mardi 21 juillet 2015

Hachoud Abderrahmane, La "star" payée à 300 millions


Abderrahmane Hachoud est l’enfant chéri des Chenaoua, les supporters fanatiques du MC Alger, le doyen des clubs de football algérien dont le mode de gestion a, de tous temps, versé dans l’irrationnel. Une situation que n’a pas encore réformée le passage sous les auspices de Sonatrach, la plus grosse entreprise d’Afrique, l’une des plus grandes compagnies pétrolières mondiales. Hachoud est aussi cher au cœur des Chenaoua qu’il l’est aux caisses de Sonatrach, celles de la SSPA/MCA encore engoncée dans les réflexes d’antan, ceux de l’ancien Mouloudia, ceux qui conditionnent la gestion des clubs professionnels de football prise dans les rets de l’approximation influencée par les mécanismes de l’économie des marchés de….l’informel.
Enfant du club, peu apprécié par certains à ses débuts, joueur qui a bourlingué, Hachoud est une star ₺à l’algérienne₺, à la réputation surfaite et surpayé. Une star du 21ème naissant. De celle dont la gloire, la renommée s’est faite sur les stades nationaux avec quelquefois une brève incursion dans les championnats voisins. Une sorte de pige pour se voir attribuer le titre honorifique tant convoité de ₺professionnel₺. Un label, une appellation contrôlée que ne peut raisonnablement décerner (à en croire les joueurs eux-mêmes, les entraineurs, les dirigeants et par extension les journalistes) le championnat d’Algérie de Ligue 1 pourtant géré par une Ligue du Football Professionnel. Comme si, dans la conception que nous avons du football professionnel, il y aurait plusieurs niveaux, une hiérarchie débutant, à la base de l’imaginaire pyramide, par un foot algérien légèrement dépassé par les footballs tunisien et égyptien et enfin le football européen. Une star du football local dont la place en équipe nationale est vacillante.
Quoiqu’il en soit, Hachoud est une star. Même si son talent et son statut pourraient être discuté, il en a les attributs. Du moins ceux qui permettent de faire parler de lui dans les colonnes des journaux et de percevoir une rémunération mirobolante. 3 millions de dinars. Un des salaires les plus élevés du football algérien. Un montant plus expressif lorsqu’il est formulé en ces centimes qui émaillent encore les discours populaires : 300 millions.
Hachoud n’a rien fait de particulier ces derniers temps. Bien au contraire. Il était en stage de préparation avec ses coéquipiers du côté de Tlemcen. Normal, en début de saison ou plutôt en pleine intersaison pour préparer la prochaine campagne sportive.
Pourtant, Hachoud, transpirant de toute son eau sur les terrains d’entrainement, fait la « une » de la presse ou du moins de celle qui cible le « peuple » du Mouloudia. Et, bien entendu, fait parler de lui tous les supporters et autres….pour une question de salaire que l’intéressé lui-même n’aurait pas soulevée.
La rumeur populaire née des bruits dans les  couloirs et les coulisses du Mouloudia, reprise au vol par les aficionados, s’est répandue comme une trainée de poudre : Hachoud a demandé une revalorisation salariale à hauteur de 350 millions. A partir de Tlemcen, Hachoud fut contraint de démentir et de déclarer qu’il avait sollicité une adaptation du contrat signé précédemment avec des changements apportés aux dispositions sans qu’il y ait revalorisation salariale. Une sorte d’avenant qui le mettrait en règle avec la nouvelle réglementation, une réglementation qui après avoir été modifiée reviendrait à ce qui prévalait auparavant. Une démarche de prime abord relevant d’une bonne gestion administrative des dossiers n’ayant pas de conséquence sur le volet financier.
Sauf que Hachoud n’a pas signé sa demande de licence. Un acte qu’il lie pourtant à sa demande de révision rédactionnelle du contrat que certains se sont empressés de qualifier informellement de chantage fait à une direction du MCA dépassée par les événements (recrutements, libérations, régularisations des joueurs, préparatifs de la prochaine étape de la préparation, etc.).

