lundi 13 novembre 2017

Samira Messad (87), Ignorance ou fourberie de la FAA

L’idée d’un cloisonnement de la fédération, que certains voudraient rendre perceptible,  est la conclusion du cheminement intellectuel qui accompagne la lecture du procès-verbal n°07/17 ayant sanctionné la première réunion de l’actuel bureau fédéral. Cette réunion s’est déroulée le 03 avril 2017.

Le dossier Samira Messad est censé être définitivement clos depuis plus d’une année. Depuis au plus tard le 3 du mois de février 2016 marqué par la réception de la sanction, prononcée par la CNAD, par la ligue d’athlétisme de la wilaya de Bejaïa. C’est le dernier repère chronologique mis à notre disposition.

Deux membres du bureau fédéral élu au début de l’année 2017, siégeant lors cette réunion du 3 avril 2017, étaient membres du précédent bureau.

Abdelhakim Dib est l’un d’eux. L’actuel président de la fédération fut 1er vice-président du précédent bureau fédéral. Il occupait également la fonction de président de la commission des affaires juridiques. Accessoirement, il a été le candidat malheureux à la présidence du comité olympique algérien. Celui qui, après avoir félicité publiquement l’heureux élu, porta, dès le lendemain, la charge contre le vainqueur des élections maintenant contesté par les grands électeurs sportifs et les autorités.

Ahmim Saïd, actuellement 2ème vice-président en charge de la  commission médicale, était seulement membre du précédent bureau. Il était chargé d’une mission celle du développement de l’athlétisme dans le Sud. Il a été l’entraîneur des frères Touil, deux jeunes talents du demi-fond qui, comme tant d’autres, se sont essoufflés.

Notons aussi qu’Ahmim a été un temps candidat à la présidence de la fédération avant de se désister et de se rabattre sur le bureau.  Pour lui, le désistement était une solution préférable à l’élimination impitoyable par les censeurs fédéraux et ministériels.  

Ces deux anciens dirigeants fédéraux ont obtenu la confiance de l’Assemblée Générale Extraordinaire de la fédération d’athlétisme pour faire partie, à nouveau, du bureau fédéral.

La lecture du procès-verbal de la réunion du BF du 3 avril 2017 est éloquente et enrichissante. Elle montre, à travers l’une des résolutions prises, un retournement de situation auquel on est loin de s’attendre. La preuve, s’il en est, que l’objectivité n’a pas toujours été à l’œuvre à la fédération.

La démonstration de la subjectivité se trouve dans le passage que nous reproduisons : « Il a été  demandé d’effectuer une investigation pour connaitre la vérité sur ce cas de dopage et les sanctions prononcées à l’encontre de l’athlète ».

Il faut comprendre par-là que l’institution fédérale élue ne connait pas la vérité. Une explication peut être trouvée à ce fait. Dès son élection, le président Dib l’a décapitée en écartant trois cadres permanents. Trois directeurs (le DTN, le DOS et le DDF), responsables de trois directions importantes : la direction technique, l’organisation sportive et le développement et formation. Nommés par le ministre. Partis du jour au lendemain !

Le plus marquant et insolite se situe dans la formulation usitée dans le passage du procès-verbal. Elle laisse croire que les membres du bureau fédéral n’auraient pas été tenus informés des suites du « Cas de Messad Samira ». Ce qui pour la majorité des membres est véridique car nouvellement élus. Ils sont montés dans un train en marche, à grande vitesse.

Toutefois, cette interprétation ne peut s’appliquer à messieurs Dib et Ahmim. Et à quelques autres d’ailleurs. En particulier, ceux approchés, les jours précédant cette réunion, par une Samira Messad révoltée.

Quant à Dib et Ahmim, les seuls élus rescapés, ils avaient assisté à la réunion du 12 janvier 2016 qui décida de faire recours à la sanction prononcée à l’encontre de Samira Messad par la commission de discipline (commission d’audition et de décision). Ils sont sensés connaitre les tenants et aboutissants, les motivations à l’origine du recours formulé. Sauf…. s’ils n’étaient que des spectateurs. Ils étaient également informés du sort de l’athlète. Au moins par les peu nombreux articles de presse publiés à l’époque.  


