mercredi 9 décembre 2015

Renaissance du football, Les trompettes de la renommée retentissent à nouveau



A
vec la dernière qualification de l’équipe nationale U 23 (qui cumule diverses appellations dont celles des « Olympiques » ou des « joueurs locaux ») à ce « carré d’As », ces demi-finales qui pourraient leur permettre d’intégrer le trio des équipes africaines qui disputeront la phase finale des Jeux Olympiques 2016 dont le déroulement au pays de la samba et du carnaval de Rio de Janeiro suscite beaucoup d’intérêt, les laudateurs occasionnels du football national se sont dressés sur leurs ergots pour souffler dans la trompette de la renommée footballistique. Une renommée factice qui vient s’ajouter (en dépit de tous les aléas recensés au cours du dernier demi siècle) à celle plus réelles de deux autres équipes nationales qui elles ne répondent pas aux standards nationaux en vigueur : les « A » composée à majorité de joueurs « importés » et labellisés Algériens  après avoir été formés dans les centres des clubs professionnels étrangers et de quelques joueurs locaux ayant suivi un « perfectionnement » hors des frontières nationales et « les militaires » qui poursuivent une tradition fortement implantée dans les rangs du sport militaire qui, depuis des décennies, présente sans discontinuer, dans toutes les disciplines sportives,  des champions que le sport civil se plait ensuite, sans vergogne, à récupérer.
Nous n’occulterons pas que, depuis deux années, la FAF s’est donnée les moyens de réussir le challenge de la qualification aux Jeux Olympiques inaccessibles depuis les JO de 1980 (Moscou) en regroupant régulièrement les meilleurs joueurs du championnat national en dépit des récriminations des dirigeants et des entraîneurs de clubs (à la fois incapables de former de bons joueurs, de les conserver ou de tirer profit financièrement de leurs talents) se retrouvant démunis de leurs meilleurs joueurs (appelés en regroupement de l’EN olympique ou militaire) pendant quelques séances d’entrainement hebdomadaires ou mensuelles dispensées au niveau du club. Ce programme de perfectionnement des joueurs a, sans attendre le résultat final de ce tournoi, montré une énième fois que le talent existe et qu’il s’agit simplement de lui donner les moyens de s’exprimer. Un constat maintes fois réitéré sans avoir d’effets sur la réalité.
La dernière aventure des Olympiques et leur parcours inespéré a décilé les yeux des responsables fédéraux. A voix basse, dans les coursives de Delly Ibrahim et du CTN de Sidi Moussa, on laisse entendre (sans trop se faire entendre de peur d’être entendu et de perturber le fonctionnement « normal ») que l’on  envisagerait de ressusciter la défunte « Académie de la FAF » (née de l’idée mise sur pied par l’ « Académie du PAC ») dont quelques anciens locataires ont été retenus dans cette équipe des U 23 afin de pallier aux défaillances des clubs .

A nouveau, il n’est jamais trop tard bien faire, on prend conscience que la formation (ou ses substituts) donne des résultats seulement perceptibles dans la durée. Il faut dire également que les dirigeants fédéraux sont allés à bonne école des gestionnaires du football algérien. Ayant dormi pendant des années sur un moelleux matelas d’une trentaine de milliards de centimes supplémentaire par année, ils se rendent finalement compte que le centre technique national de Sidi Moussa doit être redimensionné, agrandi, adapté à de nouvelles perspectives que l’on avait écarté d’un revers de la main, pour accueillir les futures pousses des équipes nationales. Imbus de leurs illusions formatées par les apparences trompeuses que mettent en avant des instances sportives internationales au service (et à la botte) des multinationales, nos dirigeants ont fait l’impasse pendant des années sur le socle fondateur de la pratique sportive. L’élargissement de la base de pratiquants qui s’est réduite comme une peau de chagrin n’a jamais été le souci principal des structures du football (clubs, ligues, fédération) qui, de temps à autre, lorsque la crise des moyens et essentiellement des résultats se fait pressante, se souviennent de l’existence d’un vivier négligé (le sport scolaire et le sport universitaire), organisent des assises nationales et contractent des partenariats.      

mardi 8 décembre 2015

Les sournoiseries de la FIFA, Platini sauvé par un mémo de 98 ?


