samedi 8 avril 2017

La nouvelle FAA, Des canards aux crabes

En quelques jours, l’athlétisme algérien vu de loin, de très loin, de la base de la mosquée Emir Abdelkader que nous longeons quotidiennement à chacune de nos promenades  crépusculaires, a été l’objet d’une transformation radicale inattendue.
 Il est passé, pour le situer dans le registre animalier qui sied si bien aux fabulistes et moralistes de toutes cultures, d’une mare à un panier. Des canards s’ébattent dans la première. Dans le second s’affrontent des crabes comme pour donner consistance à ces deux expressions de la langue française que sont « mare aux canards » et « panier de crabes ».
Nous ne savons pas si Darwin se serait penché sur cette mutation quasi-magique faisant que l’on passe des cancans, des ragots pas toujours inoffensifs aux coups de pinces qui ne sont pas des coups de griffes. Les crabes ne peuvent décemment pas prétendre au noble statut de félins, de rois des animaux.
Il faut dire que nous nous étions habitués aux commérages (sources intarissables d’informations) qui donnent un semblant de vie commune à la forêt de Bouchaoui et au stade annexe succédant aux cafés du commerce.
Des commérages qui, pris stricto sensu et si l’on n’y prend précautionneusement garde, deviennent dénigrements, médisances, diffamations, persiflages, etc. avant d’emprunter la pente glissante s’achevant dans un cul-de-sac où l’on s’adonne à des  jeux de mains et de vilains.
Il a suffi d’une seule journée, d’un jeudi passé à Zeralda dans les locaux de l’Analj pour que la magie opère. L’élection d’un nouveau président de la FAA a modifié tous les rapports entre ceux qui sont sensés cohabité pendant un laps de temps variable, compté selon les circonstances en jours, en semaines,  en mois ou en années, dans des groupements humains où chacun respecte l’autre. Une trame temporelle envisageable malheureusement dans les seules communautés où l’intérêt général prime celui du particulier.
Les échos qui nous parviennent, ces funestes et innombrables cancans, nous ont appris que le nouveau pouvoir fédéral (celui qui, nous a-t-on dit et avons compris, s’est donné pour noble et inestimable  mission de redorer le blason terni de la discipline) n’a pas attendu le délai de grâce, les fameux « cent jours » marquant, en d’autres lieux certainement mieux et plus policés, la transition, le passage d’une autorité à une autre que les adeptes de la course à pied pourraient percevoir comme le passage du témoin de ce qui aurait dû être un relais de quatre ans.
Que nenni ! Les membres de la nouvelle fédération n’ont pas attendu de s’installer dans leurs nouvelles fonctions et de s’intégrer dans la structure fédérale archi-connue puisque quelques-uns en ont été membres, en connaissent parfaitement les rouages et les inimitiés.
Dès la semaine suivant les élections, dès les premiers jours de la semaine ayant suivi le jeudi électif, les opprimés, les marginalisés de tous bords - par une gestion des ressources humaines et relationnelles déplorable ayant semé la zizanie entre les membres d’une famille déchirée par le partage du legs hérité de leurs honorables et illustres prédécesseurs (nous pensons ici à  ceux qui ont fait l’histoire de la discipline et non aux précédent et immédiats gestionnaires enfants prodigues et dilapidateurs de l’institution) - ont entamé une opération de représailles qui ne fait pas honneur à leurs auteurs et aux valeurs humanistes olympiques devenues désuètes.
Quelques heures à peine ont suffi pour démanteler, mettre à bas des opérations et des actes de gestion qui ne méritaient pas autant de précipitation. Les nouveaux décideurs ont opté pour la révolution et non l’évolution. Marx, Bakounine, Lénine ont été préférés à Darwin.
Les premières décisions ont été, de notre point de vue, maladroites. Elles ont consisté à d’abord reprendre possession des véhicules de la fédération utilisés auparavant par le DTN  et le trésorier et ensuite à changer un chef de délégation. Comprendre qu’il fallait faire table rase du passé récent abhorré.
En quelques secondes, le discours prétendument rassembleur prononcé à l’issue de l’opération électorale a été renié par celui qui l’avait tenu tandis que la notion de « continuité de service public » a été mise à mal.
Ces deux actes révèlent aussi la qualité de la relation préexistante entre les élus et les cadres permanents objets de l’humiliation publique d’une part et entre les cadres permanents  qui dans un passé récent (éviction du secrétaire général), n’avaient pas su être solidaires.  

