mercredi 17 août 2016

Sid Ali Boudina (Aviron), Les raisons d’une retraite (sportive) prématurée

S
id Ali Boudina a été notre représentant aux jeux olympiques de Rio de Janeiro dans une discipline que l’on ne connait pas (ou si peu) et à laquelle on n’accorde habituellement pas d’intérêt. Pour ne pas dire autre chose !  C’est en effet un sport qui n’est pas médiatisé si ce n’est pendant le déroulement des grands événements sportifs (les jeux olympiques en sont le plus grand) ceux qui sont retransmis par les caméras des chaines de télévisions planétaires à un moment où la retransmission ne coûte pas ces sommes folles que demandent les acquéreurs habituels des droits télévisées que sont en premier lieu les Qataris, premiers investisseurs dans le secteur de la communication. Un sport que l’on regarde d’un œil distrait avant de zapper, d’aller voir d’autres disciplines sportives qui font partie de notre espace cognitif : L’aviron.
Sid Ali Boudina est sorti de la pénombre (l’obscurité serait sans doute le terme le plus adéquat pour décrire la situation  dans laquelle il se meut habituellement) pour une raison toute simple et ô combien incroyable. L’agence nationale de presse a annoncé, juste après son élimination aux quarts de finale que le champion ignoré de tous, ce rameur dans cette légère embarcation qu’est le skiff, prendra sa retraite internationale après une dernière participation sous le maillot national lors des prochains championnats d’Afrique.
On raconte aussi de-ci de-là (c’est-à-dire sur les réseaux sociaux) qu’il a été mis dans l’obligation de faire l’impasse sur les championnats du monde (qui débuteront 20 août) car à cette date-là il sera encore à Rio attendant le décollage de l’avion spécial qui ramènera la délégation algérienne sur Alger. On ne sait (en fait on s’en doute un peu) pour quelle raison, le rameur n’a eu la possibilité, l’insigne avantage accordé à certains athlètes (Makhloufi, Keddar, Aït Salem) et certains entraîneurs (Mohamed Hocine) et dirigeants de fédération (Ammar Bouras) d’emprunter un vol commercial. Dans le paysage sportif algérien, l’aviron et Sid Ali Boudina ne compte guère.
Son talent, son exploit a été reconnu par nos experts au moment où il se retire sous la tente (comme le fit Achille, héros mythique grec de la guerre de Troie mis en valeur par Homère dans son poème épique l’Iliade à la mort de son ami Patrocle)  pour entamer une carrière professionnelle (sans doute reprendre d’’abord des études universitaires qu’il a délaissée à l’amorce de la troisième année) pour réaliser une autre carrière (sportive) honorablement remplie par cet exploit que fut la qualification pour ces quarts de finale. Un exploit qui en font, alors qu’il exprime un malaise existentiel profondément ressenti, un héros national (dans la discipline) puisque ce stade n’avait (dit-on) jamais été atteint par ces prédécesseurs. A son actif également, selon ses supporters (ses parents et proches) très actifs sur les réseaux sociaux, une très belle place en finale "A" de la dernière coupe du monde de ce sport. Une donnée qu’il confirma dans la déclaration recueillie par l’agence de presse nationale.
Sa coéquipière, dans le même sport, dans la même épreuve mais chez les dames, Amina Rouba a réussi un exploit de même dimension tout en passant  (un exploit  à porter à son actif) totalement inaperçue. La pauvrette souffre de l’absence d’un fan club qui puisse se porter sa parole, son image sur Facebook et elle…..n’a pas pris sa retraite. Elle n’est citée que pour mieux accompagner l’information, le sujet principal. C’est certainement la facette machiste de la vision que l’on a dans les milieux médiatiques de la femme dans le sport algérien. Des médias qui ne les encensent que lorsqu’elles surpassent de très loin les sportifs de sexe masculin. Hassiba Boulmerka, Nouria Merah, Soraya Haddad, Baya Rahouli, Salima Souakri et, en des temps plus lointains, La Kahina, Fatma N’Soummer en sont les exemples les plus flagrant.
Les deux Algériens - bien qu’éliminés en quarts de finale, par un de ces aspects philosophiques inspirant les réglementations techniques que peuvent se permettre les disciplines sportives en retrait médiatique et à la participation réduite - restent en course jusqu’à la fin des compétitions puisque participant à des épreuves de classement (demi-finales C et D) épargnant par leurs désignations les egos et les réputations des uns et des autres. Ils auront participé à autant de tours de compétitions que les médaillés et les finaliste A.
A première réflexion, le départ à la retraite (sportive) de Sid Ali Boudina est incompréhensible. A 26 ans, l’âge de la maturité sportive, Sid Ali a de beaux jours devant lui. Celui de redevenir à nouveau finaliste A dans les plus grandes compétitions de cette discipline. Nous avons vu que la possibilité de le faire cet année (après une préparation et quelques courses de haut niveau dans le cadre de ces jeux olympiques qu’il n’aurait sans doute jamais envisagé en d’autres circonstances) ne lui est pas offerte (ne pourrait-on pas dire qu’elle lui a été retirée, interdite ?) puisqu’il sera encore au village olympique.
Mais voilà, Sid Ali n’en peut plus. Après avoir délaissé ses études universitaires (deuxième année de « fac ») pour son projet sportif (participer à des compétitions de haut niveau), il s’est rendu compte que celui-ci n’avait que peu de chances d’aboutir avec les conditions de pratique actuelles.
A l’issue de son quart de finale du skiff individuel, disputé et perdu à l'"Estadio Lagoa",
Sid Ali Boudina, premier rameur de l’histoire sportive algérienne  à avoir atteint les quarts de finale olympiques pour sa première participation aux Jeux, a décidé de tourner la page et penser à son avenir : « Je vais certainement arrêter après les prochains championnats d’Afrique, c’est triste mais c’est comme ça. J’ai vraiment envie de faire le haut niveau mais les conditions ne me le permettent pas actuellement, donc je veux arrêter et penser à autre chose, notamment mon avenir ».
Sid Ali est conscient qu’il est dans la fleur de l’âge sportif. Il affirme au journaliste de l’APS que 26 ans, « c’est l’âge idéal pour progresser le plus dans cette discipline ». Mais, ajoute-t-il, avec une pointe de regret : « je n’ai plus 20 ans ». Un propos lourd de sens puisqu’il « faut penser à un moment donné à son avenir ».
La décision est, si l’on peut dire, collégiale ou du moins elle a été prise dans ce qui pourrait, à s’y méprendre, ressembler à un semblant de conseil de famille. C’est certain de l’approbation familiale qu’il dit : « mes parents sont d'accord avec ma décision d’arrêter la compétition parce qu’ils ont peur pour mon avenir ». Voilà des parents sensés qui ont accompagné leur enfant aussi loin, aussi longtemps qu’ils l’ont pu et qui ne veulent pas le laisser s’empêtrer dans une situation préjudiciable comme l’ont été tant de champions, de médaillés bernés par des promesses sans lendemain. Ses parents craignent la précarité sociale que mettent en avant des judokas et des boxeurs. La précarité des lendemains incertains.
Cependant, cette décision surprenante ne l’ait pas autant que l’on voudrait nous le faire croire. En effet, avant le déplacement à Rio, il s’était entretenu avec les responsables de la fédération (au sujet desquels il dit qu’ils l’ont beaucoup aidé en particulier en l’autorisant à passer une année à s’entraîner en France, à Toulouse, une explication plausible et réaliste à l’année universitaire sabbatique) et qu’ils auraient convenu d’en reparler à nouveau après les jeux.

