mardi 12 juillet 2016

Bataille des minima (4), Comprenne qui….pourra !

A
u moment où nous rédigeons cette chronique, la liste des athlètes retenus par la FAA et le COA pour la participation aux jeux olympiques de Rio n’est pas encore connue, n’est pas encore diffusée. La date limite de réalisation des niveaux de performances définis par l’IAAF est dépassée de quelques heures. Ceci nous amène à anticiper la décision finale algérienne.
Trois athlètes, dans les jours qui ont précédé la date et l’heure fatidiques du 10 juillet minuit, ont approché  sérieusement, les  minima posés sur la table par la FAA à l’intention des athlètes désireux d’être du voyage au pays de la samba et du carnaval. Amina Bettiche est à une seconde et quelques dixièmes du minima de participation du 3 000 mètres steeple olympique féminin. Malek Lahoulou et Miloud Rahmani  en sont à quelques centièmes (5 pour Lahoulou et 25 pour Rahmani) de celui du 400 mètres haies. Salim Keddar quant à lui est un peu plus éloigné de la marque que ne le sont ses compères.
Gageons, d’ores et déjà, qu’ils seront retenus et que leurs noms (en ce moment) figurent sur la liste des passagers qui seront à bord du vol en partance pour Rio. Comme le sont aussi incontournablement les leaders avoués et désignés de l’athlétisme national que sont Toufik Makhloufi et Larbi Bourraâda qui eux n’ont pas réalisés les minima sur les épreuves où ils seront engagés, le 1 500 mètres et le décathlon.
Ne nous voilons pas la face, cette liste, qui nous réconciliera un instant avec les autorités sportives, est le fruit, nous n’en doutons pas un seul instant, d’une compréhension extensive comme un élastique de ce mot inscrit dans le communiqué fédéral médiatisant les niveaux de performance retenus par la FAA : « confirmer ». Comme dans la posture des Byzantins et des théologiens de tous bords débattant inlassablement sur le sexe des anges, ce sémème a connu un glissement sémantique. Ce qui au départ, aussi bien dans les explications que dans la compréhension générale, était « réaliser à nouveau les minima » est devenu « s’en approcher ». 
Trop d’argent a été dépensé en stages, prises en charge de voyages et séjours, trop d’ambitions ont été hâtivement dévoilées pour que l’on envoie au Brésil qu’une délégation maigrelette. En effet, comment justifier auprès des pouvoirs publics, que le niveau de la représentativité nationale (16 à 18 athlètes) ne soit pas atteint ? Comment expliquer que malgré tous les moyens mis à disposition, seul un petit groupe figure parmi le « top 50 mondial » de leurs disciplines ?
Ailleurs, le processus de sélection est mûrement réfléchi. Les Français ont choisi des niveaux de performances qui, dans leurs esprits, permettraient à leurs athlètes d’atteindre les finales. Du moins des finales théoriques. Celle qui ne sont pas encore disputées mais transparaissent dans les bilans mondiaux expurgés de certains éléments, de certaines conditions de participation aux jeux (ou aux championnats du monde), tels que la limite de 3 athlètes par nation. Des finales dont on sait  pourtant qu’elles seront (du moins pour les courses) tactiques et donc éloignées des meilleures performances de l’année.
Dans d’autres pays, ceux où la population candidate à la participation est importante, des barrages, des écluses sont mises en place pour ne retenir que la super élite, celle qui concourt pour une médaille. Ce seront comme aux USA, en Jamaïque, au Kenya, en Ethiopie, ces fameux « trials », un genre de « Jugement Dernier » incontournable qui permet, lors d’une compétition décisive, couperet de choisir le trio (nous avons bien dit le trio, ce qui signifie que ces pays ont une possibilité très large de choix) retenu. Un juge de paix associé ou pas aux classements des championnats nationaux ou d’autres compétitions nationales ou continentales mettant ainsi dans les mêmes conditions tous les postulants au voyage. La Jamaïque, pointilleuse sur les aspects de droit hérités de la culture anglo-saxonne, a prévu une échappatoire, une exception à la règle générale : le dernier champion peut être repêché s’il figure dans le « top 3 mondial ».   
Chez nous, la certitude permet à certains d’échapper à ces contraintes procédurales imposées à d’autres. Pour dire vrai, nous avons ri dans notre moustache en lisant sur le site de la FAA que Lahoulou et Rahmani (qui viennent de participer à deux compétitions en quelques jours, s’approchant chaque fois des minima) seront présents aux championnats nationaux organisés après la date limite de réalisation des minima.
Note du rédacteur :

