lundi 10 août 2015

Début en Ligue 1, Les révoltés du Rapid


La saison 2015-2014  n’a pas encore débuté qu’apparaissent déjà les premiers mouvements de contestation. Tous les clubs de Ligue 1 sont sur des feux ardents, appréhendant à juste raison une compétition dont les dirigeants et supporteurs ont encore frais dans les mémoires que la précédente édition fut âpre avec une décantation finale faite au cours de la dernière journée. Tous ont entrepris de se renforcer, de modifier leurs effectifs en vue d’objectifs non encore définis officiellement mais que l’ensemble des compétiteurs espère favorables à leurs couleurs. Pour ce faire, ils se sont donnés, tant bien que mal, les moyens de faire leur marché, de trouver le(s) joueur(s) qui pourrai(en)t apporter le mieux attendu.
Les promus de la Ligue 2 (Blida, Tadjenanet et Relizane) ont du consentir des efforts gigantesques de renouvellement de leurs effectifs qui n’ont rien à envier à ceux du Mouloudia d’Alger (version Boualem Charef) ou de la JSK à l’aube de la saison 20114-2015 illustrant de fort belle manière les préjugés qui ont cours dans le milieu du football. En fait des idées préconçues nées de la hiérarchisation juridique des clubs en équipes professionnelles de Ligue 1, d’équipes au statut ambivalent (professionnelles et amateurs) de la Ligue 2 et d’équipes amateurs des divisions nationales amateurs. Une hiérarchie souvent démentie lors des matchs amicaux d’intersaison et surtout lors des rencontres de la Coupe d’Algérie plus discriminantes. Une hiérarchie qui se traduit en fait non pas véritablement sur les terrains de foot mais dans les statuts juridiques des entités gestionnaires (SSPA pour les clubs professionnels et CSA pour les clubs amateurs) à l’origine de beaucoup de confusion et dans les ‘fiches de paie » des joueurs et sans doute des techniciens.
La différence se situe aussi au niveau des budgets de fonctionnement, du nombre de milliards de centimes alignés, du train de vie (transport, hébergement, restauration) lié aussi bien à la longueur des déplacements qu’au coût de la vie dans les grandes agglomérations et des capacités (malheureusement plus réduites) à trouver des recettes financières.
Le Rapid de Relizane vient d’être confrontée, en cette fin de période préparatoire à la compétition, à la problématique de l’accession et des difficultés de tous ordres que le nouveau standing engendre. Les limites financières ont d’abord fait que le Rapid n’a pu organiser son stage de préparation en dehors des frontières (Tunisie, Maroc, Portugal, Espagne, Pologne) et a du, avec quelques autres équipes (dont la JSM Béjaïa au sortir d’une crise de gouvernance), se ₺contenter₺ (même si le verbe - compte tenu de la qualité des prestations offertes - n’est pas adéquat) sur les installations de l’école nationale des sports olympiques d’El Bez à Sétif (pour le standing de l’équipe et d’autres considérations qu’il faudra un jour élucider, un stage de préparation à l’étranger est plus porteur qu’un stage organisé sur le territoire national).
Depuis que le Rapid a obtenu, sur le terrain, le droit d’évoluer, en championnat de Ligue 1, les dirigeants ont du se mettre en conformité avec la réglementation et donc d’accomplir les formalités juridiques et administratives qui s’imposent à eux, dénicher les joueurs qui porteront leurs couleurs, conclure avec eux des contrats en rapport avec leur nouvelle situation et s’engager dans une nouvelle approche de gestion où les promesses sont faites, non tenues et reportées à ces jours meilleurs qui viennent avec les subventions étatiques.
Il faut croire que ces dirigeants du Rapid n’ont pas appris toutes les subtilités de ce mode de gestion ou que les joueurs recrutés ou promus ont pris une avance dans ce domaine et ont été à bonne école, à la dure école des joueurs de football jamais payés à échéance, toujours confrontés à des retards.