 Sid Ali croit en lui. Il se serait bien vu conquérir une médaille aux championnats du monde. Mais, il a conscience aussi que la politique « entreprise (…) est beaucoup plus dirigée vers les compétitions continentales et régionales (Afrique et arabe) » et que pour lui, dont les ambitions sont plus élevés que ces objectifs, il sera très difficile d’obtenir les conditions lui permettant d’évoluer au niveau désiré. Ses objectifs, ses ambitions ne sont pas en phase avec ceux des instances sportives nationales. Dans de telles conditions autant se retirer en beauté d’abord en se classant parmi les 18 meilleurs aux JO puis avec un titre africain.

mardi 16 août 2016

David Torrence (2), L’atavisme péruvien

A
près que les médias eurent eu connaissance du changement de nationalité sportive de David Torrence la question qui lui fut posée marque distinctement la surprise des journalistes américains. En effet, dans leur inconscient collectif, il est très difficile d’accepter, en vertu de l’image de puissance que dégage cette nation, qu’un citoyen américain, présentant les apparences d’une intégration parfaite ( ?) à la société dans laquelle il vit, puisse acquérir une nationalité sportive autre et, qui plus est, d’un des pays sud-américains véhiculant une image de déconsidération.

Ne soyons pas naïfs. Si nous avions tendance à l’être, un élu français dans le Sud du pays des droits de l’homme, anciennement premier responsable d’une ONG internationale, s’est chargé de nous rappeler que le patronyme est un marqueur identitaire, ethnique. David Torrence a, par bonheur dans cette nation où les « hispaniques » sont aussi bien vus que le sont les maghrébins en Europe, la chance de ne pas détoner.

La première question qui lui fut posée est : « Pourquoi courir pour le Pérou plutôt que d'essayer de faire partie l'équipe des États - Unis? » suivie par un appendice qui prouve bien que les apparences sont trompeuses et qui situe la place qu’occupe le pays (Etats Unis) à la fois dans l’esprit de ses citoyens et dans l’univers du sport. Ce changement de nationalité sportive est perçu comme une forme de régression dans la hiérarchie des nations : « Parce que vous avez participé à des compétitions internationales avec l’équipe des Etats Unis l’été dernier ». Pour mémoire en juillet 2015, David Torrence non seulement participé aux jeux panaméricains, avec  la « bannière étoilée » pour étendard mais y remportait aussi une médaille d’argent.