Cette rumeur, dont le joueur dit qu’elle a été propagée dans le but de lui porter préjudice, a été aussi démentie par le président du CA de la SSPA/MCA qui affirme même que « on est en train de parler d’une situation qui n’existe pas ». Comme si c’était une divagation du mois de Ramadhan.

Fins de contrats, Quand Hammar dépasse les Marseillais



Les habitants de cette mer intérieure qu’est la Méditerranée - cette ₺Mare Nostrum₺ chère à l’empire romain qui en avait colonisé, il y a plusieurs siècles se décomptant même en millénaires, la totalité des rives septentrionales, méridionales, occidentales et orientales - ont pour caractéristiques des attitudes comportementales fortement liées à la mise en scène, à la théâtralité qui, par beaucoup d’aspects, est réconfortante et est synonyme de joie de vivre, de bien vivre sous les ardents rayons de Phébus, à l’ombre des branches d’oliviers et des figuiers ancestraux. Certains d’entre eux, les habitants de la cosmopolite Marseille sont réputés pour leur sens d’exagération sympathique qui ne porte pas à conséquence puisque s’inscrivant dans un jeu de rôle qui fleure bon le Pastis ou l’anisette de Pagnol, Raimu et Fernandel.
Chez nous, les agréables habitants d’Annaba sont connus pour leur sens de la galéjade, qui sent le jujube accolé à l’histoire de la cité, porté par le savoureux et chantonnant accent oriental emprunté aux descendants de Didon et, qui, comme leurs voisins de la rive opposée, ont une tendance aux échanges de réparties disproportionnées.
Les propos tenus par Hassan Hammar, premier dirigeant de l’Entente de Sétif impliqué dans les matchs de la phase des groupes de la Ligue des Champions d’Afrique, ne porteraient pas à conséquence s’ils avaient été proférés par un citoyen de Bône « La Coquette » ou encore mieux par un habitant de Mascara à la réputation en matière de blagues notoirement établie.
Les habitants de Sétif et de l’ensemble des Hauts Plateaux sont eux aussi précédés, depuis des temps immémoriaux, par un sens de la démesure qui prenait toute sa dimension épique dans la relation de leurs exploits au volant des 404 et des 504. Dans les autres domaines de la vie, c’est leur rigueur et leur rationalisme très paysan, leur caractère industrieux qui est le plus souvent mis en avant. Certainement pas la propension à l’humour décapant.
C’est pour cela que les déclarations de H. Hammar, pendant les derniers jours du mois de Châbane précédant le Ramadhan et pendant le mois de jeûne, moment de prédilection reconnu pour tous les écarts en particulier langagier, étonne par la disproportion atteinte. Mais, il est notoire que le football professionnel algérien est sur ce plan-là imbattable. Sétifien, Oranais, Algérois et Constantinois que l’on soit, l’exagération quand il s’agit de football est présente.
La fureur (parce qu’il s’agit bien de cela)  de Hammar a été déclenchée par la signature d’un contrat d’engagement de deux ans, par l’ex-joueur (ou prochainement ex-joueur, selon les versions) sétifien Abdelghani Demou, avec la grosse pointure financière du championnat, le Mouloudia d’Alger.
