dimanche 10 janvier 2016

Mercato et RCA, Dans la lignée des « cartoons » de Tom et Jerry


L
‘univers du football professionnel algérien, nous l’avons vu ici même, pourrait être représenté caricaturalement dans cet espace littéraire que sont les fables. Il pourrait aussi s’épanouir dans d’autres univers culturels en particulier dans ce quatrième art qui est celui de l’expression sur les planches des comportements sociaux extrêmes dignes de figurer dans le répertoire du théâtre des boulevards parisiens qui poussent la dérision à des niveaux difficiles à atteindre mais que pourtant on retrouve dans le théâtre populaire algérien naissant durant la période coloniale et après. Mahiedinne Bachtarzy, Kateb Yacine, Tiouri, Abdelkader Alloula, Kaci Tizi Ouzou et tant d’autres parmi les auteurs, metteurs en scène et comédiens auraient pu y dévoiler et exprimer l’immensité de leurs talents.
La reprise par une femme politique nationale d’une expression populaire fort en vogue pour désigner des situations tragico-comiques (« Bled Mickey ») nous interpelle et nous conduit à estimer que le football professionnel pourrait bien faire l’objet de bandes dessinées, de « comics » ou de « cartoons » dans la tradition justement de Mickey Mouse, de Donald,  de Popeye  ou pour rejoindre le monde contemporain envahi par le télévision des dessins animés du genre de « Tom et Jerry » qu’affectionne tant les bambins scolarisés ou non et les enfants de sept à soixante dix sept ans.
Le RC Arbaâ, club professionnel de la Mitidja, aux portes d’Alger a recensé l’ensemble des conditions qui pourrait bien la conduire, à l’ issue de la saison sportive en cours,  à emprunter  l’ascenseur pour retourner en Ligue 2 d’où elle a été promue, il y a une petite poignée d’années, et à peut être quitter le monde du football professionnel.
Pourtant, la saison précédente a été plus qu’honorable pour un nouveau promu avec un classement en championnat flatteur et la participation à la finale de la Coupe d’Algérie. Présidé par un ancien joueur professionnel (à l’étranger qui plus est), agent de joueur connaissant le dessous des cartes, le club a vécu un passage à vide lorsque son leader s’est mis en stand by, a disparu des radars, laissant le club en plan avant de revenir….. constater les dégâts. Accumulation de dettes, joueurs non payés et démotivés, quatre entraîneurs en un semestre, frictions entre les dirigeants, démission collective, accusations de tous autres, intrigues et…… une flopée de joueurs qui veulent quitter le navire sabordé.
Le RCA a alimenté les colonnes de la presse sportive et a permis à la commission de résolution des litiges (CRL) de ne pas chômer et de monter les travers de cette entité et de tous ceux qui papillonnent autour : joueurs et dirigeants. La quintessence des litiges s’est retrouvée à l’Arbaâ comme si les alchimistes (de l’âge d’or musulman et ceux de la période médiévale européenne) à la recherche de la miraculeuse pierre philosophale transmutant le vil plomb en or, s’y étaient rencontrés franchissant l’espace et le temps. La connaissance du fonctionnement du football national des uns et la triste ignorance des autres a enfanté ce que nous avons eu sous les yeux. Un club incapable, depuis des mois, de payer ses joueurs dont le président, acculé dans ses derniers retranchements, présente, à la demande expresse de la CRL, des chèques de banque garantissant le règlement d’une partie (un mois de salaire) de la dette salariale des joueurs qui se sont plaints et qui, parce qu’ils ne répondaient pas à leurs doléances, ont été refusés et leur a valu de formaliser, sur tapis vert, leur libération.

Un joueur, auréolé de son statut d’international titré et donc dans la logique du football algérien devenu gourmand, chercha à obtenir sa libération pour rejoindre un club plus huppé, transigea sur ses droits (plus d’un milliard de centimes), abandonna plusieurs mois de salaire, négocia avec tous ceux qui le courtisait, signa un précontrat avec l’un d’entre eux (en infraction avec la réglementation nationale et internationale qui n’autorise pas l’établissement d’une nouvelle relation professionnelle tant que la précédente n’a pas été apurée) et empocha (raconte-t-on) une avance avant d’avoir  retrouvé sa liberté puis  contracta, avec la bénédiction du président du club quitté, dans un troisième club avec lequel il avait rompu quelque temps plus tôt. Et, évidemment, le début d’une nouvelle polémique.          

