lundi 23 janvier 2017

Polémiques (90), A Aden les honneurs

Lorsque l’on analyse la trajectoire de Makhloufi et de Bouraâda et les polémiques qu’ils trainent, l’entourage des deux athlètes n’est pas exonéré de tout reproche. Leurs proches ont montré leur incompétence et leur incapacité à monter la structure d’accompagnement de leurs poulains dans un contexte de libéralisation économique et juridique permettant le professionnalisme prévu par la législation nationale.
Les entraîneurs, les dirigeants sont restés enfermés dans les dogmes du…. socialisme spécifique se parant de quelques attributs de l’économie de marché. Des attributs (sponsoring des opérateurs économiques publics et maintenant privés) qui, nous avons cru comprendre, ont été laissés, quant à leurs utilisations, à la libre appréciation des entourages des athlètes. Des fonds publics pour une utilisation privée. Avec une remise au goût du jour des critiques qui ont accompagnées la carrière de manager de Brahmia.
Le temps s’écoulant inexorablement, l’être humain à tendance à oublier. On attribue, le titre de champion olympique et tous les honneurs à Aden Djamaa en occultant (grâce à cette passivité qui nait de la paresse intellectuelle) que, en cette année olympique 2012, les records personnels de Makhloufi (autre élément d’évaluation de la progression et de la valorisation d’un athlète) ont été établis au mois d’avril. Avant le changement d’entraîneur.
Nous connaissons tous le raccourci discursif qui a cours dans les milieux de l’athlétisme. Celui qui fait qu’en signalant un chrono on omette les centièmes et les dixièmes de secondes. Lorsqu’il rejoint Aden, Makhloufi avait déjà été chronométré à 1.43 au 800 et à 3.30 au 1500. Des chronos qui résonnent élogieusement dans l’esprit des observateurs.
Avant d’intégrer son nouveau groupe d’entraînement, Toufik Makhloufi a nettement progressé. Le titre de champion d’Afrique et les chronos pour les entraîneurs algériens (Brahmia ou un autre entraîneur). Le titre olympique (plus marquant, plus glorieux) pour Aden qui récupère le travail fait sous la houlette des Algériens.  Car, il faut en convenir, ce n’est pas en trois-quatre mois que l’on progresse. Surtout pas avec le coaching d’Aden dont nous verrons plus tard (dans une autre situation) l’approche relationnelle avec les athlètes. Le chrono n’est pas le titre !
En 2012, le profil sportif de Makhloufi a mué. Courant régulièrement sur les deux distances (800 et 1500), il s’est orienté progressivement vers le 1 500. Sur 800, la progression se compte en dixièmes. Sur 1 500 par secondes entières.  Notons également que dans l’esprit des sportifs installés devant la télé, le 1 500 est plus évocateur. Porteur de titres mondiaux et olympiques.
Le changement de groupe d’entraînement est incontestablement une forme de reconnaissance internationale des capacités de Makhloufi. Le groupe du coach d’origine somalienne regroupe quelques-uns des meilleurs coureurs mondiaux de moyenne distance. Mieux, il recrute parmi les espoirs de la course de demi-fond.
Le « groupe Aden », rejoint par Toufik Makhloufi à la fin du printemps 2012, est un groupe d’entraînement controversé. Aussi dérangeant que peut l’être le « groupe Alberto Salazar » du « Nike Oregon Project ». De ces deux groupes émanent les relents très forts de pratiques litigieuses.
Le piratage de la base de données de l’AMA (juste après les JO de Rio) montrera que les athlètes du « NOP » sont des adeptes des AUT (Autorisation à usage thérapeutique de produits médicamenteux interdits aux sportifs) considérés comme une forme légalisée de dopage. Quant à Aden, un des athlètes qu’il entraîna (Hamza Driouch) a été suspendu en raison d’anomalies sur son PBA (passeport biologique d’athlète). D’autres athlètes qui furent proches du groupe (entraînés à distance) ont également été suspendus.
C’est certainement cette appartenance à un groupe sulfureux (marginal à tous points de vue) qui a donné naissance aux commentaires acerbes qui ont accompagné la médaille olympique de 2012.