L
a littérature et l’Histoire sont jalonnées de récits souvent mythiques ou embellis par le lyrisme  qui illustrent la grandeur et les faiblesse humaines. Les grands hommes sont ceux qui y tiennent la plus grande place. Lancelot du lac et les chevaliers de la Table ronde à la quête du Graal, Roland transpercé par les flèches en assurant le retrait stratégique de l’armée de l’empereur Charles le Grand à la barbe fleurie prétendument inventeur de l’école, Saladin et les croyants de toutes origines qui foulèrent et abreuvèrent de leur sang le sol de la Terre Sainte en font partie. Si Achille et Hector, sont, dans l’Iliade, les leaders (chacun dans son camp) de la guerre de Troie, à Ulysse - le malin et sournois -  est  dévolu le rôle de la figure centrale du personnage essentiel de l’Odyssée. Homère, l’aède aveugle, avait, en ces temps très anciens qui précèdent l’Histoire, découvert les moteurs attirant l’attention des simples mortels accroupis à ses pieds sous les branches des oliviers.
La littérature met aussi en exergue des antihéros, construits sur le modèle de Don Quichotte. Un chevalier médiéval que Miguel de Cervantès, revenu de la captivité en terres de la Régence d’Alger, universalisa.  Dans sa recherche d’un idéal impossible à atteindre, cette Dulcinée qui lui brisait le cœur, monté sur Rossinante, vieille jument roidie sous le harnais, protégé par sa vieille armure martyrisée par les nombreux coups portés, il se bat contre les moulins à vents matérialisant des adversaires chevaleresques venus en droite ligne de son imagination. C’est aussi Henry, roi de France qui promit à son peuple une poule au pot dominicale et acheva sa vie d’un coup de poignard reçu dans le côté pour avoir affirmer que Paris valait bien une messe. Une déclaration que les extrémistes religieux de son époque lui reprochèrent et lui valut ce coup de Jarnac que lui porta Ravaillac. Et, c’est plus prêt de nous, un vieux général à l’article de la mort, astreint au mutisme, qui dans un message prend la défense de ses anciens collaborateurs et subalternes.
L’Histoire sportive retiendra que certains membres du conseil de la FIFA, l’enceinte du gouvernement de la FIFA, et donc les représentants de l’UEFA (et  de bien d’autres confédérations)  qui en sont (ou plus exactement en ont été membres en 1998) sont (comme nombre de nombreuses personnes de leur âge canonique) frappés par la maladie d’Alzheimer qui provoque des pertes de mémoire et du sens de la réalité.
A nouveau, comme dans de précédentes grosses affaires récentes au sein de l’IAAF, c’est la presse qui redécouvre des documents modifiant la perception que l’on pourrait avoir des événements occultés et manipulés par la stratégie malicieuse de quelques uns des actants intéressés par une trajectoire dans laquelle Michel Platini est indésirable. Le memo (compte rendu), retrouvé ( ?) fort à propos par un quotidien français quelques jours  avant qu’il ne soit statué sur le sort de l’ancien meneur de jeu des Bleus, devient (si son existence est vérifiée) une preuve en sa faveur confirmant au moins de la volonté commune (à un moment donné) des deux parties (FIFA et Platini) d’établir une relation de travail que nul contrat n’est venu valider.

Ne nous voilons cependant pas la face, ces  augustes notables sont préoccupés par d’autres considérations. Eux aussi, à des degrés divers, (une bonne trentaine) sont impliqués dans des dossiers pendants devant la justice américaine désireuse de les trainer devant les tribunaux pour des accusations encore plus graves (pouvant conduire à leur incarcération immédiate ou au minimum à une extradition) qu’une dépense engagée en l’absence de la documentation qui devrait l’accompagner. Il nous semble inconcevable qu’une administration, qui fonctionnerait comme une des horloges du pays hôte (réputé soit dit en passant pour leurs précisions) de cette institution faîtière du football,  se soit permis un tel dérapage. Toutefois, à ce niveau-là, tous les coups sont permis. Y compris dans les nations modèles qui fraient avec les républiques bananières.     

lundi 7 décembre 2015

Dopage en Algérie, Contamination par le système russo-kenyan ?