Reconnaissons que la formulation (d’une meilleure qualité que celles des procès-verbaux de la fin du mandat précédent) est des plus ambigües, puisque l’on évoque la recherche de la vérité sur le cas de dopage et sur les sanctions prononcées. Notons également que l’on découvre, par hasard, non pas une sanction mais des sanctions. 

dimanche 12 novembre 2017

Amina Bettiche, L'athlète paumée

Amina Bettiche, recordwoman d’Algérie du 3000 mètres steeple, défraye la chronique.  Elle n’a rien fait de particulier dans son domaine de prédilection si ce n’est d’avoir couru le 5 novembre dernier à Laâyoune, en territoires sahraouis occupés. Et de s’y être classée à la seconde place. Une participation dérangeante à plus d’un titre car dérogeant aux crédos diplomatique et politique nationaux.
Les commentaires de cette information publiée dans la presse généraliste et reprises par de nombreux sites enflamment la Toile et alimentent les chroniques créant un champ tensionnel supplémentaire entre les partisans stricts de la doctrine politique actuelle et les adversaires de la mise à l’écart et du boycott des activités du Royaume du Maroc organisés dans ces territoires et par conséquent postulant au retour de relations harmonisées entre les deux pays.
Nous rappellerons que Bettiche, en 2014, au meeting de Marrakech, avait battu le record national du 3 000 m steeple. C’était lors d’une compétition à laquelle avait pris part les athlètes Hichem Bouchicha, Abdelhamid Zerif (3000 mètres steeple), Yassine Hathat (800 mètre) et Imad Touil (1500m).
Cette information postule seulement qu’il ne fait aucun doute que le fondement de la polémique est la participation à Laâyoune et non pas la présence d’athlètes algériens aux meetings marocains ou aux stages de préparation à Ifrane, entrés dans les mœurs de l’athlétisme national depuis des années.
Kamel Benmissi, ancien président de la fédération algérienne d’athlétisme, a vu dans Amina Bettiche « une athlète pommée ». Une expression langagière qui, au premier abord, renvoie à la perte de connaissance de l’athlète qui serait ainsi « tombée dans les pommes », à une défaillance avant tout physiologique. Ce qui n’est certainement le sens à considérer présentement.
Ce qui semble une incorrection orthographique est sémantiquement proche d’une autre expression populaire, orthographiée autrement. Amina Bettiche est « paumée ». Elle est perdue, désemparée. On pourrait ajouter, pour rester dans le champ idéologique présent,  « égarée ». Le psychologique  prend le dessus sur l’organique.
Mais, qui est Amina Bettiche ? C’est une athlète, qui comme tant d’autres, a pu percer malgré toutes les entraves qui se dressent devant un athlète algérien. Que dire alors d’une athlète en butte à tant de tabous ?
Amina Bettiche n’est pas une internationale de tout premier plan. Même si de nombreux la voit postuler à mieux, en raison d’un record personnel et national établis à 9.25.90 (lors des Jeux islamiques de Bakou) se rapprochant des meilleures performances mondiales du 3 000 mètres steeple. Un chrono qui lui offrit en 2017 la 25ème  place mondiale. Et par la règle des quotas, une place en finale des championnats du monde et des jeux olympiques. Malheureusement, comme d’athlètes algériens, elle fléchit dans les grandes compétitions mondiales donnant ainsi de la consistance à une stratégie qui aurait été mise en place dans certaines sphères.
Amina Bettiche est paumée depuis la fin de la saison 2014-2015. Depuis que, suite à une saison qualifiée, le 09 avril 2015, de « difficile » par le site de la FAA, elle a quitté celui qui fut son entraîneur, Mohamed Salem. Toujours selon le même site, Amina Bettiche aurait perdu ses repères, « n'avait à aucun moment retrouvé ses marques ».
En 2016, du moins la FAA l’affirme, elle voulait « revenir en force et se qualifier aux championnats d'Afrique et aux J.O ». Un objectif qui ne sera pas atteint car elle ne participa pas aux championnats d’Afrique et qu’elle fut éliminée très tôt aux JO.
Le site de la FAA indique que l’athlète sans entraîneur avait sollicité un stage de longue durée qui fut entamé au mois de février 2016 « sous la houlette de l’entraîneur Djamaa qui avait déjà pris en charge Makhloufi ».
L’entraineur Amar Benida, qui la chaperonna, si l’on peut le dire, pendant quelques temps, est rentré plus tôt que la spécialiste du 3 000 m steeple. Celle-ci aurait bénéficié, à sa demande acceptée par la CPO, d’une prolongation. Benida déclara au site fédéral que « Bettiche travaille d'arrache-pied pour pouvoir retrouver son niveau ».
Amar Benida précisait également que "Amina travaille beaucoup et durement avec un programme foncier spécifique" ».
