mercredi 9 septembre 2015

Mouloudia d’Alger, Doit-on faire appel à un exorciste ?


Les caméras et les micros se tendent encore et toujours vers le Mouloudia d’Alger qui exerce une attraction  certaine et inégalée également sur les stylos et les calepins. Il ne se passe pas, malheureusement pour ce club, un jour sans que l’on évoque une situation calamiteuse. Comme si quelqu’un avait jeté sur le Mouloudia un mauvais sort, dirons certains.
Depuis la rentrée sportive, le Mouloudia enchaine les déconvenues. Impossible d’ailleurs de toutes les citées tant la liste est longue et toutes plus invraisemblables que les autres. L’aède grec Homère avait fait d’Ulysse, roi de la petite île d’Ithaque, le personnage principal du poème qui la rendu célèbre. Les péripéties qui marquent son voyage de retour vers son royaume, après la victoire contre Troie, se succèdent les unes aux autres, le font ₺tomber de Charybde en Scylla₺ (d’une difficulté à une autre pire que la précédente) pour donner un titre à ce périple infernal (l’Odyssée) entré dans la tradition littéraire. Ses disciples modernes pourraient s’inspirer du Mouloudia pour écrire le scénario d’une saga.
L’on eu, comme pour débuter du pied gauche la saison estivale, celle du repos des joueurs et du mercato, l’épisode de l’₺affaire Jonathan Matijas₺, un recrutement de gardien de but, d’apparence anodine, simple comme un bonjour, qui s’éternisa, jusqu’à la veille du championnat après une très longue série de rebondissements étourdissants à la dimension du Mouloudia et du football professionnel.
La domiciliation du Mouloudia n’est pas encore un dossier clos. Les ₺Chenaoua₺ (joueurs, dirigeants et supporters) s’entêtent mordicus à vouloir évoluer au stade du 5 juillet réhabilité. Malgré tous ses moyens, ₺le club doyen₺, sous soulignons à dessein cette appellation qu’on plait à lui attribuer pour magnifier son importance dans le paysage footballistique algérien, est ce que nous avons précédemment appelé un club sans stade fixe, un club professionnel nomade.
Le rêve ambitieux de se produire sur le plus grand d’Algérie, le seul capable disent ses laudateurs d’abriter le mythe du football national, s’est transformé en un cauchemar qui n’a pu se terminer qu’en queue de poisson et la reprise des souvenirs glorieux, maintes fois ressassés, des héros d’hier et d’avant-hier.
Il semblerait que le Mouloudia soit devenu un moulin à paroles s’inspirant de cet accessoire rituel des moines tibétains que l’on met en œuvre pour que leurs prières soient agréées par Bouddha. Le tapage médiatique censé faire avancer la proposition mouloudéenne de jouer tous ses matchs importants (à commencer par les derbies en allers et retours et ensuite les fameuses ₺grandes affiches₺) au stade du 5 juillet s’est avérée n’être qu’incantations. Le Mouloudia ne jouera que les derbies au ₺grand stade₺ et se voit, ainsi que la malédiction le veut, contraint de négocier avec les ₺frères ennemis₺ de l’USMA pour obtenir des créneaux d’entrainement et d’y jouer en alternance.  Pour bien tasser l’amertume, la fameuse équipe première se partagera entre trois stades : le 5 juillet pour jouer les grands matchs, Bologhine pour y disputer les autres rencontres et l’entrainement et Draria, pour d’autres créneaux d’entrainement. Si les négociations aboutissent, bien sur. On ne sait jamais avec les…. jeteurs de mauvais sort. Cependant, reconnaissons qu’au final, le MCA est le mieux pourvu en installations fleurant bon l’instabilité et les déplacements constants.
Autre dossier, celui des entraineurs (de renom pourtant) ₺renvoyés₺, malgré leurs expertises reconnues partout dans le monde, exercer leurs métiers dans les tribunes car dépourvus de diplômes ou plutôt pour n’avoir pas fourni à la DTN les équivalences qui permettent l’établissement des licences les autorisant réglementairement à s’assoir sur le banc de touche. Une histoire donc de papiers pour balancer une histoire de béton.