A
lors que l’athlétisme mondial connait des convulsions rythmées par un mouvement d’annonces de la reconnaissance par les instances athlétiques de plusieurs nations (Kenya, Italie) fortement soupçonnées d’une pratique généralisée de dopage, précédemment devancées dans la dénonciation de ces cas d’infractions à l’éthique sportive par la Turquie, la fédération algérienne  semble se complaire dans un silence complice qui en dit long sur ce qui se passe dans les coulisses avec ce qui pourrait être la bénédiction du comité olympique algérien.
Les statistiques, il faut en convenir, ne sont pas défavorables. Elles seraient même dans la norme internationale d’une contamination qui toucherait toutes (ou presque) les nations. Les cas révélés ne sont pas excessivement nombreux (3 cas de suspension en juin 2012 suite à des contrôles positifs dans des meetings internationaux de moyenne importance) avant la rumeur qui a circulé tout l’été 2015 de deux (trois et quelquefois dix) autres cas constatés au cours des derniers championnats d’Algérie Open et estampillés finalement réels par les autorités sportives nationales (certainement dérangées dans leur sérénité par trois autres cas décelés dans l’univers du football) qui doivent ces jours-ci prendre une décision et qui, selon la coutume bien ancrée du bouc émissaire,  séviront avec sévérité.
Le dopage n’est pas une nouveauté dans les milieux sportifs algériens. Nous avons tous encore en mémoire la polémique qui, il y a quelques années, avaient eu cours à propos de ces pratiques qui auraient touché les joueurs des équipes nationales de football historiquement et émotionnellement les plus représentatives (celles qui participèrent aux coupes du monde de 1982 et de 1986) frappés dans leurs descendances. Bien qu’une chape de plomb ait recouvert ce dossier, il est cependant apparu que l’organisateur de cet épisode aurait été un des coopérants russes intégrés dans les staffs médicaux de cette époque-là.
La première décennie du 21ème  siècle a débuté par la disqualification de la deuxième place du 5 000 mètres des championnats du monde d’Edmonton (2001), du médaillé d’argent du 5 000 mètres des jeux olympiques de Sidney (2000), Ali Sidi Sief suivi par un médecin des pays de l’Est de l’Europe (URSS, ex-RDA) où le dopage était une pratique érigée en système organisée sous les bons auspices des pouvoirs publics de l’époque engagés dans la guerre froide dont la conquête des titres et médailles sportives était un des volets. Quelques années plus tard, le spécialiste des cross country et des courses sur route, Tayeb Kalloud, a été attrapé par la patrouille au crépuscule de sa carrière quand il courait les cachets dans les compétitions de l’Ouest français.
Ce mal qui semblait être anecdotique jusqu’en 2012 aurait été encouragé quasi ouvertement par le bureau fédéral de la fédération algérienne d’athlétisme qui, selon les déclarations d’un membre de l’assemblée générale et ex-président de la FFA, sur les plateaux de la télévision publique, aurait inclus dan ses plans d’aide (pendant la période de suspension de deux ans prononcées par cette même institution) les deux sanctionnés que, par déduction, on désignerait par  Zahra Bouras (la propre fille du président de la fédération)  et Larbi Bouraâda (le 5ème du décathlon des championnats du monde Pékin).
Devant le DTN resté sans voix, l’ex président de la fédération a exhibé le PV de la réunion du bureau sur lequel était porté le nom des deux athlètes. D’autres rumeurs ayant percé le manteau laissent entendre que Larbi Bouraâda aurait participé clandestinement à un ou plusieurs stages fédéraux à l’étranger ou sur le territoire national.
Par ailleurs, les abords du stade annexe ont bruissé au sujet d’une acquisition de produits  pharmaceutiques (valeur 3 000 euros ou dollars) à Moscou lors des championnats du monde de 2013 qui se déroulèrent dans la capitale russe.
En Italie, le comité olympique, à la suite des investigations des autorités policières, a pris la décision de suspendre des athlètes ayant refusé de se présenter aux contrôles ou n’ayant pas fourni les informations permettant de les localiser en vue d’un contrôle inopiné.

En Algérie, le président du COA étant réticent à la poursuite de la réalisation en Algérie d’un centre de lutte anti dopage, il est difficile de compter sur sa collaboration pour lutter contre ce mal. Il ne reste plus, pour sauver la face, que l’intervention des services de sécurité et de la justice. D’autant que les allégations télévisées rendent les dirigeants de la FAA passibles d’accusations d’atteintes à l’intégrité du sport. Comme l’ont été les dirigeants de la fédération kenyane suspendus par l’IAAF.   