0n y ajoutera pour bien faire, la gestion désastreuse de sa participation aux courses du 800 et du 1500 olympiques. Une conduite qui a conduit à enrichir le lot de médisances médiatiques internationales. Une gestion catastrophique, aléatoire que l’on a imputé à l’encadrement fédéral mais qui pourrait (à la lecture des péripéties ayant accompagné sa participation aux jeux de Rio et à d’autres manifestations sportives sous les couleurs nationales) être le résultat de l’ascendant qu’il a pris sur tous les gestionnaires du sport. Le président de la fédération n’a-t-il pas déclaré (toute honte bue) que Makhloufi est ingérable ?

dimanche 22 janvier 2017

Polémiques (89), Exit le patriotisme sportif

Rien n’a filtré sur les motivations qui ont conduit à ce changement de groupe d’entraînement, ce passage du « Groupe Brahmia » au « Groupe Aden » qui demande pourtant à être compris. Etrangement, le patriotisme sportif (et l’excellence supposée du personnel d’encadrement sportif) prend un coup sévère. Makhloufi passe sous la coupe d’un entraîneur étranger (absent du sol algérien) avec la bénédiction des autorités qui consentent à la signature d’une convention de…partenariat.
 Amar Brahmia, au sortir des jeux olympiques de Rio, interpellé par des journalistes avides de ce sensationnel que l’on trouve à profusion dans l’ambiance de guerre déclarée entre la CPO et la FAA, entre Mahour Bacha/Bouras et Brahmia/Berraf, eut une réponse sobre (s’inscrivant en droite ligne dans le positionnement des autorités politiques) aux déclarations tonitruantes du (maintenant) triple médaillé olympique (médaille d’or du 1500 de Londres, deux médailles d’argent des 800 et 1 500 de Rio). Il rappela seulement qu’il lui avait cru en lui, qu’il lui apporta son soutien. En le faisant signer au GSP et il l’amena (sans que cela ne soit explicitement dit) à quitter le club des pompiers de Souk Ahras. Comme les autres responsables sportifs, Brahmia en première position refusa « d’entrer en conflit avec les athlètes ».
Il laissa évidemment le grand public (informé que le GSP, ayant pris la succession du MCA, filiale omnisports de Sonatrach, n’est financièrement pas démuni) sur sa faim avec la possibilité de décrypter le sous-entendu qui nait implicitement du passage fulgurant d’un club d’une ville frontalière au club phare du pays.
Sans y prendre garde, en revenant rapidement sur l’histoire récente de Makhloufi, nous nous retrouvons au cœur des rouages et des mécanismes du système de la « captation d’athlètes ». Une démarche qui est la marque de l’athlétisme (et du sport) algérien. Au-delà de cet aspect, nous observerons qu’avec tous les moyens mis à sa disposition (ceux du GSP/Sonatrach et de la fédération/MJS), Makhloufi a atteint un niveau très appréciable de la hiérarchie internationale accompagné d’un titre continental sur une distance où les Africains dominent.
Selon des indiscrétions, la pierre d’achoppement, la naissance des dissensions (entre Brahmia et Makhloufi) serait née des difficultés à intégrer le coureur dans les rangs de la compagnie pétrolière. Pour les sportifs (autres que les footballeurs) les temps sont durs. Très durs.
Notons que la rupture entre la Sonatrach/GSP et Makhloufi est antérieure à l’exacerbation apparue avec le décret exécutif interdisant aux clubs amateurs le versement de salaires et d’indemnités à partir des subventions accordées par les collectivités locales et les démembrements de l’Etat.
Le profil de Makhloufi présente de très grandes similitudes avec ceux de Hassiba Boulmerka et Ali Saidi Sief et aujourd’hui de Larbi Bouraâda. Pour ces athlètes au parcours scolaire réduit au minimum légal, la pratique sportive est un ascenseur social. La réussite sociale passe obligatoirement par la réussite sportive. Malheureusement, pour Bouraâda et Makhloufi le contexte juridique, légal a été modifié dans les textes tout en s’accrochant, comme le lierre sur un mur, dans l’esprit des sportifs.
La « Réforme sportive » n’est plus…..depuis 1990. Quasiment avec l’éclosion de Hassiba Boulmerka et de Noureddine Morceli qui, on oublie trop souvent de le dire, n’intégra le giron des ASP qu’après Tokyo et le titre de champion du monde du 1 500 mètres. Dans une tentative de récupération sportive et politicienne. Souvenons-nous que Noureddine a quitté le territoire national au début de l’hiver préludant la saison 1988-1989. Il passait  junior 2ème année. Il avait choisi de vivre la difficulté du rêve américain tandis que d’autres choisirent la facilité du rêve algérien.
Le clash entre les  responsables sportifs d’une part  et Makhloufi  d’autre part, serait la conséquence de l’incapacité des premiers à garantir son avenir en raison d’un profil peu avantageux. L’austérité frappait aussi aux portes.

