samedi 14 mai 2016

Préparation olympique (14), Le temps des saltimbanques

N
ous délaissons, le temps d’une chronique, l’athlétisme pour le royaume du football. Un sport où les frasques idéologiques et discursives des dirigeants de la discipline sont aussi inénarrables que celles des entraîneurs et des dirigeants de la première discipline olympique dont on sait, par les informations qui parviennent régulièrement que c’est devenu, au plan planétaire et national, un véritable chapiteau de cirque. Une pratique sportive du très haut niveau qui porte atteinte à son propre intégrité avec ces affaires de dopage et de corruption (dévoilées ou suspectées) visant de nombreux pays (Russie, Kenya, Ethiopie, Maroc, Turquie, Jamaïque, Italie) collectionneurs de médailles.
On sait que, depuis des années, dans l’univers de la FIFA, le football de l’échelon le plus élevé de l’élite n’a plus rien qui le rattache au mouvement olympique. Sport professionnel, il a perdu de vue les valeurs prônées par les rénovateurs anglo-saxons et français de ce mouvement porté à bout de bras par la figure emblématique que fut le baron Pierre de Coubertin.
Dans un univers marqué par la lutte des classes, le sport n’était qu’un hobby, un jeu réservé aux aristocrates et aux riches pouvant le pratiquer sans nuire à la qualité de leurs vies. Le reste de la société était plutôt occupé à bloquer les coups d’un match pour la vie.
L’histoire de l’olympisme a enregistré que les grands champions, recrutés parmi les déclassés, serfs des temps modernes, passant des champs de céréales aux champs de bataille puis aux usines abrutissantes mises sur pied en application de l’organisation scientifique du travail (OST), avec en tête de file le taylorisme et le fordisme, poursuivirent leurs carrières sportives comme saltimbanques.
Jim Thorpe (l’Indien d’Amérique), Ahmed Bouguerra El Ouafi (« poilu », combattant de la première guerre mondiale, de la guerre de 14-18 venu de sa Biskra natale dont il avait  abandonné les palmeraies) s’exhibèrent, au sens propre du terme, dans des cirques, courant contre d’autres êtres humains rémunérés pour cela et contre des animaux, épluchant, au fil des défis, la ménagerie échappée de l’arche de Noé.
Longtemps amateur, le football national s’est lancé dans la voie d’abord du « professionnalisme marron » puis du «  professionnalisme d’Etat » et enfin d’un professionnalisme libéral si débridé que les dirigeants en ont perdu le sens des réalités. Avec tous les travers, les conséquences négatives qui l’accompagnent, la balle aux pieds algérienne a rejoint le grand cirque Amar, errant chaque semaine d’un stade à un autre, plantant chaque semaine son chapiteau dans un des centres de la Grande Comédie.
Le CIO, organisateur de ce Barnum que sont les jeux olympiques à la mode capitaliste, révolutionné par l’intrusion de l’argent, tente en dépit de tous les scandales de corruption qui l’agite régulièrement (au même titre que la FIFA) de conserver quelques-unes des idées fondatrices du mouvement résumées également dans le triptyque d’une seule action, d’un seul lieu, dans un seul temps qui régit ce théâtre classique dans lequel Corneille, Racine et aussi Molière sont les facettes les plus connues (gageons que s’ils étaient de ce temps, en tandem avec William Shakespeare et Miguel de Cervantès, le captif des successeurs des frères Barberousse fondateurs de la Régence d’Alger, ils auraient su puiser dans les déraisons affichées chaque semaine l’inspiration pour nous offrir des Hamlet, Tartuffe et autre Don Quichotte de la Manche ou de sublimes marivaudages des temps présents.  
Le président de la fédération algérienne de football n’a pas trouvé mieux que de s’offusquer des conditions d’hébergement et de restauration proposées dans les villages olympiques que les footballeurs algériens n’ont pas eu l’insigne honneur de visiter depuis 1980. En fait, il a été horrifié par la promiscuité relative et la chaîne à subir et à respecter aux restaurants olympiques. Un mode de vie que nos Espoirs (ces U 23 élevés au rang de demi-dieux, riches à millions versés avec retard) proposant des conditions et des règles de vie en commun qu’ils n’ont jamais connu puisque la grande majorité d’entre eux a zappé les années lycée et les bancs de l’université.