Au moment où nous nous apprêtons à publier  cette chronique  sur les réseaux sociaux (elle figure sur l’édition papier de ce 12 juillet 2016), nous apprenons (par la presse nationale) que l’athlétisme algérien sera représenté à Rio par 15 athlètes dont le quatuor (Bettiche, Lahoulou, Rahmani et Keddar). N’ayant pas pris connaissance de la liste des athlètes retenus, il  reste en suspens la liste des coureurs de 3 000 m steeple dont sera certainement exclu Zerifi, auteur du moins bon chrono. Wait and see !  

lundi 11 juillet 2016

Bataille des minima (3), La FAA joue et arbitre

La marque  de la FAA, dont le mandat expirera dans quelques mois, est que - chaque fois qu’elle s’engage dans une voie - elle se retrouve dans une impasse, une voie presque sans issue. Une situation qui inexorablement fait débat au sujet de son impréparation, par la manière dont les actions, les projets sont gérés. Disons que cela n’avait aucune incidence majeure (si ce n’est dans le landernau) tant que les responsables n’avaient pas eu la fabuleuse idée de communiquer à tout berzingue.

La fédération d’athlétisme collectionne les bévues. Ne soyons pas naïfs, la structure fédérale, depuis qu’elle existe, c’est-à-dire depuis le recouvrement de la souveraineté national, s’est toujours mise dans des situations pas possibles. Les polémiques ont toujours existé entre la main courante et les gradins du Sato, d’une part et les bureaux de la fédération d’autre part, entre le peuple de l’athlétisme et sa représentation qui ne fut pas toujours représentative de la vigueur de la discipline et des résultats. Un ancien athlète de haut niveau, devenu entraîneur, nous signale que la récolte de titres et de médailles (dans les jeunes catégories) des wilayas représentées au sein du bureau fédéral est quasi-nulle. Il est vrai que ce n’est pas un critère déterminant. Mais, il n’empêche que lorsque une ligue de wilaya n’est pas (ou est peu) représentée à un niveau de pratique qui n’exige pas beaucoup de moyens, son président ne peut prétendre au leadership national et  proposer un projet structurel porteur.

L’actuelle fédération joue avec les règles qu’elle s’est elle-même imposée. Elle aurait pu, après son revirement à propos des minima de participation aux jeux olympiques, se faciliter la besogne en retenant les conditions exigées par l’IAAF et atteindre sans effort les objectifs qu’elle s’est fixée en matière de représentation nationale. Le mal étant fait, la raison aurait voulu que l’on s’en tienne tout simplement, jusqu’au moment de la décision définitive, à respecter les règles du jeu. N’importe quel enfant de la pourtant désavouée école algérienne aurait été capable de concocter une pré-liste en respectant ces prérequis.

La fédération ne jouerait-elle pas à un jeu d’enfant dévoilé malencontreusement par une « erreur » que nous supposerons administrative ? Une erreur qui n’en serait pas une. La démonstration par neuf que les jeux étaient faits avant que la boule ne soit lancée. Larbi Bourraâda et Toufik Makhloufi doivent, contre vents et marées, participer aux jeux olympiques et remporter les médailles espérées, convoitées et….surtout (c’est le défaut d’une communication à outrance mal maîtrisée) annoncées dans tous les médias et dans toutes les instances du sport algérien. Il faut aussi justifier (c’est certainement le point le plus douloureux lorsque les rentrées financières sont en diminution et que l’on vit aux crochets du comité olympique) les milliards dépensés en faveur de ces deux athlètes.

Le jeu en vaut la chandelle et mérite toutes les entorses. Une explication possible à toute cette guéguerre incessante dans laquelle s’implique inlassablement, sur le terrain et dans les forums, l’incontournable Ahmed Mahour Bacha, dressé en ultime rempart à une série de revers communicationnels résultat d’une gestion improvisée faites de malhabiletés répétitives qu’il ne peut éviter.