Nous remarquerons qu’il est possible d’établir un autre rapprochement que beaucoup n’apprécierons pas. A juste raison d’ailleurs. Ce quatuor a été confronté aux pratiques sportives interdites (dopage). Le duo Saidi Sief et Bouraâda a été contrôlé positif alors que le second (Boulmerka et Makhloufi) fit l’objet de fortes suspicions véhiculées à la fois par les médias internationaux et les dirigeants et entraîneurs du terroir.

samedi 21 janvier 2017

Polémiques (88), Le silence hivernal de T. Makhloufi

Ne soyons pas dupe. L’athlétisme n’est pas le football. Une vérité que le marquis de la Palice n’aurait certainement pas reniée.  Il est incontestable que ces deux disciplines sportives ne produisent pas la même ferveur dans le public. Au point que, dans notre pays (comme dans beaucoup d’autres sur la planète et presque autant qu’en cette Amérique latine servant de référence) il est devenu un aspect non négligeable et incontournable de la  vie sociale, de la paix sociale dans un contexte de professionnalisme prétendument  orienté vers le secteur économique privé (mais dont les besoins financiers insatiables sont satisfaits via les subventions publiques), le football a remplacé la religion dans la citation que l’on attribue à Karl Marx. Celle qui affirme que la « religion est l’opium des peuples ».
L’athlétisme n’intéresse le grand public (et la presse modulant cet intérêt) qu’à l’approche des grands événements internationaux. En ces moments-là, la discipline, reine du mouvement olympique, vibre dans nos médias et dans nos pensées de supporters chauvins. La morosité ambiante peut être secouée par l’espoir d’une médaille que les vaillants athlètes de demi-fond sont en capacité de remporter.
Ce sont ces athlètes qui ont remporté des médailles d’or ou d’argent aux championnats du monde ou aux jeux olympiques et font briller la course à pied. Alors, peu importe le flacon (football ou athlétisme) pourvu qu’on ait l’ivresse, ce sentiment éphémère de bonheur extatique qui fait descendre dans les rues des villes une population désireuse d’exprimer une joie passagère, futile et fugitive.
Cet hiver, la mer athlétique, sur la côte algérienne, a été calme. Très calme. Après la tempête médiatique qui a marqué l’année 2016, qui a précédé, a accompagné et suivi les jeux olympiques de Rio de Janeiro, les vagues propices à la pratique du surf et la houle tumultueuse qui fait tanguer les plus solides des navires de guerre s’en sont allées s’étioler on ne sait où. La mer est d’huile.
Rien à se mettre sous la dent. Pas le moindre scandale. Bien que le renouvellement de plusieurs ligues de wilaya ait fait un peu jaser avec des recours qui mettent en cause l’instance locale (et nationale) de régulation et montrent du doigt des pratiques électorales (déjà vues par ailleurs) établissant que les valeurs éducatives et la notion de service public ne font plus partie du répertoire des dirigeants sportifs.
Ce n’est qu’un début avant le grand déballage annonçant les AG de la fédération. Certainement, le calme avant la tempête, ou plutôt l’ouragan dévastateur. Un déballage qui sera certainement endiablé, débutant par des nouvelles, des informations, des rumeurs sur fond de surfacturations, d’attributions illicites de marchés dit publics, de trous dans la comptabilité de quelques ligues et de la fédération.  En attendant, l’athlétisme se morfond dans un silence imposé.
Toufik Makhloufi a été, ces dernières années, celui qui (en période de frimas) donnait un semblant de vie à cette discipline qui n’attire guère l’attention. Au cours des deux précédents hivers, Toufik Makhloufi a brisé la monotonie déprimante que même les résultats des cross du challenge national  n’ont pas fait frissonner. Nous plagierons donc Victor Hugo dans son évocation de la bataille de Waterloo, en nous écriant « Athlétisme, morne plaine ! ».
Makhloufi est celui que l’on attend en toutes circonstances. A ce titre, il a fait la « Une » des rubriques  sportives avec ses diatribes contre la gouvernance sportive, au sens large du terme. Il n’a pas attendu Rio pour se faire entendre de qui de droit.
Lorsque l’on dépasse l’analyse factuelle des déclarations volcanique du coureur placé sur le trône du Champion-Roi, on prend acte qu’en fait c’est toute l’olympiade qui pour lui n’a pas été sereine. On pourrait presque dire qu’elle fut à l’image de la fin de la précédente (Jeux de Londres 2012). Alambiquée.