Un peu plus tard, le 15 mai 2016, on apprendra par presse interposée que la « meilleure Algérienne sur 3000m steeple » (9:29.20, record national à l’époque), devait partir le 20 mai à destination de Barcelone « pour effectuer un stage de préparation en vue des prochains meetings en Europe ». Cette information reprise d’une dépêche de l’agence nationale de presse (APS) révélait qu’elle «  essayera de réaliser les minima pour les Jeux Olympiques de Rio ».
L’article nous apprend aussi qu’Amina  Bettiche était rentrée d’Ethiopie du stage éthiopien le 24 avril (15 jours après la publication du site fédéral), après avoir bénéficié d'un stage de 75 jours. En attendant le départ pour Barcelone, l'athlète se préparait à Bordj Bou Arreridj « sous la houlette de son nouvel entraîneur, Djama ». Plus exactement, devrait-on dire, sous la direction par correspondance (ou d’un programme d’entraînement remis avant son départ d’Ethiopie) d’Aden Jama. Selon les enquêteurs de l’IAAF ayant décrit l’organisation du groupe d’entraînement de l’entraîneur somalo-britannique, les athlètes comme Amina Bettiche font partie d’un troisième cercle.
C’est au cours de ce stage barcelonais qu’eut lieu « la descente » de la police et des services de douanes catalans sur l’hôtel où étaient les athlètes formant le groupe d’entraînement. Par un curieux hasard, la liste des athlètes autorisés à s’entraîner sur le stade de Sabadell sous la coupe des frères Jama, publiée par un site catalan « El Confidencial », comporte deux athlètes algériens (Hathat et Belferrar). Alors que Bettiche en est absente.
 Amina Bettiche, déclarait (avant de partir pour la Catalogne) que son objectif était de « retrouver mon meilleur niveau avant de viser un bon résultat lors des prochaines échéances». Pour cela, son programme incluait son retour à la compétition le 16 juin, lors du meeting de Stockholm (Suède), avant d'enchaîner par trois autres compétitions, en Scandinavie, toujours en quête des minima pour les JO de Rio. 
On sait maintenant que sa quête ne fut pas récompensée à la mesure de ses efforts.
Le récit que nous avons proposé pèche par beaucoup de lacunes. Les combler demande des recherches complémentaires.
Des questions doivent être posées et des réponses doivent être trouvées.
Pourquoi a-t-on refusé (un an plus tôt) à Toufik Makhloufi de partir seul (avec un groupe composés de sparring-partners et un kiné) aux Etats-Unis et en voulant lui imposer un entraîneur ? Pourquoi Bettiche était-elle restée seule en Ethiopie après le retour du groupe d’athlètes algériens (Hathat, Belferrar et Abdenouz) et du chef de la délégation, l’entraîneur Benida ? On invoquera sans doute des dispositions administratives et financières.
Pourquoi Bettiche ne figure-t-elle pas sur la liste des athlètes entraînés par Jama en mai-juin 2016 à Sabadell? Comment a été organisée sa campagne de meetings scandinaves ?
Au début du mois de mai 2017, un « Cas Bettiche Amina » est signalé au cours de la secondé réunion du nouveau bureau fédéral. Amina Bettiche n’en ferait qu’à sa tête.
Abdelkrim Sadou, le Directeur Technique National, nommé par le président à la place de Boubrit, informe les membres du bureau que l’athlète Amina Bettiche a raté deux contrôles anti-dopage et qu’elle avait quitté le stage  de demi-fond organisé à Sétif sans avertir les responsables.
Puis, qu’elle se serait rendue à Ifrane au Maroc de son propre chef. Il est de notoriété publique qu’Ifrane est un des hauts lieux de la préparation en altitude. Ce lieu est aussi connu pour avoir abrité beaucoup d’athlètes marocains contrôlés positifs. Cette remarque a aussi été opposée aux responsables du MCA dont les athlètes y avaient élus domicile. Amina Bettiche est sociétaire du Groupement Sportif des Pétroliers, une association sportive omnisport née de la séparation du football d’avec les autres disciplines sportives.
Le DTN, ainsi que cela est inscrit dans le procès-verbal n°02/2017 de la réunion tenue le 03 mai 2017, a  proposé de convoquer l’athlète et les responsables de son club pour plus d’informations.
Depuis aucun PV de réunion, permettant de connaître les suites réservées à cette affaire, ne figure sur le site de la FAA qui ne publie que le PV n°03/17 de la réunion du 30 mai 2017.
Si ce n’est que ce même PV n° 03 informe qu’Amina Bettiche a accompli des performances « acceptables » aux jeux de la solidarité islamique de Bakou (record national) dans un contexte très délicat à appréhender sur une base de suspicions de dopage, celui des « no shows » et du partenariat avec Aden Jama et d’autres entraîneurs.


mercredi 8 novembre 2017

Samira Messad (86), La demande d’investigations du BF

Le délai supplémentaire qu’octroie la réglementation à la fédération constitue indéniablement un gain de temps pour faire appel devant le comité d’appel antidopage national. Ce délai prend effet à compter de la réception du dossier. Le délai minimal d’appel initialement de 36 jours est à augmenter des délais de courrier (transmission de la notification de sanction et transmission du dossier complet). 