Selon le président sétifien, le contrat qui lie l’Entente et Demou expirait le 30 juin. En conséquence, Demou n’est pas en droit de contracter avec le MCA et est dans l’obligation de jouer avec l’Entente le 27 juin contre l’USM Alger, son premier adversaire en LDC. Mieux encore, le joueur aurait ₺trahi₺ (il serait intéressant de comprendre pourquoi un joueur quittant une équipe est toujours qualifié de traitre) le club qui lui aurait réservé une licence africaine et faisait donc partie des projets sétifiens avant même qu’il n’ait renouvelé son contrat. Un renouvèlement apparemment perçu par les dirigeants sétifiens comme acquis sans discussion ou négociation. Hammar réclama au joueur une indemnisation de 450 millions de centimes pour abandon de poste et une autre de 100 000 dollars pour la perte de la licence africaine avant de revir ce dédommagement à hauteur de 800 millions de centimes. Demou, interrogé par des confrères, semble serein. Pour titiller Hammar, il lui répond que le contrat avec le Mouloudia prend effet à compter du 1er juillet et s’entêta à ne pas disputer le match du 27 juin tandis que le Mouloudia est prêt à le laisser disputer les rencontres africaines.
Les « Dispositions règlementaires relatives aux compétitions de football professionnel. Saison 2015/2016 » édictées par la FAF prévoit en  l’alinéa 15.1  que « le contrat dont l'homologation est sollicitée, est soumis aux conditions déterminées par les présentes dispositions règlementaires et le règlement des championnats de football professionnel ainsi que par le règlement du statut et du transfert des joueurs édicté par la FIFA » et à l’alinéa 15.2 que ledit contrat « est exclusivement rédigé conformément au modèle disponible auprès de la ligue de football professionnel. Ce contrat ne peut faire l’objet d’aucune modification ou rajout et ne peut contenir des informations manuscrites ».
Elles stipulent également en l’alinéa 16.1 que « le contrat du joueur professionnel est établi pour une durée minimale de deux ans et au maximum pour une durée de cinq (05) ans ».
Pour reprendre à notre profit une expression populaire, tout ceci semble clair, net, précis et sans bavure. Sauf que, à y regarder de plus près, on remarquera dans le corpus de textes réglementaires que l’article IV  du contrat-type (celui imposé par les structures nationales de gestion du football professionnel) indique une autre durée spécifiée en saisons sportives et non plus en années : « Le présent contrat d'engagement est conclu entre les parties contractantes pour une durée de ..... .saison (s) sportive(s) ». Voilà comment débute les malentendus.
Dans le « Règlement du statut et transfert des joueurs », document de référence par essence (la FAF le reconnait), la FIFA définit la saison sportive comme étant la «période débutant lors du premier match officiel du championnat national et se terminant lors du dernier match officiel du championnat national ».
Le président Hammar n’arrive pas à admettre que le joueur Demou ait signé avec le MCA. Pourtant, la FAF dans l’article 23 « Dispositions spéciales relatives aux contrats » du « Règlement des championnats professionnels »  indique dans son alinéa 2  qu’ « Un joueur professionnel n'est libre de conclure un nouveau contrat avec un autre club que si son contrat en cours avec son club a expiré ou expirera dans les six (06) mois ». En terme plus clairs, Demou était autorisé, par le règlement de la FAF, à signer un contrat dès le mois de janvier.   