Pour ceux que la grande majorité des amateurs de beau football appellent « Karryin maïze » (renvoyant, dans sa traduction en langue française de « pieds de chèvres », aux adeptes de Bacchus et aux bacchanales), ils sont - il est vrai si chouchoutés par une fédération croulant sous les milliards au point de refuser la subvention étatique - plus accoutumés au luxe des hôtels de très haut standing qu’aux camps de vacances et à la précarité de leurs compagnons d’une quinzaine.       

jeudi 12 mai 2016

Préparation olympique (13), Les défaillances de la FAA

L
a gestion de la préparation olympique serait opaque. Sur ce point, Ahmed Mahour Bacha n’a pas tout à fait tort. Cette affirmation confirme ce qui se raconte un peu partout. Il ne se cache pas pour le dire et au contraire l’affirme  haut et fort dans ce gigantesque café du commerce ouvert à tous vents qu’est Facebook. Un réseau social qui permet tous les échanges, sans aucune restriction, sans aucune censure ni autorégulation discursive (une expression édulcorée qui s’installe progressivement et remplace si bien l’autocensure d’hier). Une déclaration franche qui met à nu, ce qui en d’autres temps, n’aurait été que rumeurs propagées par ces détracteurs qui veulent du mal au mouvement sportif. Une divulgation comme on en a tant entendu lorsqu’il y a changement de camp.  Que l’on passe du mauvais au bon camp, à celui des dissidents à la virginité retrouvée.
A dire vrai, malgré tout ce que nous avons pu écrire sur ce sujet, nous n’avons pas encore compris l’intrusion d’Ahmed Mahour Bacha sur une question qui en premier lieu concerne Sid Ali Sabour, l’entraîneur d’Abdelmalek Lahoulou. Un sujet sur lequel chaque jour apporte son lot de révélation.
 L’article qui a mis le feu à la préparation olympique au sein de la fédération d’athlétisme laissait planer des soupçons de fraude plongeant ses racines dans un passé récent et dans le comportement de chefs de délégations d’athlétisme dont certains furent sujet à caution.
« Radio Sato », déclara que celui qui avait présidé la représentation algérienne aux championnats du monde de Moscou, un président de ligue, membre du bureau fédéral, aurait été mis en difficulté par le ministère de tutelle pour avoir rendu tardivement des comptes et pour certaines dépenses dont l’opportunité laissée à désirer (achats de médicaments). Une situation si dérangeante que l’inspection générale du ministère aurait diligentée une mission de contrôle qui aurait conduit à une suspension de mandat fédéral du responsable concerné.
La  confirmation de ce type de situations préjudiciables à l’athlétisme nous est venue de Mahour Bacha qui écrit que son souhait est de ne plus avoir affaire à la commission de préparation olympique. Un souhait qui  serait également motivé par l’envie de « de ne plus être calomnié et d’être traité dans les couloirs du COA, de trafiquant de factures et de fausses factures, comme l’ont déjà été, les entraîneurs ayant eu à collaborer avec la CPO ».
Nous comprenons très bien Ahmed Mahour Bacha. Il lui est déjà difficile de supporter les accusations (ainsi que les insinuations formulées par Zahra Bouras qui affirmait dans une interview accordée à El Watan que Mahour Bacha lui aurait injecté des produits dont elle ne connaissait pas la nature) qui sont portées contre lui en matière de dopage pour qu’on lui rajoute des sujets d’inquiétude. Certaines dépenses (locations de voitures), engagées ou envisagées, semblent, du point de vue des ordonnateurs des dossiers de sorties, extravagantes. Surtout lorsque les centres sont dotés de toutes les commodités indispensables à une bonne préparation.
Nous ne savons pas si Ahmed Mahour Bacha est impliqué dans un trafic de fausses factures. Mais, l’« affaire Lahoulou » (qui, il faut peut-être encore le répéter ne concerne pas directement l’athlète, mais son entraîneur et le kiné partis après l’athlète et revenus avant lui - Lahoulou serait resté au Qatar en compagnie d’un autre athlète, le triple sauteur Issam Nima - laisse supposer effectivement l’existence d’au moins une affaire de surfacturation.