Ces mésaventures balisaient en quelque sorte la relation du MCA avec son environnement. On peut, sans démagogie, conclure qu’elle est des plus mouvementée. En interne, il semblerait qu’il en soit de même. Le DG du club professionnel se serait fait agressé dans son bureau par des proches du club. Trop, c’est trop ! Pas d’autre solution que l’option roquia pour trouver cette sérénité qui fait défaut.

mardi 8 septembre 2015

Perceptions du foot pro, Le mélange des genres


Depuis des décennies, le football national à subi un processus de transformation qui a pris naissance quasiment avec le recouvrement de la souveraineté nationale. Au cours des premières années de l’indépendance, il a continué à fonctionner en reproduisant les fondements des systèmes organisationnel, conceptuel et donc  idéologique, laissés par l’administration précédente, celle de la puissance coloniale dont ils étaient le substrat.
Ces transformations ont été logiquement en phase avec les modifications économiques et politiques connues dans le cadre de l’évolution du pays. Chacune d’entre elles a marqué profondément son fonctionnement (et celui du mouvement sportif en général dont il ne représente qu’une dimension). Elles continuent de l’influencer par la perpétuation de reflexes acquis antérieurement devenus, par la force des choses et des pratiques, une seconde nature, un conditionnement difficile à effacer. Un héritage remontant aussi bien loin dans le temps de l’Empire romain et de son célèbre « panem et circenses » (du pain et des jeux) expliquant beaucoup de situations incongrues comme le peut également la formulation marxienne établissant la religion en tant qu’ « opium du peuple » dont le football est la nouvelle formulation.
Elitiste, le football (comme le furent l’ensemble des pratiques sportives) s’est transformé en un attirail populiste. Le football n’a pourtant pas changé. Il est encore et toujours une manifestation ludique réservée à de jeunes gens qui ne sont pas entrés dans la vie d’adultes. De grands enfants certes mais socialement bien intégrés dans un contexte où les rapports sociaux, les relations sociales sont animés par le moteur, essentiellement matérialiste, basé sur l’aspect monétaire « dinar-euro-dollar».
C’est cette dualité inassumée qui est dévoilée par certaines envolées discursives (journalistiques, entre autre) signifiées par des situations qui prêteraient à rire si…….elles n’étaient pas porteuses en latence de conflits sociologiques, idéologiques, etc. qui, par beaucoup d’aspects, pourraient être apparentés à la diglossie des linguistes mettant en présence, dans l’esprit du sujet parlant, plusieurs langues se heurtant, s’opposant pour donner un discours incohérent formulé dans une succession des différentes langues connues (un mélange d’arabe littéraire, dialectal, amazigh, français, etc.) surprenant pour l’auditeur mais normalement intégré par l’auteur.
C’est à cette dimension anormalement normale que nous rattacherons trois faits divers, trois situations sans grande incidence apparente au moment de leurs apparitions (mais susceptibles de dérapages en d’autres circonstances) en trois lieux géographiques distincts (Tizi Ouzou, Béjaïa et Alger) rapportées par des correspondants de presse.
A Alger, le journaliste a été surpris par l’interdiction de stationner dans les couloirs, faite à l’endroit des journalistes et des fonctionnaires de l’institution, ne permettant pas de discuter avec les personnes auprès desquelles elles sont venues s’informer ou avec celles rencontrées au hasard des tribulations de bureaux en bureaux. Comme si les bureaux de la LNF n’étaient pas un lieu de travail mais un marché de proximité.
Les second et troisième ont eu lieu lors de rencontres amicales dont les principaux instigateurs ont été la JSK et le MOB. A Tizi Ouzou, le correspondant a relevé l’absence des membres du conseil d’administration à la rencontre JSK-OMR. Comme si la préoccupation essentielle de ces « dirigeants de bureau » étaient la qualité de la passe de X, du dribble de Y ou de l’arrêt de Z. La révélation en fait que dans les clubs algériens (ou du moins selon la croyance de certains journalistes) les fonctions sont interchangeables et que donc les « dirigeants de terrain » (manager général, entraineurs en chef ou adjoint, médecin ou kiné, etc.) peuvent prendre en charge (en tant qu’activité dominante) les relations institutionnelles et la recherche de ressources financières.