samedi 9 janvier 2016

Mise en conformité des statuts, Comme une lettre à la poste


L
a mise en conformité des statuts des associations sportives (depuis les clubs sportifs amateurs jusqu’au fédérations) avec la réglementation sportive nationale est en cours. Il s’agit du passage consensuel d’un mode d’organisation à un autre. Une mutation dont la pratique itérative  permet d’affirmer qu’elle est acquise lorsque le processus est lancé.
Une forme de formalité administrative et juridique  qui permet, en toute simplicité, aux associations existantes sur le plan légal, agréées par les institutions publiques  habilitées à les reconnaitre, de se mettre en règle, d’être en phase, au diapason des modalités qui les régissent et donc de pouvoir continuer à exister sur le terrain et de jouer le rôle qui est leur est dévolu par les textes législatifs et réglementaires pré existant à leurs créations.   
Elles font partie des organisations  qui, par juxtaposition et interpénétration de leurs limites dont la porosité est la principale caractéristique, participent de la structuration de la société et à la dissémination de l’idéologie dominante. On comprend alors qu’elle ait la capacité de reproduire en son sein les attitudes et conduites sociétales  qui agissent et interagissent dans la sphère globalisante.
Dès le début du XXème siècle, les psychologues portés sur l’étude du comportement de l’être humain avaient mis en valeur le concept de « behaviour » (comportement) basé sur la relation entre la répétition d’un stimulus et l’apparition d’une réponse dont la multiplication  entraîne des conditionnements repérés ou attendus dans l’ensemble des groupes sociaux.   
L’histoire des sociétés et des civilisations a enregistré, dans de nombreux Etats-nations, essentiellement européens où la recherche historique examine les étapes du développement social et des organisations, les dérives en résultant lorsque le conditionnement sociétal est poussé à ses limites extrêmes.
C’est dans cette perspective qu’il y a lieu d’entrevoir la multiplicité et la simultanéité des assemblées générales extraordinaires qui président à la mise en conformité des statuts des associations hiérarchisant les échelons de l’activité et du partage du pouvoir dans le domaine sportif.
Proposés, par les structures étatiques gestionnaires du mouvement sportif - à percevoir à travers ses pouvoirs et ses capacités juridiques d’entité administrative capable de produire des propositions-décisions structurantes - ces statuts sont soumis à l’examen populaire dénotant une image démocratique à la mode donnant l’illusion d’une gestion participative dans laquelle la voix délibérante ne peut être qu’approbatrice.
La démarche de mise en conformité implique l’organisation d’assemblée générale extraordinaire qui, comme toutes les assemblées générales (ordinaire et extraordinaire) et le respect de critères organisationnels modélisant ce type de réunions, tels que la détermination préalable de la date du regroupement, l’envoi pour consultation de la documentation proposée à l’approbation du quorum réglementaire accompagnée de l’invitation-convocation à délibérer adressée aux membres statutaires de cette AGE.
Des informations concordantes décrivent une manipulation, dont on ne sait si elle est inhérente à un calendrier démentiellement accéléré imposé pour la mise à niveau des statuts ou de situations déviantes artificielles destinées à maintenir le statu quo ambiant et éviter un débat organiquement nécessaire mais potentiellement déstabilisant pour les structures déjà en place souvent confrontées à des tiraillements d’essence idéologique et/ou personnelle ou dont le bilan (même si celui-ci n’est pas à l’ordre du jour tout en parasitant le contexte) est sujet à controverses.

Elle se décline par l’information tardive des membres de l’AG (lorsque l’information ne leur est pas sciemment dissimulée), par l’utilisation de moyens de communication  informels (appel téléphonique la veille de la réunion) en direction prioritairement des membres dont le positionnement est connu et l’écartement - autant que faire ce peut - des trublions, la non-distribution de la documentation en temps et en heure aboutissant à la superficialité et à l’accélération du rythme de l’examen des clauses contenues dans le document de référence remis à l’arrivée des congressistes sur les lieux. Avec un objectif clairement dévoilé d’aboutir à l’approbation sans remous notables des statuts édictés.