Au printemps 2012, alors qu’il vient de remporter un titre africain, synonyme d’une probable future bonne performance à Londres avec les moyens locaux mis à sa disposition, ceux essentiellement du GSP et du « groupe de Brahmia », Makhloufi laisse tout tomber pour rejoindre le « groupe Aden Jama ». 

jeudi 19 janvier 2017

Polémiques (87), Les griefs de Bouraâda

Selon ces discours que, souvent on retrouve dans les commentaires sur Facebook et qui sont repris en partie par Larbi Bouraâda, les membres de la Fédération sont considérés comme faisant partie « en principe des enfants de la discipline » avec un en principe qui aurait tendance à les en bannir.

Ce discours est maintes ressassé, en particulier lorsque « les enfants de la discipline », restant à identifier, veulent en chasser les « bouchers et les boulangers » (insulte suprême dans leur jargon) qui seraient les représentants d’une pratique athlétique commerçante et commerciale et qui aurait investi la discipline. Une pratique qui serait, dans ce milieu devenu interlope, celui des groupes (entraîneurs, dirigeants et athlètes) attirés, préoccupés par la quête et la conquête de l’euro.

Dans le discours de Bouraâda, les membres de la FAA, parce qu’ils appartiennent justement « à la  famille » sont sensés bien connaitre « les exigences du haut niveau ». On ne sait par quel  revirement, Larbi Bouraâda s’est inscrit dans un registre proche de la dérision. Ceux qui devraient être des soutiens inébranlables et inconditionnels seraient en fait des freins.

Selon lui, ce sont ces comportements qui empêche de « de gagner des médailles aux JO, malgré la  présence de talents». Bien évidemment, nous devons comprendre qu’il fait partie de ces talents dont on doit prendre soin.

Le décathlonien algérien en a gros sur le cœur.  Il en a plus qu’assez de l’improvisation : « À l’approche d’un événement sportif, on court à gauche et à droite et on tente de préparer l’athlète à la dernière minute ». Il en profite pour pousser un cri de rage, certainement partagé par beaucoup d’acteurs de l’athlétisme algérien : « Nous sommes très loin du niveau mondial ». En matière de planification de la préparation, oublie-t-il de préciser. Parce qu’ils  auraient le potentiel, les capacités, les qualités pour atteindre ce niveau.

On serait tenté de le croire si, pour illustrer les manquements fédéraux, il n’avait pas évoqué les problèmes rencontrés  pour avoir à ses côtés son entraîneur-adjoint Hocine Mohamed. Un entraîneur évincé lors du retrait récent de son entraîneur de toujours.