Tout le reste n’est clowneries pour amuser la galerie, le temps que le mois de Ramadhan, la préparation sportive se terminent, que les premiers matchs de la LDC soient joué et que la CRL examine le dossier.    

Prêts de joueurs, Les Chaouias illustrent la problématique


La question des prêts de joueurs fait partie de la vie du football.  Depuis l’instauration du contrat à temps (à durée déterminée), le ₺mercato₺ est moment fort (de la carrière des joueurs et de la vie des clubs) suscitant des flux monétaires importants. C’est un moment où la valeur réelle d’un joueur est véritablement dévoilée au grand public dans une mise à nue médiatique organisée et, en même temps, manipulée par des intervenants du mercato intéressés. Une illustration ludique des mécanismes l’économie de marché
Le prêt de joueurs est, dans le discours réglementaire du football (international et national), intégré dans ₺le statut du joueur professionnel₺, ce qui est défini par la notion de « transferts de joueurs ». Une formule à l’ordre du jour dans une société globalisante inscrite dans l’économie de marché dans sa version mercantiliste et les échanges qui y sont impliquées. Les joueurs sont des ₺marchandises₺ sur lesquelles les clubs possèdent des ₺droits de propriété₺ temporaires limités dans le temps, quelques fois (à l’exemple de sa manifestation, d’ascendance latino-américaine, dans le football ibérique en conflit sur ce sujet avec la puissante et richissime UEFA, représentante sportive de l’Union Européenne libérale) à travers des sociétés commerciales associées dans le négoce de joueurs. 
Le football algérien, version délirante de l’économie de marché, ne pouvait que s’accaparer de ces mécanismes révélés ouvertement par la relation communicationnelle empreinte de tension médiatisée de la polémique binaire d’abord devenue triangulaire et même quadrangulaire entre d’abord la direction du CRB Aïn Fakroune et le joueur Amir Belaïli, d’une part, et l’extension RC Arbaâ/ CR Belouizdad, d’autre part.
Le CRB Aïn Fakroune est le dernier ténor émergeant de la pratique footballistique dans la wilaya d’Oum El Bouaghi où retentissent encore les exploits glorieux des équipes représentatives de l’Algérie orientale profonde. L’USM Aïn Beida, l’US Chaouia (Oum El Bouaghi), l’AS Aïn M’Lila et donc le CRB Aïn Fakroune qui, sans y paraitre, symbolisent l’évolution de l’émergence du football dans cette région à vocation agricole et s’est inscrit dans la modernité via la culture et le savoir (Aïn Beida se revendiquant du statut de sous-préfecture à l’époque coloniale), le pouvoir administratif (Oum El Bouaghi intronisée wilaya au dépens de la première qui prétendait fortement à ce statut), le pouvoir économique et financier dans sa tendance liée à l’informel (Aïn M’Lila, comptoir de la pièce détachée) et enfin du commerce transfrontalier épousant des formes légalistes (Aïn Fakroune, ₺capitale du prêt-à-porter₺ et de l’importation).  
Amir Belaïli, sélectionné national, est sous contrat avec le CRBAF jusqu’à la fin de la saison 2015-2016. Il souhaitait quitter la formation chaouie, on peut comprendre son ambition partagée par ailleurs par son club qui voyait en lui l’occasion de renforcer ses ressources financières et incidemment ses moyens humains en vue d’une accession en Ligue 1, une compétition à laquelle participèrent ses rivales locales et régionales (El Eulma et la saison prochaine Tadjenanet, symboles également du même modèle économique).
Dans un premier temps, un préaccord triangulaire fut conclu entre Belaïli, le CRBAF et le CRB. Parole fut donnée par les uns et les autres. Mais, le préaccord ne fut pas conclu. Le décideur belouizdadi absent laissa le terrain libre à Amani (ancien joueur professionnel, ancien et sans doute toujours agent de joueur), président du RC Arbaâ qui fit changer la destination. Belaïli et le RCA conclurent engagement sauf que le président du CRBAF est partie prenante incontournable dans ce ₺mariage à trois₺.

Refusant le choix de Belaïli, le président du CRBAF a voulu remettre (pour respecter la parole donnée) la lettre de libération aux dirigeants du CR Belouizdad. Une option inconcevable pour le joueur qui ne se voyait pas comme ₺une marchandise₺. Une situation drôle qui in fine failli porter préjudice à la carrière du joueur, obligé à « une saison blanche » (sans jouer), si une solution n’avait pas été trouvée. Sans doute le dernier coup d’éclat médiatique d’Amani, président démissionnaire (?) du RCA.   