dimanche 6 décembre 2015

Après la Russie, Et, vint le tour du Kenya et de l’Italie


L’
athlétisme éprouve de grandes difficultés à retrouver la sérénité perdue avec d’abord l’ « affaire de dopage russe » dans laquelle se mêle dopage systématique, extorsion de fonds et corruption. Une situation rendue  complexe par un système dans lequel des athlètes, des entraineurs, des agents d’athlètes, des dirigeants fédéraux, des agents et des techniciens de laboratoires d’analyses et des dirigeants de l’IAAF sont impliqués. Les enquêtes  menées par une commission indépendante de l’agence mondiale antidopage, sur la base d’investigations journalistiques, ont conduit  à d’incroyables décisions (suspensions d’athlètes, suspension de la fédération russe et retrait de l’agrément du laboratoire moscovite d’’analyses) culminant par l’absence prévisible des champions russes aux compétitions organisées par l’IAAF dont (et surtout) les jeux olympiques de Rio de Janeiro tant que l’athlétisme russe n’aura pas remis de l’ordre dans ses affaires, dans le respect d’une feuille de route établie la semaine dernière par les deux parties (fédération russe et IAAF/AMA). La remise à niveau a pour échéance le mois de mars 2016, avec la tenue du prochain conseil exécutif de l’IAAF qui décidera (ou pas) la réintégration de l’ARAF.
La seconde secousse a visé le nouveau président de l’IAAF, Sébastian Coe, impliqué dans un conflit d’intérêt suite à sa relation d’affaire avec un équipementier américain (Nike) installé dans la ville (Eugène) ayant obtenu, sans respect des procédures d’attribution, l’organisation des championnats du monde de 2021. Une polémique éteinte (provisoirement ?) avec l’abandon de la fonction, relativement bien rémunérée, (140 000/an) d’ambassadeur de Nike.
La troisième secousse qui a fait  trembler l’IAAF a été la révélation d’abord de quelques cas individuels de dopage en Espagne et en Grèce suivie quelques jours plus tard de la suspension de 7 athlètes kenyans et de trois dirigeants de la fédération kényane (le président, un vice président et le trésorier de la fédération). Les athlètes ont té suspendus comme on peut s’y attendre pour dopage et les dirigeants pour avoir « porté atteinte à l’intégrité du sport », un euphémisme pour désigner la corruption caractérisée par l’acception de deux voitures offertes par le Qatar dans des conditions inexpliquées.
Le Kenya était dans le viseur de l’AMA. Les cas de dopage enregistrés parmi les athlètes de ce pays est sidérant. Depuis trois ans ce sont une cinquantaine d’athlètes qui ont été épinglés. Le phénomène était connu en l’absence d’un laboratoire et le nombre croissant de cas qui avaient    menés la fédération kényane à retirer son agrément à une agence italienne de coaching fortement implantée dans la région. Contrairement à ce qui était espéré par de nombreux observateurs, ce ne sont pas les meilleurs athlètes kényans qui sont concernés par la suspension mais des coureurs de moindre notoriété. Mais, n’ayons aucun doute l’artillerie lourde sera employée pour écarter ces athlètes (essentiellement de fond et de demi fond) qui ont pris la première place au classement des nations aux derniers championnats du monde d’athlétisme. La fédération kenyane risque fortement d’être suspendue (au même titre que la Russie) avec obligation de se conformer aux exigences de l’AMA qui a placé l’IAAF sous tutelle. Le Kenya n’est pas doté d’un laboratoire d’analyses fiables.
La quatrième secousse est celle qui a eu pour théâtre l’Italie où les instances sportives (comité olympique) viennent de proposer la suspension de 26 athlètes (39 autres dossiers sont en instance d’examen) non pas pour dopage caractérisé mais pour violation des articles 2.3 et 2.4 du code mondial antidopage qui pour le premier interdit de «se soustraire au prélèvement d'un échantillon, refuser le prélèvement d'un échantillon ou ne pas se soumettre au prélèvement d'un échantillon» et le second concerne les «manquements aux obligations en matière de localisation». Deux infractions qui permettent de considérer (selon la réglementation internationale) que les athlètes sont dopés.