Promesses non tenues = joueurs en colère toujours conciliants. Ceux du Rapid, moins compréhensifs ou plus tête dure que leurs pairs en ont fait à leur tête. Pour la bonne formation des dirigeants, le délai étant passé, ils ont pris leurs cabas au petit matin, sont montés dans des taxis pour rentrer à Relizane en laissant bouche-bée les techniciens et les accompagnateurs sur les lieux du stage.  

dimanche 9 août 2015

La fratrie Morceli (2), Abderrahmane Morceli & Amar Brahmia


En début de saison 1990, Nouredinne établit des chronos prometteurs qui lui permirent d’obtenir un ticket d’entrée dans les meetings de valeur, de réputation internationale avérée, ayant marqué l’histoire de la discipline (Rome, Paris, Bruxelles, Berlin, Lausanne, Zurich, Oslo, Londres, etc.) inscrits dans le « Grand Prix IAAF-Mobil », précurseur de la « Golden League », puis de la « Diamond League » que l’on connait actuellement. Un circuit mondial de meetings intégrés dans la professionnalisation alors rampante du sport accordant primes de participations, primes de résultats et bonus (records de meetings, records du monde) avec pour ultime couronnement les fameux lingots de la « Golden League » et le diamant de la « Diamond League » pour les plus réguliers dans leurs épreuves ou au classement général.
C’est cette année-là que Nouredinne revint dans le giron de l’athlétisme algérien.  Dans l’ombre du futur champion (avec et en dehors du groupe élargi d’athlètes connu, avant que cette notion ne soit vulgarisée, sous le nom du « groupe Morceli» et qui coaché et managé par Amar Brahmia (pour l’engagement dans les « permit meetings » et les étapes du « Grand Prix IAAF » et l’organisation des stages de préparation) deviendra le « groupe Brahmia » composé des athlètes du MPA. Dans ce groupe en partie bicéphale, on trouve Abderrahmane, le frère aîné de Nouredinne, qui fut lui aussi, dans les années 70 et les premières années de 1980, un excellent coureur de 1 500 mètres dont il détint le record national avec un chrono de niveau mondial de 3.36.26 en 1977. Abderrahmane fut aussi médaillé aux jeux universitaires, aux jeux méditerranéens et aux championnats d’Afrique. En son temps, il fut aussi un excellent coureur de 800 mètres (1.45.7).
Des années plus tard, au milieu des années 2 000, quand on lui demandait d’évoquer ses belles années et ceux qui l’aidèrent à atteindre le plus haut niveau mondial, Nouredinne rappela que le ₺groupe d’entrainement₺ était composé « d’Abdenouz Réda, les frères Brahmia (Abdelbaki et Nacer), Benzai Abdelkrim, Driouche Mohamed, Sakhri Azzeddine, le masseur Bouchakour Ahmed qui accomplissait un excellent travail ». Nouredinne reconnu que toutes ces personnes « ont été d'un apport important».
