mardi 26 mai 2015

Après la 26ème journée de Ligue 1, Haro sur les….. "supporters"!

                                                                                                                           

Les supporters de la JSK seraient-ils comme Janus, le dieu de l’antiquité romaine, des personnages à double face ? Se seraient-ils inspirés de docteur Jekyll and mister Hyde₺, un personnage de roman avec deux types de comportements complètement opposés comme le sont le jour et la nuit, le bien et le mal, les anges et le démon ? On peut le supposer après les récits médiatiques des événements qui ont suivis la rencontre entre la JSK et le MOB. Une rencontre pourtant remportée par l’équipe locale qui avait bien besoin de cette victoire pour espérer rester dans ce championnat de Ligue 1 qu’elle n’a pas quittée depuis son accession en …1969.
Au cours de la semaine précédant le match, le président du comité des supporters de la JSK s’était opposé, au nom de la sagesse et des bonnes relations unissant les dirigeants et les supporters de la JSK à ceux du MOB, à la décision du club de Tizi Ouzou et avait (au cours de la réunion de la commission de sécurité) fait pratiquement tripler le quota de places attribué aux supporters venus de Béjaïa (les Crabes ont obtenu 1 200 tickets d’entrée au lieu des 500, dit-on, habituellement réservés aux équipes visiteuses). Mais, la présence réelle varie, selon les sources, entre 700 et 2 000. Retransmission télévisée oblige ou…prémonition.
Avant, pendant le match, aucun incident particulier n’a été signalé entre les deux galeries. Une démonstration du fair play aurait  régné dans les tribunes.
Il a cependant été rapporté que les supporters de la JSK auraient pris à partie leurs propres joueurs en les insultant et en leur jetant (à la mi-temps) des projectiles tandis que d’autres auraient tenté de s’introduire dans les vestiaires afin de s’expliquer avec les joueurs ( ?) et avec le président  Moh Cherif Hannachi traité de tous les noms…..d’oiseaux. Un président qui, dans les déclarations d’après-match dira « je sais qu’ils sont manipulés et ils sont venus pour casser la JSK ». Un discours trop souvent entendu dans la bouche des présidents de clubs en difficulté avec les supporters pour qu’on lui accorde plus qu’une relative crédibilité.
A la fin du match remporté par la JSK, c’est sur le chemin du retour, que les supporters du MOB auraient été victimes d’agressions caractérisées ayant occasionnés des saccages de véhicules, des vols de « deux roues », de blessés hospitalisés, de recherche de protection dans les locaux de la sûreté nationale, dans des commissariats. Des images évocatrices de lynchage.
De retour d’El Eulma (où se disputait une rencontre entre mal-classés), le président Amroune de l’USM Bel Abbés dénonce les agissements d’une « bande d’irresponsables sans foi ni loi ». Il s’agirait ici aussi du comportement de certains à la mi-temps. Si à Tizi Ouzou, ce sont des supporters qui se sont attaqués à leurs propres joueurs, à El Eulma, l’agression aurait l’œuvre de personnes habituellement chargées de faire en sorte que la rencontre ait lieu dans de bonnes conditions. Ces fameux stadiers trop souvent impliqués dans des pratiques de conditionnement de l’équipe visiteuse. Mais, le présidant du MCEE réfute les accusations tandis que la LFP sanctionne le club des hautes plaines.
Au stade du 20 août 55, en plein cœur d’Alger, les supporters du CR Belouizdad, déçus par les résultats de leur équipe ont, avant même le début du match, sifflé et insulté les joueurs portant leurs couleurs. En retour, les joueurs, après le coup de sifflet final n’auraient pas salué le public. Un geste symbolique qui n’est pas fait pour améliorer les relations.
A Oran, au stade Zabana, un incident mineur pouvant conduire à une décision de huis clos lors du derby oranais (MCO-ASMO) a été enregistré. Un coup₺ savamment et habilement préparé par des ₺mains manipulatrices₺ se traduisant par le jet d’un fumigène sous les yeux du trio d’arbitrage. A en croire le président des supporters du MCO, l’individu (qui aurait été arrêté par des supporters et aurait été remis entre les mains des policiers) serait un présumé supporter de l’autre équipe oranaise, l’ASMO.