vendredi 8 janvier 2016

La fable du football, Tous les rôles y sont distribués


L
a planète du football algérien, telle qu’elle se présente ces derniers temps, pourrait être un  sujet d’inspiration pour les conteurs et les fabulistes. Esope, La Fontaine et tant d’autres de leurs compères à l’imagination fertile y percevraient ce que nous lecteurs  ne voyons pas et que les observateurs patentés feignent de ne pas déceler dans les informations proposées quotidiennement dans les titres de la presse. Cet univers, digne des films de fiction et de séries de télévision à rallonge, offre une multiplicité de scenarii attribuant aux volatiles de la basse-cour footballistique les plus beaux rôles qui soient.
Le monde du football algérien n’est plus celui de l’humble homo sapiens courant à  la poursuite d’une sphère libérant, dans chacune de ses rotations, des bouts rectangulaires de papier multicolore. Il est celui de la  pratique d’un jeu qui rapporte beaucoup à tous ceux qui y prennent part, Pendant ce temps, des primates trônent muets, sourds et aveugles, confortablement installés dans les tribunes officielles tandis que les commentateurs de profession sont placés dans un espace contingenté proposant des conditions à la dimension de la considération accordée par ceux qu’ils encensent sans fin, se voient offrir hebdomadairement des spectacles insipides.
Les organismes génétiquement modifiés s’ébattent. Les aras beaux parleurs tiennent des discours sans queue ni tête, disant une chose et son contraire, ressassés chaque été et chaque hiver que Dieu fait, partageant la beauté du ramage avec le roucoulement des pigeons et des colombes,  disputant le plumage mirifique aux paons exhibant leurs roues dans l’arène médiatique. Pendant ce temps, les coqs, rois de la basse-cour, se dressent sur leurs ergots défiant leurs contradicteurs, menaçant des foudres de Jupiter les poules qui ont perdu leurs dents.
C’est le spectacle offert par les mercato, cette période où sont sensé s’interrompre les exhibitions footballistiques pour céder la place à des assauts haut en verbe repoussant les limites de la raison à des frontières inimaginables et que reprennent ouvertement des négociations jamais réellement interrompues. Pendant que les agents de joueurs font leur métier très rémunérateur d’intermédiaires entre les joueurs qu’ils représentent et les dirigeants attirés par les charmes exposés voire proposés, quelques uns parmi les dirigeants font monter les enchères ou crient insolemment qu’ils ne laisseront pas passer ce qu’ils se plaisent à décrire comme des attentats à la morale sportive qu’eux-mêmes, en d’autres circonstances profitables à des intérêts jamais clairement définis, ont allégrement violée, en se lançant  dans une pathétique parodie du « No pasaran»  cri et hymne célèbre et historique des volontaires des brigades internationales en lutte contre les franquistes et leurs alliés vêtus de chemises noires nazies et brunes fascistes.
Ce sont souvent des maîtres Renard qui lissent voluptueusement leurs pelisses. Ils vouent aux gémonies leurs détracteurs et profitent de leurs positions dominatrices et esclavagistes pour harceler leurs sujets corvéables à merci transformés, malgré eux, en dépit ou peut être surtout à cause de la médiatisation qui les entoure, en immigrants clandestins dépourvus de permis de travail et de carte de séjour et que l’on déloge sans pitié. Une rengaine qui fait fureur cet hiver dans les rangs des joueurs étrangers qui ne se sentent plus désirés depuis que la réglementation ne leur permet plus de faire fructifier leurs talents sur les terrains.

Ce sont les mêmes ou leurs semblables qui, hier dans un besoin pressant de renfort de bonne et très bonne qualité (lorsqu’il fallait justifier les coups de cœur de recrues exotiques), ont accepté des clauses juridiques jugées normales pour l’apposition d’une signature sur un contrat bétonné et qui les trouvent aujourd’hui inacceptables quand le vent a tourné. L’aveu implicite de l’existence d’une gestion des contrats à géométrie variable selon que l’accompagnateur du joueur soit enthousiasmé par sa commission ou qu’il s’agisse d’un vieux loup des négociations contractuelles en pays étrangers se satisfaisant uniquement des contrats FIFA sécurisant ses poulains.           