Ils illustrent, à notre profond désarroi, l’esprit de revanche semblant prendre le pas sur une réconciliation devenant hypothétique.  

jeudi 6 avril 2017

Les Algériens et le dopage (7), Parole enfin libérée

En plein jeux olympiques de Rio, Zahra Bouras a apporté à nouveau son grain de sel. Elle mit en avant la blessure, selon elle très diplomatique, de son ancien camarade d’entrainement qui aurait valeur de prétexte au forfait des championnats du monde en salle (Portland, 2016).

Zahra savait que Bouraâda était entrée en conflit avec Mahour Bacha. Le décathlon confirme, dans l’interview télévisée, cette information en disant qu’à cette période-là (au début de l’année 2016), il voulut quitter Mahour Bacha et qu’il en avait été empêché par la fédération et des entraîneurs qui firent valoir que cela ne serait pas intelligent de sa part à  l’approche des jeux olympiques.

Dans ces propos diffusés sur une chaine privée de télévision et reproduits dans la presse écrite nationale et étrangère, Larbi Bouraâda se laisse enfin à dire ce que pendant des années il a tu, ce qu’il a conservé par devers lui. Bouraâda était miné intérieurement. Il parle avec beaucoup de mesure. Mais, la catharsis n’est pas complète.

Il ne cache cependant pas que parler d’un passé - somme toute pas entièrement négatif bien que trouble, un passé qu’il ne renie pas totalement malgré les commentaires incendiaires des supporters de son ancien coach - serait ouvrir la boite de Pandore et aborder des thématiques passibles des tribunaux. D’ailleurs, cela est difficile compte tenu des problématiques individuelles et collectives en jeu.

On comprend que sa proximité avec Mahour Bacha lui a fait connaitre des situations peu reluisantes (c’est le moins que l’on puisse dire), désastreuses, dangereuses pour beaucoup de personnes évoluant dans cet univers interlope que l’on dit gangréné par le dopage. Dans une interview dont l’enregistrement dure un peu plus de 10 minutes, l’athlète a répondu à la menace de son ex-entraîneur (et aux pressions exercées par d’autres protagonistes alliés de celui-ci) par une menace suggérée.

Il a enfin, bien qu’en partie seulement, libéré cette parole longtemps tenue en laisse. Rio est  passé par là. Il a compris qu’à l’époque où il était sous la coupe de Mahour Bacha, « on m’induisait en erreur. Du moins, on me communiquait de fausses informations ».

Depuis la séparation, Mahour Bacha s’était retiré dans son coin. Il continue toutefois, de vitupérer, de s’agiter tel un poisson dans un bocal pollué par les histoires du passé, rempli des impuretés forts nombreuses révélées par les à-côtés des assemblées générales électives des fédérations sportives. La page Bouraâda était tournée sans dégâts. Du moins, Mahour Bacha le croyait.

Le silence vaut acquiescement. Par son mutisme (y compris lorsque tout allait de travers et qu’il fut banni des stades), Bouraâda s’est comporté en allié muet du travail de sape d’un Mahour Bacha percevant autrement le fonctionnement, la gestion du mouvement sportif national. Un mouvement sportif à sa botte, à mener à la baguette.

Pourtant, Bouraâda (c’est lui qui le dit dans cette interview) n’avait aucun problème particulier avec le COA. Les apparences ont été trompeuses. En particulier lorsqu’elles sont manipulées. Sans rien dire, Bouraâda a été associé aux déclarations incendiaires de l’entraîneur.