David Torrence, comme dans une partie de pétanque fleurant le Pastis de l’édile languedocien, pousse le bouchon un peu plus loin en notant qu’il avait représenté son pays (les Etats Unis) à plusieurs reprises. Les explications données nous semblent manquer de netteté. Sans doute les conséquences d’une traduction très approximative dont nous avons pu tirer que ce changement de statut sportif est la conséquence d’ « un peu d’introspection » à laquelle se sont ajoutés la possibilité d’aller au bout de soi-même et d’être un modèle pour trois catégories de personnes : « les athlètes, les non-athlètes et les enfants ».

Il réalise aussi que les États - Unis peuvent remplir les quotas de places autorisés par la réglementation aussi bien dans les épreuves auxquelles il peut participer mais aussi dans les autres épreuves et les autres disciplines sportives. Ce n’est pas le cas du Pérou qui ne peut aligner qu’une « une poignée d'athlètes » qu’il estime à une vingtaine.

Dans sa réflexion qui stupéfait par sa rigueur, sa logique, sa froideur, l’impact d’une participation à une finale aurait  un impact beaucoup plus important sur la population péruvienne et apporterait un changement de la culture sportive du pays (possédant de bons marathoniens) en introduisant l'idée de parcours professionnel permettant aux coureurs de demi-fond d’exploiter leurs qualités.

On retrouve, en y prenant garde, le côté bon samaritain des Américains et un égo surdimensionné qui perce lorsqu’il dit : « Je me sens plus "percutant" (représentatif ?) en qualité d’athlète péruvien que comme athlète américain ». Il a conscience des commentaires que cela va entraîner dont celui du choix de la voie de la facilité pour l’obtention du ticket pour Rio.

Devenir Péruvien implique dans l’esprit du journaliste l’obligation de parler la langue du pays sportivement rejoint, l’espagnol : « Parles-tu espagnol? », lui a-t-il était demandé. On apprend que c’est sa langue maternelle, qu’il la parle presque couramment, que c’était le moyen de communication avec sa mère et les membres de sa famille péruvienne qu’il retrouvait presque tous les deux ans. Dans ses explications, on sent comme une forme de communautarisme qui trouve son origine dans le décès de son père américain lorsqu’il était âgé de 6 ans et l’entourage maternel qui l’a pris sous son aile : « Quand j'avais environ six ans, mon père est décédé. Mon père était américain, ma mère était péruvienne. Quand il est décédé, j’ai été recueilli par le côté péruvien de ma famille. Chaque jour après l'école, j’allais chez ma grand - mère pendant que maman travaillait. Là-bas, c’était comme un petit Pérou. Elle me parlait espagnol. Nous avons mangé la cuisine péruvienne, écouté de la musique péruvienne. J'ai un lien très fort avec mon patrimoine péruvien. Par cette éducation, je me suis toujours considéré comme péruvien-américain et non pas seulement américain ».


lundi 15 août 2016

Lanceurs d’alerte (7), Torrence change de nationalité sportive

A
plusieurs reprises, nous avons incidemment abordé le phénomène grandissant du dopage sous l’angle du changement de nationalité constitué en élément de plus en plus récurrent (mais non déterminant de notre vision) du profil des athlètes dopés selon les règles de l’AMA.

Nous l’appréhendons aujourd’hui à travers les explications fournies par la partie opposée, à savoir un lanceur d’alerte, un athlète américain ayant récemment (en juin 2016) acquis la nationalité sportive péruvienne lui permettant de prendre part aux jeux olympiques de Rio sous les couleurs du pays andin.

Le 3 juin dernier, David Torrence s’apprêtait à courir le 800 d’un meeting (« Adrian Martinez Classic »), organisé à Concorde (Massachusetts), lorsqu’il reçut la nouvelle qu'il attendait avec impatience. Le Comité international olympique avait officiellement approuvé sa demande de participation sous les couleurs du Pérou aux Jeux olympiques de cet été à Rio. Une information qui, pour cet athlète américain, marquait l'aboutissement d'un processus commencé 11 mois plus tôt aux Jeux panaméricains de Toronto.

Aux cours de ces jeux abrités par la ville canadienne, David Torrence avait remporté, pour le compte des Etats Unis, la médaille d’argent du 5 000 mètres et s’était (c’était le plus important) en outre entendu avec le président du comité olympique péruvien pour un changement de nationalité sportive. Une situation peu ordinaire !

Les formalités administratives régissant le changement de nationalité sportive impliquent une attente d’une année entre la demande de changement et le changement effectif de nationalité sportive. La demande ayant été déposée le 25 juillet, David Torrence est donc éligible, en sa qualité de citoyen sportif péruvien, à une participation aux jeux olympiques.