De toute évidence, la fédération d’athlétisme n’a pas exploité les possibilités normales qui lui étaient offertes par la réglementation.

Cependant, nous devons modérer notre propos en observant que des informations non vérifiées indiquent que la FAA aurait préféré utiliser d’autres voies, plus souterraines, sous le sceau de l’invisibilité formelle et de l’intraçabilité. Elle aurait pris attache avec l’IAAF et/ou l’AMA pour agir en ses lieux et place. Pour ce faire, elle aurait délégué un représentant et aurait  adressé le dossier complet de l’affaire.

Remarquons que l’hypothèse d’un appel de l’IAAF est à écarter. La fédération internationale est également piégée par l’inertie comme le fut la fédération algérienne d’athlétisme. La fédération internationale, comme la fédération nationale, est astreinte aux mêmes délais d’appel.

Dans ce genre de situation qui n’aurait pas vu les différents appelants prévus par le code - la FAA étant en première ligne car il s’agit d’une athlète de niveau national qui a priori ne fait pas partie des préoccupations majeures et prioritaires de l’IAAF - faire usage de ce droit, et donc être, si l’on peut le dire ainsi, défaillants, l’AMA peut se pourvoir en appel après la date limite définie plus haut (36 jours après la notification de la sanction).

Le code national prévoit que l’AMA dispose d’une dérogation de 21 jours supplémentaires s’ajoutant à ces 36 jours décomptés d’une part ou de 21 autres jours après la réception par elle du dossier complet relatif à l’affaire, d’autre part.

L’appel étant daté du 15 février 2016 et ayant été admis dans la forme par la CNAD nous devons considérer que c’est la seconde hypothèse qui est à prendre en compte. L’hypothèse la plus défavorable mène au 1er février 2016.

L’AMA ayant théoriquement un accès direct à Adams (c’est à dire à l’ensemble des résultats des analyses subies par un athlète et au compte-rendu de résultats d’analyse anormal établi par le laboratoire de Châtenay-Malabris) nous devons supposer que les  documents potentiellement manquants sont le procès-verbal de la commission de discipline de la CNAD expliquant l’atténuation de la sanction comparativement à la sanction prescrite par le code et la décision proprement dite. Deux documents censés avoir été transmis automatiquement par la CNAD.

Nous devons supposer, dans un premier temps, que l’AMA, tout comme l’IAAF, n’a pas accordé à la décision de la CNAD plus d’intérêt que le cas le méritait. Quoiqu’on puisse en dire, Samira Messad n’est qu’une athlète de niveau mineur dans la galaxie des athlètes internationaux sur laquelle les deux instances mondiales se penchent habituellement.

D’autant que, malgré toutes les anomalies que nous y avons décelées et recensées, le procès-verbal de la commission d’audition et de décision de la CNAD explique sans aucune ambiguïté, les motivations de la décision prononcée. Ces explications semblent être recevables dans la forme.

Il y a lieu bien sûr d’envisager que la politique de l’AMA soit de faire systématiquement recours (devant la commission d’appel de l’agence nationale de lutte contre le dopage) de toute sanction qui ne serait pas celle prescrite par le code et les annexes. Ou qu’elle ait été incitée à le faire par la réception du dossier reçu de la fédération algérienne.

La construction intellectuelle qui est la nôtre, en l’absence totale d’informations certifiées,  s’appuie sur le fait (outre la rumeur) que la fédération est une véritable maison hantée par des fantômes, membres de la famille Adams (le hasard pour une fois fait bien les choses) traversant les murs, portes et fenêtres, emportant avec eux des informations essentielles.

La fédération vit en vase clos. Le cloisonnement des activités semble avoir été hérité des pratiques révolutionnaires. Le cas Messad l’illustre parfaitement ou pourrait en être l’illustration.


