mardi 13 novembre 2018

Migration des athlètes, Le jumelage révolutionnaire


La diminution stigmatisée des savoirs par les cadres techniques (et technico-administratifs issus également de la filière avant que les établissements de formation ne proposent des spécialisations autres que techniques) les plus importants est liée, si l’on n’y prête attention, à l’amélioration inégalitaire des situations administratives et aux changements népotique des statuts administratifs.

Les réseaux sociaux (exutoires aux rancœurs emmagasinées pendant des décennies)  illustrent parfaitement ces situations par le foisonnement des récriminations émises par des entraîneurs ayant réussi, avec le peu moyens disponibles, à inscrire les athlètes aux portes de la renommée internationale. En dépit des embûches en tous genres préludant les détournements de talents.

Il est temps de remarquer que les discours critiques, ont conduit à un très formidable changement de paradigmes, à l’apparition d’une démarche totalement inconnue. Sur les traces de Marx, dans le lignage de  sa théorie du renversement, l’univers sportif algérien est présumé avoir bouleversé, retourné l’approche traditionnelle.

De nos jours, avec ce phénomène contemporain de la migration réservée à l’élite, selon les théories dévoilées par ces messieurs les critiqueurs, ce sont les athlètes (dont il est de notoriété publique que très peu ont eu la chance d’avoir fréquenté les amphithéâtres des IEPS, des Staps ou des ENS) à qui ils ont attribué la charge de former, de faciliter ou de concourir au perfectionnement de leurs entraîneurs en allant récolter butiner pour eux le savoir y compris et surtout en France, le pays honni par ces autoproclamés nationalistes formés aux règles du mondialisme et du trabendisme sportif.

La migration sportive est un déplacement dans lequel sont impliqués essentiellement les membres de la catégorie sportive supérieure, l’élite nationale en devenir sélectionnée par les piliers de la caste dominante.

Nous comprenons mieux l’avalanche de critiques qui s’est abattue sur le MAC et sur ses dirigeants. La démarche innovante qui a été la leur a bouleversé les pratiques traditionnelles solidement ancrées dans les esprits. Souvent à courte vue. Il s’agit avant tout pour ses partisans de préserver les avantages et autres privilèges susceptibles de pérenniser le statu-quo-ante qui leur convenait tant.


samedi 10 novembre 2018

Migration des athlètes (9,) Tentatives de revirginisation


L’Algérie a la particularité impossible à occulter d’être une nation où les dirigeants sportifs et politico-sportifs développent, à longueur de conférences, sans aucune espèce de retenue pudique, des discours regorgeant de vantardises, glorifiant le « système » d’avoir formé au fil des décennies (et de continuer à former) des générations de cadres sportifs de haut niveau.

Toute honte bue, la migration des athlètes serait, selon le point de vue de ses thuriféraires, un bienfait pour l’athlétisme, une opportunité miraculeuse pour l’amélioration du niveau de compétence des entraîneurs dont on n’estime pas nécessaire de dire qu’ils sont isolés de tout au pays qui les a vu naître, lorsqu’ils ne sont pas totalement enfermés dans le phénomène englobant de marginalisation édifié depuis des décennies en institution et de mise à l’écart de rivaux susceptibles de faire de l’ombre à une notoriété factice qui a pris racine à toutes les strates de la hiérarchie au sein de laquelle la compétence relative a pris le pouvoir.

On se garde bien de dire aussi qu’aucun système institutionnel de formation continue (cela fait partie des sujets qui fâchent dans les cercles de prédation) ne leur a été proposé ou mis à leurs dispositions.

Quant aux palliatifs à cette absence de formation continue et d’actions de perfectionnement qui furent l’apanage des collèges techniques nationaux, en cette époque bénie de la Réforme Sportive où les responsables techniques étaient portés sur le partage des connaissances et l’amélioration des compétences avec leurs collègues et pairs, ils se sont mus en des moments de rencontre sans intérêt pour la transmission, l’échange et la dissémination de savoirs et d’expériences.

La circulation de l’information cognitive (savoirs et expériences) a été confinée au sommet de la hiérarchie sportive dans ce qui pourrait être analysé en termes de souci de constitution de cercles restreints, de préservation népotique des territoires et des avantages afférents.

Ces anciens détenteurs du pouvoir, exclus des rouages fédéraux à la suite de l’échec consommé des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, détracteurs affirmés de tous leurs confrères susceptibles de leur faire de l’ombre, sont en première ligne d’une tentative désespérément réitérée de retrouver une virginité perdue.  