Comme l’a été le match USMA-MCA (derby de la capitale), le derby de l’Ouest se déroulera certainement à huis clos. Le scénario égyptien s’annonce : un championnat à huis clos.

Avant le JSK-MOB, Bravo aux supporters de la JSK


                                                                                                                                
A la veille d’un match important, il est devenu coutumier d’entendre des dirigeants de clubs, généralement en difficulté, annoncer des mesures drastiques à l’encontre des supporters des équipes adverses que l’on voudrait décourager d’accompagner leur équipe favorite. Les foules de supporters étant, dans leurs perspectives réductionnistes, considérées comme une arme de dissuasion massive, comme un élément pouvant s’agréger aux 11 joueurs alignés sur le terrain, devenir ce fameux « douzième homme » qui survolte, sublime et pousse à la victoire.
Moh Cherif Hannachi, président de la JS Kabylie, club mythique aux multiples étoiles africaines s’est engagé dans cette voie qui excite anormalement les supporters des deux équipes en les invitant presque à s’affronter en n’accordant aux supporters du MOB que …500 places, soit (il le dira après coup) le quota habituellement réservé aux équipes visiteuses.
Les Crabes ont connu à deux reprises ce genre de situation. La première fois, à la veille d’une rencontre de championnat face au RC Arbaâ, puis quelques jours plus tard, avant la demi-finale de la Coupe d’Algérie contre l’Entente de Sétif. On sait ce qui se passa. La délégation bougiote affirma avoir été malmenée au stade Saïd Makhlouf et à Sétif, le MOB se qualifia pour la finale après que les dirigeants du club bougiote eurent su prendre de la hauteur. La décision de Hannachi a été prise avec une certaine philosophie à Béjaïa. Du moins, il n’y eut pas de réactions intempestives dans les colonnes des journaux.
Il est vrai également que ce furent les Tizi Ouzéens (opposants à Hannachi et comité des supporters) qui se sont chargés de réagir avec une certaine véhémence. Mourad Amara (ancien joueur) eut une tirade digne en rappelant que de « nombreux supporters de cette région sont décédés dans des accidents de la route pour la JSK »  avant de leur souhaiter la bienvenue « chez eux à Tizi ». Il citera aussi les joueurs de la vallée de la Soummam qui ont fièrement arboré et « défendu avec hargne  les couleurs de la JSK » (Amara, Bahbouh, Dali, Bouiche, Rahmouni, les frères Amaouche).
Les supporters n’oublient la qualité de l’accueil qui leur est réservé. Ceci expliquerait a posteriori certains comportements, pour le moins inamicaux,  constatés des mois ou des années plus tard. Ceux de la JSK n’ont été oublieux. On rapporte que, par le biais de leur comité officiellement agréé, ils auraient imposé aussi bien à la direction de la JSK (fortement partagée sur le sujet) et à la commission de sécurité que les Crabes disposent d’un quota supérieur à celui distribué au MCA (1 200 places). Au delà de cette action positive, le président du comité des supporters a rappelle la qualité des liens qui unissent les deux galeries. Le président des supporters dira  « On a été chaleureusement accueillis au match aller » avant d’observer ce qui, à ses yeux, est dans doute le plus important « on a accédé au stade avec les maillots du club alors qu’on était toujours sanctionnés ». Interdits d’entrer dans les enceintes sportives algériennes, ils ne le furent pas à Béjaïa.
A la suite de la réunion de la commission de sécurité et à la polémique suscitée par sa décision, Moh Cherif Hannachi  tentera habilement (grâce à l’expérience acquise en une vingtaine d’années à la tête du club) de renverser la vapeur et de tirer la couverture à lui. Il déclara à la presse que «d’habitude, on accorde 500 places aux supporters des équipes visiteuses. Les Crabes veulent 1 000 places. Moi, je leur donnerai 1 200 places. L’important pour moi est que le match se déroule dans un fair-play total». Une manœuvre dilatoire que, dans d’autres circonstances,  on appellerait manipulation ou récupération.
Finalement, les premiers articles publiés dans la presse sportive disent que le quota n’a pas été utilisé par les Crabes₺. Seulement 700 supporters bougiotes auraient fait le court déplacement (une centaine de kilomètres au maximum) entre les villes et villages de la wilaya de Béjaïa et le stade de Tizi Ouzou. Encore une fois une tem^pete dans un verre d’eau et un dirigeant en déphasage avec la réalité profonde.