Liberté d’expression, Cette valeur à l’origine de beaucoup de maux

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Liberté d’expression₺, une notion qui s’inscrit parmi celles qui font que les sociétés se développent, s’enrichissent et ….en bout de course, au final, en dernière instance diront certains, après une litanie d’autres valeurs promues par les hommes de la parole publique de tous bords, aide à la promotion des autres valeurs. Parler, dire, écrire, exprimer en usant de tous les moyens de communication et de tous les supports existants ou à venir, matériels ou virtuels est en ce monde, en cette société en pleine mutation, incontournable. Que serions-nous sans elle ?
Pourtant cette liberté que nous devons à tout prix défendre fait l’objet d’un mésusage que nous accepterons en toutes circonstances au nom précisément de la liberté d’avoir un point de vue, une opinion contraire. Sans pourtant laisser passer des inepties, des sottises acceptables de n’importe qui, de n’importe quel individu, n’importe quel quidam….sauf de ceux qui se prétendent, se posent en  leaders d’opinion qui…..doivent être contredits quoiqu’il en coute par….d’autres leaders d’opinions.
Dans l’univers du sport, un domaine à la portée de tous, ils sont légion ceux qui veulent imposer leurs façons de voir et d’agir empruntées à des secteurs d’activités eux-mêmes en pleine déliquescence au pire ou au mieux en pleine mutation.  
Ces dernières semaines, des leaders d’opinion, d’anciennes gloires du football national, regroupés dans un « comité de sauvegarde » s’insurgent contre la gestion de la JSK menée par l’indétrônable « Moh » Cherif Hannachi. Il en est de même juste à côté, à une centaine de kilomètres de là, à Béjaïa, capitale historique des Hammadites où une cabale, une campagne a été menée contre les dirigeants de la SSPA/JSM Béjaïa à l’instigation d’un commanditaire, d’un apporteur de fonds, d’un sponsor et de certains membres du CSA/JSMB. Si dans ces deux villes, les forces en présence sont déclarées, il en est de même ailleurs, sous le couvert de l’anonymat. Le pouvoir sportif local, la notoriété qui en émane en est l’enjeu principal. C’est leur problème pas le notre, ni celui des supporters ou des amoureux du beau jeu!
Aujourd’hui, les membres du CSA/JSMB sont arrivés à la conclusion que nous avions présentée ici même. La situation du club professionnel ne peut être améliorée que par la volonté, l’accord des membres de la SSPA/JSMB. La direction de la jeunesse et des sports, la ligue nationale de football ont indiqué clairement la position centrale de la SSPA. L’issue de « conflit », de cette polémique qui n’est pas complètement stérile puisque par la force des choses, les positions de chacun ont été éclairées par la force de la loi et de la réglementation qui a poussé des « sages » à servir d’intermédiaires en vue d’une solution négociée, comme dans des conflits armés et guerriers.
De toute évidence, le « comité de sauvegarde » de la JSK s’en convaincra de lui-même après avoir exploré toutes les voies qu’il veut porteuse de solutions. Les antagonistes oublient que l’aura qu’ils possèdent auprès du grand public, ces supporters que l’on ameute, que l’ont fait marcher dans les rues de la cité comme si cela était un événement social ou politique de première importance, a été faite par la JSK qui elle-même a été faite par eux (et d’autres).

Ceci étant, la solution du problème de la JSK (faudrait-il que cela soit réellement un problème) passe par la SSPA. Ce sont les rapports de force en son sein qui détermineront son issue. Sans le vouloir, parce que relevant de domaines qu’il ne maitrise pas, l’un des leaders ( ?) du « comité de sauvegarde » a formulé le plus bel éloge qui soit à la gestion conduite sous la houlette de Hannachi en déclarant que le club fonctionne avec des sponsors. La règle d’or de la gestion est, pour une entreprise, de faire des bénéfices en dépensant le moins possible l’argent qui lui appartient, de fonctionner avec l’argent des autres. Les adversaires de Hannachi ont reconnu implicitement qu’il avait ce talent. Dans d’autres domaines cela reste à voir.   