Nous noterons que Torrence dispose de la nationalité péruvienne (un élément de sa personnalité, dit-il) depuis le début de l’année 2016. Il décrit les méandres de la procédure qui l’obligea à se rendre (à l’automne dernier) au Pérou pour y déposer un dossier administratif en signalant au passage que s’il avait âgé de moins de 18 ans (il en a 30), et s’il avait été inscrit auprès de l’ambassade péruvienne, tout aurait été plus simple.

Dans son cas, l’acquisition de la nationalité péruvienne était possible car sa mère est née sur le sol de ce pays, y a grandi avant d’émigrer aux Etats Unis à l’adolescence où elle a conservé la nationalité péruvienne d’origine en acquérant celle du pays d’accueil. Comme sa mère américano-péruvienne est encore péruvienne, l’américain David Torrence pouvait obtenir celle de sa mère.

L’idée de devenir péruvien est apparue à la fin des études universitaires (2008) lorsque, arrivé à ce carrefour de l’existence, il s’est senti athlète esseulé, sans sponsor, n’appartenant à aucun groupe d’entraînement, sans aucune des facilités permettant d’entrevoir une carrière professionnelle. Une situation qui a rapidement changé lorsqu’il a rejoint le groupe entraîné par John Cook (retenez ce nom) et qu’il fut parrainé par Nike.

Le changement de nationalité sportive fut mis en attente, en « stand-by », parce qu’il s’était également adressé à des personnes qui lui communiquèrent des informations erronée comme celle de l’obligation de résider pendant trois années au Pérou. Sur cet épisode retardateur, il raconte : « Avec cette nouvelle situation d'entraînement et avec mon parrain, je sentais que ce n’était pas possible. J’ai mis en veilleuse ce projet parce que je savais que je voulais courir pour le Pérou finalement. Cela n’aurait pas été intelligent de le faire à ce moment-là alors que je venais de commencer avec ce nouveau groupe ».
Le projet a refait naissance 8 ans plus tard, aux Jeux panaméricains de 2015, à la suite d’une discussion avec le président du comité olympique péruvien qui l’informa que les informations reçues précédemment étaient incorrectes. Ensemble, ils explorèrent les possibilités légales et étudièrent le calendrier des démarches pour ce changement de nationalité.

Le changement envisagé était raisonné puisqu’il était prévu qu’il courre sous la bannière du Pérou lors des Jeux panaméricains qui s’y dérouleront en 2019 ou 2020. Les jeux olympiques de Rio ne figuraient pas dans leurs plans.


dimanche 14 août 2016

Lanceurs d’alerte (6), Sur le silence des instances

N
otre précédente chronique a fait état des réactions, nous dirons mitigées ou pour le moins protocolaires, en tout cas loin de répondre aux attentes du public désireux d’équité sportive, des deux institutions athlétiques que sont l’Usada (agence étatsunienne de lutte contre le dopage) et l’UKA (la fédération britannique d’athlétisme) directement concernées par les soupçons de dopage pesant sur le NOP et sur « Mo » Farah.

Devant les représentants de la presse (dont nous savons qu’elle est toujours avide de sensationnel), les deux instances sportives nationales s’en sont tenues à un modus vivendi retrouvé très souvent dans le comportement des institutions (quel que soit leur domaine d’activité et nationalités) consistant à ne rien dévoiler, de ne pas laisser transparaitre des informations, à ne laisser percer aucun indice des activités qu’elles ont pu entreprendre dans ce rôle de supervision et de contrôle des activités qui relèvent de leurs domaines, de leurs prérogatives.

Si en tant qu’individu nous sommes légalement dotés de la liberté (quelquefois débridée) de pensée et d’expression, il n’en est pas de même des personnes (surtout les responsables) représentatives d’organismes et d’institutions, assujetties à une certaine retenue que l’on dissimule sous l’expression, brandie à tous bouts de champs, faisant valoir le fameux droit de réserve si opportun.

Les institutions ne peuvent s’exprimer que dans un cadre organisé, celui de la communication institutionnelle, via des communiqués et en organisant des conférences de presse qui, par des intervenants dûment et statutairement mandatés, expriment « la position officielle », nous dirons consensuelle de l’institution traversée (on a tendance à trop souvent l’oublier) par des opinions individuelles et des courants idéologiques (systèmes de pensées et d’idées), divergents de la position officielle, qui s’épancheront (par la suite ou parallèlement) en « off », en dehors des circuits formels de communication. Ce comportement administratif (pouvant dans certaines situations prendre une dimension bureaucratique) est souvent qualifié, par ceux dont l’activité professionnelle est l’investigation, de « rétention de l’information »

Il est donc compréhensible que ces deux organismes (Usada et UKA) n’ébruitent pas (à l’emporte-pièce) des informations, pouvant être préjudiciables à la recherche de la vérité, qui pourraient entretenir la confusion née de rapports antagonistes entre les libertés individuelles et les contraintes sociales, juridiques érigées en marqueurs de l’état de droit dont se revendiquent les deux nations ici retenues. 