Un cloisonnement qui pourtant n’existe plus depuis que le DTN fait également fonction de secrétaire général. La séparation des tâches et des pouvoirs n’est plus qu’organique. Les deux structures sont placées provisoirement sous la tutelle d’un seul et unique responsable, le DTN.

mardi 7 novembre 2017

Samira Messad (85), La FAA n’a pas fait appel

Les quelques centaines de mètres séparant la CNAD de la FAA n’ont pas, selon nous, allongé outre mesure le délai de distribution du courrier.

L’article 13.7.2 du code national antidoping, portant sur les « Appels en vertu de l’article 13.2.2 » relatifs aux sanctions prononcées par la CNAD à l’encontre d’athlètes de niveau national prévoit, que le  « délai pour  déposer un appel devant le comité d’appel antidopage national sera de vingt et un jours à compter de la date de la réception de la décision par la partie appelante ».

La fédération algérienne d’athlétisme fait partie des parties appelantes. Elle a marqué sa volonté de faire appel lors de sa réunion du 12 janvier. Nous conviendrons que, en considération de cet article 13.7.2, les délais prescrits pour que la fédération fasse appel sont incontestablement dépassés de quelques jours.

Pire, cette situation montre l’incompétence flagrante sur le sujet du dopage. Reconnaissons qu’elle n’a jamais rencontré ce genre de situation. A l’exception de deux membres de ses membres. Le président de la fédération et le DTN sont en effet sensés disposés d’une expérience sur le sujet ou du moins d’avoir procédé antérieurement à une exploration documentaire de la question.

Dans leurs vécus respectifs, nous trouvons une relation pratique avec la question. Le président a connu les désagréments causés par la « mésaventure » de sa fille et sans doute sur les moyens de trouver une issue favorable à l’intérêt paternel.

Le DTN, quant à lui, même s’il n’était pas directement concerné par le sujet, aurait dû être motivé, en tant que responsable de la super-élite,  par le questionnement simplement intellectuel né des circonstances auquel il fut certainement confronté par le cas des trois athlètes internationaux contrôlés positifs en 2012 : Réda Megdoud, Zahra Bouras et Larbi Bouraâda. En tant que cadre permanent de la fédération, nous pensons que ne serait-ce qu’en termes de conduite à tenir, de positionnement à assumer par l’instance nationale vis-à-vis des autres intervenants (athlètes, IAAF, AMA), il aurait dû être interpellé.

Nous ajouterons à ce duo formé par le président alors en exercice de la FAA et l’ex- DTN, celui qui était alors le premier vice-président du bureau fédéral, détenteur également de la qualité de président de la commission des affaires juridiques, normalement consulté sur une situation nouvelle, l’actuel président élu de la fédération, Abdelhakim Dib.

En toute transparence (officiellement, pourrait-on dire), la fédération algérienne d’athlétisme n’a pas fait appel de la décision.

La CNAD, dans la décision que prendra plus tard la commission  d’appel, ne marque pas la trace d’un recours formulé par la FAA. C’est un autre organisme, l’agence mondiale antidopage (AMA) qui est l’appelant. C’est l’AMA qui a réagi. Pas la FAA.

Pourtant, selon le code national de la lutte contre le dopage, la fédération est une des parties habilitées à faire appel. Le code national la positionne au premier rang, juste après le sportif sanctionné. Il considère la fédération comme étant la première organisation attachée par la préservation de sa réputation et de celle des athlètes qui l’on représentés dignement en championnats du monde ou aux jeux olympiques.

On sait par ailleurs que cette réputation a été ternie à la fois par les trois cas de dopage enregistrés (dont celui remarquable de la fille du président) au printemps 2012 et par la mise en garde qui lui aurait été adressée par la fédération internationale d’athlétisme. Le cas Samira Messad était une opportunité de redorer son blason.

Nous allons considérer, pour nous permettre d’allonger le délai d’appel, que la fédération algérienne d’athlétisme « n’était pas partie aux procédures ayant mené à la décision visée par l’appel ».

A ce titre, un suivi administratif simplement correct du dossier Samira Messad lui permettait de demander à la CNAD, dans les 15 jours ayant suivi la notification de la décision de sanction, une copie du dossier sur lequel la commission de discipline a basé sa décision.

La formulation de cette demande, dans le délai normal de 15 jours, ci-dessus indiqué, après réception de la notification de la sanction, a pour conséquence principale, dans le cadre de notre préoccupation présente, de faire bénéficier la FAA d’un délai supplémentaire de 21 jours.  


lundi 6 novembre 2017

Samira Messad (84): Délais d’appel dépassés

Réda Abdenouz (finaliste du 800 mètres des jeux olympiques de Barcelone 1992, entraîneur au Qatar) et son fils Ramzi (lui aussi coureur de 800 à la notoriété moins établie que celle de son père) furent victimes des écarts de langage du DTN.

