dimanche 11 décembre 2016

Polémiques (65), Profil d’un athlète gâté

Les carrières d’Anou, Keddar et de bien d’autres confortent un constat incroyable. Les jeunes athlètes algériens réussissent des performances assez intéressantes au sein leurs clubs, avec leurs entraîneurs, avec des moyens matériels et logistiques dérisoires. En tous cas qui ne sont pas toujours adéquats avec ceux exigés par le haut niveau. Ils déçoivent lorsqu’ils changent de milieu en rejoignant le pôle de l’excellence fédérale. De quoi apporter de l’eau à ceux qui prétendent que l’élite fédérale est conduite par l’….incompétence.

Abdelhamid « Blondin » Zerrifi  a été le premier athlète à se plaindre de la fédération dans les colonnes des journaux. Nous avons vu les reproches faits à la FAA. Nous pouvons concevoir que cet athlète trentenaire, dont le classement national depuis 2009 se situe régulièrement dans le Top 3, soit irrité par son éviction surprise de la liste des sélectionnés pour les jeux olympiques de Rio. Nous ne reviendrons pas sur le récit de ses mésaventures. 

A l’écouter dans ses récriminations, le lecteur moyen en arrive à douter (sans preuves) de l’objectivité de la fédération mais aussi, par la force des choses, de la réalité des faits racontés par « Blondin ». Trop c’est trop, impossible d’imaginer un seul instant un tel niveau de bassesse.  C’est quand même une fédération nationale. Zerrifi, se dit-on, éructe, médit à n’en plus savoir s’arrêter. Là aussi, on ne peut penser qu’à la méchanceté, à des propos vengeurs pour masquer un échec personnel. Alors qu’il n’en est rien. Zerrifi a digéré sa déception et a repris les entrainements avec Mahiedinne Mekhissi, en Californie, dans le camp dirigé par Abderrahmane Morceli.

Quelques semaines plus tard, alors que la majorité des membres de la délégation algérienne est installée à Rio, que certains ont achevé leur aventure olympique, un athlète n’est pas encore arrivé. Il s’agit du jeune Keddar Salim (21 ans), compagnon d’entraînement de Toufik Makhloufi. Tous deux, avec les athlètes français du coach Philippe Dupont, ont continué leur préparation sur les installations du centre hexagonal de préparation en altitude de Font Romeu, sis dans les Pyrénées, le massif montagneux séparant la France de l’Espagne. 

Keddar Salim, tout comme Abdelhamid Zerrifi, est mécontent. Il ne semble pas être le seul. Ses compères du demi-fond semblent l’être également. Mais, ils ne disent rien. Leurs entraîneurs restés en Algérie font cependant entendre leurs paroles sur les réseaux sociaux. Discrètement. Ils n’ont pas l’aura de Mahour Bacha et dit-on ses capacités de nuisance.

Dans un autre titre de la presse nationale en langue française, Keddar s’est livré à une attaque de la FAA. A fleurets mouchetés. Il y regrette les mécanismes de sélection mis en place par la fédération. Il lui reproche les minima fédéraux imposés dans un premier temps, la suppression de la période de référence des instances internationales qui l’ « ont beaucoup perturbé, du moment qu’officiellement j’étais qualifié pour les JO en ayant réalisé les minima exigés par l’IAAF l’année dernière ». Il explique à notre confrère qu’ « au lieu de me concentrer sur les Jeux, je me suis retrouvé perturbé à l’idée d’aller chercher encore ces minima». Ceci est connu de nos lecteurs. Nous remarquerons que Keddar n’a pas pu en 2016 réaliser ces minima.

La suite de sa déclaration est consternante. Est-il possible de mettre en doute ses propos ? Certainement pas puisque Keddar fait partie (en théorie) des privilégiés de la fédération, ceux qui paraissent bénéficier d’une bonne prise en charge. N’a-t-il pas été de tous les stages de Toufik Makhloufi  avec pour coach le manager du demi-fond français, Philippe Dupont ? Compte tenu de la qualité du groupe d’entraînement, il est possible de considérer que Keddar a été gâté. Il s’entraine avec un champion olympique, un champion d’Europe, etc.