Mark Daly s’est donc rapproché de deux organismes nationaux dont les prérogatives, les missions sont différentes. Sur le territoire américain, il a pris attache avec l’agence locale (nationale) de lutte contre le dopage. Au Royaume Uni, son interlocuteur fut la fédération britannique chargée de gérer l’athlétisme.

Dans le premier cas, il s’agissait de comprendre, de connaitre les suites à donner (ou données) à des signalements (d’actions, de présomptions d’actes contraires à l’éthique sportive) portées à la connaissance de l’Usada en vertu des dispositions du Code mondial de la lutte contre le dopage qui astreint les athlètes et leur entourage à en faire part à qui de droit, sous peine d’être considérés comme complices. A charge pour l’organisme d’entreprendre les investigations nécessaires pour faire la preuve (au sens du Code) de la violation des règles par un athlète (Galen Rupp) ou par un membre du « personnel d’encadrement du sportif ».

Dans le second, l’intention du journaliste est d’obtenir des explications, des informations au sujet d’une attitude (Farah s’entraînant avec un athlète inéligible à la pratique de compétition) proscrite. Sauf, celles de Jama et de Driouch, les autres réactions rapportées (UKA et l’agent de Farah) ont été inappropriées.

Après avoir disposé en l’article 10 que le sportif n’est pas autorisé à participer à quelque titre que ce soit à une compétition ou à une autre activité sportive durant sa période de suspension, le Code mondial du dopage prévoit que le sportif peut recommencer à s’entraîner avec une équipe ou à utiliser les installations d’un club ou d’une autre organisation durant les deux derniers mois de la période de suspension prenant effet à compter de sa notification.

Farah a été pris en situation d’« association interdite » avec un sportif suspendu (Driouch) à qui la sanction n’aurait pas encore été notifiée par la fédération qatarie et par l’AMA puisque les deux athlètes étaient déjà en stage de préparation à la date d’effet (31 décembre 2014) en un lieu difficile d’accès.


samedi 13 août 2016

Lanceurs d’alerte (5), Réactions protocolaires de l’Usada et de l’UKA

L
e récit de Kara et Adam Goucher, tel qu’il est rapporté par Mark Daly, le journaliste d’investigations de la BBC, ne se limite pas aux faits qui les touchent personnellement et que nous avons retranscrit dans notre précédente chronique. Ils disent aussi avoir été témoins d’une situation où Rupp et Salazar ont tenté, à deux reprises, d’influencer le processus d'AUT. Cela se serait produit en 2007 et 2011, quand Salazar aurait montré à Rupp  comment obtenir l'autorisation médicale pour une administration intraveineuse de solution saline avant ses courses.

Goucher dit qu'elle ne sait pas pourquoi  Rupp bénéficia d’injections intraveineuses avant les épreuves d’Osaka et de Daegu. Elle avait eu toutefois le sentiment qu’« ils manipulaient le système ». Les Goucher ne pouvaient savoir ce qui se tramait. Ce n’est que plus tard  que  Lance Armstrong, le septuple vainqueur du Tour de France cycliste, jamais impliqué dans un contrôle antidopage positif, dévoila le secret de cette solution saline permettant de masquer les produits dopants.

Interrogé sur ce point, comme pour toutes les autres questions qui lui furent posées, Alberto Salazar a fait appel à sa réponse standard, s’apparentant à un slogan publicitaire ou à ce conditionnement comportemental que l’on doit à l’américain Watson (qui fit pendant à celui du Russe Pavlov) mille fois répété: «Je n'ai jamais incité ​​un athlète à manipuler les procédures de tests ou à  saper les règles qui régissent notre sport ».

Kara Wheeler-Goucher, outre sa médaille de bronze, a réussi des performances intéressantes au plan mondial. Ses meilleures performances personnelles  la situe honorablement dans les pelotons : 1 500 m (4.05.14 en août 2006) ; 3 000 m                (8.34.99 en septembre 2007), 5 000 m (14.55.02 en septembre 2007) ; 10 000 m (30.55.16 en août 2008) ; semi- marathon (1heure 08.05 août 2009) et marathon (2 heures 25.53 en novembre 2008).
Adam Goucher, son époux, n’est pas aussi le premier venu : sélectionné pour disputer les jeux olympiques de Sidney (2000), il s’est classé à la 13ème  place  sur 5 000 mètres, il a établi ses records personnels lorsqu’il a intégré, en 2005, le NOP (13.10.00 au 5 000, en 2006  et 27.59.31 au 10 000 en 2008). Accablé par des blessures récurrentes, Adam Goucher fut surtout un coureur de cross court qui tint tête à Kenenisa Bekele.
En 2013, Kara qui était encore une athlète du NOP (avant de s’en retirer avec son mari Adam) fit part de ses  préoccupations à l’Usada. Ils s’étaient adressés au patron de l’Usada, Travis Tygart, l'homme qui avait fait tomber Armstrong de son piédestal.