mercredi 6 janvier 2016

Au sujet des « no shows », Une invitation massivement critiquée

L
a fin de l’année 2015 a été marquée dans les milieux de l’athlétisme par deux importants scandales de dopage. Le premier est bien évidemment celui qui a éclaboussé l’ensemble de la structure russe à partir des athlètes en passant par les entraîneurs, certains dirigeants de la fédération, ceux de l’agence russe de lutte contre le dopage, leurs collaborateurs et même cet Etat russe qui dérange les stratégies géopoliticiennes et même ces services secrets, accommodés à toutes les sauces, qui auraient coordonné les opérations. Nous savons, selon la propagande agissante occidentale en permanence,  que la Russie (et les pays qui en furent satellites pendant la période soviétique ainsi que les pays qui se sont tenus et/ou se tiennent dans son sillage) sont sous l’emprise des services secrets. En Europe, le concept de « théorie du complot » met en avant l’action d’officines qui seraient des groupuscules de barbouzes encore plus secrets que les services secrets officiels. A ces actes de tricherie sportive s’ajoutent l’extorsion de fonds, la corruption et le financement de campagnes présidentielles.
Le deuxième de ces scandales retentissants liés au dopage est celui qui rythme la progression internationale de l’athlétisme kenyan devenu le plus important collecteur de médailles lors des championnats du monde qui se sont déroulés en Chine l’été dernier. Manque de chance, les contrôleurs n’ont pas pu inquiéter les ténors des courses de demi-fond et de fond et n’ont pu épingler que des seconds couteaux (même si quelques champions ont été suspendus). Il n’empêche que ces coureurs-là qui défraient régulièrement la chronique sportive par des chronos époustouflants, hors normes sont la cible permanente de l’AMA et de l’IAAF.    
Le monde de la course à pied a été secoué également par un autre scandale que l’on a eu tendance en Europe à occulter, à ne pas lui donner l’importance qu’il mériterait. Sans doute parce qu’il s’agit de 28 athlètes européens (Italiens) dont la réputation (dans diverses disciplines sportives) de dopés et de maîtres d’œuvre de systèmes organisés de dopage n’est plus à faire et que l’on retrouve au cœur du scandale kényan. Il ne s’agit pas de cas de dopage francs, constatés par des résultats positifs d’analyse sanguine et/ou urinaires mais de situations suspicieuses suscitées par des absences à des contrôles ou à des défauts de localisation synonymes d’infractions  à la réglementation assimilées à des cas de dopage, sanctionnées au même titre que les cas avérés.
Un athlète français, le triple sauteur Teddy Tamgho a lui aussi été suspendu pour  trois absences (en 15 mois) au passage du contrôleur. Il a bénéficié d’une certaine mansuétude de la fédération française qui, en plus de l’avoir soutenu devant les instances internationales,  l’a invité à assister officiellement aux championnats de France de cross (2015). Un geste, à destination du meilleur triple sauteur mondial de ces dernières années, vivement critiqué par la presse et les autorités sportives tandis que des athlètes algériens suspendus en 2012 ont profité, sous le boisseau, du soutien des autorités fédérales algériennes. Encore et toujours la culture du secret.
Mis sur la sellette à ce sujet, le président de la FFA  a usé d’artifices pour justifier cette invitation en faisant valoir que les situations de « no shows » sont la conséquence de contraintes qui pèsent sur les athlètes devant faire preuve d’un sens de la programmation élevé : « Il faut que constamment, ces individus disent où ils sont, et qu’ils veillent pendant des mois à être présents là où ils se sont engagés à être».  Le président de la FAA revendique caricaturalement une sorte de bracelet électronique prenant la forme d’applications sur le téléphone de l’athlète qui l’alerterait de la présence du contrôleur.  Pourtant, le système de localisation Adams permet les ajustements de localisation et permet de prendre en charge les changements imprévus et imprévisibles de position géographique.
L’affaire italienne de 28 « no shows » ne le choque guère. Cela ne l’empêche pas d’inciter à ne pas faire « d’amalgame entre l’affaire de l’Italie et les Russes » en distinguant les « no shows » des cas validés de dopage. Pour l’Italie, ce serait « un problème de toilettage des listes», et surtout une expression « du laxisme de l’agence anti-dopage qui n’a pas fait son travail en temps et en heure » qui a conduit à une remise en ordre.