Gestion des clubs, "C’est pas le moment !"

                                                                                                                                (

L’expression « c’est pas le moment » est savoureuse. On l’attend partout et pour n’importe quoi. Chaque fois que l’on veut renvoyer aux calendes grecques une activité ou la concrétisation d’une obligation que l’on sait être dans une impossibilité d’évitement. Un jour ou l’autre, dans une semaine, un mois, une année, inévitablement, on devra s’y consacrer, lui trouver la solution adéquate.
C’est aussi une formule que l’on retrouve dans les milieux du football de l’élite du football professionnel, chaque fois que l’équipe est en situation de crise….financière et ne peut donc assurer ses engagements envers d’abord les joueurs, puis envers les tiers créanciers. Une façon très raccourcie et allusive de dire « vous savez que nous pas les moyens. Nous vous payerons plus tard quand les subventions seront rentrées. Faites nous confiance ! ». Alors que la confiance n’est plus.
Un discours mimétique, emprunté à d’autres sphères sociétales que le milieu sportif, qui permet adroitement de faire taire les oppositions au nom de la cohésion sociale, de l’amour des couleurs que l’on voudrait préserver lorsque les temps sont durs et que les contradicteurs font pression.
Cette expression a été entendue, lue à au moins deux reprises ces derniers temps. La première fois dans la bouche d’Abdelkrim Raïssi, le PDG de la SSPA du MCA, lorsqu’un ancien responsable du club (Kaci Saïd) décida de faire exécuter une décision de justice qui lui était favorable. Sa décision fut ébruitée on ne sait par qui. Cependant, l’ancien joueur international et ancien manager ayant déclaré qu’il n’était pas à l’origine de la fuite (« je ne voulais pas que cette affaire s’ébruite pour qu’elle paraisse dans la presse »), on peut supposer à juste raison qu’elle le fut par la partie adverse.
Après avoir indiqué que la question sera examinée par la justice, le président Raïssi déclara à la presse que, cela est fort suggestif, « de toute façon, je pense que ce n’est pas le moment de faire un tel manège». Certains journalistes embarqués se sont engouffrés dans la voie ainsi ouverte en écrivant que le timing choisi (par Kaci Saïd ? Ou par l’auteur de la fuite) n’était pas le plus opportun car l’équipe préparait alors une rencontre très importante pour l’avenir du club algérois face au CRB. Comme si cela ne suffisait pas, notre confrère écrivit  « d’ailleurs, pour beaucoup, cette affaire n’avait pas lieu d’être à ce moment précis de la saison ».
C’est à peu de choses près la même argumentation qui fut proposée lorsque Omar Ghrib (un ancien président déchu du MCA, radié du mouvement sportif national pour avoir pris maladroitement la défense des intérêts du club) fit valoir ses droits à être payer pour ce qui lui était du. Le moment n’étant pas adéquat (difficultés de trésorerie et crise de résultats, etc. obligent), le débiteur (détenteur, a-t-on dit, d’une reconnaissance de dettes établie dans les règles de l’art) obtint gain de cause auprès des tribunaux. Les dirigeants mouloudéens étant restés sourd à la requête, Ghrib fit bloquer les comptes de la SSPA l’obligeant par ce moyen à payer instamment plus de 7 milliards de centimes pour que la SSPA puisse retrouver sa liberté de manœuvre et d’exercer les pressions avec une certaine efficacité (spécialité des clubs en difficulté) sur leurs joueurs.

Si ces atermoiements ou pratiques dilatoires sont (dans une certaine mesure) compréhensibles de la part des dirigeants ou de supporters, elles ne le sont guère du point de vue d’un ancien joueur. Pourtant, ce fut la voie choisie par Ismail Gana, ancien joueur et capitaine du NAHD qui, après avoir convenu qu’il est « inconcevable qu’un club comme le NAHD rétrograde trois fois en cinq ans » , fustigea ses successeurs en déclarant , qui plus est à la télévision, que « les joueurs n’avaient pas raison lorsqu’ils ont demandé l’argent en cette période délicate du championnat ». Après les avoir accusés d’être à l’origine de la situation catastrophique, il ajoutera, en substance que les questions gênantes pourraient être soulevées  à un autre moment, plus tard  au nom de « l’union sacrée pour essayer de sauver le club de la relégation ».   