L’entraîneur très controversé tire bénéfice des agitations qui perturbent le fonctionnement harmonieux de la fédération. Avec Philippe Dupont (le coach de T. Makhloufi), il est le seul entraîneur à faire ce que bon lui semble aussi bien sur le plan de la préparation de son athlète, de la participation aux compétitions qui sous d’autres cieux auraient été incontournables et de moyens que ses confrères n’obtiendront sans doute jamais. Bien qu’avec impétuosité (comme le fait avec une certaine adresse T. Makhloufi), en empruntant à la fois des chemins sinueux et proches d’un chantage très diplomatique, il sait, contrairement à la fédération, maîtriser sa communication.


Aujourd’hui, le débat a lieu dans les colonnes de presse. Dans quelques jours, quelques heures, il se déplacera dans un autre cénacle, au comité olympique qui devra officialiser la liste des participants proposés par la FAA. Une discussion biaisée, une décision déjà prise à moins d’un clash entre Amar Brahmia, l’un des coprésidents de la CPO, et le premier vice-président du COA (Amar Bouras) en position de décideur ultime en l’absence pour raison de santé du président élu (Mustapha Berraf). La FAA joue et compte les points, n’est pas qui veut Hamida joueur et juge.

dimanche 10 juillet 2016

Bataille des minima (2), Félicitations imméritées du MJS

L
orsque la FAA commet une bévue, elle est automatiquement suivie par une autre qui est celle produite par une rectification irréfléchie. Dans cette histoire de liste de "qualifiés", l’impair commis dans la liste initiale est de première importance. Il est suivi par un autre faisant suite à une rectification apportée  par un second communiqué. Ce dernier fait état d’une erreur qui serait né d’une confusion dans l’esprit des rédacteurs du premier communiqué qui aurait conservé en mémoire la sélection de Toufik Makhloufi sur le 800 mètres des championnats d’Afrique de Durban. Emis par une source éminemment officielle, le communiqué de la FAA  a été repris en l’état par toute la presse qui s’est toutefois interrogée sur ce changement de programme.

Le communiqué rectificatif ne pouvait guère changer les choses. Le mal avait été fait. Le lendemain du premier communiqué, à l’instar de ses confrères, le leader de la presse généraliste francophone estomaqué n’hésitait pas écrire que l’enfant de Madaure ne pourra pas défendre son titre olympique à Rio. On comprend….l’incompréhension du lectorat algérien ne sachant plus sur quel pied danser.

La presse s’est aussi interrogée sur l’énigme Larbi Bouraâda, la décathlonien maudit, chouchou de la fédération qui cette année n’a pas encore participé à un seul décathlon. Bien évidemment, il n’a  pas pu  accomplir le minima exigé pendant la période de référence de la FAA. Si Makhloufi a depuis début quelques chronos à son actif, Bouraâda, comme son compère, a fait défection aux championnats d’Afrique de Durban après avoir déclaré forfait à l’heptathlon programmé aux les championnats du monde indoor disputés à Portland, l’hiver dernier. Blessé au dos, il s’est retrouvé malgré lui, par la faute de son entraîneur, dans des histoires à dormir debout qu’il aurait certainement voulu éviter. Des accrocs qui ont sans doute conduit à la révélation de l’ »affaire Lahoulou ».

Comme le dit si bien notre confrère,  « Cette Fédération a creusé un trou et elle y est tombée ». Toutes les tentatives pour corriger une erreur entraînent quasi-automatiquement une série d’autres erreurs. En publiant cette liste d’ « athlètes qualifiés » qui ne sont, rappelons-le, en principe qu’une liste des athlètes ayant réalisé les minima, la fédération a inclus deux athlètes (Makhloufi, Bouraâda) qui ne répondent pas aux conditions qu’elle a elle-même défini, à savoir réaliser les minima exigés par l’IAAF au cours du premier semestre 2016. La preuve d’un manque flagrant de rigueur et d’équité. A moins que ce ne soit l’absence de coordination entre les structures de la FAA.