mardi 5 janvier 2016

Trêve des confiseurs, Du rêve aux cauchemars


L
e mois de décembre est le mois des jérémiades. Chez  les dirigeants des clubs algériens s’entend. Eux qui - pendant que les citoyens du monde festoient durant cette période que les chroniqueurs, sous d’autres cieux, appellent la » trêve des confiseurs », en référence à cette courte période (une semaine) où les restaurateurs, confiseurs et pâtissiers font leurs chiffres d’affaires - sont occupés à faire leur marché de joueurs,  à renouveler une partie importante  de leurs effectifs par des recrutements limités par la réglementation footballistique.  Comme pour prouver une nouvelle fois  leurs incompétences managériales et exposer aux yeux des supporters et des observateurs l’ineptie des choix estivaux qui ont vu quelquefois, un changement de plus de la moitié des joueurs dont ils (les dirigeants-recruteurs) avaient, au moment de leurs acquisitions, claironné pourtant qu’ils ont du talent et renforceront l’équipe aux ambitions consciencieusement étudiées. Ils affirment aussi, n’ayant pas idée de l’incongruité de leurs propos, que ce ne sont pas les meilleurs qui sont disponibles et que ne sont à leurs dispositions que les moins compétitifs, les laisser pour compte, les blessés, des joueurs à la recherche d’un temps de jeu.
Les derniers jours et les dernières semaines de décembre sont aussi la période de préparation des comptes financiers, de ce fameux bilan, que l’on remettra à qui de droit en dehors des délais légaux requis, qui selon toute vraisemblance sera conclu avec un résultat à nouveau déficitaire, c'est-à-dire avec des dépenses supérieures aux recettes. Ce résultat est connu bien à l’avance, avant même que l’exercice comptable ne débute. D'ailleurs, c’est pour cette raison que les instances sportives nationales (FAF et LFP) insistent tant pour que le capital social des SSPA soit augmenté et ouvert à d’autres investisseurs qui, comme des amoureux transis, savent que la mariée n’est pas aussi belle qu’il n’y parait et que loin d’être une affaire qui rapporte, le football professionnel n’est que désillusion et un tonneau percé qui se vide chaque fois qu’il est rempli.
Qu’importe semblent-t-ils dire. Les dépenses inconsidérées qu’occasionne le football seront récupérées ailleurs, dans les véritables affaires commerciales, celles qui bénéficient de l’exposition médiatique qu’offre le football. C'est l’explication qu’il faut certainement trouver pour justifier les salaires mirobolants proposés à des internationaux à bout de souffle, de retour de blessures ou à d’anciens joueurs de l’EN (brillants en leurs temps) se préparant à clore définitivement  leurs carrières footballistiques sur les terrains algériens quand ceux d’Europe, des pays du Golfe  ou de Tunisie sont réticents à les conserver ou à les accueillir. Loin de nous de faire injure à tous ces joueurs qui ont donné tant de bonheur et fait rêver les supporters des Fennecs et leur dénier tout talent ou faire d’eux ce qu’ils ne sont pas, mais le comportement boulimique des dirigeants des clubs algériens font des SSPA le dépotoir du football alors que les grands clubs qui font l’actualité footballistique mondiale sont construits autour de jeunes joueurs issus de leurs centre de formation, de leurs viviers, de la Masia et de la Castilla pour ne citer que le Barça et le Réal.

La FAF, selon une habitude profondément ancrée dans les traditions locales faites de multiples exceptions à la règle établie, invite les clubs à revoir leur capital social, un succédané à un mal bien connu (l’incompétence notoire) au lieu de mettre réellement en œuvre sa structure (prétendument) chargée du contrôle de gestion et d’appliquer ce fair play financier qui en Europe fait trembler les gestionnaires des plus grands clubs, leur interdit de recruter, les rétrograde en division inférieure ou les empêche d’accéder au niveau supérieur………parce qu’ils n’ont pas les moyens de leurs politiques, de leurs ambitions, de leurs rêves. Chez nous, on préfère les cauchemars.  