Le cinquième des épreuves du décathlon des championnats du monde de Pékin (2015) et  des jeux olympiques de Rio (2016), avoue avoir été induit en erreur par son entourage. En particulier, sur la question lancinante et insidieuse ayant rythmé l’année olympique, celle que Mahour Bacha a toujours mise en avant. Cette prise en charge de la préparation par les pouvoirs publics et surtout de ce COA qui aurait été la cause de ses ennuis logistiques.

Une polémique stérile qui est nait des inconséquences des responsables de la fédération. Une prise en charge gérée sur le plan des démarches administratives et financières par son mentor. Bouraâda dit ne pas avoir connu le montant des dossiers de sortie si ce n’est l’argent de poche que lui remettait son mentor d’hier.


Maintenant que Bouraâda a changé de camp, qu’il bénéficie d’une prise en charge qui ne souffre pas de retard, qu’il dépend directement du comité olympique algérien, qu’on lui a dévoilé ce fameux dossiers de sortie (prétexte à des déclarations polémiques et au décalage dans l’organisation d’un stage dont nous avons montré les péripéties) accepté dans sa totalité sauf….la location de voitures, il s’est rendu compte qu’il n’a été qu’un pion dans la main de Mahour Bacha. 

mercredi 5 avril 2017

Les Algériens et le dopage (6), La hantise de Bouraâda

Au retour des jeux olympiques de Rio, la collaboration qui liait Bouraâda et Ahmed Mahour Bach a  été rompue. A la surprise générale ! D’autant que la rupture a été à l’initiative médiatique du second. Le coach a avoué sur la place publique, via la presse télévisée, son incapacité à poursuivre sa mission auprès de l’athlète, à le mener plus loin dans la hiérarchie mondiale. Le super-entraîneur d’athlétisme algérien reconnaissait (c’est la stupéfaction du siècle naissant) avoir atteint ses limites et admet l’impossibilité d’apporter à son ex-poulain les moyens indispensables pour franchir les dernières marches de la gloire.

En filigrane, il fallait sans doute apercevoir la fin de la tentative de coup d’Etat mené  contre les instances sportives. Bouraâda, encore une fois, a gardé le silence bien qu’il ait été utilisé comme bélier dans une tentative d’éperonner le mouvement olympique algérien. Il faut reconnaitre que, pourtant, quelques jours plus tôt, alors que la délégation algérienne n’avait pas encore quitté Rio et juste après avoir achevé son décathlon olympique, il avait redressé la tête, fait face.

Sa prise de parole dans la presse officielle, laissait apparaitre pour la première fois que des dissensions traversaient le duo. Bouraâda, dans un contexte différent de celui du stade annexe, totalement ouvert sur le microcosme sportif. Par sa rencontre avec les responsables, il avait découvert qu’il avait été dupé.

Bouraâda, en fin mars 2017, confirma ce que nous avions décelé. La relation n’était plus sereine. L’interview a montré que la dernière année, celle séparant les championnats du monde de Pékin des jeux olympiques de Rio a été marquée par trois moments de tension : les championnats du monde de Pékin, les championnats du monde en salle de Portland et cet avant jeux olympiques qui n’a pas débordé dans la presse. Ce moment de l’interview vient expliquer a posteriori la présence de « Moh » Hocine  dans la délégation algérienne et le rôle qu’il a joué.

Il avait apporté la contradiction aux déclarations de Mahour Bacha. Le sujet de la discordance apparue au grand jour a été celui  de la voiture officielle qui aurait dû l’accompagner pour sa séance de técarthérapie. En s’écartant de la voie que lui traçait antérieurement Mahour Bacha, Larbi Bouraâda montrait l’envie d’emprunter le chemin de l’émancipation. Bouraâda a certainement ressenti qu’il était le dindon de la farce.

Mahour Bacha a été surpris par l’attitude de Larbi Bouraâda d’autant qu’un peu plus tard, l’athlète (en prélude aux déclarations de Toufik Makhloufi sur les responsables sportifs) s’en prenait véhément à la fédération d’athlétisme. Nul ne s’attendait à une telle prise de position.