Les faits, tels qu’ils nous ont été rapportés, nous incitent à coprendre que le retour anticipé des deux encadreurs du stage n’aurait pas reçu l’approbation de la hiérarchie (la DTN - FFA). Pire, le premier responsable de cette structure n’était pas informé que les deux cadres étaient de retour au pays. Il se raconte qu’il aurait été surpris de l’apprendre par un membre de la commission de la préparation olympique qui souhaitait avoir des informations sur l’avancement de la préparation des athlètes concernés. Le DTN pensait que le stage se déroulait normalement à Doha. La blessure de Lahoulou (si blessure il y a) ne lui avait pas été signalé. Il ne savait pas que le duo était depuis quelques jours à Alger. Par ailleurs, comment peut-on suivre une multitude de stages se déroulant un peu partout sur la planète ? Critiqué par la CPO, il est normal qu’il cherche un appui du côté de ceux qui l’on placé dans une situation pour le moins critique. Et qu’il s’adosse à Mahour Bacha, totem de la FAA. 

mercredi 11 mai 2016

Préparation olympique (12), Mahour Bacha et la boite de Pandore

N
ous devons reconnaître qu’Ahmed Mahour Bacha a un caractère bien trempé. Celui des populations des Hauts Plateaux et du massif montagneux des Aurès qui s’affirme par ce « taghenant », ce « jusqu’auboutisme », cet entêtement sublimé dans cette expression populaire caricaturale indiquant que, en fin de compte, quoique puisse en penser les autres, lorsque tous les arguments ont été passés en revue, « c’est une chèvre même si elle vole ». Ahmed Mahour Bacha  affirme, sur sa page « officielle » Facebook, maintenir les propos écrits adressés au président de la FAA et au ministre de la jeunesse et des sports. Une correspondance par laquelle il « refuse désormais que la préparation de mes athlètes en vue des jeux Olympiques soit ‘’ managée ‘’ par le COA » et dans laquelle il indique qu’il souhaiterait « que les services concernés du MJS reprennent la prise en charge et le contrôle de la préparation de Bourraâda Larbi ».
Ahmed Mahour Bacha s’adresse, nous nous devons de le préciser, à ses amis, dans cet espace privé mais ouvert au public qu’est le réseau social Facebook.
Nous ne connaissons pas les positions antérieures d’AMB vis-à-vis du comité olympique algérien. Aujourd’hui, il nous décrit cette « Organisation Non Gouvernementale » comme étant le synonyme « Du vent, du Tbal3ite, de la langue de bois, des menaces, l'exclusion d'un journaliste et des mensonges. Plein de mensonges ».
Le commentaire facebookien  débute, et en cela Ahmed Mahour Bacha, démontre que l’exercice journalistique n’est pas aussi aisé qu’on voudrait le croire et que sa perception, si son métier était de rapporter des événements, est biaisée (il évoque un journaliste exclu alors que le concerné écrit qu’il est sorti de son plein gré) par une charge contre le comité olympique et son président décrit comme « le patron d’une ONG ».