Cette tentative est marquée par le comble de l’aberration. Ce sont en effet ces mêmes critiqueurs de la vision du MAC qui, dans des discours récents, se sont autorisés à réprouver la stagnation cognitive et à condamner la diminution du volume horaire et de la qualité de la formation initiale (celles dispensée par des instituts placés sous tutelle du MJS et du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) qu’ils n’ont pas été en mesure de compenser par des actions de mise à niveau lorsqu’ils détenaient leadership. 

lundi 5 novembre 2018

Ali Saidi-Sief (52), Azaidj, reconversion réussie


Azaidj fait partie de ces athlètes algériens que l’on a tendance à reléguer dans les oubliettes mémorielles. Sans doute la conséquence de ce phénomène naturellement humain qui fait qu’ils appartinrent à la nombreuse cohorte d’athlètes qui restèrent en-deçà de leurs potentiels, qui auraient pu faire mieux et auxquels il manqua  si  peu de choses pour se constituer un palmarès plus brillant que celui qu’on leur connait et que les bilans et les mémoires retiennent.

Sans doute également qu’il fit partie de ces marées éternelles de jeunes coureurs qui vinrent rituellement chaque année, à chaque saison de cross-country, briller avant de se replier dans le reflux de la normalité.

Ils surent toutefois se tirer honorablement d’affaire avec l’accompagnement que l’on dit à la fois généreux et parcimonieux de Sonatrach dont la filiale sportive (le MCA) a été longtemps dirigée de main de maître par Mohamed Djouad ainsi que par l'inspiration plutôt controversée d’Amar Brahmia faisant figure, dans ce milieu très chahuté par les  questions de leadership, de personnage à la Janus, à la fois ange et démon.

L’attitude si contrastée de Sonatrach (?) ou du MCA est à découvrir dans la relation qu’entretenait le club avec ses jeunes coureurs talentueux. Une relation non dénuée d’une prise de risque. En effet, en cette même année 1996, un futur champion du monde du 800m perçait: Aïssa Djabir Saïd-Guerni.

On ne dira jamais assez que les talents mouloudéens étaient l’objet d’une  attention particulière, plus qu’elle ne pouvait l’être dans les autres clubs, hormis les grandes écuries de la capitale recensant les dernières associations sportives de performance méritant ce label.

A la fin de l’hiver 1996, alors qu’Ali Sidi-Sief était en stage de regroupement avec ses compères de l’équipe nationale de cross-country, le géant algérois Saïd-Guerni était en stage, pris en charge (hébergement-restauration) par le MCA, à « l’hôtel du BCR », à quelques pas des installations du Golf de Dely Ibrahim et de celles du stade du 05 juillet où il retrouvait à l’entrainement ses pairs de l’élite nationale junior.

En ces temps glorieux de l’athlétisme algérien auréolé par les titres et les médailles olympiques, les observateurs étaient déjà bercés  par le flot ininterrompu de rumeurs laissant entrevoir que les  jeunes talents  étaient enserrés dans les mailles des rets tendus par les manigances pas toujours glorieuses de leurs  mentors techniques et de leurs aînés intéressés.

Ce type de comportement, perdurant jusqu’aux temps présents, donne à penser qu’il fait partie intégrante des codes athlétiques et sportifs en usage dans une société peinant à décoller, oscillant en permanence entre les dogmes révolus et d’autres en gestation, entre le professionnalisme d’Etat inhérent à la Réforme sportive et celui de la nouvelle doxa installé sur un fond de débrouillardise débridée.

Aujourd’hui, c’est l’avantage d’avoir été un athlète licencié au sein du Mouloudia et d’y avoir fait la totalité de sa carrière qui vaut à Azaidj d’avoir réussi sa reconversion professionnelle en qualité d’éducateur sportif au sein de la compagnie nationale pétrolière.

Lorsque l’on revisite sa carrière bien des années après qu’il eût remisé son équipement d’athlète d’élite, on constate rétrospectivement qu’il fut, en 1995, avant qu’Ali Saïdi-Sief ne lui succède dans la lignée historique des jeunes athlètes algériens susceptibles de percer au niveau mondial, le plus jeune ( à 23 ans) meilleur coureur algérien  de 5 000 m.