Nous observerons que cette liste ignore superbement des athlètes placés dans exactement la même situation (avoir réalisé les minimas au cours de la saison dernière et ayant échoué dans leurs entreprises depuis le début de l’année 2016) que nos deux sympathiques trouble-fêtes qui n’y sont pour rien et sont encore une fois embarqués contre leur gré dans des histoires qui les dépassent. Ce faisant, la fédération a commis un impair flagrant vis-à-vis  de Miloud Rahmani et Abdelmalek Lahoulou, les deux spécialistes du 400 mètres haies, d’Amina Bettiche, la spécialiste du 3000 m steeple et de Salim Keddar, coureur de 1500 m. On pourrait (comme le font allégrement les "amis" d’Amar Bouras et de Mahour Bacha) également imputer à la fédération la blessure de Saber Boukemouche (un autre spécialiste du 400 mètres haies) poussé impitoyablement à courir (jusqu’à la rupture) les meetings pour être en règle avec les conditions fédérales. Du point de vue de l’IAAF, tous ces athlètes peuvent prétendre à concourir aux jeux olympiques selon les règles qu’elle a dégagées.

La démarche de la FAA est ambigüe. Pire, elle est irrationnelle. La liste des « athlètes qualifiés » publiée comporte quatre coureurs de 3 000 mètres (Ali Messaoudi, Bouchicha Hichem, Zerrifi Abdelhamid et Bilal Tabti) ayant répondu aux exigences fédérales (chronos et période). Seulement, la fédération internationale ne permet d’inscrire que 3 athlètes par épreuves. A la limite peu importe, le communiqué de la FAA est destiné à la consommation nationale et ne l’engage en rien vis-à-vis de l’IAAF.
Le comble de l’ironie est que, quelques jours plus tôt, des membres du bureau fédéral avaient été reçus par le ministre de la jeunesse et des sports qui les avait félicités pour les efforts entrepris en vue de la  structuration de l’athlétisme algérien. Cet épisode malheureux incite à affirmer qu’il devait être bien mal en point.


samedi 9 juillet 2016

Bataille des minima, Les à-peu-près de la FAA

L
a fédération algérienne d’athlétisme semble trouver un malin plaisir à s’embourber dans des polémiques interminables. En fait, il semblerait qu’elle ne puisse s’en passer en les enfilant les unes après les autres comme le ferait un cancre avec des perles.

L’ « affaire Lahoulou » n’est même pas en voie d’être oubliée que la FAA fait l’objet d’une attaque médiatique de la part de l’organe de presse qui l’avait mise à la "une". Un quotidien qui ne la porte plus dans son cœur et dont le journaliste est en guerre déclarée avec Ahmed Mahour Bacha. Le quotidien est connu dans l’espace médiatique algérien pour être édité par le patron des patrons algériens, propriétaire d’un groupe de presse (proche des décideurs) - représenté aussi bien dans la presse écrite francophone et  arabophone  que dans l’audio visuel – qui est également un magnat de la construction, détenteur de nombreux marchés publics tant dans le domaine de la construction de stades (Tizi Ouzou) que des travaux hydrauliques  et routiers, un oligarque – selon ses adversaires politiques -  en charge en particulier d’une portion de la réhabilitation de l’autoroute Est-Ouest. C’est également ce groupe  qui a procédé à la mise à niveau de la RN 43 (Jijel-Bejaïa) et entreprend l’élargissement, sur la RN 9 (Bejaia-Sétif), de la route touristique dite la « route des gorges » du côté de Kherrata.

Cette fois-ci, le débat semble être engagé sur la question des participants aux jeux olympiques de Rio et sur ce qui semble être un passe droit évident et, pour corser le tout, de la mise œuvre d’une politique de « deux poids et deux mesures ». Comme trop souvent malheureusement, il s’avère qu’il s’agit encore une fois d’un de ces ratages communicationnels que la fédération semble apprécier à plus d’un titre ou d’un de ces ballons sondes destinés à tester la réactivité du public dont certains milieux sont friands.