lundi 4 janvier 2016

Athlétisme/ L’IAAF dans la tourmente? Les manigances près de la….. présidence



N
ous sommes revenus en 2013. A l’IAAF tous les regards sont braqués sur Moscou où se dérouleront très bien bientôt les championnats du monde d’athlétisme. Dans certains bureaux, à Monaco où se trouve le siège de la fédération internationale, les feux virent à l’orange et même au rouge. Les championnats risquent d’être assombris par une « grosse » affaire de dopage qui touche essentiellement les marcheurs du pays organisateur. Des marcheurs qui font la loi sur les pistes et routes où se disputent leurs épreuves. La domination russe est totale.
Si forte que des soupçons de dopage naissent et sont confirmés par les résultats des analyses sanguines et urinaires pratiqués sur les marcheuses et les marcheurs de cet immense pays qui forme un véritable continent, entre l’Europe et l’Asie. On ne le sait pas encore mais, c’est alors que nait une sorte de complot auquel auraient participé des responsables de l’IAAF, des consultants, des dirigeants de la fédération russe d’athlétisme. Il ne s’agirait alors que d’étouffer des résultats positifs constatés sur l’examen des passeports biologiques des athlètes. Des résultats qui ne seraient pas en adéquation avec les normes retenues et qui font que les athlètes concernés sont considérés comme positifs, dopés.
Les investigations menées par l’AMA (agence mondiale de lutte contre le dopage) à l’instigation de l’IAAF, avec l’aide d’Interpol, montreront plus tard qu’il s’était établie une collusion, une connivence, une sorte d’entente entre les fils du président de l’IAAF (le Sénégalais Lamine Diack), quelques responsables de l’IAAF, des dirigeants de l’ARAF (la fédération russe), des entraîneurs pour soutirer plusieurs centaines de milliers d’euros aux athlètes russes impliqués dans ces résultats anormaux. D’autres athlètes, de nationalité turque, sont aussi soumis à ce chantage (Payez pour disputer les championnats du monde de Moscou). Ce sont ces mêmes athlètes, devenus lanceurs d’alerte,  qui dévoileront le pot aux roses.
Un mois avant le début des championnats du monde (du 10 au 18 août) apparait un nouvel actant.  Nick Davis était alors le porte-parole de l’IAAF. Dans un Email (publié par Le Monde en fin décembre 2015 et qui aurait été versé au dossier judiciaire de l’enquête actuellement en cours sur la corruption à l’IAAF), adressé le 29 juillet 2013, à Papa Massetta Diack (fils de Lamine Diack et consultant en marketing auprès de l’IAAF, associé dans une société de communication basée à Singapour qui aurait servi d’intermédiaire dans cette extorsion de fonds), Nick Davis informe son interlocuteur de son intention de mettre en place « officieusement », une « campagne RP [relations presse] pour s’assurer que nous évitons des scandales médiatiques internationaux liés aux championnats de Moscou, notamment dans la presse britannique, d’où viennent les pires articles».  Pour atteindre cet objectif (élaborer une stratégie de communication afin que ces cas, gênants pour l’athlétisme mondial, aient le moins de répercussion médiatique possible), Nick Davies précise qu’il envisage « d’utiliser CSM » (Chime Sports Marketing), une agence spécialisée dans le marketing sportif, dont le directeur général est… Sébastian Coe qui, à cette époque (été 2013) était premier vice-président de l’IAAF.

Profiter de l’influence de Coe au Royaume Uni

Nick Davies évoque dans ce courriel, le rôle de son compatriote qui en fera, après son élection au poste de président de l’IAAF, son chef de cabinet : « Nous pouvons aussi profiter de l’influence politique de Seb au Royaume-Uni. C’est dans son intérêt personnel de s’assurer que les championnats du monde de Moscou soient un succès et que les gens ne pensent pas que les médias de son propre pays ne sont pas en train de chercher à les détruire. Nous pouvons travailler fort pour arrêter toute attaque planifiée par la presse britannique à l’égard de la Russie dans les semaines à venir».
Quelques jours plus tard après ce courriel  de Nick Davies (le 29 juillet 2013), selon Le Monde, Papa Massata Diack adressé un e-mail à son père,  dans lequel il aurait écrit que Valentin Balakhnichev (le président de la fédération russe  l’aurait  sollicité « pour intervenir en interne auprès du personnel de l’IAAF qui lui a été antagonique dans le processus de gestion de ce dossier depuis septembre 2012 et à cette fin, un travail de lobbying et d’explication a été fait […]». Ce que Nick Davis, contacté par Le Monde en fin décembre 2015, avait démenti « fermement cette allégation. Malheureusement, je crois que la tactique de ceux qui sont accusés est d’essayer de démontrer que d’autres personnes sont impliquées dans leurs plans. Je les ignorais complètement ».
A propos de son e-mail, Nick Davies a fait savoir dans un communiqué, dédouanant le président de l’IAAF que « e-mail adressé moins d’un mois avant le début des Championnats du Monde de Moscou au consultant marketing de l’IAAF d’alors, Papa Massata Diack, consistait en un échange d’idées au sujet de possibles stratégies liées aux relations presse en vue de sérieux challenges rencontrés autour de l’image de la compétition ».  Il précise qu’aucun plan n’a été mis en place suite à cet e-mail et il n’y a absolument aucune possibilité qu’une stratégie ou un plan média/relations publiques puisse interférer avec la procédure antidopage. Il indique également  qu’il n’a « pas abordé ces idées avec CSM et il n’y a jamais eu aucun d’accord entre l’IAAF et CSM pour mettre sur pied une campagne de relations publiques. CSM n’a jamais travaillé pour l’IAAF en quelque capacité que ce soit depuis que Sébastian Coe en est membre». Par un curieux effet du hasard, Jackie Brock-Doyle, présentée par Le Monde, comme communicante pour CSM et l’IAAF aurait répondu aux questions du journal en disant « Ce qui est très clair c’est que Sébastian ne va pas répondre sur des e-mails dont il ne sait rien ».