Le rôle de l’Usada (comme celui de l’UKA lors de la diffusion du documentaire de la BBC) est trouble. Selon la chaine de télévision britannique, au moins sept athlètes ou membres du personnel associés au projet Oregon se sont adressés à l’Usada et auraient fait part de leurs préoccupations au sujet de pratiques illicites présumées et de comportements contraires à l’éthique.

L’agence américaine de lutte contre le dopage n’a pas confirmé (ni non plus nié) l’ouverture d’une enquête. Sa seule réaction fut de dire qu’elle prenait « tous les rapports de dopage au sérieux » et qu’elle suivait tout aussi sérieusement tous les rapports qui lui étaient faits.

Mark Daly s’est déplacé jusqu’au siège de l'AMA à Montréal. Dans un entretien qu’il eut avec son directeur général (David Howman), il demanda quelles suites avaient été données à l’information relative à l’utilisation de la testostérone par Galen Rupp pendant sa pratique sportive scolaire. Après avoir déclaré que « peu importe l'entraîneur ou l'athlète un tel comportement ne peut être toléré» (le discours type des institutions mises au pied du mur), le « big boss » fit part de son trouble et de sa déception si les allégations étaient confirmées. Il déclara «  je pense que cela doit être examiné par nous en toute neutralité ».


Daly, qui est certainement celui qui connait le mieux ce dossier, affirme que personne n’a présenté de preuves impliquant directement Mo Farah dans des actes de dopage. Tout n’est qu’allégations au sujet de son entraîneur. Ayant abordé le sujet  (et lui ayant présenté ses arguments) avec Andy Parkinson, l'ancien responsable de la lutte contre le dopage au Royaume-Uni, ce dernier lui a tenu un discours très administratif mâtiné, ampoulé, assorti du flegme  britannique : « Sur la base des allégations que vous avez m'a montré ... tout athlète qui est impliqué ou associé à ce groupe, y compris Mo Farah, devrait s’assurer qu’ils évoluent dans un environnement sain». La responsabilité du dopage est rejetée sur l’athlète. Nonobstant l’article 20 du code mondial antidopage de 2015 qui situe les responsabilités des uns et des autres.

vendredi 12 août 2016

Lanceurs d’alerte (3), Kara Goucher enfonce Salazar

P
endant sept ans, Kara Wheeler-Goucher a été une star au sein du groupe NOP. Elle a fait partie des coureuses de fond parmi les plus célèbres d’Amérique du Nord. A son palmarès, à l’époque où elle s’entraîna sous la direction de Salazar, on trouve dans son palmarès, une médaille de bronze remportée sur le 10.000 m des championnats du monde 2007 (Osaka). Ce qui étonne les observateurs c’est qu’elle a toujours tenu des propos élogieux au sujet de son coach. Son changement d’attitude mérite des explications

Lors de la première interview qu’elle aurait accordée depuis son départ du groupe, elle est assise à côté d’Adam, qui est à la fois son époux et son ancien partenaire d’entraînement dans le groupe. Elle observe (ce qui n’est pas, jusqu’à preuve du contraire, un défaut) que Salazar est un obsédé de la victoire, « un gagnant-à-tout-prix».

Kara Goucher explique sa déclaration, sa dénonciation à la fois par la crainte et la lassitude ressenties. Une déclaration au sujet de laquelle on ne se gêne pas pour dire qu’elle aurait été facilitée par le fait qu’elle ne fasse plus partie du projet Oregon et a donné naissance à un bébé. C’est cela (la naissance d’un enfant) qui aurait modifié sa perception de l’existence. Elle nous apprend que son départ du groupe serait consécutif à l’incitation de Salazar à lui faire prendre un médicament thyroïdien (Cytomel) - pour laquelle elle n'aurait pas eu de prescription  médicale - destiné à lui faire perdre du poids pendant sa préparation en vue de sa course de rentrée, après la naissance de son fils Colten.

Kara Goucher ne fait pas dans la demi-mesure. En complément à cette affirmation, elle assure (excusez du peu) que Salazar a violé l'esprit des règlements américains sur les prescriptions médicales. Nous noterons que, dans le prolongement de nos précédentes chroniques sur cet aspect de la gestion de l’entraînement et des fondements scientifiques sur laquelle il repose, Goucher révèle qu’elle prenait déjà une hormone thyroïdienne de synthèse (Levoxyl) prescrite, avant son entrée dans le NOP, en raison d’une hypothyroïdie héréditaire. Donc une AUT authentique.

Mark Daly (qui porte à notre connaissance cette information) indique que le Cytomel ne doit pas être utilisé avec d'autres médicaments utilisés dans les affections de la thyroïde, ou pour perdre du poids (ce qui est incidemment la situation dans laquelle se trouve K. Goucher). Il signale aussi (sans donner d’autres précisions) que de fortes doses de ce médicament « peuvent causer un préjudice grave ». On comprend un peu mieux maintenant les craintes de Kara.