Mis à part, la course au minima dans laquelle il a du s’engager, Keddar ne critique pas excessivement la fédération. Il a pu mener à son terme, dans de bonnes conditions, sa préparation prolongée jusqu’après le départ de l’avion spécial affrété par le COA, le 27 juillet. C’est ce que nous comprenons lorsqu’il dit : «J’ai rejoint Rio le 9 août, après avoir bouclé ma préparation en France en compagnie de Makhloufi et de notre coach Philippe Dupont ». Makhloufi et Keddar sont restés à Font Romeu jusqu’à la dernière minute pour profiter des effets bénéfiques de l’entrainement en altitude. Près de 15 jours supplémentaires de préparation loin des curieux, de l’agitation.


jeudi 8 décembre 2016

Polémiques (64), La pyramide de l’élite

Les informations statistiques sont quasi inexistantes. Elles se résument à un « Top 10 » et aux résultats de quelques compétitions. Celles placées sous la coupe fédérale. Les autres ne comptent pas. Un moyen, nous semble-t-il, de masquer la réalité et de faire naitre (et d’alimenter) la thèse de l’athlète providentiel, surgi du néant. Cela appartient à notre culture depuis que….les colons sont partis. Impossible de tracer les jeunes. Excepté si l’on fournit un effort gigantesque de recherches aidé par le…..pifomètre. Malgré celà, nous tenterons d’esquisser (avec le peu d’informations disponibles) la cartographie de l’élite athlétique composée de plusieurs niveaux.

Le premier niveau, celui qui domine l’ensemble de l’édifice, est celui dans lequel trône impérialement Toufik Makhloufi. Etant le sommet du système pyramidal, Makhloufi se retrouve seul comme Pharaon. Bien qu’il soit accompagné dans ses pérégrinations planétaires par un sparring-partner national, une sorte de chevalier servant.

Incidemment, aucun groupe ne  s’est constitué autour de lui. Contrairement aux années 90 lorsque deux autres champions olympiques (Hassiba Boulmerka et Nouredinne Morceli) étaient entourés par des athlètes dont on pourra objectivement critiquer la proximité régionale, familiale, clubarde avec les champions. Toutefois, les groupes d’entrainement avaient une existence. Les véritables groupes d’entrainement se constitueront autour du MCA/GSP avec Mohamed Djouad et Amar Brahmia pour leaders. Des groupes composés d’athlètes de même niveau, à 3.35 (et moins) sur le seul 1 500 mètres, épreuve de référence nationale.

Depuis les jeux de Londres (2012), le fils de Souk-Ahras est l’icône nationale. La référence de la réussite sportive. Sur le plan des avantages qui lui sont consentis, il n’a rien à envier aux représentants élus et nommés de l’Etat. Nous avons tous constaté qu’il est considéré au même titre qu’un digne enfant, le successeur des héros de la guerre de libération qui n’ont pas vu le recouvrement de la souveraineté. Il se voudrait l’émule de son homonyme Rachid Makhloufi, celui qui fut de l’épopée de l’équipe du FLN, abandonnant la notoriété, la fortune et une participation à la Coupe du monde de football pour une équipe à constituer. Ses références discursives montrent en fait qu’il plagie la nouvelle génération de la révolution bourgeoise contemporaine…..donneuse de leçons de patriotisme.

Au niveau immédiatement inférieur, on trouve Larbi Bouraâda qui, par l’entregent de son entraîneur Ahmed Mahour Bacha, dispose d’un statut spécial intermédiaire entre celui de Makhloufi et du troisième niveau où l’on regroupe tous les athlètes dont l’entraîneur est proche du staff fédéral et de Mahour Bacha.

Sur ce troisième niveau pèse (nous l’espérons à tort) des soupçons de pratiques qui font l’aura sulfureuse du pivot inévitable que serait Mahour Bacha. Celui-ci et son athlète voudraient bénéficier du même statut que Makhloufi. Ils voudraient modifier à leur avantage la règle (énoncée par Zerrifi) qui veut que l’aide vienne après les résultats.

Malheureusement pour eux, Bouraâda n’a pas le même palmarès que Makhloufi. Pas de médaille olympique ou de titre mondial. Il appartient seulement au groupe des 10 meilleurs mondiaux depuis le Mondial de Pékin et traine une casserole. Façon de parler puisque sa casserole (contrôle anti doping positif suivi d’une suspension de 2 ans pour infraction au règles de dopage) ne l’a pas empêché de bénéficier de l’aide et du soutien de la fédération alors que la réglementation définie par l’AMA lui interdit l’utilisation des infrastructures sportives et tant d’autres choses qui lui furent permises qui font de la fédération, la complice de violations des règles en la matière.

Le quatrième niveau est celui des athlètes qui n’appartiennent pas aux trois niveaux précédents, que l’on voudrait bien écarter de l’élite pour différents motifs et que l’on doit accepter à contre cœur car leurs performances parlent pour eux. Sauf, lorsqu’ils acceptent la proposition fédérale de changer d’entraîneurs et de rejoindre les entraîneurs du pôle fédéral. Nous revenons à la fameuse captation d’athlètes qui est synonyme de promotion au troisième niveau.

Zerrifi a rappelé à l’attention de tous la courte carrière  dans le pré carré fédéral d’Anou Abderrahmane. Un ancien champion junior, auteur de belles performances en catégorie Espoirs (3.35 au 1 500 mètres), ancien compagnon d’entraînement de Makhloufi. En retrait depuis qu’il n’a pas concrétisé les attentes.