Dans le « groupe Morceli » ou le « groupe Brahmia », c’est selon, Abderrahmane Morceli est une figure effacée, si effacée qu’elle ne semble pas exister. Toujours en retrait, surtout en présence d’Amar Brahmia, un autre grand coureur de demi-fond de la même génération (il est né en 1954 alors qu’Abderrahmane naquit en 1957) qu’A. Morceli. Champion du monde militaire du 800 mètres, médaillé des championnats du monde universitaire et des jeux africains, sélectionné pour les championnats du monde de 1983, auteur de 3.36.5 au 1 500, il côtoya quelques une des grandes figures aujourd’hui oubliées de l’athlétisme national qui portèrent haut les couleurs nationales (Abdenouz El Hachemi, Habchaoui Rachid, Rahoui Boualem, Sakina Boutamine, Mehdi Aïdat, etc.).
Modeste technicien supérieur des sports, A. Morceli ne tient pas la comparaison avec A. Brahmia, titulaire d’un double magister (EPS et droit). Issue d’une famille modeste de 9 enfants, l’aîné des Morceli, devenu éducateur sportif à l’ASSN pendant une carrière sportive hachée par des blessures récurrentes ne peut rivaliser avec le bagout et la volubilité très marqués par l’accent annabi mâtiné d’algérois.
A. Morceli a trouvé sa voie dans le domaine du sport, dans cette reconversion professionnelle qu’ont de tous temps offert les corps constitués aux sportifs issus des milieux aux horizons bouchés. Policiers ou militaires, plus par défaut que par vocation, A. Morceli et ses pairs ont fait des sections d’athlétisme de l’ASSN et de l’ANP les fers de lance du demi-fond national ne comptant plus les titres individuels et par équipes dans les compétitions nationales et internationales.  
En 2004, après la fin de carrière cahoteuse de Nouredinne qui fut précipitée (bien que les deux frères Morceli et Brahmia n’aient pas abordé ce thème depuis les semaines qui suivirent l’incident) par un nouveau coup de ₺pointes₺  reçu dans la bousculade qui entraîna la chute d’Hichem El Guerroudj en finale des jeux olympiques d’Atlanta (1996) lui occasionnant une blessure au mollet et toucha le tendon d’Achille, Abderrahmane, parti se « reposer aux USA après une longue carrière en tant qu’athlète et aussi suite à l’éprouvant labeur comme entraîneur de Nouredinne », a eu l’idée de développer le demi-fond dans le collège où s’entraina et étudia son frère. A son palmarès d’entraîneur en activité aux USA, un coureur américain, Brandon Johnson, coureur de 400 haies (48.59, 19ème mondial en 2005) converti au 800 mètres, auteur d’un chrono à 1.43.84 et 8ème mondial en 2013.