Passation de marchés, Les fédérations doivent en respecter les règles

                                                                                                                           

Des informations nous sont parvenues indiquant qu’une fédération sportive olympique serait impliquée dans une (ou plusieurs)  affaire (s) susceptible (s) d’être traitée(e) par les tribunaux. L’une d’elles ressemblerait à s’y méprendre (ou du moins relèverait de faits initiaux identiques) à une accusation portée par Moh Chérif Hannachi (le président indétrônable de la JS Kabylie) à l’encontre d’un de ces prédécesseurs (et actuel opposant à sa politique de gestion de la JSK) pour le discréditer au nom de valeurs véhiculées par la morale religieuse ambiante.
Une autre, qui nous semble beaucoup plus sérieuse, serait actuellement au cœur d’une discussion entre certains responsables du ministère des sports habilités à intervenir dans les affaires des institutions sportives et un membre de l’assemblée générale de la fédération en question. Le débat aurait pour objet le sujet très sérieux et très sensible de la passation de marchés par la dite fédération.
La réglementation (décret présidentiel 10-236 du 07 octobre 2010) définit (en son article 4) les marchés publics comme étant  «  des contrats écrits au sens de la législation en vigueur, passés dans les conditions prévues dans le présent décret en vue de la réalisation, pour le compte du service contractant, de travaux, d’acquisition de fournitures, de services et d’études ».
L’article 2 du décret définit les entités auxquelles s’appliquent ses dispositions. Nous devons relever que les fédérations n’y sont pas listées en tant que ₺services contractants₺.  Mais, pourraient l’être au titre du passage suivant « Les entreprises publiques économiques et les établissements publics, lorsqu’ils ne sont pas soumis aux dispositions du présent décret, conformément au dernier tiret du présent article, sont tenus de l’adopter et de le valider respectivement, par leurs organes sociaux et leurs conseils d’administration sauf dans ses dispositions relatives au contrôle externe». On peut donc dire que tous les administrations, institutions, entreprises, tout ce qui appartient en totalité ou en partie ou relève du fonctionnement de l’Etat doit en appliquer les dispositions ou au moins s’en inspirer pour être en conformité avec le cadre général.
On observera également qu’une fédération sportive nationale reconnue d’utilité publique et d’intérêt général (elles le sont toutes ou devrait l’être) exerce ses missions par délégation du ministère des sports. Une fédération, bien que ne faisant pas partie du domaine privé de l’Etat, au même titre que les entreprises publiques économiques, est une personne morale. Son le statut est toutefois hybride. Notons également qu’en plus de la délégation du ministère public, elle bénéficie des subventions de l’Etat et ses démembrements (ligues régionales et de wilayas, associations sportives amateurs et professionnelles) ne survivent, n’exercent leurs missions que grâce au financement des collectivités locales (APC et wilayas). Elles sont, cela coule de source, assujetties à l’application des règles et normes mises en place par la comptabilité publique.
De prime abord, les fédérations ne semblent pas concernées pas l’application du décret présidentiel portant passation des marchés publics. Il est vrai que ceux-ci ne sont perçus qu’en tant que pratique à mettre en œuvre lors de la réalisation de projets de constructions (réhabilitation et rénovation) d’infrastructures qui dans notre système économico-politique sont à la charge des pouvoirs publics. La seule fédération qui le pourrait est la fédération algérienne de football qui n’est pas la fédération visée par la présente chronique.
Cependant, toutes les fédérations, au titre des fournitures, des prestations d’études et de services se doivent d’appliquer la réglementation dès que le montant de la prestation dépasse 4 millions de dinars. Le décret (art. 6) précise que pour des montants inférieurs il n’en est pas fait obligation mais ne l’interdit pas. Cependant, l’alinéa 2 de ce même article 6 prévoit, dans ce contexte, la consultation de 3 prestataires qualifiés.
On peut comprendre, qu’en situation exceptionnelle, au cours d’un même exercice budgétaire, une fédération soit amenée à passer plusieurs commandes à un même fournisseur dont le montant final excède la limite de 4 millions. La fédération est alors dans l’obligation de passer un marché en bonne et due forme  (incluant les commandes antérieures) qui est présenté à l’organe compétent de contrôle.
Ce même article 6 autorise toutefois la passation de commande de prestations sans consultations pour des montants inférieurs à 200 000 dinars à condition que cela n’intervienne pas dans le cadre d’un fractionnement.  