Cette année-là, Azaidj était alors classé à la troisième place nationale (13.21.27) juste derrière le recordman national  de l’époque (Noureddine Morceli, 13.03.85 à 24 ans, en 1994) et son prédécesseur sur les tablettes nationales (Aïssa Belaout 13.08.03, 24 ans également, en 1993).

dimanche 28 octobre 2018

Migrations des athlètes, Les dérapages de la flagornerie



Sans qu’il n’y paraisse, ce repli sur soi de l’athlétisme algérien avait eu pour effet majeur de donner une forme matérielle à la parole populaire faisant qu’au pays où règne la cécité intellectuelle les boiteux régentent.   

Les athlètes des clubs les mieux nantis, bénéficiaires d’avantages et autres privilèges le plus souvent liés à la proximité (aides de la fédération, du ministère et comité olympique), ont monopolisé le devant de la scène sportive, trustant, à qui mieux-mieux, titres, accessits et autres records. Ils ont été à l’origine d’une sorte d’incitation attractive encourageant la migration endogène en étant également les bénéficiaires de l’émigration sportive qui n’est venue titillée l’esprit commun des citoyens en situation de se projeter vers cette idée. 

Le « plus pire » dans cette  polémique stérile, alimentant un microcosme inefficient, ayant pour objet la migration des athlètes est le dernier coup de massue, estocade portée par les ex-leaders du coaching algérien à leurs pairs, à ceux qui se débattent (on ne le sait que trop) dans la difficulté quotidienne d’un sacerdoce sans horizon, à ceux qui luttent, Don Quichotte des temps modernes, contre les moulins à vent érigés par un système sportif défaillant et un système de compétitions peu productif en performances mais facilitateur de l’introduction d’un athlétisme tout en dualité, à la fois à deux vitesses, à deux temporalités et à deux espaces.

On distingue, lorsque l’on veut bien faire l’effort de voir, l’existence de plusieurs formes d’athlétismes juxtaposées l’une à côté de l’autre. Il existe en premier lieu celui qui se pratique sur les stades d’Algérie et qui clôt sa saison en juillet avec le championnat national. C’est celui des amateurs antinomique de celui auquel appartiennent ceux qui se bercent des illusions de professionnalisme fait essentiellement d’obligations de résultats sans la possibilité de faire valoir un quelconque droit.

Le second de niveau de pratique est cet autre athlétisme qui se décline sur les stades d’Europe, entame sa saison en mai-juin pour l’achever avec les étapes les plus importantes des échéanciers internationaux.

C’est aussi la mise en place de règles qui s’appliquent à une minorité tandis que d’autres intéressent la majorité qui n’est pas concernée par les décisions les plus avantageuses proposées et validées par ces lobbies noyauteurs des instances fédérales.

lundi 22 octobre 2018

Ali Saidi-Sief (51), Azaidj : de Boghar au toit du monde


La pratique de la préemption fait partie des rouages, de la mécanique fonctionnelle de l’athlétisme. Nous avons souvenir que, quelques années plus tôt avant que Saïdi-Sief n’opte pour le MCA, au tout début de la décennie 1990, d’une situation de préemption, visible à tous, quasi-similaire à celle du coureur de Hamma. Il s’agit de celle de Yahia Azaidj, un cadet au talent malheureusement incomplètement développé.

Lui aussi, plus précocement, avait vu sa vie basculer. Quelques heures séparant la fin d’une course et la  montée dans le bus pour le retour à la maison avaient suffi pour passer d’une fin de matinée au début de l’après-midi. Deux instants symboliques du franchissement de la barrière marquant les territoires de l’insignifiance, inscrite dans le regard hautain porté au pays profond par l’algérocentrisme dominateur, et la mise en lumière éblouissante née de la révélation sur le champ de bataille national sur lequel Merlin l’enchanteur ou le djinn de la lampe magique d’Aladin serait intervenu.

Yahia Azaidj est ainsi passé de Ksar El Bokhari à l’équipe nationale junior de cross-country, puis à l’équipe nationale U20 (on disait alors juniors) d’athlétisme qui se déplaça aux championnats du monde de la catégorie qui se  disputèrent à Plovdiv (Bulgarie) au cours des mois qui suivirent sa percée et enfin, pendant de longues années, et l’équipe fanion qu’il quittera par une dernière course à l’édition 2008 des championnats du monde IAAF de cross-country .

Ksar El Bokhari a été connue sous le nom de Boghar. La ville est restée tristement célèbre dans les mémoires des anciens pour avoir été, lors de la guerre civile espagnole de 1936, un centre d’internement des réfugiés fuyant le franquisme.