L’Italie étant un pays où le dopage fait malheureusement partie des traditions sportives depuis toutes les « affaires » qui ont marqué aussi bien le cyclisme que l’athlétisme et même le ski de fond ou le football, le CONI a préféré prendre ces dispositions pour éviter aux autres athlètes d’être dans le viseur de l’AMA ou du moins de gagner du temps avant que l’agence internationale s’intéresse de près au fonctionnement de la lutte anti dopage. 

samedi 5 décembre 2015

Journée internationale des handicapés, L’USHC sur les podiums



M
ercredi 2 décembre a été célébrée mondialement la journée de l’handicapé. Une journée qui serait passée inaperçue à Constantine si l’Union Sportive des Handicapés de Constantine (USHC) n’avait pris à bras le corps l’occasion en organisant, avec le soutien des autorités locales (APW et APW) et l’aide des amis indéfectibles de la cause des personnes aux besoins spécifiques (la compagnie nationale de transport aérien Air Algérie, considérée par les dirigeants et les athlètes de l’association comme le transporteur officiel du club parce qu’il prend en charge leur  transport), une réception à laquelle ont été conviés les athlètes méritants, leurs familles (parents, conjoints, enfants), leurs amis et les membres du bureau exécutif de l’association.
L’association sportive, de création récente (2011), a permis à des athlètes de valeur mondiale de revenir, dans des conditions de pratique honorables, défendre les couleurs d’une cité qu’ils avaient du, à leurs corps défendant, délaisser pendant quelques temps. C’est autour de Karim Bettina et Nadia Medjmedj, lanceurs internationalement reconnus pour une très longue série de titres et de médailles obtenus, depuis de très nombreuses années, aux championnats du monde ou aux jeux paralympiques et de leurs entraîneurs (Kahlouche Abdelmadjid et Rachid « Tarzan » Latrèche, spécialistes des lancers) que s’est formé un noyau dur de sportifs handicapés attirant de jeunes sportifs.
A ce duo réputé dans les milieux de l’handisport est venu se joindre Asmahan Boudjaadar, une toute jeune athlète qui s’est fait une place de choix (en à peine deux saisons sportives) en s’appropriant le record du monde du lancer du javelot et le record d’Afrique du lancer du poids de sa classe d’handicap. Une jeune athlète qui, à Doha, lors des derniers championnats du monde, a été dépossédée, sous le regard éberlué de la délégation algérienne et des spectateurs présents dans le stade, d’une belle médaille d’argent à la suite des manœuvres réglementaires ( ?) d’une adversaire qui n’avait pu accéder sur le podium.
Derrière ce trio qui devrait participer, l’été prochain, aux jeux paralympiques de Rio, s’esquissent la nouvelle vague des très jeunes sportifs handicapés de Constantine (médaillés aux championnats nationaux ou africains)  qui déjà se voient et disent, avec un aplomb à démonter les plus retors, concourir aux jeux de 2018 dans d’autres épreuves (courses et sauts) que celles (les lancers) qui sont jusqu’à présent le moteur incontournable de l’association.  
Parmi les amis des sportifs handicapés, la présence de Kaddour Rouabah a été observée. L’ancienne figure du hand national et international appartenant aux premières promotions des  cadres de l’EPS du sport, l’ex-SG de la ligue de wilaya de hand ball et anciennement arbitre international, a marqué de sa présence (accompagné de son fils lui servant de guide) cette célébration. Kaddour Rouabah a rejoint les rangs des personnes aux besoins spécifiques.
Rachid « Tarzan » Latrèche en fait également partie depuis qu’un AVC (accident vasculaire cérébral) a diminué sa capacité à se déplacer.  Entraineur de lanceurs valides (classés dans les années 70 et 80 parmi les meilleurs africains), il avait opté pour l’entraînement des handicapés avant que la maladie ne le frappe. Depuis, et malgré les difficultés, il poursuit son sacerdoce en tant qu’entraîneur et dirigeant de l’USHC mais également  au service des athlètes de l’équipe nationale.
Ces deux figures emblématiques du sport constantinois, partageant des valeurs altruistes se sont retrouvés le temps d’une réception à se remémorer des belles heures à jamais révolues emportées par le tourbillon d’une démarche pseudo professionnelle dans laquelle entraide, partage, transfert de savoir en direction des jeunes générations sont absents. 
Les invités d’un âge certain (dont quelques anciens sportifs) présents à cette cérémonie organisée au restaurant « Les Platanes » de Djenane Zeitoun se sont plus à admirer l’ambiance festive familiale que les athlètes ont donnée à cette rencontre à l’issue de la remise des récompenses symboliques.   