Dans des déclarations récentes publiées sur un site d’informations générales, Bouraâda est revenu sur l’arrêt de sa collaboration avec Mahour Bacha et de sa présence en France auprès d’un entraîneur français (choisi et rémunéré par le COA ce qui serait à l’origine des atermoiements pour la désignation de son nouvel entraîneur qui selon les vœux exprimés par Mahour Bacha et Amar Bouras auraient dû être ressortissant d’Ukraine ou de Cuba) dans la perspective ambitieuse d’une place sur le podium des championnats du monde de cet été.

Il  y affirme sans circonvolutions langagières qu’il n’avait plus totalement confiance en son coach avec lequel il avait passé de nombreuses années. Depuis son retour après sa suspension, chaque compétition, déclara-t-il, était marquée par la hantise d’être à nouveau contrôlé positivement : « Quand je suis revenu à la compétition, je vous avoue qu’à chaque fois que je subissais un contrôle, je tremblais comme une feuille. Entre moi et mon entraîneur, il n’y avait plus de confiance ».

Nous devons convenir que cette crainte n’a pas été la seule motivation de ce changement. Zahra Bouras, dès les semaines qui suivirent son contrôle positif, avait affronté médiatiquement son ancien entraîneur. A la fin de la suspension, elle s’est exilée dans un club de Constantine, ville natale de son père et a pris une autre licence dans un club du Sud de la France. Sa tentative de reprendre sa carrière sportive n’a pas répondu à ses attentes avec des chronos éloignés des 2 minutes aux 800.


Bouraâda est resté s’entraîner avec Mahour Bacha disposant du soutien précieux du président de la fédération, Amar Bouras.

mardi 4 avril 2017

Les Algériens et le dopage (5), La dénonciation de Benmissi

Dans une déclaration récente à la presse, Kamel Benmissi a eu l’audace (dans un espace qui se tait, l’expression est adéquate) de dire qu’« on a ramené 2 000 euros de médicaments qui existent sur le marché algérien, et des produits dopants, mais personne n’a été inquiété ».

Ce qui est dérangeant dans cette information révélée publiquement par Kamel Benmissi qui ainsi outrepasse  les habitudes qui sévissent dans le milieu, nous nous trouverions dans une situation d’importation (frauduleuse et sous le couvert d’une délégation) de produits dopants que l’on imagine très (si l’on en croit ce qui se dit à ce sujet) répandus en Russie. Observons que, peu de temps après, cette nation athlétique de premier plan deviendra la cible des instances internationales et de la presse anglo-saxonne, allemande, britannique et américaine.

La Russie est un pays où (comme sous d’autres cieux tels qu’en Jamaïque, au Kenya, en Turquie, au Maroc et de plus en plus dans les pays du Golfe persique), selon les suspicions dispersées par un très influent réseau médiatique, les enquêtes menées par les instances internationales (AMA et IAAF) et enfin la lecture de la liste des athlètes bannis ne recouvrant pas totalement les soupçons, le fléau du dopage ferait des ravages. 

En Russie, comme au temps de l’Union des Républiques Socialistes et Soviétiques (URSS) et du « bloc de l’Est », le système étatique aurait été maintenu. Une notion qui inclus au moins la bienveillance des autorités et au pire à leur instigation quand ce n’est pas avec leur collaboration efficiente.

En aparté, aux oreilles qui veulent bien l’écouter, Kamel Benmissi laisse comprendre que ce « personne » est aussi un mot renvoyant, sur le plan sémantique, à l’absence de réactions. Il présente les caractéristiques de Polyphème le Cyclope, le géant à l’œil unique, éborgné  par Ulysse (roi d’Ithaque et héros de l’ « Odyssée » de l’aède grec Homère) qui le mis par conséquent dans l’incapacité de voir ce qui se déroule dans son environnement immédiat.