Un autre coureur de 1 500 suit la même voie. Keddar Salim a tenu lui aussi compagnie à Makhloufi. Ce compagnonnage lui vaut également (il est malheureux de le constater) de voir son niveau de performance régresser de 3.35 à 3.38 au lieu de progresser. 

mercredi 7 décembre 2016

Polémiques (63), Espoirs et duperie


Nul (à l’exception des prétentieux doté d’un complexe de supériorité chauvine hors de toute mesure) n’attendait un résultat de la part des seconds couteaux. Ils (les marathoniennes et leurs homologues masculins, les coureurs de 3 000 mètres et ceux de 400 mètres haies, les coureurs de 800 mètres) étaient là pour faire de la figuration. Quelques uns avaient été repêchés pour donner l’illusion de l’existence à une fédération qui dut recourir à un subterfuge (revoir la période de réalisation des minima de participation en revenant à ceux de l’IAAF/CIO) pour remplir le contingent qu’elle s’était pronostiquée.

Cette catégorie d’athlètes n’a jamais été dupe et n’a jamais trompé le public, profanes et surtout pas les spécialistes et les observateurs un tant soit peu informés. Meilleure performance personnelle de la saison, records personnels, records nationaux, un petit tour ou deux…et puis s’en vont, rentrent à la maison. Ils ne visaient pas la lune, la médaille olympique. Au mieux, réaliser un rêve quasi impossible, celui d’arracher une place en finale.

La majorité des athlètes participants aux jeux olympiques (nos représentants et ceux des autres nations au même statut) étaient là  pour meubler le temps télévisuel, remplir les courses qualificatives en attendant les exploits des stars de l’athlétisme national et international auxquelles on avait promis les plus belles médailles. Les stars nationales  et leur entraîneur (un seul est concerné) ont joué un remake du chasseur vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tué ou de Perrette et son pot de lait. Les chants de victoire avant qu’elle n’ait été acquise. Les faire-valoir n’en demandaient pas autant. Eux qui se sont retrouvés esseulés. Sans même la présence de leur entraîneur tandis que les autres étaient entourés par un staff personnel.

La fédération algérienne d’athlétisme a été traitée de « une bande d’incompétents » ! Ils ont été quelques-uns à avoir été bernés par la FAA. Les seconds couteaux, les athlètes qui ont le plus souffert de l’incompétence n’ont rien dit. Ou exactement, on ne les a pas entendus puisqu’ils n’étaient pas attendus. Leurs explications n’ont pas eu d’écho. Elles sont restées dans des cercles restreints. Partagées avec leurs entraîneurs, avec leurs proches. Ils ont eu beau pesté dans leurs coins, ils n’ont pas eu d’audience. La chape de plomb s’est abattue sur eux.

Par cette ironie que le sort réserve aux présomptueux, l’expression la « bande d’incompétents », nous la devons (à la télé ou à la radio, dans les colonnes des journaux) aux chouchous du système : Toufik Makhloufi et Larbi Bouraâda. Deux athlètes qui, en personne (Makhloufi) ou par entraîneur interposé (Bouraâda), font la pluie et le beau temps à la fédération algérienne. Deux champions (incontestables) ayant disposé de toutes les facilités. Deux champions dont l’échec est le plus visible. Contrairement aux autres athlètes, ils n’ont pas rempli leurs contrats.

Saïd Lounnas, dans une contribution que nous avons publiée, a expliqué l’organisation de l’athlétisme national. Celle qui avait été mise en place du temps où il occupait de hautes fonctions au MJS et à la FAA. Il distinguait nettement le haut niveau (l’élite nationale) et la base (les ligues et les clubs). Nous ne pensons pas que Lounnas ait pensé à la segmentation du haut niveau (même s’il a pu envisager un instant une adaptation des moyens fédéraux à la notoriété sportive)  telle que nous pouvons l’apercevoir actuellement dans les actions fédérales.  


Analyser l’échec de Rio est, nous devons le reconnaitre, difficile. Les informations stratégiques, décisives manquent. Plus exactement n’ont pas été publiées. Elles ne le seront d’ailleurs jamais. Ni communiquées aux membres de l’assemblée générale de la FAA. Le fonctionnement de la fédération est marqué par l’opacité. Bien qu’elle se soit associée à une société de communication. Nul ne saura combien coûte un Makhloufi, un Bouraâda ou n’importe quel athlète de l’élite. Il vaut peut être mieux qu’il en soit ainsi. Nous serions certainement effarés par les conclusions de cette comptabilité analytique. 

mardi 6 décembre 2016

Polémiques (62), « Une bande d’incompétents »

La réponse de Zerrifi à une possible intervention de Toufik Makhloufi au sujet des relations tumultueuses entre les athlètes et la fédération est significative : « Taoufik ne veut pas rentrer en conflit, malgré quelques mésaventures, il se concentre sur les Jeux olympiques ». L’altruisme (même intéressé) de Zerrifi lorsqu’il fait référence à la situation d’Abderrahmane Anou a trouvé son contraire : l’individualisme qui sied si bien à l’athlétisme, à ses champions. Comprendre que Makhloufi est out, en stand by, un spectateur des avanies de ses pairs jusqu’à la fin de JO.  