Ramy Bensebaïni, Le fleuron du "nouveau" football algérien



Bensebaïni, un nom qui sonne et résonne encore timidement. Il resurgit comme un souvenir enfoui dans la mémoire de vieux Constantinois adeptes du MOC et du CSC confondus dans une rivalité sportive notoirement connue ayant agité les rues et les quartiers de Constantine, dans ces lieux de la ₺vieille₺ et de l’₺ancienne₺ ville (par opposition à la ₺nouvelle ville₺ Ali Mendjeli et l’excroissance₺ de Massinissa-El Khroub), marqueurs de l’Histoire multimillénaire d’une cité antique à laquelle les pouvoirs public, à coup de milliards de dinars, tentent de redonner une vie culturelle en célébrant une séquence chronologique (« Constantine, capitale 2015 de la culture arabe ») tandis que le volet sportif, qui nous concerne plus ici, se meurt à petit feu. La ville grandit spatialement, vampirisant des territoires se réduisant comme une peau de chagrin, passant d’un vaste empire maghrébin à quelques kilomètres carrés d’une wilaya qui se donne,  encore avec une fierté certaine le titre de ₺capitale de l’Est₺ qui n’a plus guère de signification par ce qu’il n’y a plus de capitale. Elle n’a plus rien d’une capitale.
Ramy est son prénom. Un prénom que les plus petits associeront, sans effort intellectuel majeur, à une marque de boissons qui envahit les écrans de télévision. Mais qu’importe, le jeune adolescent possède, balle aux pieds, du talent. Un talent fou qui en fera, dans quelques années, par un renversement de réputation, un support médiatique intéressant et recherché pour cette même marque.
On pourrait croire que ce gamin est un produit du football constantinois. Que nenni ! Son nom sera certainement récupéré par les médias constantinois quand il aura réellement percé mais ils ne pourront jamais occulter qu’il n’est qu’ ₺un arbre qui cache la forêt₺. En fait une double forêt. Un double désert serait plus approprié : le désert du foot constantinois et du foot algérien tel qu’ils sont perçus actuellement. De l’argent qui coule à flot, des ₺noms₺ aux salaires astronomiques et des résultats plus que quelconques. La médiocrité dans toute sa splendeur. Celle des apparences.
Ramy Bensebaïni est l’élément le plus visible, en ces temps de disette, d’une démarche révolutionnaire dans l’univers du football algérien. Une démarche, certes importée d’Afrique (du Sénégal, pays de confréries religieuses traditionnelles, tentacules d’une vision empruntée à nos anciennes perceptions séculaires de l’univers et de la relation avec la Déité), matinée par Jean Marc Guillou, amoureux du beau jeu teinté du réalisme européen. A 19 ans, Ramy Bensebaïni, constantinois d’origine est un émigré, un expatrié qui le sera sans doute pendant longtemps, le temps d’une carrière footballistique de haut niveau. C’est cela la nouveauté ; l’exportation de jeunes joueurs au talent indéniable prêt à rejoindre les rangs du foot européen.
L’enfance à peine achevée, il a intégré le projet ambitieux et fou qui s’apparente par bien, des aspects à un projet industriel, construire et produire pour l’éternité….qui ne sera pas éternelle mais en aura toutefois la dimension comparativement aux projets à court terme (à très court terme) qui sont mis en place. La différence, en termes économiques, entre un investissement et le commerce, la vente en l’état.
Ramy a appris à jouer au foot pieds nus, comme les gamins des favelas brésiliennes, ou des cités sénégalaises ou maliennes. Comme jouèrent les noms d’un football algérien révolu, ceux qui émergèrent des terrains vagues et  des ₺parties₺ avec des ballons faits de bric et de broc. Pieds nus pour être proches de cette terre (Gé), mère d’un géant (que combattit dans la mythologie grecque Hercule) qui retrouvait toutes ses forces en touchant le sol. Pieds nus pour sentir le sol et ses aspérités qui endurcissent la peau font que plus tard (pendant la carrière de joueur professionnel) toutes les natures de terrain sont comme un tapis facilitant la stabilité et la plénitude du geste.
19 ans ! Ramy a joué (à titre de prêt) le championnat de Ligue belge et jouera la prochaine saison, prêté par son club, le Paradou AC (qui, par un heureux retournement de fortune, retrouve (en attendant mieux) un rang qui sied en Ligue 2, après un séjour en division nationale amateur) à un club de Ligue 1 française, le Montpellier HSC où brilla jadis un Karim Maroc, dieu parmi les dieux du foot de son époque, de l’épopée 82-86.

C’est le PAC qui a fait Ramy Bensebaïni et d’autres qui furent ses camarades à l’Académie du PAC que, dans quelques semaines, nous retrouverons certainement pour notre plaisir. En attendant de les retrouver en EN.         