Cette polémique a débuté il y a quelques jours, après la réalisation des minima de participation aux jeux olympiques, qui se disputeront au mois d’août prochain, par deux athlètes (Ali Messaoudi puis Yassine Hathat). Ces deux performances ont incité la fédération à publier (certainement dans le cadre de sa politique de communication), à la fois sur son site et sa page Facebook, la liste « des athlètes qualifiés ». Cette liste est, contrairement à ce qui est pompeusement annoncée, la liste des athlètes ayant réalisés, pendant la période définie par elle (1 janvier 2015-10 juillet à minuit), les niveaux de performance exigées par l’IAAF et deux autres athlètes.

Nous noterons que cette publication n’est pas la première bavure de la fédération. En début de saison, elle  avait fait connaitre d’autres standards. Puis, elle était revenue sur sa décision tout en maintenant la période de réalisation de  ces performances antérieurement publiée. Une période qui, précisons-le, ne correspond pas à celle retenue par l’instance faîtière de l’athlétisme prenant en considération les performances établies à compter du 1er mai 2015. Nous dirons que, comme trop souvent et dans de nombreux secteurs d’activités, la fédération a voulu apporter son grain de sel, sa spécificité. Une sorte de label national.

La première liste d’athlètes ayant réalisé les minima selon les conditions définies par la FAA (malgré son appellation) était conforme aux performances établies pendant la période de référence (à compter du 1er janvier). C’est ainsi que Taoufik Makhloufi était porté sur le 800 mètres. La seconde, plus récente retire T. Makhloufi du 800 et le porte sur le 1 500 mètres. La distance qui l’avait vu remporter la victoire en 2012  et sur laquelle il espère conserver le titre olympique décroché à Londres. Sauf que (c’est là où le bât blesse, permet à notre confrère de relever cette bévue et, à juste raison, prendre à défaut la fédération) Taoufik n’a pas couru de 1 500 depuis la fin de la saison dernière. Il n’a participé qu’à des 800 et des miles. Cette distance (le mile) n’est pas répertoriée sur la liste des performances minimales exigées par l’IAAF.     

Ainsi que le note notre confrère « la Fédération algérienne d’athlétisme (FAA) est tombée dans son propre piège ». Il peut donc s’en vanter par un claquant : « on l’avait prédit ». Il se fait aussi une joie de rappeler que, dans une interview que lui avait accordée en début d’année le champion olympique, Makhloufi avait informé « qu’il comptait bien défendre à Rio son titre olympique du 1 500m ». Un choix confirmé dernièrement par son coach français Philippe Dupont.


lundi 4 juillet 2016

De Mahour Bacha à Jama, Sur la même ligne de départ

L
es liens, les relations pouvant exister entre Mahour Bacha et Aden Jama n’ont jamais été prouvés. Le seul qui soit plus ou moins tangible est ce commentaire que nous avons reçu via Facebook. Un témoignage suspect présentant toutes les caractéristiques de la manipulation, d’une mise en scène dont le concepteur serait Dadi en personne, perçu comme un nouveau Machiavel. En tous cas, ce qui n’est pas rien, le deus ex-machina, l’éminence grise de la fédération algérienne d’athlétisme. Ce qui est peut être lui donner beaucoup d’importance.

Nous noterons (il faut le dire clairement) que Mahour Bacha est soupçonné (essentiellement par ceux qui ne le porte pas dans leurs cœurs) d’être la cheville ouvrière du dopage dans l’athlétisme algérien. Ici, à nouveau rien n’a été prouvé, démontré. Le pourrait-on d’ailleurs dans cet univers glauque, manquant de transparence (ainsi qu’il se doit dans les milieux marginaux) et où la loi du silence est la règle ?

A son encontre, on retiendra qu’il fut l’entraîneur de Zahra Bouras et qu’il serait encore celui de Larbi Bourraâda (qui aujourd’hui bénéficierait de tout le soutien technique, de tous les moyens financiers, de toutes les facilités de la part des instances sportives en vue de l’obtention d’une médaille olympique avec en particulier deux entraîneurs à sa disposition avec un partage des charges laissant comprendre que l’un exerce au Sato et l’autre œuvre au cours des stages à l’étranger) qui sont deux athlètes convaincus à l’étranger (précisons-le car une analyse positive en Algérie aurait, sur la base des déclarations faites il y a quatre ans, tourné à la foire d’empoigne) de dopage et suspendus durant deux années (juin 2012- juin 2014). De toute évidence, Mahour Bacha attire les jalousies, les polémiques interminables. Il serait le démon personnifié de l’athlétisme algérien.

