à conduire à bon port la discipline.
Dans notre esprit, la « fédération » se limite à ce qui, organiquement, est le bureau fédéral élu (dont le mandat s’achèvera après les jeux olympiques de Rio, donc avant la fin de l’année civile en cours), aux cadres permanents, nommés par le ministère sur proposition de la fédération, qui sont les rouages essentiels du bon fonctionnement de l’instance et aux entraineurs des athlètes d’élite, ceux dont attend titres et médailles.
 Alors que la FAA est à la recherche d’elle-même et que la gestion quotidienne a été et est sans doute  encore perturbée par les problèmes de santé de son secrétaire général, des ligues (Bejaïa mérite que l’on salue les efforts fournis en matière d’organisation de compétitions nationales), des clubs, des personnes, avec le peu de moyens et de ressources dont ils disposent, réussissent  à faire parler de l’athlétisme…… sur les réseaux sociaux.
Bien sûr, à l’impossible nul n’est tenu, tout n’est pas parfait et ne correspond pas toujours à  ce qui est attendu. Mais, cela a au moins le mérite d’exister et de pallier à l’absence de couverture par la presse nationale absorbée par ce football-roi qui attire toutes les attentions. De donner un autre style à la communication qui s’en tient à ce qui intéresse expressément les dirigeants, les entraîneurs et les athlètes. Dire qui a fait quoi ?
La fédération s’est engagée sur le créneau de la facilité : reproduire les mêmes informations (avec quelques compléments informatifs) que les ligues en leur accordant le sceau de l’officialité. Sur ce plan, la ligue de la wilaya de Bejaïa a pris une avance certaine. Dès la fin des compétitions organisées sur son territoire de compétence, les résultats sont publiées sur Facebook devenu le support leader, celui accessible en tous lieux, à toute heure, sur tous les périphériques. Sur un autre réseau, la ligue de Constantine fait presque aussi bien. Malgré un décalage de 24 heures à 48 heures certainement dû à une question d’organisation. Pour les « abonnés » à ces réseaux, la communication est perçue dans une dimension unique, celle de l’immédiateté, du moment présent : le classement des athlètes, leurs performances et éventuellement des informations complémentaires  du genre records battus/égalés, minimas réalisés. Ce qui est l’essence même de l’information attendue.
Le site officiel de la fédération a, nous semble-t-il, une dominante administrative dans le sens où en plus de l’archivage numérique de la documentation proprement administrative (procès-verbaux de réunions, etc.), il propose les résultats des compétitions nationales organisées, sous sa tutelle, par les conseils de coordination régionales (sans statut légal auxquels on fait jouer la fonction de ligues régionales),  celles des challenges nationaux et de quelques classements nationaux réduits (sauf pour la classification des clubs) à sa plus simple expression (le Top 10 algérien). Soit une série de compilations de résultats dont le seul et unique objet (non négligeable, il faut le reconnaitre) est un simple enregistrement d’informations consultables sur un support moderne de communication dont l’intérêt pratique est de supprimer (sur le plan matériel) les cartons et armoires.
 L’instrument de travail, l’outil d’analyses le plus important des dirigeants, des techniciens et des journalistes éventuellement intéressés à la promotion n’est pas disponible. La FAA ne dispose pas (à l’instar des fédérations  d’autres pays et de l’IAAF) d’une base nationale de données qui puisse justement faciliter ces analyses. Comme si, ces analyses pouvant être gênantes, on s’était ingénié à parsemer d’embuches à surmonter.
Nous ne devons pas ignorer que l’informatisation de la fédération d’athlétisme est d’essence administrative. Le processus mis en place (ayant, selon toutes les analyses et apparences, l’objectif d’améliorer le fonctionnement administratif de l’instance) s’est doté et s’appuie sur un logiciel de traitement de texte et non sur un outil susceptible de conduire à cette base de données que tout le monde appelle de ses vœux et qui, à partir d’un résultat donné, d’un « clic », d’un lien, permettrait à tout un chacun d’obtenir les informations souhaitées, d’ouvrir d’autres horizons à la réflexion, ralentie et restreinte par la force des choses, à la constitution du corpus sur lequel s’adosse la recherche.

En un mot, l’efficacité est absente.