Bien qu’il n’ait pas réussi le challenge que l’on pronostiquait, celui de décrocher une médaille olympique, Larbi Bouraâda se dit  « (…) très content de ma performance, ce n’est pas chose facile de se classer dans les cinq premiers aux JO ». Avant de ressortir l’argument du « manque de moyens et de compétition ainsi que la blessure m’ont empêché de réaliser mon objectif ». On sait ce qu’il en est.

La rengaine qui a cours dans l’athlétisme algérien est connue de tous. Elle est celle qui contient la formule magique que prononcent régulièrement les « sorciers » de la discipline et du mouvement sportif national : « avec plus de soutien et d’encouragements ».
Avec cette incantation concluant généralement l’échec, il est certain que Larbi  Bouraâda aurait titillé le champion olympique, l’Américain Ashton Eaton. Un rêve éveillé qui aurait pu devenir réalité avec une prise en charge plus sérieuse qu’elle ne l’a été, qu’elle ne l’est actuellement.

 C’est pour cela que via les média, il interpelle les pouvoirs publics : « J’ai besoin d’aide de la Fédération, des moyens pour travailler et progresser. Je veux des moyens de récupération et du matériel d’entraînement. Je veux aussi disposer d’un kinésithérapeute, c’est la moindre des choses pour un athlète de l’équipe nationale ».

Le cri de Larbi Bouraâda est assourdissant. Il retentit dans un univers où les athlètes sont sous perfusion permanente. Eternels assistés. En l’écoutant, il nous revient en mémoire des narrations sur les vies estudiantines contemporaines d’athlètes de toutes nationalités recoupant celles de champions algériens  racontant leurs vies sur les campus universitaires américains. Sans soutiens et les petits boulots dans les cafétérias du collège obtenus grâce à l’entraîneur.

Serions-nous amener à un mea-culpa ? Toute l’aide multiforme reçue de la fédération, du comité olympique, du ministère serait-elle illusoire ? Que doivent dire les autres athlètes de l’équipe nationale ? L’athlétisme algérien est véritablement déroutant !

A Rio, seuls Makhloufi et Bouraâda ont pu bénéficier des services de la voiture officielle. Ils ont été les seuls également à avoir eu recours aux prestations de la clinique italienne de Técarthérapie. Etrangement, Bouraâda, pendant la durée de son épreuve, avait à sa disposition un kinésithérapeute qui s’est déplacé jusqu’à cette clinique. Makhloufi en avait deux !

Sans le vouloir,  Larbi Bouraâda a dévoilé la gestion de l’excellence athlétique, le fonctionnement du haut niveau par la fédération.


mercredi 18 janvier 2017

Polémiques (86), La vision de Bouraâda

La difficulté première du décathlon (ou de son équivalent féminin, l’heptathlon) réside dans l’accumulation des efforts consentis pendant dix épreuves regroupées en deux jours. Des épreuves connues, difficiles lorsqu’elles sont pratiquées isolément et qui le sont encore plus lorsqu’il faut les accomplir en un laps de temps réduit. Avec une récupération minimale, jamais complète entre chaque épreuve appartenant au vaste éventail des épreuves athlétiques, obligeant l’athlète complet, le « superman », à un apprentissage technique multiple. Ces deux aspects primordiaux (accumulation d’efforts diversifiés, et apprentissage technique multiple) ne sont pas mis en valeur. Le regard est porté sur le matériel et les ressources. Comprendre qu’au décathlon, le matériel fait le champion !

Nous restons médusés lorsque nous lisons que Larbi Bouraâda « n’a pas les mêmes moyens que ses concurrents ». Il sera intéressant de comparer en premier lieu les statuts sociaux puis les conditions de préparation qui sont offertes aux athlètes en présence lors des jeux olympiques. Sans trop nous engager, nous ne serions pas surpris que Larbi fasse partie des mieux lotis. Mieux que ceux qu’il précède et mieux que certains de ceux qui le devancent. Une certitude, il n’est pas tenaillé par le poids de la hantise des lendemains difficiles si la question est correctement prise en charge. Son profil cependant ne permet pas une reconversion aisée. Sa discipline n’est pas porteuse et rémunératrice comme pourrait l’être les courses.