Puis, pendant la guerre de Libération Nationale, il reçut les combattants de l’ALN et les militants du FLN faits prisonniers par l’armée française et condamnés à la réclusion et aux sévices.

Et enfin, après l’indépendance, ce même camp d’internement à la triste renommée fut transformé en un bataillon disciplinaire accueillant les jeunes insoumis aux obligations du service national et les jeunes étudiants réfractaires à l’idéologie dominante d’alors. La ville était réputée pour la rudesse des conditions de vie dignes du bagne.

Yahia Azaidj, natif de cette petite ville d’altitude moyenne (800 m), aux écarts de températures importants oscillant entre les chaleurs torrides du Sud et le froid rigoureux des Hauts-Plateaux, a fait partie de ces myriades de jeunes athlètes préemptés par le Mouloudia d’Alger, régnant en suzerain sur l’athlétisme.

Sa carrière sportive est restée (comme celles de tant d’autres) éloignée des ambitions chronométriques qui lui étaient pronostiquées. Amar Bouras, alors entraîneur de Hassiba Boulmerka et Azzedine Brahmi, et bien d’autres respectables spécialiste des courses de demi-fond voyaient alors en Azaidj le premier coureur algérien capable de courir le 5 000 mètres en moins de 13 minutes s’il passait sous leur coupe.

Ces projections ambitieuses ne se réalisèrent point. Yahia Azaidj est resté bien en retrait par rapport à cet objectif chronométrique. Il réalisa toutefois une carrière sportive internationale, somme toute plus qu’honorable, agrémentée du nec le plus ultra en matière de sélections dont celles pour les championnats du monde de cross-country (43ème en 2008 à 36 ans) et d’athlétisme et toutes les sélections pour les compétitions internationales intermédiaires (africaines, arabes, etc.) qui classent un coureur dans la hiérarchie algérienne.

Sa carrière se poursuivit jusqu’en 2008 avec de très estimables résultats dans les courses de fond (2 heures 14 minutes au marathon national de…. Mostaganem en 2006 dont le tracé avait tout à envier aux circuits internationaux réfléchis pour permettre aux coureurs de réaliser des chronos).

dimanche 14 octobre 2018

Migration des athlètes, Au cœur du « système»


Nous renvoyons encore une fois à la consultation des documents fédéraux, des listes établies par la fédération algérienne d’athlétisme à l’issue de chaque période de « mercato athlétique » érigé en moment le plus fort de la saison sportive balbutiante, celui où les forces en présence sont définies pour la saison à venir.

Cette documentation valide administrativement, en faveur d’athlètes de tous âges mais essentiellement les plus jeunes dont les règles de mutation sont censées être rigoureuses, la migration  d’un quartier à un autre, d’une commune à une autre, et d’un club à un autre ou extraordinairement (du jamais vu sous d’autres cieux et en d’autre temps) d’un club à une ligue ou à la fédération.

Cet état de fait a eu pour effet principal la disparition de la licence « individuelle » accompagnée autrefois du célèbre « maillot noir » aujourd’hui disparu d’une part et, d’autre part, l’apparition de situations scabreuses transformant des instances d’organisation et de régulation en des organes de gestion de cas particuliers.

Le plus souvent ces situations extraordinaires devenues communes ont vu l’implication de membres fédéraux en tant qu’intermédiaires pour passer outre au véto des clubs.

On observera dans ces documents que les limites réglementaires, imposées par les résolutions fédérales annuellement amendées, font l’objet de passe-droits connus de tous les responsables administratifs et techniques des clubs se résignant à contrecœur à ne pas pénaliser les jeunes pratiquants (benjamins, minimes, cadets) concernés par ce marché d’esclavagisme sportif cautionné par des parents aveuglés par les futurs profits mis en avant et les 1 000 dinars immédiats de mieux qui le plus souvent ne seront pas aux rendez-vous.

L’examen des listes fédérales d’athlètes licenciés montrera que de nombreux clubs, parmi les plus huppés du paysage athlétique national, ont eu recours par le passé à cette pratique peu usuelle dans le monde de l’athlétisme algérien. Le recrutement d’athlètes étrangers a toujours été opéré à doses  homéopathiques.

Il s’est agi généralement d’étudiant(e)s de nationalités étrangères, venus des contrées de l’Afrique subsaharienne, inscrit(e)s dans les universités algériennes dans le cadre des accords de coopération Sud-Sud. Un élément qui est de nature à minorer l’impact numérique de la migration vers l’Algérie.