Nous l’avons vu précédemment, Salazar a été approché par la BBC pour apporter sa version des faits. Il a refusé et se contente (avec Galen Rupp) de communiquer par déclarations. Il ne répond jamais aux questions qui lui sont posées si ce n’est en prenant du recul, en imposant son timing et en se donnant le temps de réfléchir aux conséquences qui pourraient en résulter et donc de fignoler sa réponse.

Au sujet de cette tentative qu’il aurait exercée sur Kara Goucher afin qu’elle  prenne du Cytomel et de la déclaration de cette dernière, il a beau jeu de réfuter l’accusation portée par son ancienne athlète  en déclarant qu’«aucun athlète au sein du projet Oregon utilise un médicament qui aille à l’encontre de l'esprit de ce sport que nous aimons ». Il ajoute pour écarter toute forme de suspicion (née ou à venir) que tout médicament pris l’est en considération « des conseils et sous la supervision de professionnels médicaux enregistrés ». Il se réfugie donc derrière le paravent apporté par l’expertise du corps médical.


L’article de Mark Daly montre incontestablement qu’Alberto Salazar est un habile communicateur capable à la fois de faire valoir une maitrise sûre des méandres de la réglementation de la lutte antidopage en affirmant que le traitement de la thyroïde n’est pas interdit par la réglementation mise en place par l’AMA et, en même temps, de faire prévaloir son incompétence en matière d’avantages qui pouvaient en découler sur le plan de l’amélioration de performances.

jeudi 11 août 2016

Jeux olympiques/ Larbi Bourraâda (Athlétisme), Englué dans une mélasse médiatique