C’est quasiment le même portrait qui peut être dressé d’Aden Jama. Un drôle de personnage lui aussi. Un athlète somalien expatrié dans sa jeunesse aux Etats-Unis devenu entraîneur sans grande envergure en Grande Bretagne avant de briller de mille feux sur les stades de la planète en collectionnant titres mondiaux, olympiques, continentaux et d’innombrables médailles des trois couleurs avec un groupe cosmopolite d’athlètes, essentiellement africains et comportant beaucoup de binationaux.

Selon la presse internationale spécialisée, Aden Jama serait un excellent découvreur de talents. Il explore avec un certain succès les terres fertiles du demi-fond et fond. Au Maroc, au Kenya, en Somalie, en Ethiopie, à Djibouti. Des régions d’Afrique où la course à pied est comme une seconde nature, où le potentiel existe et n’est pas exploité à bon escient. Des pays aussi disposés à faire des folies, prêts à dépenser sans compter pour enrichir leurs collections de médailles, pour présenter de belles images sportives et redorer leurs images politiques.

Aden Jama, le globe-trotter, a jeté présentement l’ancre au Qatar. Une microscopique pétro-principauté qui veut se faire une place dans le concert des nations en surenchérissant sur tout ce qui peut faire l’objet d’acquisitions, une sorte de consumérisme du pauvre devenu subitement riche. Quelque fois en utilisant des moyens déloyaux. Un micro Etat qui s’est introduit dans l’événementiel sportif en organisant toutes les compétitions mondiales (elles aussi avides de ressources et peu regardantes sur leurs provenances) susceptibles de booster, dans le bling-bling, son aura.

Grand voyageur, Aden Jama est partagé en trois lieux : le Qatar où il est en charge de l’équipe nationale de demi-fond et de fond, l’Ethiopie pour la préparation hivernale en altitude et l’Espagne où il a installé ses quartiers de l’été. Ce mode de vie il l’a peut être adopté pour perpétuer l’existence du nomade peut être tapi dans son hérédité, pour plagier sans doute celles des membres des cours royales et princières moyennes orientales estivant en Europe et sans contestation aucune celle des membres du grand cirque athlétique posant son chapiteau dans toutes les contrées de la planète où l’argent coule à flots. Aden Jama est atteint de bougeotte.


Nous avons eu à l’écrire dans cet espace, Aden Jama a rejoint Mahour Bacha dans les annales du dopage. Sur ce plan, l’équité est indéniable. Dans la même opacité qui les enveloppe, comme Mahour Bacha, Aden Jama comptabilise à son compte deux athlètes dopés, deux athlètes marocains eux aussi expatriés et détenteurs de  double nationalité : franco-marocaine pour Laila Traby et qatari-marocaine pour ce qui concerne Hamza Driouch.       

dimanche 3 juillet 2016

De Zahra à Mahour Bacha (4), Les kinés en première ligne

L
a mise en scène qui nous est proposée par "notre" ami le lanceur d’alertes est d’une telle richesse, d’une telle complexité qu’elle ne peut tenir la route que si des témoins sont présents pour confirmer ces faits sortant de l’ordinaire mais paraissant en même temps si communs puisque Ahmed Mahour Bacha serait bien introduit dans les rouages de l’organisation Jama. Il en serait, selon ce récit rocambolesque, un auxiliaire, l’exécuteur des basses œuvres et pourquoi pas l’entremetteur.

Ce témoin existerait. D’après "notre" lanceur d’alertes, il aurait été le kiné de la délégation algérienne (désigné par un nom et un prénom, Djarech Salim – ce qui pourrait être un élément de confirmation ou d’infirmation pour les Algériens présents sur le site pékinois - pour donner certainement plus de vraisemblance à ce scénario) présente à Pékin qui aurait pris l’athlète « en flagrant délit (…) en train de sortir de la chambre de Dadi ». Cette intrusion d’une personne étrangère  dans l’espace dédié à la délégation algérienne aurait été signalée aux responsables de la délégation qui lui aurait intimé l’ordre de se taire.