Mouloudia d’Alger, Venez jouer chez mes voisins


La saison 2015-2016 des championnats de football est toute proche. Elle débutera dans quelques jours, à la fin de la semaine. Comme a son habitude, le Mouloudia d’Alger - grand parmi les grands, dont on dit un peu partout qu’il est le premier des clubs algériens, le plus ancien, le plus riche surtout depuis qu’il est repassé sous le parrainage de la première entreprise africaine, le plus gros budget du championnat, l’écurie la plus fournie du pays, le club qui ne « « chasse » que les meilleurs joueurs et les meilleurs entraîneurs ou moins ceux qui font que le club a la plus importante masse salariale que l’on connaisse - fait la « une » de la presse.
A entendre les déclarations tout azimut de quelques dirigeants du club et de joueurs à la réputation bien installée parmi les milliers de Chenaoua appelés à l’aide pour faire passer une pilule bien amère, le Mouloudia se porte mal. Pour lever toute équivoque, entendons-nous bien. L’effectif a été renforcé avec les meilleurs joueurs disponibles, la préparation d’avant-saison n’a été entachée d’aucune difficulté particulière, le système de jeu préconisé par des techniciens du haut du panier semble faire rêver et permettre d’envisager la réalisation des objectifs. Mais, là où le bât blesse c’est que le milliardaire du football algérien ne serait finalement qu’un pauvre hère quémandant, non pas une piécette (il en dispose en quantité quasi-illimitée), un lieu où jouer ses matches. Le Mouloudia est un club SSF (sans stade  fixe).
Le stade tant espéré du « 5 juillet » qui vient de subir des travaux de rénovation-consolidation n’est pas encore tout à fait près pour l’accueillir. La commission d’homologation des stades qui l’a audité récemment n’a pas encore rendu sa décision. Pire encore, le stade olympique d’Alger doit subir d’autres tranches de travaux si le budget n’est pas amputé pour cause de baisse du prix du baril de pétrole. De plus, la FAF désire y faire évoluer en priorité l’équipe nationale lorsque celle-ci disputera ses prochains matchs qualificatifs à l’automne prochain. Pour cet objet de Passion de tous les Algériens, pour ce grand Amour, tout doit être parfait. La pelouse aussi belle et douce, aussi agréable que les tapis de verdure qui ornent les stades emblématiques d’Albion.
A une semaine de la première rencontre, un derby qui l’opposera à son voisin de Belouizdad, le Mouloudia doit se rabattre sur le stade exigu Omar Hamadi de Bologhine qui ne peut recevoir ses dizaines de milliers de supporters. Un stade qui avait été proposé au club, il y a quelques années, et que des dirigeants hautains d’alors, imbus de leurs personnes et de la prétendue aura et puissance du club, avaient méprisé et avaient jeté dans les bras grandement ouverts du frère ennemi, cette USM d’Alger tant haïe qui avait choisi de s’allier à une grande entreprise privée qui su faire de la vieille enceinte sportive de Saint –Eugène, un espace de vie, un camp d’entraînement où une équipe se sent chez elle.
Comble de l’ironie, le Mouloudia aujourd’hui négocie auprès de l’USMA la possibilité d’y recevoir ses adversaires et aussi quelques créneaux horaires pour que ses joueurs puissent s’adapter au contexte d’évolution qui serait défavorable à ses grands joueurs. Aire de jeu aux dimensions réduites, gazon artificiel, contenance insuffisante, le Mouloudia se sent à l’étroit chez leurs voisins.