vendredi 4 décembre 2015

Gouvernance des clubs pro, Un pacte sportif brinqueballant


L
a fonction de président de club, a fortiori professionnel, n’a jamais été (et ne sera jamais) une sinécure. Surtout dans l’environnement dans lequel évolue ces clubs de football en crise financière permanente, à la recherche éperdue de ressources de plus en plus inaccessibles dans une économie en perte de vitesse ne pouvant plus compter sur la rente pétrolière, confrontés à une inflation non contenue des charges où celles de l’HTR (hébergement, transport et restauration) rivalisent avec la surenchère salariale et autres avantages financiers.
Ces courageux (?) dirigeants –au sujet desquels on se demande a posteriori s’ils ont conscience des risques encourus, transcendés par la passion éperdue et sans limites  qu’ils portent aux couleurs vénérées, sont pris (chaque jour qui passe le confirme avec plus d’acuité) en otage entre les pourvoyeurs de fonds que l’on affuble de temps à autre d’expression sémantiquement similaires (détenteurs principaux ou majoritaires des actions du club, bailleurs de fonds, commanditaires, sponsors, mécènes, etc.), les actionnaires (propriétaires souvent mineurs des sociétés sportives par actions mais activistes notoires propulsés sur le devant de la scène au moment de la transition et prétendument porteurs d’une légitimité historique acquise sur les gradins et une assise financière prétendument saine), les coachs fragilisés par un statut et une réglementation qui en ont fait des « intermittents du foot », recrutés au gré des réactions maniaques et épidermiques des uns et des autres, les joueurs avides (issus des périphéries sociologiques, urbaines et rurales, très souvent précocement exclus des systèmes scolaire et professionnel) transformés, par la force des choses et la mécanique du système en mercenaires en quête d’un dinar de plus, formatés à la mobilité par l’illusion généralisée de compétence et la recherche à tout prix de la victoire qui en font des marionnettes entonnant des chansons mille fois répétées au gré des illusionnistes.
Ces mêmes présidents de clubs sont, par leurs propres fautes et leurs actes initiateurs, enserrés dans les rets du populisme outrancier qu’ils ont créé en promettant victoires et titres à des supporters issus des mêmes milieux périphériques qui, s’ils ne sont pas partie intégrante du lumpenprolétariat, semence et ferment de la révolution populiste, en sont, sur les plans de l’idéologie, de la culture et de l’éducation, très proches.
Ce sont ces forces agissantes (activistes quelquefois) qui font et défont les présidents. Partout, à Alger, Tizi Ouzou, Constantine, Oran et dans toutes les villes qui hébergent un club professionnel (ou qui prétend l’être) sont en action y compris en envahissant la rue dans une démonstration se voulant spectaculaire de la démocratie populaire que vante à n’en plus finir les marionnettistes patentés accédant au pouvoir sportif par ce piédestal notoirement incontrôlable, superficiel dans ses intentions, profondément rétif à l’ordre établi tout en étant constant dans l’obligation de faire respecter des promesses qui, à un moment donné, ont résonné comme des promesses électoralistes dont ils savent pertinemment qu’elles ne seront pas tenues. Le pacte sportif dans toute sa clarté et nudité.
Comme dans les autres sphères de la société auxquelles cette mécanique a été empruntée, le moteur de la dynamique de la gestion sportive est la harangue à travers une presse (qui se délecte des voltes faces et s’acoquinent avec tous les prétendants) et  la mise en œuvre de réseaux de communication informelle.
Comme dans les mouvements ouvriers et les révoltes sociales, c’est la conjonction des « forces d’opposition »  qui fait et défait les présidents et leurs staffs directionnels,  assemblages de conceptions et d’appétits en permanence désunis et en recherche permanente d’équilibres fragiles et de consensus introuvables pour se pérenniser ad aeternam.

C’est sous cet éclairage que l’on se doit de comprendre les manifestations discursives répercutées sans retenues des présidents de clubs en détresse. Acculés dans leurs derniers retranchements par l’inassouvissement d’espoirs trop fortement ancrés dans les esprits à la suite d’une propagande démesurée et incompatible avec les moyens disponibles, il ne leur reste plus qu’à provoquer la désunion. Si ce n’est l’implosion quand décision est prise (de leur propre initiative ou contraint et forcé) de quitter les rênes du pouvoir sportif. C’est dans cette perspective qu’il faut inscrire les déclarations intempestives (inutilement agressives) du président du CA du CSC démis de ses fonctions de PDG par l’actionnaire majoritaire ou celles du président du CA du MCO poussé dans une impasse par son entraîneur et les supporters.  Une véritable politique de la terre brûlée.      