Ce « personne », lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu à ce sujet, et que Benmissi ne dissimule pas, serait le ministère de la jeunesse et des sports. Une institution sportive nationale qui, dans ce dossier des championnats du monde de Moscou, aurait pris ses responsabilités en successivement diligentant une enquête sur cette affaire via les services de son Inspection Générale, puis en prenant une décision conservatoire de suspension de mandat du responsable concerné (le chef de délégation)….. avant de fermer le dossier (ou du moins le laisser devenir  poussiéreux) et laisser, quelques mois plus tard, la fédération réhabiliter l’élu. Entre temps, le titulaire du département ministériel avait changé.

Du point de vue de Benmissi (il développe souvent ce point de vue dans ses diatribes à l’encontre de l’instance fédérale), la fédération, concernée par cette affaire, ne pouvait en aucune façon réagir, mener une enquête objective. L’implication (directe ou indirecte) d’Amar Bouras et d’Ahmed Mahour Bacha dans le dopage de la fille du premier et de deux athlètes entraînés par le second rendait inopérante toute velléité de dévoiler la réalité. Il les considère si ce n’est d’être les auteurs de cette importation d’en être complices.

Pour comprendre ce raisonnement, cette perception subjective, il faut remonter à juin 2012 (cf. les chroniques de 2016 sur le sujet) quand Zahra et Larbi furent attrapés par la patrouille anti-dopage provoquant des déclarations de ces deux responsables de l’athlétisme algériens et des plaintes qu’ils auraient déposées….apparemment sans suite.  

A la relecture des chroniques que nous avons écrites sur le sujet, il apparaitra que, le temps d’une olympiade, Larbi Bouraâda est resté silencieux. Pendant plus de quatre ans ! Depuis qu’il fut pris en flagrant délit de dopage, jusqu’à il y a peu. Quelques mois en fait.

Depuis ces jeux olympiques de Rio où il fut, selon une analyse proposée des déclarations à la presse des protagonistes de la « crise de Rio », une marionnette (de plus en plus récalcitrante) entre les mains de Mahour Bacha.


 Dès les championnats du monde de Pékin (août 2015), des indices puisés dans les rumeurs avaient laissé penser que Larbi Bouraâda n’était plus en complète symbiose avec son entraîneur. Larbi Bouraâda aurait compris que la présence de Mahour Bacha à ses côtés lui portait préjudice. 

lundi 3 avril 2017

Les Algériens et le dopage (4), Le voile se déchire-t-il ?

La forêt de Bouchaoui et le Sato bruissent sans arrêt de rumeurs et d’intox s’écoulant  en un flot constant et inépuisable. En ces deux hauts lieux de l’athlétisme, elles naissent et s’y propagent à la vitesse de la lumière. Les clones de Mahour Bacha s’en plaignent lorsqu’elles le visent.  

Ces dernières années, sans doute parce que nous suivons quelques-uns des protagonistes, nous avons observé que la propagation de ces rumeurs est aidée, démultipliée à l’infini par cet accélérateur technologique matérialisé par les supports de diffusion instantanée que sont les réseaux sociaux, ces modes modernes de transmission instantanée de nouvelles ayant supplanté ou complétant la presse traditionnelle écrite et audiovisuelle. Des canaux de communication utilisés à d’autres fins dont des tentatives de déformation de la vérité et de désinformation.

Les rumeurs naissent le plus souvent dans des esprits aux desseins connus et identifiés (en ces lieux de détente et de travail athlétique) par leurs proximités avec l’ancienne fédération et le comité olympique qui ont accaparés l’attention de tous au cours des derniers mois par les polémiques qu’ils ont initiés. Sans oublier ceux dont l’objectif est de perpétuer le statu quo présent que l’on dit profitable à leurs intérêts.

Remarquons aussi que ces « rumeurs » sont quelquefois des informations bien réelles, bien documentées et souvent livrées au public par le biais de notables du sport agissant en coulisses, par des voies détournées pour déstabiliser les Autres. C’est le fameux « off » qui s’étend par des réseaux informels et fait de ces notables des vecteurs de propagation.