Les Mouloudéens n’ont pas d’autre choix. Mais, en auraient-t-ils un. La LFP n’a même pas sollicité l’avis des dirigeants. La sécurité ne pourrait pas être totalement assurée, la faute au Village des loisirs qui occupe les aires de stationnement. Les stades de la capitale nécessitent tous une mise à niveau pour être en conformité avec les normes édictées. Pis encore, les stades qui pourraient les recevoir leurs sont interdits. Ou plus exactement, ils se sont interdits les quelques stades disponibles dans un rayon pas trop contraignant. Comment pourrait-il en être autrement quand les dirigeants attisent par leurs déclarations intempestives l’animosité de leurs pairs et que les supporters, par ces comportements d’incivisme que permet la multitude, font naître des réactions négatives conduisant au rejet du Mouloudia et de ce qui s’y rapporte. 

vendredi 7 août 2015

La fratrie Morceli, De la lumière à l’ombre


 De Nouredinne Morceli, on a dit (et on a su) qu’Ammar Brahmia fut son entraîneur. Une idée préconçue qui fit son chemin dans les esprits de tous et s’installa durablement. Aucune contradiction n’a été apportée, aucun contradicteur n’est apparu. Le fut-il vraiment, nul ne le sait.  Sauf ceux qui côtoyèrent de près les Morceli et Brahmia. Ce qui est impossible à nier c’est qu’il fut son manager et le DTS de la section athlétisme du MPA (deux fonctions non négligeables qui permirent à Nouredine de devenir ce qu’il a été à savoir le leader mondial des courses de demi-fond du début des années 90). Quant à dire qui fut (furent) son (ses) premier(s) entraîneur (s), la question reste sans réponse.
Pourtant, en ce temps-là, au début de la carrière professionnelle de Nouredinne, le prénom de son frère était souvent donné pour en être l’entraîneur. Son découvreur, son initiateur à la course à pied est inconnu du grand public. Un enseignant d’EPS dont le nom n’a pas marqué l’histoire. A l’image de tous ces enseignants qui mirent le pied à l’étrier de tant de champions. Dans la presse de l’époque, Abderrahmane était seulement signalé comme son inspirateur.
On sait seulement des débuts de Nouredinne, qu’originaire de Sidi Okacha, près de la ville côtière de Ténès, qu’en 1986 (Nouredinne était cadet 1), il était scolarisé à Chleff où officiait Mohamed Hamouni (anciennement conseiller des sports puis directeur de la jeunesse et des sports de Chleff et aujourd’hui député) qui l’accompagna à ses débuts et le sauva (en 1986) de l’amputation d’un pied blessé par un malencontreux coup de ₺pointes₺ au national de cross de Draa Ben Khedda. Au début de la période des premiers exploits mondiaux de N. Morceli (91-92), Mohamed Hamouni (il exerçait alors les fonctions de directeur de la jeunesse et des sports) éludait toutes les questions relatives à ce sujet. Seuls, les entraîneurs de Chleff lui accordaient cette qualité.   
Jusqu’à l’été 88, Nouredinne était un bon coureur de demi-fond, un espoir pouvant…relever le niveau du demi-fond algérien déclinant. Un espoir comme l’athlétisme national en connut par fournée. Tout changea au mois d’août de cette année-là et la conquête de la médaille d’argent des championnats du monde juniors du 1 500 derrière le Kenyan Wilfred Oanda Korichi qui s’illustrait déjà auprès de ses aînés. La suite fait plus ou moins partie du domaine public. Pourtant des zones d’ombre subsistent.
Nouredinne obtint, à en croire les récits de ses proches, une bourse d’études au Riverside Collège en Californie grâce, on ne le crie pas sur tous les toits, à l’entregent de Nawel Moutawakel, une athlète marocaine qui avait fait des études universitaires au Etats Unis et avait obtenu une médaille d’or surprise sur le 400 mètres haies des jeux olympiques de Los Angeles (1984) amputés de la présence des athlètes de l’Europe de l’Est qui n’ y avaient pas pris part en représailles au boycott des jeux de Moscou (1980) par les athlètes des pays occidentaux. Khaida Lotfi (un triple sauteur qui su allié sports et études) et Abdenouz Redha -un coureur de 800 qui revint rapidement, moins d’un trimestre après le départ, n’ayant pas pu supporter les conditions difficiles qui étaient les leurs. La bourse étant insuffisante, ils étaient dans l’obligation d’exercer de petits boulots pour subvenir à leurs besoins - furent aussi du voyage.
Pendant deux années, Nouredinne l’invincible se forgea sur les installations du Collège, réalisa quelques chronos probants et y décrocha des titres universitaires dont se gaussèrent quelques journalistes de la presse sportive de l’époque. Personne ne croyait véritablement à son essor et qu’il puisse réaliser le palmarès que l’on connait. Son entraineur américain est lui aussi resté anonyme.