Quel matériel pédagogique est  nécessaire à la pratique des épreuves combinées? Rien de bien particulier. Des haies, des startings blocks, des javelots, des disques et des perches. Un matériel disponible sur n’importe quel stade d’Alger et d’Algérie. Brahmia et Mahour Bacha ont été d’accord sur un point, la CPO a permis d’acquérir des perches neuves. Un médaillé olympique a même été dépêché à Paris pour permettre cette acquisition. La perche, le seul engin qui est véritablement spécifique.

Larbi Bouraâda n’a pas les mêmes moyens que ses adversaires. Etrangement à cette affirmation, il nous revient à l’esprit que le comité olympique avait fait la proposition d’une préparation aux Etats Unis, portés au rang de l’Eden des épreuves combinées. Une proposition qui ne fut pas prise en considération.

En matière de récupération, Larbi Bouraâda a bénéficié de la cryothérapie (certes de fortune) et de la Técarthérapie grâce à l’aide de l’USMA. Lorsqu’il a fallu soigner sa « présumée » blessure au dos qui le perturba au point de rater les championnats du monde en salle, il s’est rendu au Portugal pour une injection sous le couvert d’un dossier de sortie.

Il est vrai que les compétitions ont sans doute été insuffisantes. Mais, il a raté le rendez-vous important de Portland (championnat du monde en salle). Quant à la DTN, qui le positionne en catégorie A, elle a mis à sa disposition des billets d’avion (pour se rendre sur les stades abritant les compétitions choisis)  dont le nombre était ouvert (comme pour Makhloufi, d’ailleurs).

Larbi Bouraâda est dans la situation d’un athlète qui ne se consacre qu’à sa carrière sportive. Un professionnel de l’athlétisme, certes sans statut, mais avec les avantages immédiats. Pourtant, il n’est pas heureux de son état : «On manque de beaucoup de choses nécessaires et incontournables pour pouvoir gagner des médailles ». L’insatisfaction permanente qui écarte de la pensée le contrat de sponsoring avec l’opérateur de téléphonie mobile dont on ignore l’usage qu’il en est fait.

Alors que l’on s’attend (par accoutumance, dirions-nous) à des attaques dirigées vers le comité olympique et sa CPO, Larbi Bouraâda vise directement la fédération algérienne d’athlétisme au sujet de laquelle il affirme qu’il est de son rôle « de satisfaire toutes ces exigences » qui ne sont pas définies clairement et que, vraisemblablement  par facilité, il regroupa dans la formule « de choses nécessaires et incontournables pour pouvoir gagner des médailles ». Ce qui exempte de les définir. Un peu plus tard, dans une autre partie de sa déclaration, il sera plus prolixe.


Cela lui permet de décrire le fonctionnement intellectuel au sein du mouvement sportif et de la fédération d’athlétisme où « on demande aux athlètes de se préparer » à l’approche des Jeux. Pour enfoncer le clou, il observe une vérité de la Palice traversant un discours traditionnellement matraqué dans les coulisses. Le Sato déteint sur les athlètes !

mardi 17 janvier 2017

Polémiques (85), L’imposture médiatique

Au stade du 5 juillet, circule une affirmation laissant entendre que le pronostic de médaille de bronze était destiné uniquement à obtenir les moyens financiers et les stages à l’étranger. Les « langues acérées », qui sont à l ‘origine de cette rumeur et de sa propagation, expliquent qu’il s’agit d’une stratégie dont serait adepte Mahour Bacha.

Elle consisterait en l’évitement des contrôles antidopage (donc ne pas se classer aux trois premières places) en espérant…. ne pas être tiré au sort. Ce raisonnement présente toutefois une faille. Il faudrait se pencher sérieusement sur la réglementation pour savoir si l’homologation d’un nouveau record continental n’est pas assujettie à ce type de contrôles. Reconnaissons toutefois que dans ce marais qu’est l’athlétisme pratiqué au Sato, ce ne serait qu’une peccadille comparativement à ce qui s’y raconte habituellement.