Dans cette intimité qu’est le commentaire Facebook, Mahour Bacha fulmine. Le président du COA menace les entraîneurs récalcitrants des foudres de l’autorité qui lui est déléguée. On apprend également que la raison de la colère de ces entraîneurs est la tutelle exercée sur la prise en charge de la préparation olympique par ce comité olympique qui n’aurait pas de raison d’être et auquel devrait se substituer le ministère. Selon Mahour Bacha, cette préparation doit être « prise en charge et contrôlée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, à travers ses directions du sport de performance ainsi que celle des équipes nationales ».
Ici, la logique discursive est prise à défaut. Mahour Bacha fait preuve d’incohérences. Pourtant, il appartient au milieu sportif depuis des …décennies. Les jeux olympiques sont une organisation sportive du comité international olympique dont la représentation en Algérie est le comité olympique algérien qui est, ainsi qu’il l’affirme, une organisation non gouvernementale. Dans son esprit, nous devons supposer que cela signifie qu’il s’agit d’une organisation indépendante de l’Etat algérien. A ce titre, elle ne relève pas des structures étatiques.
Il oublie ce faisant que la participation au plus grand événement sportif planétaire n’est possible que par l’intermédiation du COA censé être autonome financièrement mais bénéficiant d’une aide financière de la part des pouvoirs publics. Une aide qui incontestablement s’ajoute aux apports (logistiques, matériels et financiers) d’autres structures sportives également financées par les pouvoirs publics (Etat et collectivités locales) telles que le ministère, les directions de wilayas des sports, les fédérations, les ligues et les clubs.
 Contrairement à ce que pense Mahour Bacha et les entraîneurs qui le soutiennent l’Etat Algérien ne s'est pas « débarrassé du volet de la prise en charge des athlètes d'élites et de haut niveau en permettant ainsi à une ONG de gérer les deniers de l’État ( l'argent des contribuables Algériens) dans l'opacité la plus totale ». C’est justement la transparence inhabituelle ou le refus de se plier à certaines exigences qui est la cause de cette crise médiatique et sportive.
Au nom de cette idée fort louable par ailleurs, Mahour Bacha refuse l’autorité du comité olympique  en lançant un défi car, affirme-t-il avec assurance « je n'ai qu'un seul employeur et qu'une seule tutelle et qui est le MJS ». Sur le plan administratif, il est difficile de lui donner tort. Cependant, les entraîneurs devraient se souvenir que la préparation olympique via le COA est complémentaire au financement ministériel et fédéral.