A Béjaïa, le correspondant estime qu’un match amical n’est pas une rencontre officielle (ce qui fondamentalement est vraie) mais aussi, qu’en dehors du cadre imparti lors des matchs de championnat ou de coupe, tout est permis et que toutes les règles de l’art et de l’organisation peuvent être contourner. La conséquence est que nos confrères, qui auraient voulu s’installer le long de la main courante, ont été renvoyés dans les tribunes. Où ils auraient du s’installer sans qu’on les y invite.   

lundi 7 septembre 2015

Recrutements de joueurs, La faute a pas de chance


Dans le football national, deux équipes se distinguent des autres : le Mouloudia d’Alger et le CS Constantine. Deux équipes qui se disputent, par « historiens » interposés, le titre honorifique de doyen du football algérien qui n’intéressent pratiquement personne si ce n’est les journalistes-supporters avides de ce sensationnel qui fait vendre du papier. Ils se distinguent aussi des autres clubs par la passion que leur portent des supporters fous d’une passion  qui ne peut d’avoir pour égale que celle d’égarés dans le désert pour un verre d’eau. Des supporters qui, malgré quelques dérapages navrants, sont sympathiques isolément et tant qu’ils n’ont pas dépassé les limites de la bienséance ce qui malheureusement est l’un de leurs travers partagés avec cette couleur verte sur  leurs maillots qui en font des « petits bonhommes verts »,  des aliens, des extraterrestres qui, pour sortir de  cet ordinaire qui ne fait pas partie de leurs conceptions, ont accepté de se laisser surnommer d’ailleurs ₺Chenaoua₺ et ₺Sanafirs₺ qui, dans l’imagerie populaire beaucoup plus sympathique qu’on ne le croit, est synonyme de petite taille à laquelle s’adjoint cette impression de multitude qui font qu’ils sont aussi souvent, très souvent, trop souvent même comparé à ces nuées de sauterelles dévastatrices, des Attila modernes qui détruisent tout là où ils passent, ne laissant derrière eux qu’une réputation déplorable.
₺Chenaoua₺ et ₺Sanafirs₺ ont aussi un point commun dont beaucoup, si ce n’est beaucoup, auraient bien souhaité qu’il ne fasse pas partie de cette caractéristique qui les rend insupportables aux yeux des autres : les discours à l’emporte pièce et les frasques discursives des dirigeants qui se trouvent à la tête de ces deux équipes. Mais, il est vrai qu’à l’outrance des supporters et des correspondants de presse doit correspondre l’exagération des responsables portés par les ailes de cette incohérence effrénée, de l’absence de raison qui nait de la passion.
C’est cet amour infernal qui, semble-t-il, les poussent tous (supporters, journalistes, dirigeants) vers ces décalages qui conduisent aux pires hérésies possibles et imaginables en matière de gestion du club en particulier dans le volet du recrutements de joueurs attirés par les salaires mirifiques offerts au nom d’une primauté historique, d’un palmarès squelettique comparativement aux illusions de grandeur générées  et d’un standing à tenir.
Chaque été, ces deux clubs tiennent en haleine leurs fans par l’annonce de noms prestigieux, à la mesure d’un football national atteint de médiocrité, et d’histoires à dormir debout. L’argent coulant prétendument à flots, ces deux clubs se permettent tous les excès dont celui de croire que leur statut ne peut mener à eux que les meilleurs qui, malheureusement, déçoivent très rapidement, avant même que ne se termine la phase aller.
Cette année, le CSC a fait que l’incroyable advienne : se rendre compte après seulement trois matchs qu’un joueur ne possède pas les qualités attendues que l’on avait cru déceler le temps d’un essai aussi rapide qu’un éclair. En fait, la preuve indéniable mainte fois administrée que la présélection et la sélection des joueurs sont devenues une partie de poker menteur où les agents de joueurs sont les meilleurs et non pas le fruit d’une démarche réfléchie et étalée dans le temps.
Les dirigeants se préparent à résilier le contrat du joueur Aumbay « made in…» quelque part, hors des frontières nationales, recruté pour quatre sous (au tarif national) correspondant  au salaire d’un espoir d’ici et surtout de là-bas dont on attend beaucoup trop  pour un salaire tout juste. Un joueur porté aux nues au temps de son arrivée dans l’effectif, magnifié comme s’il devait devenir ₺la prunelle des yeux₺ des dizaines de milliers de regards. Et qui, au regard de celui qui, match après match, n’est finalement guère mieux que ceux que l’on avait sous la main, dans les terrains vagues d’à côté et des stades de proximité. Du moins à ce que l’on dit lorsqu’un veut le virer comme un malpropre. Un échec attribué aux qualités du joueur mais qui en fait est  celui des recruteurs. La 