NAHD - MCEE, Des "histoires" pour refaire… l’Histoire

                                                                                                                                  

Le débat polémique entre les Chenaoua, supporters du Mouloudia d’Alger et les Sanafirs, supporters du CSC est connu comme l’est le mythe du monstre du Loch Ness. Il fait d’ailleurs le bonheur de la presse sportive à sensation qui le remet souvent sur le tapis et des enragés des deux clubs lorsque s’approchent les confrontations entre les deux équipes. Un thème bâti autour d’une question-marronnier : quel est le plus vieux club algérien ? Pour confondre l’autre partie, chacun des supporters des clubs en présence fait appel aux archives personnelles sensées faire foi et loi. Pourtant, les personnes morales (les associations sportives)- tout comme les personnes physiques (les individus) sont inscrites à l’état civil mis en place à la fin du 19ème siècle par l’administration française à leurs naissances, à leurs mariages et à leur décès - ont aussi une généalogie (l’enregistrement des associations).
Pour consolider les preuves qu’ils ont à leur disposition et s’arroger le titre de doyen du football algérien, les historiens des deux clubs, en artistes avérés du ballon pouvant dribbler même leurs ombres, battent le rappel des ancêtres, les associations sportives qui ont précédé le fruit de leurs amours. Un peu comme si chacun de nous disait être leur père, le grand père ou même arrière-grand-père et pourquoi pas faire remonter la lignée jusqu’à l’apparition de la lignée en se revendiquant de Jugurtha, Massinissa et pourquoi pas Noé ou Adam.
La polémique qui vient de naitre entre le NA Hussein Dey, club de la périphérie algéroise, et le MC El Eulma, cité des Haut Plateaux, capitale du commerce, ressemble à s’y méprendre à ce débat haut en couleur qui épuise les Chenaoua et les Sanafirs.
Elle a débuté par une réplique née d’un de ces fameux leurres, ballons de baudruche que lancent des dirigeants désarçonnés, désemparés par la défaite de leur équipe pour désamorcer la colère de leurs supporters. Sauf, que ce qui semblerait n’être qu’une manipulation (le président du club ayant démenti avoir tenu les propos qui lui ont été imputés, à savoir que certains de ses joueurs auraient triché) a débouché sur une histoire de ….grandeur, de palmarès.
Le président du MCEE, répondant aux accusations de corruption, s’est fendu d’une mise au point percutante dans laquelle il a affirmé que son club, qualifié pour un prochain tour d’une compétition continentale dans un stade acquis à son adversaire, n’avait pas les moyens financiers (car redevables vis à vis de ses propres joueurs) d’₺arranger₺ une rencontre contre « la plus faible équipe du championnat » de la Ligue 1. Dans ces propos, il est vrai quelque peu dédaigneux de la part du premier responsable d’une équipe eulmie guère mieux classée que celle d’Hussein Dey, il y a cependant une part de vérité qui répond à un débat qui est peut avant tout interne au NAHD. Et qui est aussi récurrent à quasiment chaque fin de saison.
La réponse est venue des supporters du NAHD indignés par le qualificatif attribué à leur équipe. La direction s’étant tue, prenant de la hauteur, laissant sans doute passer l’orage et ne voulant certainement pas envenimer les relations pour une futilité qui n’avait aucune raison d’être (les propos initiaux n’étant pas revendiqués et la réponse reflétant  la réalité provisoire du classement) les Sang et Or rappelle la grandeur ….passée d’un club prestigieux (ayant accédé cette saison en Ligue 1 et retournera probablement en Ligue 2 à l’issue du championnat) vivant sur son passé et jouant à « l’ascenseur » entre les deux paliers  du foot pro.
S’il est impossible d’occulter l’apport (sous toutes les formes) du NAHD au football algérien, il n’en demeure pas moins que cela  n’est que revivre le Bon Vieux Temps heureux alors que le présent est amer. Pour faire bonne mesure, ces mêmes supporters utilisent des épithètes maladroites pour stigmatiser leurs semblables. En fait, tout ce qu’il faut pour pimenter les futures rencontres entre les deux équipes.    