mercredi 2 décembre 2015

Le « marronnier » du foot pro, Une commission pour plafonner les salaires



L
e « marronnier », dans le jargon de la presse est un genre d’article passe-partout, tout terrain et tout temps, une sorte de SUV de la presse. Sa thématique est éternelle. Il revient prendre sa place dans les colonnes des journaux, selon une périodicité dont la régularité n’est pas la première caractéristique, en s’affublant cependant des tics à la mode du jour.
Les Ecossais, peuple rétif de Grande Bretagne, en constant déphasage avec les Anglais, en ont laissé un à l’humanité. Ces fiers résistants à la colonisation des descendants de Normands et de Vikings étaient à l’époque médiévale et continuent de l’être, d’habiles conteurs qui, dans leurs tenues folkloriques, ces kilts ayant traversé les âges malgré quelques moqueries pince sans rires, se faisaient accompagnés par le son strident de leurs cornemuses et l’esprit embrumé par les  libations à coup de pintes de scotch. C’est, sans nul doute dans la pénombre d’une taverne enfumée de cette époque qu’est né le monstre du Loch Ness. Ce monstre aurait été vu, à la lumière de la lune, à leur retour titubant vers leurs chaumières, alors qu’ils longeaient un de ces lacs dont l’eau est aussi trouble et saumâtre que peut l’être celle de nos chotts saharien.  Depuis, des voyageurs et des touristes qui, depuis des siècles, empruntent les sentiers disent eux aussi, l’avoir aperçu soit à l’aube soit au crépuscule.
Le football professionnel algérien qui n’a pas encore achevé sa première décennie d’existence (dans sa forme libérale s’entend) possède lui aussi son « marronnier». Ce sont les présidents de clubs (professionnels bien évidemment) et les gestionnaires du football national, emportés la plupart du temps par la folie des grandeurs, qui de temps à autre, retrouvent un peu de lucidité et ressuscitent dans la foulée, lorsque l’hiver financier fait son approche, la sempiternelle ode « du plafonnement des salaires des joueurs ».
Medouar (porte parole de l’ASO Chlef), Mehiaoui (actionnaire et membre du conseil d’administration du MC Oran, après en avoir été le président) le savent pour être bien informés des subtilités des lois de finances qu’ils examinent, en leurs qualités d’élus de la nation,  chaque fin d’année, à l’approche du « mercato hivernal » et qui, en période de diminution des ressources découlant de la commercialisation des hydrocarbures, entameront sérieusement le montant des subventions et des aides qu’apporteront l’Etat, les collectivités locales et les entreprises publiques.
La réduction des recettes, dans un contexte où les charges sont inflationnistes, incitent les présidents de clubs parmi les plus dépensiers à s’engager, comme les hommes politiques, dans les programmes d’austérité, dans la restriction budgétaire en visant principalement et uniquement les salaires faramineux qu’ils ont accordés en des moments d’euphorie où ils étaient animés par cet esprit de surenchère qui est leur trait commun.
La semaine dernière, en marge de l’assemblée générale extraordinaire de la FAF - enrôlée pour examiner et adopter les nouveaux statuts de la fédération  en vue de la mise en conformité avec la nouvelle législation sportive nationale et aux exigences de la confédération (CAF) et de la fédération internationale (FIFA) - les présidents, membres du Forum des présidents de clubs professionnels, se sont entretenus dans la perspective de trouver un consensus sur la problématique de la limitation des salaires maintes fois examinée et dont ils avaient transgressé sans frissons les règles précédemment adoptées.    
 Selon une tradition fortement ancrée dans nos habitudes de gestion, une commission a été créée (formée du président de la FAF, du président de la Ligue du football professionnel, d’un entrepreneur du secteur privé et d’un législateur) afin d’élaborer une sorte de grille de salaires des joueurs professionnels qui seraient rétribués en fonction de leurs compétences évaluées à l’aune des sélections en équipes nationales dans le pur style de la gestion socialiste des clubs. Bien qu’il s’agisse cette fois-ci d’une action typique d’entente par la création d’un cartel.

Ardents défenseurs du libéralisme économique débridé, ces gestionnaires rassemblés au sein du Forum des présidents de clubs, adeptes (dans la gouvernance des clubs qu’ils dirigent) de l’aide soutenue, inlassablement appuyée de l’Etat, se réunissent sous l’égide de leurs tutelles organiques que sont la fédération et la ligue modelées par la CAF et la FIFA.