Libérations de joueurs, Le double jeu des dirigeants



Nous savons que dans le dossier Jonathan Matijas, sur la base des informations en notre possession et cités dans ces colonnes, le gardien de but franco-algérien ne peut, en l’état actuel des choses, être signataire au MCA, le club qu’il souhaitait rejoindre après la relégation de l’USM Bel Abbés. Bien que les dirigeants du Mouloudia affirment le contraire. Tout prédispose à ce que le joueur soit maintenu par la commission de résolution des litiges dans l’effectif de l’équipe de la Mekerra. Le joueur, qui profite de quelques jours de repos à l’étranger, s’est dit déçu de la tournure prise. Sa réaction est sans équivoque, les dirigeants de l’USMBA sont malhonnêtes. Une épithète percutante qui illustre clairement les pensées et les  sentiments éprouvés. Mais, de nul effet sur ces dirigeants qui en ont entendu d’autres….plus scabreuses.
L’avenant est une pratique contractuelle commune. Il authentifie une disposition, une inclusion nouvelle (création, modification, etc.) à la relation entre les deux parties et apportant un changement aux dispositions du contrat initial. Cette nouvelle disposition ne peut entrer en jeu (ne peut être considéré, reconnu) que si elle est validée par l’homologation de la LNF. Détenant un avenant en bonne et due forme sauf qu’il n’est pas validé, notre cher Jonathan n’obtiendra pas gain de cause. Cependant, ce malheureux ₺incident₺ de parcours doit attirer l’attention des joueurs et de leurs agents.
En effet, si la validité juridique de l’avenant est attestée de plein droit. Nous noterons que les dispositions réglementaires léonines de la FAF inspirées par des dirigeants interdisent une modification de l’architecture du contrat. L’alinéa 15.2 stipule d’abord que « le contrat est exclusivement rédigé conformément au modèle disponible auprès de la ligue de football professionnel » puis, pour ce qui aurait tendance à ne pas comprendre, il précise que « ce contrat ne peut faire l’objet d’aucune modification ou rajout et ne peut contenir des informations manuscrites ». Le contrat initial ne peut prévoir une disposition particulière (telle celle d’une résiliation anticipée du contrat en cas de relégation). Celle-ci sera obligatoirement introduite par l’avenant modifiant l’article IV.
 A la lecture de cette disposition, il est évident que l’avenant ne peut porter que sur la durée du contrat (compris entre deux et cinq saisons sportives), le montant de la rémunération et les avantages octroyés. L’article 8 du contrat relatif à l’avenant considère que «  toute modification du présent contrat, pour quelque motif que ce soit, doit donner lieu à un avenant établi dans les mêmes formes que le contrat initial ». Pour qu’il n’y ait aucun doute, l’avenant doit être paraphé par les deux parties (donc signé par le président du club, le joueur et éventuellement son agent s’il en dispose) et « un exemplaire est transmis dans les cinq (05) jours à la Ligue Nationale de Football pour homologation sous peine de nullité ».  Nous noterons que l’article 24 du règlement du championnat professionnel porte une mention absente dans les dispositions réglementaires de la LFP. La transmission de la modification de contrat est à la diligence des deux parties (club ou joueur) ou plus exactement « par l’une au l’autre partie ». Une précision qui prend certainement à défaut nombre de joueurs. A partir de maintenant, le proverbe « un homme averti en vaut deux » prend tout son sens. Gageons que les joueurs et leurs agents ne seront plus pris au piège.

L’USMBA a passé une seule année en Ligue 1. Promu à la fin du championnat 2014, il retrouve la Ligue 2 à la fin de la saison 2015. L’équipage (le président et beaucoup de dirigeants) ont abandonné le navire laissant leurs successeurs se débrouillé avec le passif. Gérer une relégation, préparer une éventuelle accession, payer les dettes des fournisseurs (hôtels, restaurants, transporteurs, CNAS et fisc, etc.) mais avant, il leur faudra régulariser, avant toute autre chose, la situation salariale des joueurs et des différents staffs. Jonathan et son compère Niati se porteront devant la CRL pour obtenir leur libération. Une affaire qui n’est pas aisée. Là aussi, les dirigeants de la FAF ont fermé le jeu. Obtenir gain de cause sera éprouvant.  