Les 101 chroniques de la série « Polémiques » ont tenté avec difficultés de débroussailler cet environnement opaque, de décortiquer, de décrypter les vastes enjeux qui semblent se dissimuler derrière les paravents dressés, les écrans de fumée placés entre leurs initiateurs et le public.

Contrairement au monde du football examiné quotidiennement à la loupe par une presse sportive proche de la presse people avide de scandale, le petit univers de l’athlétisme se rétrécissant d’année en année y est bien silencieux. Il prend sa revanche sur le web.

Le phénomène du dopage, que nous avons à peine effleuré dans nos chroniques, n’intéresse en réalité guère. Pourtant, lorsque la question est abordée, il est condamné par tous les membres de la « famille » y compris paradoxalement ceux qui seraient des agents de dissémination. Et, quand bien même il suscite un intérêt, celui-ci est fugace. La page est rapidement tournée pour laisser place à une chape de plomb qui interdit toute véritable investigation ou une simple appréhension globale des faits.

C’est un véritable embrouillamini auquel la recherche d’information est confrontée. Alessandro Donati, un technicien italien auteur d’un rapport sur le dopage, avait quelque part raison lorsqu’il assimila le royaume du dopage à l’empire de la drogue. Le silence (l’omerta complice) et les rumeurs lui sont favorables.

C’est sous le manteau, par des indiscrétions que nous avons appris le couac des championnats du monde d’athlétisme de Moscou 2013 qui vit la délégation algérienne acheter pour une somme coquette des produits pharmaceutiques disponibles dans les officines du pays.

Kamel Benmissi, après son éviction des élections à la présidence de la FAA, en parla. Il est réputé être en conflit permanent avec des membres de l’ancien bureau fédéral présidé par Amar Bouras. Ce dernier est lui-même connu pour être un partisan de la préparation biologique (si extensible qu’elle est proche du dopage) ainsi que de ses accointances avec Ahmed Mahour Bacha.

La réputation d’entraîneur de haut niveau d’Ahmed Mahour Bacha est accompagnée depuis toujours (y compris pendant sa carrière d’athlète)  par des rumeurs insistantes de dopage. Des rumeurs qui se sont renforcées (par accumulation) au fil des années  avant d’être fortifiées  par la polémique étouffée causée par le cas de dopage de deux athlètes algériens de premier plan. Zahra Bouras (fille d’Amar Bouras) et Larbi Bouraâda qui furent contrôlés positivement à l’étranger. Ils étaient alors sous sa coupe.


Benmissi a été un des rares notables de l’athlétisme (si ce n’est le seul) à dénoncer publiquement (et à avoir évoqué à de multiples reprises devant des journalistes sans que ses propos ne soient repris) cette situation préjudiciable à la bonne réputation de l’athlétisme national.