 Comme le dit si bien Mahour Bacha « la boite de Pandore a été ouverte, alors que chacun assume les conséquences». Nous verrons qu’elles sont lourdes.

mardi 10 mai 2016

Préparation olympique (11), Exit les groupes d’entraînement

N
ous n’aborderons pas cette antienne usée par le temps qui a fait que la fédération algérienne a, de tous temps, été considérée comme une agence de voyages. Un argument utilisé pour qualifier et, dans un même mouvement, persifler la profusion des stages organisés à l’étranger et de compétitions auxquelles ont participé les leaders de l’athlétisme.
La préparation des athlètes de l’élite souffrirait de l’absence de sparring-partners. Ceux-ci n’auraient pas de compagnons d’entrainement. C’est ce qu’affirment mordicus leurs entraîneurs pour conforter leurs analyses et obtenir de la FAA, du COA et du MJS les subsides espérés pour se déplacer sous un ciel soit disant plus clément pour les champions.
Un argument étonnant qui conforte malheureusement les analyses pessimistes, celles qui soulignent le déclin de l’athlétisme national qui ne reposerait plus que sur quelques athlètes sur lesquels on pourrait compter lors des compétitions internationales. Un point de vue qui n’est évidemment pas celui des entraîneurs, appointés par la fédération, qui y trouvent leur compte.
Un athlète de niveau international, reconverti en entraîneur, un de ceux qui brillèrent pendant les 90’s, a eu l’amabilité, il y a peu, de nous rappeler qu’à l’époque où il fut athlète, des groupes d’entraînement s’étaient formés à Alger, que des athlètes algériens avaient participé aux mêmes entraînements que Noureddine Morceli et que lui-même avait servi de lièvre dans des compétitions. Cet athlète, dont nous tairons le nom, avait pourtant une stature internationale. Il était licencié dans un autre club (un des grands clubs algérois de l’époque) que le Mouloudia d’Alger et s’entraînait avec un entraîneur qui ne relevait pas du « groupe Brahmia », ne partageait pas sa vision du monde.
Nous rappellerons également à nos lecteurs la chronique qui s’intéressa à Adem Djamaa et évoqua la préparation de l’Ethiopienne Genzebe Dibaba ayant pour sparring-partners des athlètes masculins. Nous  y signalâmes que le groupe d’entraînement de Hassiba Boulmerka comportait de jeunes athlètes algériens valant 3.45 au 1 500 mètres.
En cette période difficile, nos deux champions étaient entourés par des partenaires d’entraînement algériens dont le niveau progressa avec celui des ténors, formant un semblant d’« école algérienne » de demi-fond et de fond qui, pendant presque deux décennies, flirta avec le haut niveau mondial avec des noms qui marquèrent plus ou moins la mémoire collective (Boukenza, Boulahfane, Zerguelaine, Saidi Sief, Azaidj, Kohil, Bessou, les frères Sakhri et tous ceux (trop nombreux pour les citer) qui placèrent en tête de la hiérarchie nationale les clubs de Batna, de la police et de l’armée.
Sport individuel par excellence, l’athlétisme a été pratiqué en groupe, dans une communion faisant que chacun, souffrant dans sa chair, trouvait encouragement chez les autres, ceux qui couraient au coude-à-coude, dans la même foulée. Cette réunion des meilleurs talents algériens n’a pas été vaine. Le soutien, l’apport que chacun des athlètes (et des entraîneurs) apportait au groupe a permis une amélioration du niveau de performance individuel et collectif. Une amélioration perceptible à travers la lecture des bilans annuels de l’époque.
Sans que cela n’y paraisse, le retrait de Mohamed Djouad (récemment disparu) puis d’Amar Brahmia a interrompu une dynamique, une politique qui n’a pas été toujours bien comprise mais a donné des résultats  probants. Le Mouloudia (Club puis Pétrolier) d’Alger s’est toujours considérée comme l’antichambre des équipes nationales, si ce n’est comme l’ossature de ces représentations nationales. Le Mouloudia (le Groupement Sportif des Pétroliers ensuite), bénéficiant du parrainage de la première compagnie pétrolière africaine, n’a pas manqué de moyens (financiers, matériels, logistiques, humains) pour mener à bien ses ambitions sportives. Cela lui a permis de récupérer, de rassembler les meilleurs potentiels existant sur tout le territoire national.