dimanche 6 septembre 2015

Salaires des joueurs (2), La confusion dans l’esprit de Manaa

L’USM El Harrach est réputée pour avoir la masse salariale la plus faible des clubs professionnels de Ligue 1. C’est le fruit d’une politique sportive qui prend en compte les capacités financières dont elle dispose et contraint donc le club à faire en fonction de ses moyens. Cette politique (que d’autres attribuent à une tradition plongeant très loin dans le passé ses racines de club de la périphérie populaire d’Alger) s’est construite sur une gestion rationnelle des ressources humaines consistant à recruter, dans les clubs de divisions inférieures, des joueurs à fort potentiel, et à les céder à d’autres clubs mieux nantis après formation et mise en évidence du talent. La conséquence de cette politique des ₺petits moyens₺ est que les joueurs de l’USMH ne sont pas les mieux payés du mercato algérien.
La formulation par Abdelkader Manaa de l’intention de déduire des salaires les cotisations sociales a forcément et fortement estomaqué les joueurs harrachis lorsqu’ils ont su que cette déduction atteindrait 30% des salaires versés. Il est quasiment certain que cette nouvelle (fort déplaisante) essaimera dans les autres clubs dans les jours à venir et bouleversera tous les joueurs professionnels. Il ne fait aucun doute que cette information fait suite au séminaire organisé par la FAF à l’intention des secrétaires généraux des clubs professionnels dont nous serions étonné qu’ils respectent la réglementation.
Nous remarquons que l’information rapportée par la presse (malgré sa justesse réglementaire qui aurait du être mise en œuvre depuis bien longtemps) à propos du pourcentage à retenir est le fruit d’un amalgame malheureux, d’une compréhension plus qu’approximative des mécanismes de retenue que nous attribuerons à l’âge avancé (80 ans) d’Abdelkader Manaa.
En effet, ces fameuses cotisations sociales, que l’on semble découvrir aujourd’hui, comprennent deux parties. La première, dite ₺part ouvrière₺, est de 9%. La seconde, ₺part patronale₺, est d’environ 22%. La première est déductible du salaire brut perçu par le joueur (salaire et primes). La seconde est versée par l’employeur au prorata de la masse salariale globale brute (salaires bruts de l’ensemble des employés du club : joueurs, dirigeants, staffs technique, médical, administratif, etc.). Ces cotisations sociales doivent être déterminées avant le paiement des salaires, déclarées (déclarations d’assurances sociales) et versées (chèques ou autre moyens de paiement) à la CNAS avant le 20 du mois suivant l’échéance salariale. En conclusion, le montant des cotisations sociales à verser mensuellement est bien d’approximativement 30% mais le joueur n’est redevable que de 9%.
Nous pouvons envisager qu’Abdelkader Manaa ait intégré dans les déductions obligatoires à opérer le montant de l’impôt sur le revenu global. Dans ce cas, le taux de cotisations porté à la connaissance des joueurs de l’USMH est également erroné ou, concédons-le, très approximatif. Les salaires des joueurs de football sont exorbitants (plusieurs centaines de milliers de dinars ou si l’on préfère plusieurs dizaines de millions de centimes). La retenue IRG habituelle ne prend en considération que les bas salaires (moins de 120 000 dinars, 12 millions de centimes).
Nous ne pensons pas que des joueurs perçoivent un salaire imposable inférieur à 30 000 dinars. Dans ce cas (salaire imposable compris entre 30 000 dinars et 120 000 dinars) le taux d’imposition est de 30%. Pour ce qui concerne les salaires imposables supérieurs à 120 000 dinars (ce qui devrait être la situation de la grande majorité des joueurs), deux taux sont appliqués : 30% pour la tranche 30 000 – 120 000 dinars et 35% pour la tranche supérieure à 120 000 dinars. Nous avons ici considéré comme négligeable la part de l’impôt du pour la tranche inférieure à 30 000 dinars (en fait de 18 000 dinars à 30 000 dinars dont le taux est de 25%). Observons aussi que l’assiette de l’IRG (montant assujetti à l’IRG, montant imposable) est égale à salaire brut –  cotisations sociales de 9%).       