dimanche 2 avril 2017

Les Algériens et le dopage (3), Les rendez-vous de champions

En offrant un stage à son fils, avec l’un des entraîneurs aux résultats indéniables mais suspicieux, Réda Abdenouz fit preuve d’une confiance (confinant à la naïveté, si ce n’est à l’inconscience) envers un entraîneur les plus réputés et les plus recherchés.
La présence de « Mo » Farah a été signalée à Sabadell. Son nom figure, avons-nous précédemment écrit, en bonne place sur cette liste, à la fiabilité limitée car d’origine indéterminée, qui fut diffusée sur le web. Cette liste partagée sur les réseaux sociaux provenait certes de personnes marquantes  de l »athlétisme national parfaitement identifiées répercutant une information sensible à partir d’un pays où se trouvent le maitre manipulateur et ses prétendus épigones.
La présence de « Mo » Farah sur les lieux, au moment de la descente de police à l’hôtel hébergeant le groupe Aden, ne doit pas toutefois pas surprendre outre mesure ceux qui prêtent attention au nomadisme des champions.
 En effet, les champions et leurs cours se retrouvent souvent aux mêmes périodes sur les mêmes lieux d’entraînement. On dirait qu’ils ont pris rendez-vous pour se retrouver réglant ainsi leurs agendas de préparation. En particulier, lorsque ces centres de préparation (le plus souvent en altitude, au Kenya, en Ethiopie, en Afrique du Sud, au Colorado qui sont présentement les régions du monde attractives après que soit passée la mode d’Ifrane et de Font Romeu) ont obtenu une renommée dépassant les frontières et aimantent donc les meilleurs athlètes du monde et les groupes d’athlètes les plus réputés.
Il est, pensons-nous,  indispensable de rappeler qu’il en fut de même pour Toufik Makhloufi qui s’était entraîné (au début de l’année 2012, après avoir quitté le groupe Brahmia) à Iten (un des temples de la préparation en altitude du Kenya détenant la plus forte concentration qui soit en matière de titres mondiaux et olympiques en demi-fond) avec les athlètes d’Aden avant de rejoindre officiellement quelques mois plus tard le groupe.
Le même scénario s’est reproduit au début de l’année 2015 lorsque notre champion olympique s’était entraîné aux Etats Unis avec les athlètes français de Philippe Dupont avant de rejoindre, un trimestre plus tard, le groupe d’athlètes constitué autour du manager fédéral français du demi-fond. On voudrait bien croire à un hasard qui se répéterait.
Un effet de mode ? Sans doute ! Sans écarter une dimension de stratégie fédérale que Mahour Bacha a en partie dévoilée au bénéfice de ses émules. Une sorte de période d’essai avant la contractualisation de la collaboration bénéfique pour tous.
Ce fut aussi le cas précédemment (gardons-nous de l’oublier) de ce même Mohamed « Mo » Farah qui côtoya (à la fin 2014-début 2015) sur les installations de Sulultha, Hamza Driouch qui venait  d’être banni par l’IAAF et qui prétendit pour sa défense n’avoir pas reçu la décision de sanction, isolé qu’il était dans les montagnes éthiopiennes. La différence entre Makhloufi et Farah est que le second est enchaîné conventionnellement au Nike Oregon Project, financièrement et logistiquement plus puissant que la fédération algérienne.
L’explication que donna Farah fut basée sur l’argument de la présence des meilleurs coureurs mondiaux de demi-fond et des conditions offertes par le site. Cette explication (pourtant plausible) n’eut aucun crédit auprès de ses compatriotes. Il leur semblait inconcevable qu’un athlète coaché par Alberto Salazar s’entraîna avec les athlètes d’Aden. De plus, avec un athlète sanctionné.
Nous n’aurons garde d’oublier que le haut niveau est un monde réservé aux professionnels de la course à pied ne s’embarrassant guère de ce genre de détails. Les meilleurs se préparent avec les meilleurs partenaires d’entraînement, fussent-ils leurs rivaux directs. Nous avons vu ce qu’il est advenu des meilleurs espoirs algériens qui servirent de sparring-partners. Déclassés après avoir été usés. 
La thèse des deux cercles que l’on doit à Kyle Barber, nous semble devoir être enrichie par la notion de « guest star », empruntée aux génériques de films, une expression anglo-saxonne réservée aux vedettes du grand et petit écran venant enrichir la distribution, le casting.

A Sulultha et à Sabadell, Mo Farah s’est retrouvé en compagnie de ses pairs. Un statut qui leur sied tant par le niveau de performance à leurs actifs que par la suspicion que l’énoncé de leurs noms déclenche immédiatement dans l’esprit des lecteurs et des auditeurs. 