Lorsque  Larbi Bouraâda dit que « Ce n’est pas à l’approche des JO qu’on demande aux athlètes de se préparer », il va de soi que cela frappe fortement les esprits des spécialistes avertis. Cette affirmation devient synonyme de mauvaise gestion lorsqu’il ajoute que «  les gens au sein de la Fédération sont en principe des enfants de la discipline et connaissent bien les exigences du haut niveau ».

Et, pan sur le bec de ceux qui pérorent à n’en plus finir dans les allées du complexe olympique du 5 juillet ! La conclusion de Larbi Bouraâda est indéniablement celle que pourrait énoncer n’importe qui, n’importe quel athlète, n’importe quel entraîneur : « On est vraiment loin, à ce rythme, de gagner des médailles aux JO, malgré la présence de talents». Tout est dit pour le bonheur béat des gogos.

Bouraâda, après cette franche diatribe dans la presse francophone privée, renouvellera son attaque, avec  presque les mêmes expressions, dans un entretien accordé, le lendemain de la compétition,  à l’agence de presse nationale, l’APS.

Dans l’esprit des journalistes algériens, ainsi que nous avons pu le lire ou l’entendre, le décathlon est « une discipline difficile et exigeante, réservée par excellence aux pays riches ». Cette image connotée par l’ « esprit du colonisé », que l’on doit au psychiatre-ami de l’Algérie Frantz Fanon, résulterait à la fois de « sa complexité nécessitant des équipements » ainsi que « des ressources humaines et techniques colossales ».

Il serait, à en croire ce raisonnement, difficile d’être en Algérie un champion des épreuves combinées. En affirmant cela, nos amis journalistes expliquent implicitement le long laps de temps qui sépare le champion (des années 80) Mahour Bacha de son poulain Larbi Bouraâda (2015-2016) et l’absence de la remplaçante de Yasmina Azzizi. Ils valorisent également les deux athlètes et leur….entraîneur.

Ces citations puisées dans un article daté du 20 août 2016, le surlendemain de la fin du décathlon valeureux de Larbi Bouraâda, participent encore à la manipulation des esprits des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs algériens qui, pendant les deux jours de l’épreuve, ont été intoxiqués par des commentateurs peu scrupuleux, enthousiasmés (hors de toutes proportions) par quelques premières places dans les épreuves du programme. Jamais, il n’a pas été expliqué que les places (dans les groupes) n’avaient qu’une importance symbolique (et non déterminante) et que les performances de chacune des 10 épreuves étaient transformées en points afin de permettre le classement des participants. Une véritable fumisterie médiatique !

Nous concédons volontiers que « la présence de Larbi Bouraâda dans le Top 5 de Rio est un défi et un exploit gigantesque ».Même si nous aurions tendance à récuser « un défi » et l’adjectif « gigantesque ». Depuis l’été précédent, Larbi Bouraâda était un potentiel finaliste (cela situe sa valeur athlétique dans la hiérarchie mondiale), un des meilleurs athlètes mondiaux dans sa discipline. Les « stats » parlent d’elles même.

Comme souvent lorsqu’un Algérien émerge, les discours dithyrambiques et chauvins le comparent aux « athlètes américains, français, allemands et autres canadiens » comme si les athlètes d’autres nationalités étaient inexistants, effaçant d’un revers de manche tous ceux qui auraient pu se retrouver dans ce cénacle.


lundi 16 janvier 2017

Polémiques (84), Bouraâda dénonce la FAA

« A mon avis », a déclaré Bouraâda avant de monter dans l’avion qui le ramena à Alger, « quand un athlète a des dispositions pour faire de bons résultats, il devrait bénéficier de tous les moyens nécessaires pour gagner des médailles».  En disant cela, Larbi Bouraâda traduit par des mots ce qui lui a été susurré tant de fois. Il croit fermement (car auréolé de la 5ème place décrochée aux championnats du monde de Pékin) appartenir à cette catégorie particulière d’athlètes à laquelle la nation reconnaissante devrait accorder toute son attention.