    

Football professionnel algérien, Un spectacle…déshumanisé


                                                                                                                               

Le football est un spectacle ! Nous le savions et nous en avons eu une nouvelle fois la preuve le weekend dernier. Malgré les péripéties malheureuses qui font partie de la vie, un spectacle doit continuer jusqu’à la dernière seconde, « the show must gone one » disent les artistes anglophones. Le programme doit être mené à son terme quelle que soit les circonstances.  Devant la mort, le clown doit continuer à faire comme si de rien n’était, à faire rire les spectateurs. Il  doit continuer… son cirque.
La veille de la rencontre de la 25ème journée de Ligue 1, s’étant disputée entre le MCA et le CRB, un derby algérois frappé de huis clos, l’emblématique joueur du Mouloudia, chouchou de la presse, Abderrahmane Hachoud a été meurtri par le décès de sa sœur ainée. Après un rapide déplacement entre Alger (lieu de l’activité professionnelle du joueur) et El Attaf (sa ville natale et de résidence de sa sœur) le joueur est revenu rejoindre ses coéquipiers pour se mettre à la disposition de son coach et de son équipe décimée par les suspensions et les blessures. Pour ce faire une force de caractère est nécessaire. Comme l’amour des couleurs d’ailleurs. Hachoud doit être loué pour le sacrifice consenti au nom de la noble…cause du Mouloudia. On rapporte que les Chenaoua (les supporters du MCA) ont apprécié ce geste et ils auraient affirmé, sur les réseaux sociaux, leur solidarité avec leur idole.  
Si le geste du joueur doit être apprécié à sa juste valeur, il n’en demeure pas moins que, dans quelques semaines, dans quelques mois, il sera….oublié et le défenseur, connu pour sa spécialité de marquer des buts sur coups de pieds arrêtés qui en font un des butteurs de son équipe,  sera durement critiqué pour avoir manqué un pénalty. Le public et, encore plus les dirigeants, sont versatiles. Ce ratage lui sera même reproché, avec les mots les plus durs qui soient, par…..les journalistes, supporters invétérés du Mouloudia qui aujourd’hui le porte aux nues.
Au-delà de ces événements présents et probablement futurs, c’est le fonctionnement du Mouloudia qui doit être mis au pilori. La présence de Hachoud sur le terrain aurait du - qu’elle qu’en soit les conséquences pour une équipe jouant pourtant son avenir en Ligue1 - être humainement refusée par le fameux peuple du Mouloudia (supporters, joueurs, dirigeants, coachs) qui aurait été au premier rang du cortège, présent auprès des siens si la mort avait touché un de ses proches. D’autant plus que Hachoud, malgré son apport inestimable, n’est pas le seul joueur sur lequel le MCA peut compter. La Sonatrach a tant investi sur les joueurs. Le temps d’un match, aussi important soit-il, il peut (il doit, serait plus exact) être numériquement remplacé par d’autres joueurs de la liste des 25, de l’équipe Espoirs et même, si la situation est vraiment critique, par un junior.
Notons aussi que le football professionnel est régi par le code du travail qui autorise des absences exceptionnelles de 3 jours, dans des cas particuliers connus de tous les salariés relevant des secteurs publics et privés (mariages, naissances, décès, etc.). Les joueurs de football n’auraient-ils pas droit à cet avantage socioprofessionnel ? Quand pourront-ils en bénéficier puisque la réglementation  les oblige à en jouir dans les quinze jours et que les joueurs ne peuvent que difficilement s’absenter?
Disposer de ces 3 jours légaux d’absence (dont l’importance est primordiale au moment de l’événement heureux et surtout malheureux) devient un véritable parcours du combattant (présence obligatoire au match et aux entrainements) que les dirigeants des clubs (et les correspondants locaux) rendent plus difficile encore par leurs insinuations.

Une nouvelle preuve que le professionnalisme, existant pourtant dans les textes législatifs et réglementaires, n’a pas encore atteint les esprits de toutes les parties impliquées dans son bon fonctionnement. Le football professionnel algérien ne diffère guère de l’organisation des jeux de l’arène romains, que les joueurs ne sont que des gladiateurs régis par un seul mot d’ordre « marche ou crève ! ».    