samedi 1 avril 2017

Les Algériens et le dopage (2), La confiance d’Abdenouz

Si l’on s’intéresse à la situation de Ramzi Abdenouz on se rend compte qu’elle est totalement différente de celle de ses trois compagnons du stage éthiopien. Elle illustre parfaitement les paradoxes de la politique fédérale.
Alors que les trois autres athlètes (Bettiche, Hathat et Belferrar) font l’objet d’une prise en charge par l’Etat algérien via la FAA/CPO, le fils de Réda Abdenouz (lui aussi ancien coureur de 800 de très bon niveau mondial dans les années 90, à la belle époque des Boulmerka et Morceli), était en butte aux tracasseries (administratives) de la part du DTN. 
Des désagréments en tous genres que l’on dit être la conséquence d’une mésentente entre le responsable fédéral et celui qui fut  7ème de la finale du 800 mètres des jeux olympiques de Barcelone 1992. Une brouille trouvant des explications  à la fois par la présence passée de Réda Abdenouz au sein de la DTN et des relations professionnelles qui, selon des indiscrétions, auraient été plutôt tendues. Une fâcherie qui, comme tant d’autres, font partie de l’histoire de la fédération et motive les polémiques du présent.  
Selon des déclarations privées de Réda Abdenouz, si Ramzi a réussi à rejoindre ses compatriotes et ses deux rivaux sur 800 mètres (il en est deux ou trois autres du même niveau) ce fut grâce aux bonnes relations qu’il entretenait avec le coach anglo-somalien. La fédération n’était pas concernée par l’accord conclu entre le coach algérien et Aden.
En nous référant à la  classification des athlètes que nous avons définis, Ramzi Abdenouz appartient à la « troisième classe ». Une catégorie qui regroupe les athlètes qui doivent se débrouiller par leurs propres moyens pour émerger et ensuite bénéficier de quelques avantages (stages) de la fédération. Des athlètes tributaires de la modeste aide que peuvent leur accorder les clubs (trop souvent désargentés) dans lesquels ils sont signataires et des efforts financiers de leurs familles.
On retiendra que Ramzi Abdenouz (comme tant d’autres athlètes aux performances proches de ce niveau international ouvrant les portes des meetings labellisés par les confédérations) n’ont pas accès aux meetings rémunérateurs. Il fait partie des semi-pros. Ceux doivent se contenter des maigres ressources engrangées suite à leurs participations aux meetings à participation internationale découlant de la signature de licences avec des clubs européens et des aides multiformes qui leur sont accordées dans le cadre des objectifs de ces clubs.
Ils illustrent parfaitement le phénomène des « athlètes migrateurs » dans lequel apparaissent quelques entraineurs algériens introduits dans les circuits de ces meetings ouverts qui, portant la casquette de managers sans statut officiel, servent d’intermédiaires entre les organisateurs de meetings et des athlètes qui quelquefois n’ont aucun lien organiques avec ces entraîneurs-managers.
Une analyse, la lecture (aussi superficielles soient elles) des articles de presse consacrés au cas de dopage en France, en Espagne, en Belgique ou en Italie montrent que les cas de dopage recensés dans ces pays touchent essentiellement des athlètes marocains ou d’origine marocaine dont le parcours sportif ressemble grandement à celui de nos « athlètes migrateurs ».
Observons qu’Ahmed Mahour Bacha, décrit comme le symbole vivant du dopage algérien, s’est présenté comme un fervent défenseur de ce qui est à considérer, par la force des choses et la prolifération du fait, comme un phénomène à la fois social et sportif.
Dans un commentaire publié sur les réseaux sociaux, il a tenté une plaidoirie pour ce qui est présenté comme une politique mise en place sciemment par le précédent bureau fédéral présidé par son ami l’ex-président de la FAA, Amar Bouras, père de l’athlète qu’il entraîna, Zahra Bouras, convaincue à deux reprises (en une semaine) de dopage et à ce titre sanctionnée et interdite de participation aux jeux olympiques de Londres 2012.

Alors que le stage du  trio Bettiche, Belferrar et Hathat était à la charge des autorités algériennes dans le cadre de cette préparation olympique qui fit couler beaucoup de salive, Réda Abdenouz, devenu entraîneur de club au Qatar où il avait l’occasion de côtoyer régulièrement Aden (patron de l’équipe de demi-fond qatarie et quoiqu’on en dise également entraineur (certes controversé) figurant parmi les entraîneurs  les plus en vue de demi-fond) avait pris personnellement en charge les frais de stage de son fils en payant la somme rondelette qui était la contrepartie d’une place convoitée par beaucoup.