En juillet 89, Nouredinne, de passage au pays, remporta (il était encore junior) le titre de champion d’Algérie du 1 500 sur la piste d’athlétisme nouvellement rénovée du stade du 17 juin (aujourd’hui Chahid Hamlaoui) de Constantine, ville natale de Hassiba Boulmerka, une autre gloire du demi-fond algérien, future championne du monde et championne olympique sur la même distance du 1 500 mètres.   

mercredi 5 août 2015

Serguei Bubka, L’autre visage de l’athlétisme


Dans la campagne à l’élection à  la présidence de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui aura lieu à Beijing (Pékin) à la veille des championnats du monde d’athlétisme qui se dérouleront dans la capitale chinoise nous avons vu que l’un des candidats en lice, le Britannique Lord Sébastian Coe de Ranmore a fait une promesse électorale qui s’apparente fort à une forme de corruption consistant à verser aux membres de l’IAAF (les fédérations nationales) un chèque de 100 000 dollars puisé dans les comptes de la fédération internationale.
Les premières fédérations ayant salué ce geste de grand seigneur d’un sujet de Sa Majesté la Reine d’Angleterre sont de petites fédérations européennes représentants de minuscules Etats dont certains ont la réputation d’être des paradis fiscaux (Andorre, Chypre, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco). Mais, les sites qui ont diffusé cette information n’ont établi aucune relation de causalité. Entre gens du meilleur monde, on ne peut se permettre de telles suppositions qui mettraient la Grand Bretagne au même niveau que le Qatar. Il est vrai également qu’il s’agit de l’argent de la communauté athlétique qu’il faut répartir équitablement. Même si pour cela, il faut enfreindre les règles du libéralisme et s’encanailler avec les principes que l’on suppose avoir été un temps, ceux que l’on croit être de l’autre postulant, Serguei Bubka ressortissant de l’ex-URSS communiste avant de rallier son pays natal l’Ukraine désireuse de rejoindre les rangs de l’Union européenne et de l’OTAN.
Le quotidien d’informations générales français « Le Monde » rapporte que Sergueï Bubka était présent à Paris lors du meeting de Saint Denis et qu’il avait alors exhibé un témoin de relais frappé de sa devise de campagne ₺Elever l’athlétisme vers de nouveaux sommets₺ » et qu’il offrait en « signe d’attachement à sa terre natale », comme offre des placards et dépliants publicitaires, « une demi-douzaine de napperons blancs brodés et un petit tableau – mi-peinture mi-canevas – figurant un bucolique paysage de chez lui ».
Le journaliste remarque aussi  que « sur les pistes d’élan, déjà, l’homme aux 35 records du monde cultivait cet art de la séduction, cette habileté à prendre l’ascendant sur l’« adversaire » par une poignée de main ou une attention, inattendues dans le monde de la compétition ».
Contrairement à Sébastian Coe, Sergueï Bubka, l’ancienne star de la perche brigue – outre la présidence – l’un des quatre ­postes de vice-président de l’IAAF, poste qu’il ­occupe déjà. A ceux qui pourrait penser que cette double candidature serait la preuve d’un manque de confiance, l’ancien sauteur à la perchent explique que son  «but est de faire progresser l’athlétisme » et qu’il ne s’agit pas pour lui de rechercher « le prestige d’un poste. Ce sport est toute ma vie et, quoi qu’il arrive, je continuerai à le servir».
Alors que Coe a prévenu qu’il poursuivrait ses activités professionnelles dans le marketing sportif et la communication s’il était élu, Bubka clame que « diriger l’athlétisme mondial est un travail à plein temps ». Il ­déclare aussi « Je fais ce que je pense nécessaire pour servir un sport qui m’a fait vivre ». 
Bubka, candidat malheureux à la présidence du CIO en 2008, promet une vaste consultation des 213 fédérations nationales sur leurs besoins et leurs moyens en matière de développement, de compétition, de marketing ou de dopage. Celle-ci, menée par des représentants de l’IAAF et des groupes de travail, aboutirait juste avant la tenue du congrès annuel de l’automne 2016 organisé à Monaco, siège de l’organisation. 
Il explique également la vision qu’il a du fonctionnement de l’IAAF au sein de laquelle « chaque fédération membre est en quelque sorte actionnaire de l’IAAF ». Au lieu de donner de l’argent comme compte le faire son adversaire, Bubka déclare que, s’appuyant sur l’individualisation de l’entrainement,« chacune d’entre elles (les fédérations) mérite un plan de développement sur mesure ».
Bien sur, Sergueï Bubka fait d’autres promesses comme celles de « renforcer les centres régionaux IAAF afin de préparer les athlètes qui ne disposent pas encore d’infrastructures adaptées dans leur pays et d’y former leurs coachs grâce à l’expérience internationale de techniciens ».
Bien qu’attaché à la tradition, Bubka est un homme « de son temps ». Pour preuve, sa  campagne se fait sur ­Google Hangouts. Les retours étant encourageants, il est partisan de mettre partout les nouvelles technologies et s’enthousiasme à « faire entrer les applications et les tablettes dans les stades ».