Les rapports difficiles que l’on a pu constater entre Brahmia, Bouras et Mahour sont le fruit d’une relation presque malsaine à l’argent. Le premier bénéficiant de la manne inépuisable pétrolière, les deux autres du soutien indéfectible de la fédération et comité olympique. On notera également que la révolution idéologique (celle apparue en 1988 et son évolution du début du 21ème siècle) on conduit à l’individualisme et à une rentabilisation des efforts accouplées à un recul de l’algérocentrisme. La carte de l’athlétisme national n’est plus tout à fait la même.  

lundi 9 mai 2016

Préparation olympique (10), Absence de centres de préparation

L
a crise qui a jailli entre le COA et certains entraîneurs d'athlétisme (dont Ahmed Mahour Bacha est le leader) est née des conditions de préparation offertes aux athlètes d’élite. Ceux qui, à travers les pronostics émis par leurs entraîneurs et la FAA sont susceptibles de participer aux finales des Jeux Olympiques de Rio et pour quelques-uns (bien rares) de s’installer sur une des trois marches du podium. Ces pronostics sont établis sur la base des résultats de la saison passée et de l’idée (fort louable et logique d’ailleurs) que les athlètes en question peuvent améliorer leurs performances si on leur en donne les moyens de réussir le challenge. Des moyens consistant essentiellement en….stages à l’étranger.
La préparation à l’étranger fait aujourd’hui partie de la routine, des habitudes prises pendant d’abord deux périodes importantes de l’Histoire récente du pays. Une première période qui a vu la sécurité des athlètes et des staffs prévaloir sur toute autre considération et une seconde où l’on a considéré que les rentrées en pétrodollars étaient à la fois  importantes et éternelles. Deux considérations qui ont fait que tous les stages de préparation ont été organisés en dehors des frontières. Un troisième aspect a été aussi mis en avant par les entraîneurs et les instances fédérales : l’absence d’infrastructures modernes permettant à la fois de réaliser le travail programmé et ensuite de bénéficier des moyens de récupération.
Pendant le quart de siècle qui vient de s’écouler les pouvoirs publics ont financé la réalisation d’infrastructures sur tout le territoire national. D’autres ont été réhabilitées. Toutes ces infrastructures ont (en théorie) fait l’objet d’une maturation et d’un suivi par les structures déconcentrées du ministère de la jeunesse et des sports dans lesquelles activent des cadres des sports, condisciples des cadres permanents des fédérations et des entraîneurs nationaux pratiquant, du moins nous le supposons, le même langage et partageant une même idéologie puisque sortant du même moule, du même établissement de formation. Malgré cela, malgré ce réseau qui quadrille le pays, il est de notoriété publique que tous ces projets connaissent des retards (se décomptant en années) et des malfaçons dont on se  rend compte tardivement.
La cécité semble être la maladie qui frappe les cadres et les gestionnaires du  sport. L’effort financier consenti par l’Etat a permis de doter des centres urbains (Batna, Sétif, Bordj Bou Arreridj, Tlemcen, Saïda) situés en altitude moyenne (1 000 à 1 300 mètres) d’infrastructures répondant aux normes internationales. Le centre de préparation en altitude (1 600 mètres) de Tikjda (dévasté par le terrorisme) a été réhabilité et accueille des délégations de nations amies, quelques équipes nationales ainsi que des équipes professionnelles de football auxquelles l’asséchement financier interdit une préparation à l’étranger. Souvent, ces centres de préparation étrangers (auxquels sont abonnées, depuis des années, nos équipes de football professionnel) sont édifiés à quelques dizaines de kilomètres des frontières avec nos voisins tunisiens et marocains.  
Pendant ce temps, le bon vieux centre de préparation de Seraidi, sur les hauteurs d’Annaba, où des générations d’athlètes ont préparé leurs compétitions de haut niveau, attend que l’on se retrousse les manches et qu’il ne donne plus l’impression d’être abandonné.  Bien qu’il ne réponde plus aux attentes de la nomenklatura sportive algérienne, quelques coups de pinceaux,  de marteaux et de râteaux en feraient un centre envié par les milliers d’athlètes kenyans et éthiopiens qui ne disposent pas des conditions matérielles offertes aux athlètes algériens. La récente polémique (cet hiver) a permis au public attentif de prendre connaissance qu’après les championnats du monde de Pékin, Toufik Makhloufi a été hébergé à l’hôtel Sheraton du Club des Pins aux frais de la FAA et ensuite du COA.
Mais, Tikjda, Chréa sur les hauteurs de Blida (1 550 mètres), Seraidi (900 mètres) sonnent moins bien aux oreilles, frappent moins les esprits que Formia, Iten, Eldoret, Font Romeu (démodé dans l’esprit des entraîneurs), Ifrane ou les centres d’Afrique du Sud, du Qatar, d’Espagne, du Portugal, etc. Chaque discipline, chaque épreuve a ses centres de préparation fétiches.
L’argumentaire des entraîneurs comprend (pour justifier leurs souhaits de préparation à l’étranger) l’absence des moyens de récupération et de sparring-partners obligeant donc à se rendre là où ils trouveront ce qui manque sur place, ici en Algérie.