Ce dernier n’aurait pas apprécié que Réda Abdenouz (avec qui les relations s’étaient détériorées lorsque Réda avait quitté le poste qu’il occupait à la DTN) affirma qu’il avait financé de ses propres deniers, le stage de son fils Ramzi sur les hauteurs de la Corne de l’Afrique.

Nous devons comprendre que du point de vue du DTN, l’information publiée, bien que véridique, était déplacée, dérangeante. Ramzi Abdenouz était partie en même temps que les athlètes du groupe constitué autour d’Amar Benida. Le stage de ce groupe d’athlètes était financé par la CPO. Il n’y a rien à redire à cela puisque cela fait partie des règles subjectives du jeu. La discrimination par l’argent et par la proximité. Réda Abdenouz côtoyait, au Qatar, le grand chef très controversé du groupe d’entraînement dont les athlètes algériens faisaient partie, Aden Jama. 

Aussi, devons-nous supposer que les conditions de la présence de Ramzi ne devaient pas être connues. L’effort financier consenti par Réda en faveur de Ramzi, son fils, aurait égratigné, l’image de la fédération. Cela ne devait pas se savoir. La loi du silence sur la gestion sur la base du « deux poids et deux mesures »  était, encore une fois, à l’œuvre.

Outre ces dérapages langagiers, dont plus tard Samira Messad aurait été une autre victime, Boubrit refusa la délivrance d’une attestation d’athlète sollicitée (après son retour de stage) par Ramzi Abdenouz en vue d’obtenir un visa Schengen devant lui faciliter la participation à des compétitions en Europe. Tandis que, dit-on,  dans une autre direction, la fédération les fabriquait en quantité industrielle y compris en faveur de non-sportifs.

Nous pouvons dire que fin 2015, et pendant toute l’année 2016, la fédération algérienne d’athlétisme est débordée tant par les polémiques et les coups bas portés par tous les protagonistes que la préparation olympique brinquebalante. La lecture des procès-verbaux des réunions du bureau fédéral de cette année-là est révélatrice du malaise qui y règne.

Pas de chance pour Samira Messad. Son dossier est classé, mis aux oubliettes par la FAA pendant que son affaire est minée on ne sait trop par qui, ni pourquoi.

Nous avons vu que la fédération se réveilla de son inertie début janvier 2016. Lors de la réunion du 12 janvier du bureau fédéral.

A cette réunion, six membres (sur douze) étaient absents. Parmi les absences les plus notables, celles de deux (des trois) vice-présidents : Nouria Benida-Merah, la championne olympique du 1500 mètres des jeux de Sidney, et Adli Abdelaziz, qui fut le chef de la délégation partie aux championnats du monde de Moscou 2013 revenue avec un stock de produits pharmaceutiques. Le secrétaire général, Rezki Azaoun, également.

C’est au cours de cette réunion, ayant eu lieu à Zeralda, qu’il fut décidé de faire appel de la décision prononcée par la CNAD. Ce qui est indéniablement du droit de la FAA.
Le 6 décembre 2015, date d’enregistrement de la notification de la décision de suspension de 12 mois reçue le 3 février 2016 par la ligue de wilaya de Bejaïa, Samira Messad change de statut. Elle devient officiellement une « athlète dopée » et suspendue de toute activité liée à la pratique athlétique et sportive.
Entre le 06 décembre 2015, date d’officialisation de la sanction, et le 12 janvier 2016, 36 jours se sont écoulés. La date de réception de cette décision par la fédération n’est certes pas connue. Et, nous ne l’avons pas particulièrement cherchée.


Le DTN a connu la notification de résultat d’analyse anormal trois jours environ après son envoi par la CNAD. Ahmed Boubrit était alors à Pékin où se disputaient les championnats du monde 2015 d’athlétisme précédés par le congrès de l’IAAF. Le président Bouras et Boubrit y étaient candidats à une fonction dans les instances internationales. Malgré ses préoccupations de responsable technique de la fédération et de candidat déçu, le DTN eut accès à l’information et put en parler à une chaîne de télé.

dimanche 5 novembre 2017

Samira Messad (83), Boubrit au centre des polémiques

La polémique engagée entre Toufik Makhloufi, fort de sa médaille olympique sur 1 500 mètres, et les cadres du mouvement sportif, obligea, par médiatisation interposée, le ministre de la jeunesse et des sports de l’époque, le professeur en cardiologie Tahmi, à passer outre à toutes les habitudes et à faire convoyer, d’Alger aux Etats Unis, par monsieur le DTN transformé en un convoyeur de fonds qui ne demandait que celà, une mallette bourrée de dollars destinés à couvrir les dépenses d’un stage engagé par le champion olympique en dépit de toutes les règles. Makhloufi  n’aurait pas supporté les tergiversations de la FAA et de son DTN voulant lui imposer un entraîneur et des règles qui lui furent insupportables.