mardi 4 août 2015

Elections à la présidence de l’IAAF, Corruption au vu et au su du mond


Dans quelques, juste avant les championnats du monde d’athlétisme qui se disputeront du 22 au 31 août à Pékin, auront lieu (le 18 aout) les élections qui porteront à la tête de l’instance de l’athlétisme mondial un nouveau président de l’IAAF, en remplacement du ₺vieux₺ (né en 1933, 82 ans) Sénégalais Lamine Diack. Remarquons au passage que la majorité des présidents de fédérations internationales sont déjà âgés lors de leur accession à la présidence et le sont encore plus lorsqu’ils achèvent leurs nombreuses mandatures.
Lamine Diack (ancien sauteur en longueur) était âgé de 66 ans  lorsqu’il succéda (suite au décès d’une crise cardiaque, en 1999) de son prédécesseur l’Italien Primo Nebiolo, également ancien sauteur en longueur (né en 1923), élu à la tête de l’IAAF en 1981 58 ans), décédé donc à 76 ans.
Deux très grands athlètes sont en lice pour ce poste important pour le développement de la première discipline olympique. Le premier et le plus âgé des postulants est Sébastian Coe (60 ans). Un Britannique anciennement coureur et multiple recordman du monde de demi-fond (800, 1 500 et mile), avant l’avènement des Maghrébins et le retour des Kenyans.
Après sa carrière sportive, Sébastien Coe est membre de la première commission d’athlètes au sein du CIO (Comité international Olympique) puis de la commission sport pour tous. En 2003, il est président de la fédération britannique d’athlétisme et membre du conseil de l’IAAF dont il est devenu vice-président en 2007.
Sébastian Coe est aussi entré en politique. En 1990, il est élu député et siège à la chambre des communes. Deux ans plus tard (1992), il entre au Parlement dans les rangs du parti conservateur et devient secrétaire général du gouvernement en 1996. Pair à vie en 2000, il est nommé baron Coe de Ranmore. Ennobli en 2002, il est Lord Coe de Ranmore. Président de la commission de candidature de Londres pour les jeux olympiques de Londres, il fut ensuite le président du comité d’organisation des JO de 2012.
Serguei Bubka (58 ans), l’Ukrainien au palmarès interminable de titres et de 35 records du monde au saut à la perche (entre 1984 et 1994), connu sous le surnom de « Monsieur centimètre » caractérisant à la fois malicieusement cette habitude (devenue détestable aux yeux de la presse occidentale) de battre « ses » records du monde d’un seul centimètre sous le prétexte vrai ou fallacieux d’engranger, sous forme de bonus, les primes de records.
Bubka a concouru sous deux maillot : celui de l'URSS jusqu'en 1991, puis avec l'Ukraine jusqu'à la fin de sa carrière en 2000. Il fit partie de l'Équipe unifiée aux Jeux olympiques de Barcelone. Premier athlète à franchir la barre des six mètres (13 juillet 1985 à Paris), il a réalisé, en vingt années de carrière au plus haut niveau, quarante-six sauts au-delà des 6 m lors de quarante-quatre concours.
Membre du Comité international olympique depuis 1999, il a été président de la commission des athlètes de 2002 à 2008 et fait partie depuis 2013 de la commission exécutive de l'instance internationale. Il est comme Coe vice-président de l'IAAF depuis 2007.
 Sergueï Bubka a siégé au Parlement ukrainien de 2002 à 2006. Il a été membre du Parti des régions et conseiller indépendant du président ukrainien Viktor Ianoukovytch jusqu'en 2014.
L’IAAF disposant d’un compte bancaire créditeur de  76 millions de dollars, Sébastian Coe a dévoilé cette information il y a quelques jours, et a annoncé, qu’une fois élu président de l’IAAF, il distribuerait, dans les quatre ans à venir, à chaque fédération-membre de l’IAAF, la somme de 100.000 dollars récompensant ainsi l’implication de celles-ci dans la réussite de l’athlétisme aux Jeux Olympiques. La somme totale (22 millions de dollars) correspondrait au quart de la somme reçue par l’IAAF de la part du CIO lors de chaque JO.


Cette annonce surprise démontrerait, selon certains sites européens spécialisés en athlétisme, la volonté de Sébastian Coe de revoir le système de financement de l’IAAF et d’injecter les ressources de l’instance internationale dans l’athlétisme mondial au lieu de les laisser s’accumuler dans des comptes bancaires.
Ces mêmes sites remarquent qu’il s’agit là d’un virage « très stratégique à quelques jours de l’élection (….) qui a de suite produit des effets très positifs à l’égard de Sébastian Coe ».
En effet,  dans la seule journée du 29 juillet, ce sont 12 Fédérations qui ont annoncé qu’elles voteraient pour Sébastian Coe. Parmi elles, les neuf fédérations membres de l’AASSE (l’association athlétique des petits pays d’Europe) recensant Andorre, Chypre, Islande, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco, Monténégro et San Marin). Ces lilliputiens de l’athlétisme se frottent déjà les mains à l’idée de recevoir ces 100.000 dollars, avec un premier versement dès le début 2016.