Le  lanceur d’alertes est (dans sa narration de ce qui devient scoop) plus trivial. Il écrit en effet que « ceux-ci lui ont dit de fermer sa gueule », une formule qui correspond, si notre mémoire ne nous fait pas défaut, à la démarche diplomatique et au sens de la communication que l’on connait de Mahour Bacha lorsqu’il sort de ses gonds ou du président de la fédération (présent sur le lieu de la fête mondiale de l’athlétisme). Celui-ci devait être hors de lui. Il avait vu, quelques heures avant l’ouverture de la compétition, sa candidature à l’instance faîtière de la discipline rejetée par ses pairs, membres de l’assemblée générale de l’IAAF. On sait que lorsqu’il est acculé dans ses derniers retranchements, lorsqu’il est exaspéré, sa civilité disparait comme neige au soleil. Appelant à « entrer en guerre contre le dopage en Algérie », le lanceur d’alertes n’y va pas par quatre chemins. Il invite à faire témoigner le kiné de la délégation algérienne. A qui s’adresse cette invitation, a été la question que nous nous sommes posés.

Nous l’avons dit ce "post"  (il faut garder cela en permanence à l’esprit) possède tous les éléments constitutifs d’une manipulation. Un exercice dans lequel, selon des notables sérieux de l’athlétisme national et dont la grande majorité  n’est pas de surcroit concernés par les polémiques qui l’agitent, Ahmed Mahour Bacha serait de première force.

Ce "post" date d’il y a quelques mois (mi-mars 2016). Il y a quelques jours, lors de « l’opération Rial » menée par les policiers et douaniers catalans avec l’aide de  6 médecins de l’IAAF, trois personnes ont été interpellées (puis interdites de quitter le sol espagnol) dans la région barcelonaise : Aden Jama, un athlète qatari originaire de Somalie, le même pays de naissance que son coach, ainsi qu’un kiné marocain (Mounir Ouakir) dont il se dit (toujours sur ce Facebook déliant, pas toujours comme il se doit, les langues) qu’il aurait exercé ses talents avec l’équipe nationale algérienne.

Encore une confusion possible s’ajoutant à celle née de la proximité d’athlètes algériens dans la périphérie de Barcelone, la possible présence des Algériens sur le camp d’entrainement et le lieu d’hébergement dont dispose le groupe Jama (Bettiche, Hathat, Belferrar), l’annonce par la presse généraliste nationale de deux cas possibles de dopage concernant deux coureurs de demi-fond dont un sélectionné pour les J.O.


La polémique a enflé. Les athlètes algériens, dont on dit (pour leur défense) qu’ils sont logés dans un autre hôtel que celui envahi par les forces de l’ordre, auraient été filmés s’entraînant avec les athlètes de Jama et figureraient en outre sur une liste d’athlètes "officiellement" coachés par Aden Jama (faisant de Benida un simple faire-valoir, un assistant de Jama chargé de faire d’appliquer et de respecter un programme d’entraînement) auraient été priés par les médecins de l’IAAF de subir le contrôle anti-dopage. 

samedi 2 juillet 2016

De Zahra à Mahour Bacha (3), Nombreuses coïncidences

F
acebook, sans le vouloir, rapproche les gens, dévoile des proximités. Le village planétaire dont on nous assomme depuis plus d’un demi-siècle est bien là, matérialisé par ce réseau social. La preuve ? Le 24 juin dernier, Mahour Bacha publie une photo. Il est en compagnie de Benida, avec en arrière-plan ce qui serait le port de Barcelone. Rien de bien extraordinaire à tirer de cette photo. 

Si ce n’est que Mahour Bacha, à cette date-là, est censé être au Portugal avec « son » athlète Larbi Bourraâda qui, après avoir déclaré forfait (sur une blessure au sujet de laquelle « Faa Ahmed » ironise par une allusion au meldonium, ce produit inscrit sur le répertoire des produits dopants depuis le mois de janvier 2016)  pour les championnats du monde en salle de Portland, fait à nouveau faux bond en ne participant pas aux championnats d’Afrique de Durban sous le prétexte de se préparer pour les championnats du monde et rattraper le retard accumulé cet hiver.  