samedi 5 septembre 2015

Salaires des joueurs, Quand on joue sur les nerfs



Lors d’une rencontre des plus anodines avec les joueurs de l’USM El Harrach, le président des « Jaunes et Noirs », Abdelkader Manaa les a mis en émoi en évoquant cette question éminemment importante d’assurances sociales souvent occultée.
Abdelkader Manaa, revenu à la tête de l‘équipe après un ₺coup d’Etat₺ (bien mené et en douceur contre son prédécesseur Mohamed Laib, resté malgré tout dans le staff dirigeants-actionnaires de l’équipe professionnelle, bien que légèrement en retrait) et une déclaration tonitruante, reprise par les médias faisant état de sa volonté de se maintenir aux rênes jusqu’à son trépas, a mis le feu dans les vestiaires. Comme cela semble être devenu, de sa part et de celle de beaucoup de dirigeants, une habitude, pour faire parler d’eux même,  il s’est laissé emporter à aborder un sujet qui, dans les circonstances actuelles d’évolution du football professionnel, méritait plus qu’une ₺khardja₺ intempestive et incontrôlée, entre limonade, gâteaux et café certainement virtuels, devant de jeunes adultes plus rodés aux pratiques informelles qu’aux arcanes de la réglementation qui d’ailleurs, ainsi que le montre les jours qui passent, sont ignorées avec délectation par leurs dirigeants eux-mêmes.
La question, souvenons-nous, avait été abordée, paradoxalement, aux premières heures du professionnalisme, par un président de club de l’Ouest du pays, législateur de son état, ayant eu à adopter le dit texte.
Posé sur la table, pour un examen superficiel au demeurant, ce dossier est en fait très clair. Le football professionnel s’inscrit dans un cadre juridique dont les référents sont les lois promulguées (figurant en préambule à la loi sur les activités sportives et physiques) par l’Etat algérien. Parmi ces référents, deux lois cadres sont essentielles : le code du commerce et le code du travail et les textes subséquents, selon la formule juridique consacrée.
Le contrat qui lie le joueur au club jouit d’une clarté qui ne peut être démentie que par des pratiques s’appuyant sur une lecture biaisée de son contenu et surtout une conception de la gestion affichant un courant continu de dérogations aux règles. La rémunération (et autres avantages salariaux tels que la prime de signature et les primes de résultats prévues dans le contrat-type LNF) est définie en tant que montant brut. Un montant dont doivent être déduits les cotisations sociales (maladies, accidents de travail, retraite, remboursement des frais médicaux) et l’impôt sur le revenu (IRG). Le quiproquo nait de la méconnaissance de la réglementation, par toutes les parties en présence (cela inclus, ces fameux agents de joueurs prompts à encaisser leurs pourcentage mais ne jouant pas totalement le rôle qui devrait être le leur auprès des joueurs), ou de la politique du ₺fermer l’œil₺ et du ₺laisser-faire₺, jusqu’à ₺soi-disant plus ample informé₺, qui est celle des dirigeants intéressés à ne pas vider des caisses et des comptes insuffisamment approvisionnés.        
Les joueurs de l’USM El Harrach sont restés confus, perplexes lorsque Manaa leur a annoncé que leurs salaires seront réduits de 30%. Compte tenu des salaires versés, Il y a de quoi tomber sur le derrière. D’autant qu’il s’agit d’une ponction tout à fait inattendue et conséquente.
Jusqu’à administration de la preuve du contraire, les salariés algériens perçoivent un salaire net. Toutes les cotisations sociales et impositions fiscales sont retenues à la source par l’employeur qui doit les reverser aux organismes nationaux (CNAS et fisc) légalement destinataires. Pour le travailleur (selon la loi, le joueur professionnel de football est un salarié) et les ponctions qui sont opérées sont invisibles. Lorsque le joueur perçoit son salaire (₺chkara₺, virement aux comptes postal ou bancaires), il est considéré comme étant en règle avec la loi et avec les institutions étatiques. S’il y défaut, la responsabilité de la faute est à imputer à l’administration du club. Certainement pas aux joueurs.