dimanche 2 août 2015

Enregistrement des entraîneurs, Les dirigeants toujours hors jeu


A l’issue de sa dernière réunion (celle qui avait vu l’interdiction de recrutement de joueurs étrangers), le bureau fédéral de la FAF décidé qu’à « compter de la nouvelle saison sportive 2015/2016, et conformément à la législation en vigueur, les entraîneurs n’auront droit qu’à un maximum de deux licences durant la saison pour exercer, cela afin de lutter contre l’instabilité des techniciens ».
Elle a été prise, nous dit-on, afin de mettre fin à la valse des entraîneurs dans les championnats algériens.  Cette décision aurait été précédée par la présentation d’un bilan de la DTN faisant ressortir ses activités en matière de formation d’entraineurs. Le directeur technique national, après avoir porté à la connaissance des augustes membres de cette assemblée le bilan des opérations des opérations de formation engagées, montre que le pays dispose d’un réservoir d’entraîneurs amplement suffisant pour satisfaire les besoins des équipes de football de performance et de pré-performance et de leurs équipes de jeunes : plus de 700 entraîneurs détenteurs de la licence ₺CAF A₺, 900 ₺CAF B₺et 1400 ₺CAF C₺.
Nous pensons et l’avons écrit, les instances sportives du football national (FAF et LFP) sont  la représentation sommitale d’un système dans lequel les dirigeants sont profondément enracinés, un système qui ne vit que par et pour les dirigeants. Une organisation conçue à l’avantage des dirigeants de clubs et de ligues. Nous devons reconnaitre que beaucoup d’entre eux furent, en de temps bien lointains des acteurs directs du football (joueurs, entraîneurs, arbitres) et que au fil des années, ils ont troqué la tenue du sportif pour le costume du dirigeant.
Il n’y a que dans l’esprit d’un dirigeant que l’on peut trouver l’idée de l’instabilité notoire des entraîneurs. Comme si ceux-ci, bénéficiant d’avantages certains, auraient une tendance maladive à nomadiser et à se poser dans tous les clubs connus et inconnus du pays. S’il est vrai aussi et malheureusement que certains d’entre eux sont en phase avec l’esprit de mercenariat qui a domestiqué tous les rouages de la société, il n’en demeure pas moins, pour beaucoup des membres honorables de cette corporation, la transhumance est liée à des décisions managériales souvent impulsées par des cercles périphériques dont les médias et les supporters et/ou les médias-supporters sont les plus visibles et forment des lobbies.
Les entraîneurs (comme les joueurs traités également de mercenaires motivés uniquement par l’argent lorsqu’ils ne répondent pas aux attentes démesurées placée en eux) sont au cœur de la réussite ou de l’échec d’une équipe formée de bric-et-de-broc par des dirigeants monopolisant le pouvoir de décision dans les clubs au nom de l’apport financier en dépit de leurs méconnaissances maintes fois avérées des principes et des règles élémentaires de gestion d’un club.
A regarder de près, la mesure prise pour réduire le « vagabondage » des entraîneurs est la copie conforme de la règle appliquée aux joueurs de football leur interdisant de porter les couleurs de deux clubs au cours d’une même saison sportive (Règlement du statut et du transfert de joueurs de la FIFA, chapitre 3, article 5.3 qui stipule qu’un «joueur peut être enregistré auprès de trois clubs au maximum au cours d’une même saison. Durant cette période, le joueur ne peut être qualifié pour jouer en matches officiels que pour deux clubs).
Dans un club algérien, les éléments erratiques sont les joueurs et les entraineurs. Ils sont ceux qui ont la propension à changer de couleurs. Ne serait-ce que par la durée des contrats qui les lient aux clubs. Ceux-ci (malgré la volatilité des personnes physiques qui constituent le staff dirigeant) donnent un sentiment de pérennité, de permanence dans le temps qui forcerait l’exemplarité des structures mais qui cependant n’est que factice. L’instabilité des conseils d’administration et des présidents de CA de SSPA, garants de la bonne marche du club, est la preuve que ce dernier est bâti sur des sables mouvants.
En fait, la mesure la plus judicieuse serait d’interdire aux clubs de changer de staff technique au cours d’une saison sportive.