Amar Benida (époux et entraîneur de Nouria) est là où il doit être. A Barcelone, en stage à Barcelone avec son groupe dont deux éléments (Hathat et Belferrar) connaissent le groupe d’Aden Jama qu’ils ont eu à côtoyer cet hiver pendant quelques semaines et qu’ils côtoieraient pendant la durée de ce énième stage organisé pratiquement dans les jupons de Jama. Ce sont eux que Dadi aurait introduit auprès de Jama.

Nous sommes (ne l’oublions pas) en pleine « affaire Jama » qui se manifeste par une perquisition d’un hôtel de Sabadell  par les forces de police et de douanes de la Catalogne. Dans cet hôtel est logé le groupe d’entraînement de l’entraîneur américano-somalien qui y a ses habitudes et en a fait sa base d’entraînement en Europe. La perquisition se conclue par trois interpellations et un contrôle anti-dopage d’une trentaine d’athlètes présents sur les lieux et la saisie de produits et de seringues usagées et d’autres prêtes à l’emploi.

 Amar Benida est incontestablement et indirectement  éclaboussé par l’ « affaire Jama ». En plus du fait que ses athlètes (Hathat et Belferrar) se soient entraînés cet hiver en altitude, en Ethiopie avec le groupe de Jama, un titre de la presse nationale indique que  deux coureurs de demi-fond algérien auraient été contrôlés positifs par l’agence nationale de lutte contre le dopage. Les noms ne sont pas communiqués. Mais, l’un d’entre eux aurait réalisé les minima de participation aux jeux olympiques. A nouveau, une coïncidence nauséabonde. Le nombre d’athlètes de demi-fond ayant réalisé ces niveaux de performances est restreint. D’autres athlètes peuvent être dopés mais la proximité dirige les soupçons. Attendons les résultats des analyses complémentaires ( ?) annoncés.

 "Notre" ami  internaute rappelle (sans y prendre garde) la dualité de statut entre les athlètes de Benida et Amina Bettiche qui venait de se séparer de son entraîneur habituel et qui, selon les informations circulant alors, serait sur le point de rejoindre le groupe d’athlètes de Jama. Cela n’est pas dit (on peut cependant interpréter les silences) mais on peut  envisager que la participation de Bettiche s’inscrit dans une organisation bien huilée (du côté de Jama) que nous verrons prochainement. Avec la bénédiction de la FAA.

La troisième "information", prenant la forme d’un scoop, est celle relative aux relations particulières qui auraient existé entre un athlète somalien entraîné par Aden Jama et Mahour Bacha. Notre "ami" lanceur d’alertes est apparemment bien informé. On suppose que, comme dans un roman d’espionnage, il est au premier rang. Tout près de Mahour Bacha, le suivant pas à pas dans tous ses déplacements, écoutant ses discussions, enregistrant ses propos, le filmant à son insu.
"Notre" ami est donc là lorsqu’il se passe quelque chose inhabituel. Du genre des rencontres nocturnes entre Dadi et le « Somalien Souleyman médaillé mondial sur 1 500, l’athlète de Djamaa » dont « Faa Ahmed » nous dit qu’il « passait chaque nuit dans la chambre de Dadi à Pékin pour se faire "soigner " ». Aujourd’hui que l’on connait les talents multiples d’Ahmed Mahour Bacha dévoilés par Zahra Bouras et son implication (à déterminer) dans les cas de dopage de ses poulains (Bouras et Bourraâda), on en conclue (peut-être un peu trop rapidement) que « se faire "soigner" » signifie se rendre dans la chambre de Dadi pour y recevoir sa dose (ou sa micro-dose, il semblerait que, selon la littérature récente sur le sujet, ce soit la nouvelle tendance pour l’EPO) de produit régénérant. Ce produit disparaissant rapidement, sans laisser de traces dans l’organisme, mais aidant à se hisser sur le podium.