Un an plus tard, une autre polémique mit aux prises le champion olympique de 2012 et double médaillé de 2016, cette fois-ci, avec le président du comité olympique qui, lors de la précédente crise, avait été son soutien. La mèche de la bombe médiatique avait été allumée à la fédération d’athlétisme.

Toujours au sujet de Makhloufi, il y eut également les deux polémiques au sujet de l’établissement de visa. L’un pour disputer une compétition à Birmingham (Grande-Bretagne) puis, quelques mois plus tard pour se rendre sur les lieux d’un stage programmé par son entraineur Dupont au Portugal. L’épisode du second visa fut le prélude au déballage médiatique entre Makhloufi et le COA.

Nous retiendrons également, au passif du sieur Boubrit, les incidents relatés dans la presse nationale, bien après qu’ils eurent eu lieu (une dizaine de mois après), par le coureur de 3000 mètres steeple résidant en France, Abdelhamid « Blondin » Zerifi.

Lors des championnats du monde de 2015, le coureur avait été contraint d’assumer personnellement des frais de transport (pour lui et ses coéquipiers) pour se déplacer du lieu d’hébergement au site de la compétition. Ces frais étaient restés non remboursés dans les semaines qui précédèrent les jeux olympiques de Rio 2016. Près d’une année plus tard. Il lui fut seulement proposé un remboursement en dinars d’une dépense engagée en devises.

Les frictions nées à Pékin, où Zerifi, le franco-algérien repêché par l’IAAF, se senti comme un intrus dans la délégation algérienne, produisirent, à l’encontre de la fédération, un sentiment de ressentiment exacerbé par le processus de sélection pour les jeux olympiques. (Cf. les chroniques de « Polémiques » n°48 et suivantes).

On retrouve Ahmed Boubrit au cœur d’autres polémiques dont l’athlétisme se serait bien dispensé si la DTN et le secrétariat général avaient fonctionné à peu près correctement. Des « affaires » qui épicèrent la préparation et la participation des athlètes algériens aux jeux olympiques de Rio de Janeiro. Comme celles liées à la préparation de Larbi Bouraâda et au comportement de son entraîneur.

Nous avons évoqué ces questions étranges qui occupèrent, plus qu’il n’en faut, les esprits à une période où la sérénité aurait dû prévaloir et qui, au contraire, envenimèrent les rapports entre la CPO/COA et la FAA tout en remettant au goût du jour les relations tumultueuses liant, depuis des décennies, Amar Brahmia/Mustapha Berraf, d’une part et Ahmed Mahour Bacha/Bouras, d’autre part.

Nous citerons à titre de simple rappel, les chroniques que nous avons consacrées aux départ retardé et au retour prématuré de l’entraîneur du spécialiste du 400 mètres haies, Abdelmalek Lahoulou, le billet d’avion de Salim Keddar, les « affaires » concoctées à partir des séances de cryothérapie et de técarthérapie qui entourèrent la participation de Larbi Bouraâda, l’incident de « la voiture officielle » dont Boubrit fut un acteur/spectateur au premier rang.

La présence clandestine, à Rio de Janeiro, de Mohamed Hocine (présenté comme l’assistant de Mahour Bacha) validée postérieurement par le DTN (après une autre affaire de billet d’avion acquis par la FAA dans une tentative de mettre en porte-à-faux la CPO) d’un entraîneur qui n’avait pas été inscrit parmi les membres de  la délégation par sa fédération, etc. appartient aussi à une logique destructrice.

Voir à ce propos, les  cent et une chroniques (révélatrices du malaise de l’athlétisme) parues dans la série « Polémiques ». Des chroniques disponibles sur le blog « Sousolivier.blogspot.com ».


 A son triste tableau de chasse figurent aussi les propos déplorables tenus à l’encontre de ceux dont les propos ou les demandes lui déplaisaient.  

jeudi 2 novembre 2017

Samira Messad (82), Le bilan peu reluisant de Boubrit

Nous devons postuler que, de par ses fonctions au sein de la fédération, le président Dib a pris connaissance de cette correspondance. Nous devons aussi nous demander par quel biais il fut informé. Celui de la fédération ou du ministère ? La perspective de la prise de connaissance de l’ensemble des événements semble bien réelle au vu du rôle qui sera le sien lors des élections fédérale et olympique.