Nick Davis se met en retrait

Dans un communiqué adressé à Le Monde publié intégralement, Nick Davies explique que ses fonctions de  directeur de la communication de l’IAAF étaient  gérer et promouvoir la réputation de l’IAAF et que son email « adressé moins d’un mois avant le début des Championnats du Monde de Moscou au Consultant Marketing de l’IAAF d’alors, Papa Massata Diack, consistait en un échange d’idées au sujet de possibles stratégies liées aux relations presse en vue de sérieux challenges rencontrés autour de l’image de la compétition ».
Il indique aussi  « suite à votre article au sujet des allégations de corruption concernant Lamine Diack (article publié le 18 décembre), je précise que je n’ai absolument jamais été impliqué dans aucune conspiration criminelle impliquant des représentants de l’IAAF. Je n’ai jamais reçu de paiements en connexion avec ces conspirations ».
Après avoir affirmé n’avoir eu « aucune connaissance en 2013 que des officiels de l’IAAF puissent être impliqués dans des conduites criminelles liées à des cas de dopage, tout comme je n’ai aucune connaissance d’aucun cas de dopage n’ayant pas été traité qui aurait dû l’être, ni d’aucune suspension pour dopage n’ayant pas été publiée dans les temps impartis par les Règles de l’IAAF », il a joute que lorsque des informations concernant des allégations de corruption lui ont été données au début 2014, il fut « l’un des salariés de l’IAAF ayant saisi la Commission d’Ethique de l’IAAF et ayant contribué l’enquête qui a suivi. Je fus également l’un des membres du personnel de l’IAAF ayant offert, et continuant d’offrir – de façon volontaire – mon entière assistance aux enquêteurs de la Commission Indépendante de l’AMA, ainsi qu’à la police monégasque et française».
Quelques jours plus tard, Nick Davies s’est mis en retrait de son poste de directeur de cabinet de la fédération internationale suite à sa mise en cause dans l'affaire de corruption qui secoue actuellement l'instance «pour laisser le temps au comité d'éthique d'étudier le dossier, et de déterminer si je suis responsable d'une quelconque infraction au code de l'éthique de l'IAAF».
La presse française rapporte que deux jours avant ce retrait, le journaliste allemand Hajo Seppelt, à l’origine de toute cette affaire, avait reçu un courrier du cabinet d’avocats « Bird and Bird LLP » le menaçant de poursuites dans le cas où il continuerait à faire état d’informations mettant en cause Nick Davies ou Sébastian Coe. Selon la relation qui en faite, ces juristes auraient noté en haut de leur email la mention « Personnel et confidentiel. Ne doit pas être publié ». Comme on ne pouvait si attendre, Hajo Seppelt s’est empressé de diffuser ce document via Twitter, quelques heures avant que Nick Davies annonce sa décision de retrait

Abramovitch aurait versé 200 000 livres à Coe

La révélation de l’implication de Nick Davies, l’ex- porte-parole de l’IAAF, devenu, depuis le mois de septembre dernier, le bras droit de Sébastien Coe est à peine oublier que le président de l’IAAF est à nouveau  éclaboussé par la découverte de ses liens financiers avec le club de football  de Chelsea appartenant au milliardaire russe Roman Abramovich…

Alors qu’une référence à sa société (CSM) très embarrassante pour Sébastian Coe, est dévoilée, il semblerait   qu’il était lui aussi informé de cette situation dès le milieu 2011, la presse britannique (Daily Mail) révèle que le club de Chelsea a financé, à hauteur  de 200.000 livres, la campagne électorale de Coe pour la présidence de l’IAAF. Malgré la possibilité émise  d’un paiement effectué par le bureau du club sans en référer à Abramovich, il est tentant de relier les deux hommes et de considérer que les décisions de Sébastian Coe au sujet de  la participation de la Russie aux JO de Rio pourraient être influencées par le puissant oligarque qui a œuvré pour que la Coupe du Monde de football revienne à la Russie en 2018.