C’est cette croyance (profondément ancrée dans son esprit), proche de la mégalomanie  qui le fait appartenir au niveau de  l’excellence athlétique algérienne. Ils (lui et son entraîneur) revendiquent (on ne le dira jamais assez souvent) le même statut, les mêmes avantages matériels, logistiques, etc. que Makhloufi. Sans avoir gagné une seule médaille mondiale ou olympique. Sans avoir fait ses preuves ailleurs que dans les laboratoires.

« Deux à trois ans de préparation ». A en croire notre Larbi national, ex-candidat à une médaille de bronze, sa préparation pour les jeux de Rio aurait dû débuter en 2014 ou mieux en 2013. En la circonstance, Bouraâda nous semble frappé d’amnésie.

En juin 2012, il a été sanctionné d’une suspension de deux années s’achevant en juin 2014. Deux saisons de préparation auraient donc été perdues à cause…… (il ne le dit pas) de « produits contaminées » que lui aurait injectés son entraîneur. Ne disons rien.

Bouraâda ne dit pas (cela aurait été d’une élégance et d’une honnêteté rares mais il préférable d’oublier ce qui déplait)  que le retard dans la préparation lui incombe ainsi qu’à son entraineur. Personne ne l’a obligé à se doper. A ne pas s’interroger sur les injections qu’il recevait.

Mais, peut-on sérieusement lui reprocher de s’être plié à la volonté de son entraîneur alors que Zahra Bouras (diplômée de l’enseignement supérieur et fille de l’actuel président de la FAA) acceptait, elle aussi, cette situation abracadabrante? Malgré (ainsi qu’elle le déclara dans les semaines qui suivirent le contrôle positif) les signes physiques et hormonaux visibles ! Que dire alors des échos peu rassurants, des « médisances » qui parvenaient quotidiennement à leurs oreilles.

L’amnésie de Bouraâda est sélective. Il n’est pas le seul. La réglementation internationale ne permet pas, à un athlète sanctionné pour violation des règles de dopage, l’utilisation des installations sportives, de s’approcher du milieu sportif. Un sanctionné pour dopage est un paria. Il est hors-jeu lorsqu’on joue au  football ou hors champs si on est au contact des NTIC.

Une lecture des procès-verbaux 2013 de la FAA (donc sous la présidence Bouras) indique que Bouraâda a été convié à participer (son nom figure sur la liste des athlètes) à un stage de préparation à Leverkusen (Allemagne), sous  la coupe de Mahour Bacha. Suite aux désagréments provoqués par cette situation plus que délicate, Bouraâda aurait postérieurement participé clandestinement à d’autres stages. Conséquence de ce cafouillage, le président de la FAA aurait reçu de l’IAAF (informée par une âme sensible au respect de la réglementation) une « mise en garde ». Et, le site fédéral a été ensuite purgé. Les copies des PDF existent chez quelques personnes qui les conservent précieusement.

Surprise ! Alors que l’on s’attendait à une attaque en règle de la CPO, ennemie déclarée de son coach, c’est la fédération qui est clouée au pilori. Bouraâda, sans prendre de gants, s’attaque à la FAA en disant, suite à une question posée : «C’est en effet le rôle d’une fédération de satisfaire toutes ces exigences ».

Bouraâda n’a même pas un peu de reconnaissance pour ce qu’elle a fait pour lui, les transgressions à la réglementation qui ont été commises. Il lui en faut plus, toujours plus. Lui ou son entraîneur ? On ne sait !


Le discours qu’il tient par la suite étonne. On sent qu’il ne lui appartient pas. Trop bien rodé pour une personne qui n’a pas ses marques avec la presse. Trop d’agressivité aussi. Une agressivité bien compréhensible pour un athlète à qui on a fait croire qu’il serait médaillé, qui a véritablement cru en ses chances et surtout s’est entraîné comme un forcené. La déception l’a-t-elle fait parler ?