Communication, Au cœur d’enjeux divers


                                                                                                                              

Nous retrouvons dans cette chronique, le Mouloudia de Béjaïa qui, profitant de son statut de leader du championnat de Ligue 1 et de finalistes fait parler de lui en recommandant à ses joueurs de pas accorder des interviews avant les rencontres importantes qui vont se succéder dans les jours à venir dont une finale de la Coupe d’Algérie. La direction du club avait pris la même initiative dans la semaine très mouvementée (le président de l’ESS s’étant dédit d’une promesse faite au sujet de places à remettre aux Bougiotes ayant alimentée chaudement le chronique médiatique) qui avait précédée la demi-finale de cette même Coupe qui s’est jouée au stade du 8 mai 1945 de Sétif contre l’équipe de la capitale des Hauts Plateaux.
Cette même stratégie de communication est remise sur le tapis. Cette fois-ci pour encore une histoire de places et de domiciliation (jouer au stade du 5 juillet au lieu du stade de Blida). En intimant le silence aux joueurs, elle leur évite, croit-elle, une pression supplémentaire inutile. Si une certaine sagesse avait prévalue dans les rangs bougiotes, cette fois-ci, ce sont eux qui placent le couteau sous la gorge des responsables politiques et du football algérien en annonçant que 30 000 supporters du MOB accompagneront leur équipe favorite et en réservant 1 200 microbus de 30 places chacun qui viendront de chaque village de la wilaya. On verra qu’elle sera la réaction des autorités confrontées à des fans déchaînés mais aussi refoulés des stades Smaïl Makhlouf de l’Arbaâ et de Sétif sans aucune réaction des autorités sportives.
Cette action-réaction bougiote est intellectuellement compréhensible. Ce qui l’est un peu moins est celle de correspondants de quelques titres de la presse sportive nationale qui critiquent une démarche qui n’est pas appréciée par eux et qui font valoir une demande exprimée par les admirateurs de l’équipe. On oublie, dans notre corporation à Béjaïa (mais aussi partout ailleurs sur le territoire national), que beaucoup de joueurs sont jeunes et manquent de maturité communicationnelle en se laissant emporter, malgré eux,  dans des discours à la fois maladroits et empreints  d’émotions qui ne diffèrent pas encore de celles qui étaient les leurs lorsqu’ils étaient supporters. Ce sont ces exagérations qui sont exploitables par les boutefeux.
C’est aussi faire peu cas des conditions déplorables dans lesquelles évoluent nos clubs où justement l’absence de règles d’organisation permet tous les débordements. Pourtant, beaucoup de nos confrères connaissent les pratiques usitées sous d’autres cieux où les zones mixtes₺, les conférences de presse, les points presse sont programmés pour autoriser à chacun d’accomplir son travail dans de bonnes conditions, où les entretiens avec n’importe qui (joueurs, entraineurs, dirigeants, souvent accompagnés par un spécialiste de la communication cadrant et recadrant, autant de fois que nécessaire, les discussions) s’inscrivent dans un programme de travail, à des heures et en des lieux préalablement définis. La communication du club en un mot est régulée, lissée. Les dérapages (toujours craints par une institution) sont ainsi minimisés.
C’est aussi de ce contexte communication institutionnelle excessivement restrictif où les mêmes informations à décrypter, et à analyser pour qu’elles prennent sens, sont communiquées à tous. La verve journalistique fera la différence le lendemain (ou les jours suivants) lorsque l’information sera publiée dans les journaux.
Il existe également un travail de collecte d’informations qui s’écarte de cette approche et se veut ₺journalisme d’investigation₺ ou de ₺recherche de scoops₺, adoptant une démarche de détective privé ou de paparazzi qui s’investit dans les observations par le trou de la serrure. Et, donc n’est pas très regardant sur les méthodes employées. Ce travers propre à la nature humaine intervient aussi lorsque les civilisations, les sociétés humaines se renferment sur elles même, érigeant des enceintes carcérales empêchant non pas de sortir mais d’entrer. Oubliant que ce sont les oukases prononçant  prohibitions et autres interdictions qui encouragent les pratiques qui sortent des sentiers ordinaires.