dimanche 8 mai 2016

Préparation olympique (9), La communication vue par Mahour Bacha

L
’histoire de l’athlétisme national (peu de gens le savent) a retenu un fait anodin, peu connu du public. En 1988, peu avant l’ouverture des championnats d’Afrique d’Annaba, Mahour Bacha fut l’un des leaders d’un mouvement (Hakim Toumi faisant tournoyer son marteau et Mahour Bacha brandissant le javelot) qui voulut empêcher les journalistes de la presse gouvernementale (la presse « privée » ou « indépendante » n’existera que deux années plus tard) d’accomplir leur mission.
La presse n’a jamais été bien perçue par la fédération algérienne d’athlétisme. Celle-ci partage, il faut bien l’admettre, le point de vue de toutes les fédérations sportives (et de dizaines de milliers de sportifs anonymes) qui n’ont pas le bonheur d’être chouchoutées comme l’est le football-roi et qui espère une modeste couverture médiatique lors des événements sportifs d’envergure nationale et internationale. Une couverture se réduisant à sa plus simple expression : quelques articles de présentation et de bilan, des couvertures, des interviews, des portraits et des photos. Le fruit de préjugés fortement ancrés dans l’esprit de la majorité des reporters et des éditeurs. Une simple obligation de service public dont ils se passeraient bien s’ils le pouvaient.
De toutes les fédérations, la FAA est certainement celle qui devrait faire l’objet d’un traitement de faveur un peu particulier, nous dirons « spécifique », compte tenu des performances réalisées par son élite. Ses faveurs pourtant la FAA les accordent à quelques journaux en souvenir du BVT (Bon Vieux Temps), de celui établi au fil des relations tissées du temps où les dirigeants d’aujourd’hui étaient des athlètes de haut niveau ou des entraîneurs abonnés aux « unes » sportives.
Les actuels détenteurs du pouvoir à la FAA connaissent bien les rouages et certains responsables de publications. Sauf que rien ne transparait dans les colonnes de journaux….sérieux et que les journaux (et les chaînes de télévision) à sensation ne sont pas notre tasse de thé de…..croulant sous le poids des ans.
Les résultats obtenus par d’autres disciplines individuelles (la boxe et le judo), ON (la presse, le public, les leaders d’opinion, les pouvoirs publics) s’en souvient pourtant au moment du décompte de leurs moissons de médailles et ON les oublie le reste du temps…au temps des semailles, de la répartition-distribution des subventions et des aides.
Ahmed Mahour Bacha et Amar Bouras, enfermés dans une médiatisation ségrégative, ont privilégié certains titres et s’en sont mis quelques-uns à dos (ce qui n’empêche pas de les citer lorsque leurs comptes rendus sont en leurs faveurs) en leur intentant des procès pour « diffamation », un terme que l’on retrouve dans la fameuse mise au point qui a enclenché cette série de chroniques. Un mot dont la signification leur est inconnu. Ce qui a valu des déboires devant les tribunaux. Internet indique que Mahour Bacha a été débouté de l’action engagée à la suite du dopage de juin 2012 (Zahra Bouras et Larbi Bourraâda). Il nous parait qu’Ahmed Mahour Bacha et Amar Bouras ont le même niveau de maîtrise de la communication. Ils ne savent que se mettre inconsciemment à dos les journalistes qui pourraient leur apporter leurs soutiens dans ce domaine.
Le phénomène a été illustré dernièrement, au lendemain de la conférence de presse conjointe COA- MJS, au sujet de laquelle Mahour Bacha écrit, dans un commentaire Facebook, qu’un journaliste (exerçant dans deux médias et dont on ne peut qu’apprécier la qualité du travail) aurait été exclu de la salle.
Nous sommes imaginé notre confrère accompagné à la sortie par des huissiers, par les vigiles de ces sociétés privées de gardiennage et de surveillance qui ont fleuri à travers tout le pays, du tumulte, des cris, etc. avec le sentiment de ne plus être en milieu sportif mais dans une réunion politique évacuant manu militari des contestataires ou des « redresseurs » mis en minorité.

Curieusement, le journaliste en question avait lui aussi écrit quelques heures plus tôt, sur sa page Facebook : « Lors de la conférence de presse du COA, mardi 26 avril 2016, j’ai pris la décision de me lever et de quitter la salle avant la fin de la conférence où les animateurs étaient censés répondre aux questions des journalistes ». Mahour Bacha a agi en provocateur, en agitateur qu’il a toujours été. Une facette peu connue du personnage dont les frasques ont été placées sous le boisseau.