Nous reviendrons sur la question.

vendredi 4 septembre 2015

Domiciliations au "stade du 5 juillet" (2), Du haut de l’Olympe belouizdadi



Le milieu du football est traversé ces derniers jours par une idée aberrante (du point de vue de l’équité sportive) consistant à domicilier toutes les grandes rencontres du championnat de Ligue 1 au stade du 5 juillet. Cette idée découle de la réouverture-homologation de ce stade de grandes dimensions et de l’impossibilité de trouver une infrastructure ayant la capacité suffisante pour recevoir tous les fans du Mouloudia d’Alger.
Il s’y ajoute aussi cette croyance complètement farfelue, mais à la dimension de ce qui prend forme arrogante, véhiculée en premier lieu par des journalistes-supporters farouches du club auxquels se sont joints, par mimétisme, d’abord les supporters puis que les joueurs qui, au lieu de croire à des balivernes journalistiques à tendances sensationnalistes pour duper les lecteurs et accroitre leur influence, feraient mieux de faire l’effort de s’adapter aux conditions d’évolution qui leur sont proposées et donc de faire leur métier de footballeur professionnel. Les fameuses conditions idylliques qu’ils évoquent n’étant pas de leur temps sportif, mais d’une époque révolue qu’ils n’ont pas connue.
Faire évoluer le Mouloudia totalement acquis serait cependant insuffisant, il ne restait plus pour bien faire que d’y faire jouer, en aller et retour, les autres matchs du Mouloudia, ceux qu’il aurait à disputer face à l’Entente de Sétif, le CS Constantine, le MC Oran, la JS Kabylie, ASM Oran et le MO Béjaïa qui drainent des foules immenses ainsi que ceux contre les équipes géographiquement  excentrées (JS Saoura et RC Relizane). Ou ceux dont les supporters ne sont pas encore nombreux (DRB Tadjenanet).
Au final, le Mouloudia ne jouerait qu’un match en déplacement, contre l’USM Blida au stade Tchaker, l’autre stade où est domicilié l’EN. La logique du président de la LNF est fondée, nous semble-t-il sur un background, où les incidences financières sont primordiales et les aspects sportifs, accessoires et même secondaires. Si cela est compréhensible, compte tenu des difficultés financières et de trésorerie qui sont l’apanage malheureux des clubs sportifs professionnels à la recherche permanentes de ressources capables de suppléer aux errements des dirigeants en matière de rémunération des joueurs, cela conduit à des dérapages discursifs comme celui de faire jouer un match CRB- JSK en (aller et retour) dans cette arène mythique. Notons que l’idée qui est dans l’air ou du moins qui est déductible de ces prémices est de faire jouer tous les clubs algérois au stade du 5 juillet lors de leurs confrontations avec les grandes équipes de l’intérieur du pays. Et bien évidemment toutes ces rencontres de prestige s’y joueraient en aller et retour, au nom de cette rentabilité financière portée en bannière.
Soyons sérieux, cette idée fort intéressante en elle-même (lorsqu’elle est restreinte aux derbies algérois en permettant à tous les supporters algérois de trouver une place, sans chicaneries oiseuses et déplacées, dans les tribunes) engendre d’autres difficultés (dont la première sera la répartition des recettes aux guichets) de service public comme celle consistant à assurer dans de bonnes conditions le déplacement (sur les routes nationales et l’autoroute) des milliers de supporters du CSC, de l’Entente, du MOB, etc. privés de ces grandes affiches et donc contraints de s’agglutiner devant les portillons du stade olympique.  

Ce qui est désolant n’est pas cette mécanique que l’on veut mettre en place (des arguments rationnels acceptables et compréhensibles par tous existent) mais la manière dont elle est présentée. Les clubs algérois ne désirant pas jouer au 5 juillet seront privés des droits de télévision. Un chantage qui ne dit pas son nom. Kerbadj, en Zeus moderne du haut de son Olympe de Belouizdad, a tonné et menace de foudroyer les récalcitrants. Pourtant l’argument ultime kerbadjien n’est pas porteur. Mahfoud Kerbadj a chiffré les droits annuels de télévision à 2 milliards de centimes. Une somme qui représente, à titre d’exemple, le double de la billetterie resquillée lors du dernier match CSC-MCO et qui donc n’est pas entré dans les caisses du club cher aux Sanafirs.    