Au cœur de l’IAAF, « On n’était pas au courant »


C
ertains éléments d’informations laissaient penser que l’actuel président de l’IAAF, lord Sébastian Coe aurait pu être au courant des agissements de son prédécesseur, le Sénégalais Lamine Diack et du médecin français (Gabriel Dollé) alors en charge du département dopage. Le président de la fédération française d’athlétisme, interrogé à ce sujet, avant qu’un  courriel de l’actuel chef de cabinet du président de l’IAAF, son compatriote et ex-responsable de la communication adressé au fils de Lamine Diack, alors consultant en marketing de l’instance faîtière de l’athlétisme ne soit diffusé, affirme sans détour que  cela ne peut être.
Son argumentation repose sur le fonctionnement du conseil d’administration de l’IAAF (dont il était membre à l’époque des faits) qui faisait que « quand on siégeait au Conseil d’Administration,(…), on n’était au courant de rien. On n’avait pas d’infos ». A l’en croire, les membres du conseil n’évoquaient que les  dossiers qui étaient présentés. Quant à la gestion de l’IAAF, « on n’avait pas de regard ».
L’IAAF, telle qu’elle est décrite, fonctionnerait comme une machine, une administration n’accordant que peu d’importance aux membres élus perçus comme des « participants, des observateurs » qui posent des questions mais n’ont pas de réponse. Ce membre du CA de l’IAAF, représentant d’une fédération nationale importante, pense, malgré cela,  «que l’ensemble des salariés de l’IAAF sont honnêtes, ils font bien leur travail y compris dans le service médical et anti-dopage », un volet qui pourtant est au cœur des embrouilles rencontrées présentement et où à l’exception du docteur Dollé (impliqué et mis en examen) « les autres sont des gens honnêtes, sincères » et qui n’ont pas été entendus lorsqu’ils « avaient alerté leur hiérarchie interne, après avoir vu 4 athlètes russes contrôlés positifs, qui participaient aux JO. Mais on leur a dit de se taire ».
L’ « affaire Lamine Diack » était là aussi présente insidieusement. L’ancien maire de Dakar et ex-président de l’IAAF serait incriminé affectivement. Le président avoue que « le problème de Lamine Diack, c’est son fils ». En fait, ses deux fils (Pape Massetta et Khalil), selon certaines versions, seraient impliqués dans une affaire de corruption et d’extorsion de fonds  concernant des athlètes turques. Aucune certitude cependant. Rien que des suspicions et une absence de clarté qui résulte de cette affectivité qui fait qu’il y a « des choses qui ne sont pas très claires ». Il reconnait que « tout le monde savait qu’il y avait des problèmes avec le fils chargé de faire du consulting dans le marketing. Il y avait déjà eu des dossiers sortis dans d’autres sports. On savait bien que ça allait sortir un jour ». Il s’interroge en vain sur une éventuelle complicité de Lamine Diack, sur une possible tentative  de protéger son fils ou même  sa participation à la corruption et laisse à l’enquête le soin de découvrir la vérité.
Afin d’exonérer l’IAAF de tout ce qui pourrait lui être imputé, il rappelle que, dès novembre 2014, il avait été demandé à l’AMA « qu’une commission d’enquête soit nommée pour enquêter sur les problèmes dévoilés dans le documentaire de l’ARD », ce fameux reportage de la télévision publique allemande qui a mis le feu aux poudres. Il observe aussi qu’ « il a fallu un an pour que le rapport aboutisse ». La deuxième partie du rapport qui sera publiée en janvier mettraient en cause d’autres pays. Bien que son contenu ne soit pas encore connu, le président de la FFA dit que l’ « on parle de pays de l’Est, l’Ukraine, la Biélorussie, le Kenya, la Turquie, la Jamaïque, etc.». Heureusement que les membres du CA de l’AAF ne sont pas informés de tout se passe en son sein. Ce qui n’empêche pas de dévoiler quelles sont les nations visées par un rapport établi par une autre institution internationale. La porosité semble être l’élément essentiel des relations à haut niveau.
Ne plaçant pas sur un pied d’égalité les pays infectés par le fléau du dopage, évitant de faire des amalgames inopportuns, il fait une distinction en fonction des capacités financières. Le Kenya et la Jamaïque, étant des « pays pauvres», n’ayant pas les moyens (comme les pays occidentaux et les pays de l’Europe de l’Est) de disposer d’une agence anti-dopage devrait être aidés...par le CIO (et non par l’IAAF) « qui gagne beaucoup d’argent à travers les Jeux ».