Affaire Jonathan Matijas, Les joueurs floués par la FAF et les dirigeants



Jonathan Matijas est de ceux qui, en ce moment très précis de l’année, font le buzz. C’est un footballeur comme il y en a beaucoup sur les terrains. Un de ceux pourtant qui le pratique en mettant la main … à la pâte. Avec des gants pour faire bonne…mesure. Tout est dit : il est gardien de but venu du football français!
Recruté par l’USM Bel Abbés au début de la saison 2014-2015, il a signé un contrat de deux saisons sportives. Sur ce point (c’est d’ailleurs le seul), tous les intervenants dans cette affaire sont unanimes. Deux saisons sportives est d’ailleurs la durée minimale prévue par les dispositions réglementaires de la FAF mais aussi celle qui est communément négociée. Les contrats d’une durée plus longue sont si rares que la signature de Zemamouche pour 5 ans a surpris plus d’un.
 Jonathan Matijas, joueur franco-algérien, inconnu à son arrivée dans le championnat algérien, considéré comme l’un des meilleurs éléments de son équipe au cours de la saison qui vient de s’achever,  aurait fait  (selon ses déclarations à la presse) inclure une clause lui permettant d’obtenir sa libération en cas de relégation de l’équipe où il est signataire. Cette information a été confirmée quelques jours plus tard par le président (ou ex, futur ex-président ?) de l’USMBA. Fort de cette clause et de la relégation de l’USM Bel Abbés, Jonathan (nous nous conformons à la règle non écrite mais pratiquée avec gourmandise par la presse écrite algérienne qui fait qu’un joueur étranger ou algéro-français soit cité par son prénom) s’est engagé avec le plus grand club, le « doyen » des clubs algériens, le plus solide financièrement car parrainé par la plus grande entreprise pétrolière du pays et du continent. Jusque là rien d’anormal. Sauf que, le contrat à peine signé, les dirigeants de l’USMBA font valoir que Jonathan n’est pas libre de ses mouvements car toujours engagé vis-à-vis du club.
Il semblerait de plus que le contrat que déteindrait Jonathan ne soit pas conforme à celui déposé auprès de la LNF  pour homologation qui est le seul à faire foi. La question sera examinée dit-on par la CRL qui obligatoirement se basera sur les dispositions réglementaires édictées par la FAF et au statut du joueur professionnel de la Fifa (alinéa 15.1 des dispositions). Les alinéas 15.4 et 15.5 sont  explicites « les différents exemplaires d'un même contrat doivent être identiques » et « une copie du contrat est remise obligatoirement au joueur ». Implicitement, la copie remise au joueur est identique aux autres copies.
Deux hypothèses. Effectivement la copie en possession du joueur n’est pas identique à celle détenue par le club et la LNF, la question déborde largement le cadre sportif pour entrer dans le domaine judiciaire.
Si le contrat est identique à celui homologué, il y a lieu de revoir et préciser l’alinéa 15.2 qui prévoit que « le contrat est exclusivement rédigé conformément au modèle disponible auprès de la ligue de football professionnel. Ce contrat ne peut faire l’objet d’aucune modification ou rajout et ne peut contenir des informations manuscrites » ou de récrire le contrat type qui n’envisage pas cette disposition particulière. Notons que si « le contrat Jonathan » a été homologué il a acquis force de loi dans la relation entre le joueur, le club et la LNF. La CRL ne peut que statuer en faveur du joueur.
Pour compliquer une situation qui n’est pas simple, on apprend qu’un avenant aurait été signé entre les deux parties (Jonathan et l’ex-président de l’USMBA) qui porterait sur l’insertion de cette clause de libération. Toute honte bue, l’ex-président informe les supporters de l’USMBA que le dit avenant n’a pas été transmis pour homologation. Jonathan restera à Bel Abbés aux prix d’une….trahison, celle de la confiance d’un partenaire.   
Si ce n’est que Jonathan a été berné (comme beaucoup d’autres joueurs l’ont certainement été et que d’autres le seront) par la réglementation nationale qui indique dans l’alinéa 15.2 que « le contrat est exclusivement rédigé conformément au modèle disponible auprès de la ligue de football professionnel. Ce contrat ne peut faire l’objet d’aucune modification ou rajout et ne peut contenir des informations manuscrites ». Le contrat type ne prévoit aucune clause particulière.  Tout est dit.  En attendant la suite.