mercredi 2 septembre 2015

Domiciliations au "5 juillet", Avantage permanent pour le Mouloudia


Nous savons tous que dans le milieu du football régenté par la FAF et la LNF, il est formellement interdit aux membres (dirigeants, arbitres, entraineurs et joueurs) de cette secte de critiquer les instances dirigeantes du football et donc ceux qui les dirigent. Nous savons également qu’il s’agit d’une reproduction au niveau national des directives (transcrits dans les statuts) de l’instance suprême qu’est la FIFA, une organisation multinationale tentaculaire qui, au vu du déballage médiatique et de l’emballement judiciaire qui l’ont mise sous la lumière de projecteurs, pourrait l’apparenter à un regroupement maffieux.
La LNF est une instance sportive dont les membres sont élus par les dirigeants des clubs professionnels pour gérer au mieux les affaires des ligues 1 et 2. Elle est donc l’émanation des clubs et devrait donc, dans le cadre d’une harmonie organisationnelle à mettre en place pour un développement fructueux pour tous de la pratique professionnelle du football, prendre en compte les desiderata de ceux qui font qu’elle est ce qu’elle est et ne serait pas une organisation qui fonctionne pour le plaisir basique de fonctionner. Cela suppose un mode de gestion participative où les clubs professionnels ont le droit d’émettre un avis ou tout au moins d’être consulter.
Il semblerait en fait que la LNF bénéficie d’une totale autonomie (vis-à-vis des pouvoirs publics et des clubs) et vit en autarcie. La dernière saillie du président de cette Ligue est celle qui consiste, du haut de son fauteuil présidentiel, à vouloir imposer aux clubs d’Alger de jouer leurs rencontres importantes (les fameuses ₺grandes affiches₺) au stade du 5 juillet nouvellement rénové et réceptionné.
La problématique des stades à Alger est connue. Tous les clubs disposent d’un stade où ils peuvent évoluer au milieu de leurs fans. Souvent situés au cœur des quartiers dont les clubs portent le nom, ces stades ne sont pas (ne nous voilons pas la face) ce qui peut se faire de mieux et ne proposent pas toujours les meilleures commodités, bien que répondant aux normes disons minimales du cahier des charges et donc des conditions d’homologation dont on suppose qu’elles font l’objet de dérogations encore populistes.
Tous sauf un, le Mouloudia d’Alger, le club le plus ancien du pays, celui dont la puissance financière fait rêver plus d’un et dont l’importance et la passion qui anime sa galerie est réputée un peu partout dans le monde. Malgré tous ces avantages indéniables, le Mouloudia est sans stade fixe, un club nomade qui (la faute à des dirigeants préoccupés par autre chose restant à définir) n’a pu, depuis des décennies, se constituer un patrimoine minimaliste (sous forme de concession des infrastructures sportives de l’Etat) comme ont pu le faire ces rivaux de la capitale et un palmarès à la hauteur de ses prétentions maximalistes.
Pour justifier les ratages sportifs, l’étroitesse des stades est invoquée comme si les autres (joueurs et équipes) n’en souffraient pas eux aussi.
Pour aider le Mouloudia, géant parmi les géants, les dirigeants du football n’ont pas trouvé mieux que de faire dans un populisme outrancier et de vouloir faire jouer toutes les rencontres importantes au stade ₺olympique₺ du 5 juillet. Les derbies algérois (les rencontres du Mouloudia contre l’USMA Alger, le CR Belouizdad, le NA Hussein Dey ou l’USM El Harrach) sont, sans contestation aucune, de grandes affiches capables de remplir les plus grandes enceintes sportives de la planète lorsque…..les résultats sont présents.

Le hic est que la philosophie actuelle est de vouloir donner le sentiment au ₺peuple₺ du Mouloudia qu’il a été entendu. Au mépris, si nécessaire, des règles basiques du fonctionnement des championnats de football où chacun des protagoniste joue une rencontre à domicile (sur son stade) et une autre à l’extérieur (sur le terrain de son adversaire). Dans de telles conditions, le Mouloudia jouerait la quasi-totalité de ses rencontres importantes chez lui, au ₺5 juillet₺. Qui plus est en aller et retour