Les études universitaires, dans l’immensité continentale, n’ont jamais fait bon ménage avec la pratique sportive de haut niveau. Excepté ces cas peu nombreux et la participation de quelques champions venus relever occasionnellement les plateaux de quelques meetings à participation internationale que l’histoire récente à reléguer aux oubliettes, l’athlétisme algérien a vécu en vase clos, en autarcie totale.

lundi 8 octobre 2018

Ali Saidi-Sief (50), Le ver est dans le fruit


Alors que les collègues proches, évoluant dans la proximité des deux entraîneurs, ont créé, sans que ce ne soit de leur part intentionnel, une zizanie qui n’avait plus raison d’être, Ali Saïdi-Sief (et ceux qui l’accompagnèrent dans son parcours mouloudéen) attribue depuis très longtemps la paternité de son éclosion à Hocine Benzaïma, un entraîneur d’une très grande discrétion.

Nous reviendrons sur cette controverse tapie et le plus souvent muette, retenue par ceux qui n’ont pas les moyens de réagir efficacement, qui apparait de manière récurrente lorsqu’un athlète émerge du lot. La carrière de Saïdi-Sief semble en être jalonnée.

Pourtant, au cœur de cette chicane, apparaissent en germe (c’est sans doute la dimension la plus importante que l’on puisse déceler) les rivalités locales qui, de notre point de vue, seront, quelques années plus tard, à l’origine du foisonnement et de la multiplication effrénée de clubs d’athlétisme dans la localité, si bien calés dans la hiérarchie départementale et régionale qu’ils rivaliseront d’égal à égal avec les leaders sur le plan des effectifs et des résultats en cross-country.

 Il en va autrement pour les deux grandes séquences temporelles de dissensions qui suivront. Nous préciserons simplement que la première est la période mouloudéenne antérieure à son insertion dans le gotha mondial correspondant globalement à l’avant 1999.

La seconde est relative au parcours sportif d’Ali Saïdi-Sief après le chamboulement consécutif aux événements liés aux championnats du monde d’Edmonton et à la suspension pour dopage qui s’en est suivie.

Dans les faits, cette période est chronologiquement la troisième : la période Hamma (avant 1996), la période MCA qui se subdivise entre la période MCA proprement dite (1996-1999) et la période angevine (1999-2001) qui est celle de l’envol. Elle est également celle qui eut pour pivot ou démiurge Philippe Dupont. Elle est la période qui voit Ali Saïdi-Sief être propulsé vers le très haut niveau.

La période mouloudéenne a été scindée en plusieurs séquences qui, comme toutes les autres,  demandent à être affinées. On sait que les relations athlètes-entraîneurs manquent de sérénité. De  plus, elles ne sont pas régies par le carcan administratif, précieux outil de reconstruction historique.

Par ailleurs, ces séquences ne s’inscrivent jamais dans la temporalité calendaire (année civile) ni dans le calendrier sportif (saison sportive). Ces deux organisations du temps et des activités s’entrechoquent, se croisent, se décalent, s’entrelacent et se superposent dans une multitude d’agendas.

Des éléments d’informations laissent supposer que l’on peut considérer qu’Ali Saïdi-Sief a fait partie du « groupe Mouloudia » dès que les résultats du championnat national de cross-country de Tarf ont été connus. Ce moment correspond à la fin de la saison nationale de cross (mars-avril 1996) à laquelle succède la saison internationale à laquelle Saïdi-Sief prit part tout en étant absent au sommet que sont les championnats du monde junior.

Dans l’organisation effective de l’athlétisme algérien, une formule transitoire dite de « la préemption » parait avoir fait partie des usages en vigueur. Ali Saïdi-Sief a bénéficié de ce système intégré en tant qu’élément de la brume de l’informalité ambiante qui l’accompagnera toujours.

Cette démarche de préemption est plus fréquente qu’on voudra l’admettre. Pourtant, de nombreux athlètes, surtout de jeunes espoirs placés dans le même contexte que celui dans lequel Saïdi-Sief était plongé, en ont joui.

Cette vision du réel renvoie pour le moins à une gestion particulière des deniers publics. Elle a été, au nom des intérêts supérieurs du club ou de la nation, intégrée dans les mécanismes du fonctionnement général de l’athlétisme national et fédéral. Les usages du microcosme sportif avaient pris le pas sur la règle administrative.