Les deux présidences (clôturées sur des résultats contradictoires : élection à la présidence de la FAA, échec pour la présidence du COA) lui étaient offertes sur un plateau par le secrétaire général de la FAA (écartant pour un motif ou un autre, tous les candidats) et par les cadres du ministère dont on connait le rôle dans l’après AGE du comité olympique.

S’il en eut connaissance, le président de la FAA, inspecteur à la DJS de Tlemcen, l’ignora superbement. En effet, l’une des premières décisions prises par le président Dib (quasiment dès son installation) fut de mettre fin (unilatéralement) aux fonctions d’Ahmed Boubrit.

Plus tard, au début de l’automne 2017, il fut à l’origine d’un conflit majeur, avec les membres du bureau fédéral, en s’opposant frontalement à leur volonté de ne plus reconnaitre Rezki Azaoun en tant que secrétaire général. Là encore, il semblerait que la procédure décrite par le ministère de la jeunesse et des sports a conduit à un clash.

La réunion du 4 août 2013 fut intéressante en tous points de vue. Elle fut celle qui, en plus de maintenir Boubrit à son poste, dévoila publiquement et sans aucune honte (sans doute le sentiment de l’impunité fondée sur la souveraineté des institutions sportives que sont l’assemblée générale de la FAA et le bureau fédéral élu) que « Messieurs Mahour Bacha Ahmed, Rahmani Miloud,  Hadj Lazib Othmane, Bouraâda Larbi » ont été en stage du 20 juillet 2013 au 05 août 2013 à Leverkusen (Allemagne).

Une information d’apparemment peu d’importance si ce n’est qu’elle met à jour et entérine un fait majeur qui  est que Larbi Bouraâda a pris part à un stage de la FAA. Le décathlonien avait été suspendu, pour une durée de deux années prenant effet à compter du 12 juin 2012, pour dopage au stanozolol.

De par sa fonction de DTN, Ahmed Boubrit ne pouvait ignorer cette situation réglementairement illicite. Il avait donc cautionné la présence d’un athlète suspendu pour dopage dans un stage organisé et financé par la fédération et les pouvoirs publics.

Malgré la réglementation nationale et internationale ! On peut aisément croire que ce ne fut pas sous l’influence d’Amar Bouras, président de la fédération, et d’Ahmed Mahour Bacha, entraîneur national omnipotent et accessoirement entraîneur de l’athlète suspendu.

Le bilan d’Ahmed Boubrit, à la tête de la direction technique nationale, est bien maigre. Il est toutefois marqué par quelques événements saillants.

Le premier événement marquant à porter au bilan de Boubrit, directeur technique national, est le recul du niveau de performance masqué par les chronos, les titres et les médailles de Toufik Makhloufi, devenu le fameux arbre qui cache non pas  la forêt mais l’avancée du désert.  

Le second est la recrudescence des cas présumés de dopage, thèmes récurrents de ces innombrables rumeurs qui ont envahi la sphère. Il y a aussi, dans le même contexte, les apparitions éclairs et les disparitions aussi rapides de jeunes coureurs de demi-fond.

Une situation qui incite (à entendre la citation du nom de Salim Keddar dans l’interview diffusée sur « Annahar Tv ») à se demander s’ils n’auraient pas été des cobayes d’une politique qui se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui.

Le nom d’un jeune coureur prometteur sur 800 mètres, appartenant depuis le début de la saison dernière à un  groupe privilégié, est suspecté de dopage au championnat national Open 2017. Il est arrivé à nos oreilles qu’il s’est intéressé cet automne à la procédure introductive à l’audition par la CNAD. 

Le troisième est l’apparition sur la place publique, en particulier sur les écrans des chaînes de télévision satellitaires et les colonnes de la presse écrite appartenant aux mêmes groupes de presse, de polémiques polluant les relations au sein de l’élite et avec les entraîneurs n’appartenant pas à la caste privilégiée.


Nous compterons parmi les épisodes révélateurs des relations conflictuelles qu’entretenait Boubrit avec les autres, le rôle qu’il tint, à la fin des années 2013 et 2014, lors du déballage médiatique qui eut lieu entre Toufik Makhloufi, d’une part, la fédération algérienne d’athlétisme, le MJS et/ou le COA, d’autre part (cf. Sous l’olivier n° 49, 86 et 204 à 211).