P
endant que tout le monde attendait avec impatience l’arrivée retardée de Toufik Makhloufi annoncé comme le  seul et unique sportif algérien pouvant accéder à la plus haute marche du podium olympique, un autre athlète se morfondait comme un amoureux transi en l’absence de sa dulcinée.
Larbi Bourraâda a marqué (gardons-nous de l’oublier) l’histoire de l’athlétisme algérien de plusieurs manières. D’abord en remportant des titres et des records d’Afrique  au décathlon, l’épreuve réservée aux grands champions ou du moins aux plus complets, aux talents sportifs multiples,  à ceux pouvant briller sur presque toutes les épreuves proposées par le règlement technique. Ensuite, en démontrant que l’élève pouvait dépasser son maître. Et enfin, en se faisant porter sur la liste des tricheurs, ceux qui s’adonnent à la consommation des produits pharmaceutiques interdits déjà par la simple éthique olympique et aussi par la réglementation sportive afin de décupler leurs chances de succès.
Depuis l’été dernier, depuis les championnats du monde d’athlétisme disputés à Pékin qui le virent se classer à la 5ème  place et battre un nouveau record d’Afrique, Larbi Bourraâda est (avec Toufik Makhloufi), si l’on croit les discours des grands spécialistes algérois qui connaissent les dessous de la fédération algérienne d’athlétisme, le seul autre athlète susceptible de ramener dans ses bagages une médaille des jeux olympiques de Rio. Cette croyance est évidemment partagée par toutes les instances sportives nationales. Elle est également espérée par d’autres milieux à la recherche désespérée de porte-drapeaux, d’un motif de festoyer et de parader. Une situation qui (faisant l’impasse sur sa dérive de 2012 au nom du pardon à accorder) lui a valu un statut particulier parmi ses pairs. Un statut qui se situe entre celui de Toufik Makhloufi et de la majorité des autres athlètes dont ne font pas partie ceux dont les coaches sont dans les bonnes grâces fédérales et bénéficient à ce titre de certains avantages.
Il est bon de savoir que Larbi Bourraâda, malgré le bannissement des compétitions auquel il fut assujetti par les instances sportives, jouit d’un respect non affecté dans le milieu sportif. Y compris dans les milieux où se rangent les athlètes et les entraîneurs qui (pour de multiples et disparates raisons dont la première est le peu d’attention qui leur est accordée) sont en froid avec les dirigeants de la fédération et surtout avec son « entraîneur », Ahmed Mahour Bacha surnommé par beaucoup « le Diable ».
Selon ces milieux attentifs à tous les égarements courants dans le camp adverse,  Larbi Bourraâda serait en bisbille depuis quelques mois, depuis ce qui a été annoncé dans la presse comme un forfait aux championnats indoor d’athlétisme. Sous le prétexte d’une blessure au dos dont on se plait à répéter qu’elle fut imaginaire et qu’elle  aurait en outre permis d’ajouter à son programme de stages (controversés) une session de soins spécialisés loin du territoire national. Il se dit, avec force conviction, qu’au mois de février dernier, Larbi Bourraâda pétait la grande forme et se voyait revenir de Portland (Oregon), fief du NOP d’Alberto Salazar et de Nike, avec une médaille de vermeil autour du cou qui aurait effacée dans les esprits du petit peuple le revers, l’énormité de 2012. Une médaille virtuelle par la volonté de « son » entraîneur.
Larbi Bourraâda a aussi en travers de la gorge sa « mésaventure » de 2012  (quelques semaines avant les jeux de Londres qui le conduisit vers une suspension de deux ans) et de l’étiquette inaltérable qu’elle lui vaut. Certains (nous avons surpris le sobriquet de «bourreau de travail » qui lui est attribué) lui accordent une capacité de travail hors du commun et une volonté phénoménale.
Larbi Bourraâda ne serait pas bien dans sa peau. A Rio, il se sentirait bien esseulé. Pendant que des photos circulant sur les réseaux sociaux le montrent déambulant en compagnie de ses coéquipiers de la sélection algérienne en promenade avec « son » coach (Mahour Bacha), un autre entraîneur (Mohamed Hocine, cet entraîneur qui accompagna la triple sauteuse Baya Rahouli lorsqu’elle eut atteint le haut niveau) resté à Alger, déclare - sur un plateaux des nombreuses télévisions pullulant sans agrément dans le paysage audio-visuel algérien,  où il a été invité avec l’ancien ministre de la jeunesse et des sports (Aziz Derouaz) - que « son » athlète est parti sans lui. Un débat récurrent dans les rangs de l’athlétisme national. Une polémique que suscita, dans les travées du stade annexe, l’arrivée de cet entraîneur aux côtés de la fille de Bab El Oued.
 Drôle d’affaire que celle où celui que l’on désigne comme  « pique-assiette » (surnom donné sur les réseaux sociaux à un confrère journaliste qui n’est plus dans les petits papiers de la fédération et de Mahour Bacha et se trouverait dans la délégation olympique algérienne) n’est pas celui que l’on montre du doigt.
La fédération s’est embourbée dans l’indécision, dans un cafouillage permanent, dans la confusion apparemment préméditée en déclarant, il y a quelques mois (pendant que débutait la guerre entre la CPO et certains entraîneurs regroupés autour de Mahour Bacha) que Bourraâda s’entraînait normalement avec son entraîneur Mohamed Hocine (nommément désigné) au stade du 5 juillet puis en confiant l’encadrement d’un stage en péninsule ibérique à un autre (Mahour Bacha) qui désigne Mohamed Hocine sous le qualificatif de « mon assistant », un statut qui fut aussi le sien lors des championnats du monde de Pékin, pour services rendus et en application de cette politique de sélection qu’aurait prônée dans les années 90 un président de la fédération dont il était de notoriété publique qu’il fut très proche de lui.
Si nous avons compris la situation, le partage des tâches et des avantages, à Hocine est réservé le travail ingrat de terrain tandis qu’à Mahour Bacha iraient les honneurs et les euros qui les accompagnent lorsqu’il est question de stages et de compétitions majeures à l’étranger.
Pour lever toute équivoque (encore que cela risque de compliquer plus qu’elle ne l’est déjà la compréhension de la situation présente), Mahour Bacha, en butte avec l’intransigeance de la CPO (commission de préparation des jeux olympiques) et certainement du COA (comité olympique algérien, décideur en dernier ressort, instance avec laquelle il est en guerre permanent depuis des années, depuis au moins le nouveau siècle) qui décemment ne peuvent admettre qu’un athlète ait plusieurs entraîneurs-accompagnateurs, a plaidé, en faveur de son « assistant », le droit d’avoir une place dans la délégation.
Mahour Bacha, en grand seigneur, a refusé, dans des déclarations émises sur les réseaux sociaux, (ce qui ne l’engage guère si ce n’est en tant que déclaration d’intention pour s’attirer les faveurs de ses amis Facebook) de percevoir l’indemnité au montant uniforme de 1 400 euros promise à chacun des membres de la délégation en proposant (tout en sachant l’impossibilité de la chose) de l’attribuer à Mohamed Hocine.
Ce sont ces événements qu’il faut avoir à l’esprit lorsque l’on se penche sur la polémique née de la présence, dans l’avion affrété par le COA, dans le village olympique, de personnes proches de dirigeants sportifs qui n’auraient rien à y faire.
On peut donc comprendre que Larbi Bourraâda soit irrité. Ballotté entre deux entraîneurs, manipulable à souhait (ce serait son principal défaut, celui qui l’a conduit à être mis en marge des compétitions entre juin 2012 et juin 2014), il tempête à Rio exigeant la venue de « son » entraîneur, proposant de le prendre en charge poursuivant ainsi une démarche d’intox, de manipulation entamée « par son entraîneur » (Mahour Bacha) formulant une manie bien déroutante destinée à  importuner tout le monde. Y compris l’athlète mené par le bout du nez.  

Alors que de Rio, certains affirment que Bourraâda est déstabilisé par cette situation peu ordinaire, d’autres à Alger estiment qu’il s’agit d’une manœuvre destinée à préparer un forfait de l’athlète ou dans une moindre mesure un échec annoncé.