samedi 7 mai 2016

Préparation olympique (8), Tirer les marrons du feu

L
a conférence de presse organisée par le comité olympique algérien avec pour thématique la préparation olympique en vue  des Jeux de Rio s’est arrêtée un long moment sur la réaction des entraîneurs de l’élite de l’athlétisme national. Une réaction qui est, dans la logique du système rentier, intempestive et inopportune. Elle est la suite logique à cette question de prise en charge des athlètes susceptibles de gagner une place en finale des jeux et même, disent leurs entraîneurs, en se basant sur les performances de la saison dernière, de monter sur les podiums.
Cette réaction a été celle des représentants de cette corporation (entraîneurs des athlètes de l’élite) que l’on chiffre à 3 ou 7 éléments insatisfaits qui seraient, selon certaines indiscrétions non validées, l’entraîneur de Makhloufi, celui de Lahoulou et enfin celui de Bourraâda. Toutefois, l’entraîneur (français) du premier (Makhloufi) se trouvant en Afrique du Sud et n’ayant apparemment pas de difficultés particulières à soulever et du troisième (Bourraâda) qui ne serait plus Ahmed Mahour Bacha semble indiquer qu’il y a maldonne quelque part.
Curieusement, ce trio ( ?) de contestataires est devenu quatuor depuis qu’Ahmed Mahour Bacha a pris la tête du mouvement de contestation dont la composition prête à confusion et à multiples interprétations. Un groupe dont la formation ne serait pas celle annoncée.
On oublie allégrement que 4 spécialistes du marathon (deux hommes et deux femmes) sont qualifiés. D’autre part, Mahour Bacha a toujours su mélanger le jeu de…cartes, mettre la pagaille dans le jeu de quilles. C’est la seule constante que l’on puisse lui reconnaître, être de tous les combats, de toutes les séditions, de toutes les velléités de « mettre de l’ordre » à la FAA. Avec surtout cette sublime habitude de savoir en tirer profit. Comme dirait l’autre, il sait tirer les marrons du feu.
Echangeant la casaque de l’athlète pour celle d’entraîneur, il fut l’agitateur de l’AACS (association algérienne des cadres du sport), une association de défense des droits des entraîneurs d’une manière générale devenant par la suite celle des diplômés de l’ISTS avant toute autre chose. Une association-satellite dont la proximité (ainsi que le voulait l’idéologie dominante d’une l’époque où la société connaissait la « transition démocratique ») avec le pouvoir centralisé entre les mains du Parti unique était patente. Une association se prétendant apolitique mais qui, lors des élections législatives-déclic de la « décennie rouge », pris le parti du conservatisme politique contre le mouvement islamiste avec le risque de se désintégrer.
L’opportunisme de Mahour Bacha n’a d’égal que celui d’Amar Brahmia (et de bien d’autres leaders passés et présents de l’athlétisme et du mouvement sportif national qui surent profiter des résultats des athlètes pour se frayer un chemin carriériste dans le prolongement du désuet mais si vivace « article 120 » ou dont la sphère politique sut utiliser l’image).
La rupture entre ces deux agitateurs est apparue, visiblement aux yeux du grand public, lors d’une intervention d’Amar Brahmia sur l’écran de « l’Unique » chaîne de télévision qui, par opposition au changement d’attitude des dirigeants de l’AACS, se fit laudateur de l’ex-parti islamiste. Brahmia qui n’avait cure de  cet idéal islamiste et était le chouchou du cercle dominant des sphères politiciennes, avouait alors (c’était la veille du cross Klouch à Chlef et quelques heures avant son passage à la télévision) que son acte était la marque de son indignation devant l’alignement politique des cadres du sport.  
Ahmed Mahour Bacha n’est plus l’entraîneur de Larbi Bourraâda depuis quelques semaines. Selon toute vraisemblance, depuis le forfait de Bourraâda aux championnats du monde en salle pour raison, dit-on, d’une blessure au dos. Ce qui n’était qu’une rumeur reçoit une confirmation indirecte via la page Facebook de la fédération algérienne d’athlétisme. Selon l’agence de presse APS et la confirmation de la FAA, Bourraâda « s'est montré "inquiet" quant à la concrétisation du programme établi par son entraîneur, Hocine Mohamed ».

N’étant plus l’entraîneur de Bourraâda, on peut se demander dans quel cadre se situe l’intervention de Mahour Bacha (si ce n’est que l’on susurre que Hocine Mohamed ne serait qu’un paravent). On ne peut bien sur lui interdire de donner son point de vue sur la question. Ce qui dérange, c’est le statut de meneur qu’il s’est donné dans cette affaire et son immixtion dans les dossiers gérés par la FAA en concertation, du moins nous le supposons, avec le COA.