Toufik Makhloufi interviendra plus tard. Beaucoup plus tard. Après les deux courses sur lesquelles il était engagé : le 800 mètres et le 1 500 mètres. Quand les Jeux seront terminés (pour lui) et qu’il aura inscrit à son palmarès deux autres médailles olympiques. Deux médailles d’argent au lieu de la médaille d’or impatiemment attendue par les sportifs du vendredi et les stars des plateaux de télévision. Une médaille d’or imprudemment pronostiquée par tous les spécialistes qui ne s’attendaient certainement pas à ce qu’il renouvelle sa rocambolesque prestation de Londres (2012) en matière de participation. Une participation sur laquelle il a fait durer le suspense. La démonstration (encore une) qu’il était un électron libre n’accordant aucune considération aux instances sportives, FAA ou COA. Makhloufi n’en fait qu’à sa tête. Sur ce point, Bouras avait raison : Makhloufi est ingérable.

Après qu’il eut terminé son programme et rapporté deux médailles d’argent, Makhloufi fit le guignol devant les caméras et les micros. Celui qui, depuis sa médaille londonienne, a le plus profité de la préparation olympique, du soutien et des largesses-quasi illimitées de l’Etat algérien (et n’a pas réussi à décrocher l’or qu’on lui promettait) prendra la défense de ses pairs. Pas n’importe lesquels. Il se mit à disposition des quelques athlètes chouchoutés par le système. Makhloufi a crié avec La meute de loups.

Après les Jeux olympiques de Rio, Toufik Makhloufi, la célébrité de l’athlétisme algérien, s’est fait le défenseur de Larbi Bouraâda, le pestiféré d’avant Londres 2012, qui lui aussi a échoué dans le challenge très ambitieux qui lui a été imposé. Larbi Bouraâda, directement ou par ses proches, a été au cœur de toutes les polémiques.

Appliquant la règle de la proximité, il sera également aux cotés de son compagnon algérien d’entraînement, celui qui le suit partout (ils sont souvent en stage avec les athlètes de demi-fond français managés par Philippe Dupont), Keddar Salim, un autre coureur de 1 500 mètres. Un miler qui se fit remarquer pendant les jeux olympiques en criant sur tous les toits qu’il n’a pu y participer que grâce à la compréhension de Makhloufi. Ce dernier aurait payé (de ses propres deniers) son billet d’avion pour Rio. Encore une histoire de billet d’avion ! L’athlétisme algérien n’en finit pas avec les histoires invraisemblables et scabreuses de billets d’avion.

 « Une bande d’incompétents». C’est le sens des commentaires des meilleurs athlètes algériens après qu’ils eurent achevé l’aventure olympique brésilienne. Le voyage est terminé pour eux. Ils ont concouru et réalisé des résultats que l’on ne doit pas dénigrer. Raison nous devons garder lorsque l’on s’y connait un peu en athlétisme. Beaucoup sont sur la ligne de départ et peu sont avant-postes à l’arrivée. Ne parlons pas des jeux olympiques qui attirent la crème athlétique.

Lorsque l’on ne figure pas parmi les premiers, parmi ceux qui ont remporté une médaille ou dans le groupe des huit finalistes mais que l’on a été au bout de soi, on écrase une larme (souvent invisible) avant de se remettre au boulot. Après avoir constaté  les dégâts, après avoir dissipé la peine compréhensible qui emplit l’esprit et incite par dépit à ne plus rechausser les chaussures de sports, « les baskets » pour reprendre l’expression de Zerrifi.

Après les épreuves olympiques de Rio, la majorité des athlètes ayant fait partie du groupe d’une quinzaine de sélectionnés, se sont repliés sur eux-mêmes, dans leurs coquilles. Mentalement, ils se sont donné quelques coups de pieds au postérieur pour ne pas avoir été à la hauteur de leurs propres espoirs de performances. Ils se sont cherchés des explications, des excuses. Par acquit de conscience. Ils connaissaient, avant de monter dans l’avion qui les conduisait au Brésil, la dure, l’implacable réalité des chronos, des performances.


Insubordination à la FAA


Le souffle d’Eole venant de l’Ouest est passé au dessus de Dely Ibrahim et a déversé son trop plein d’humeur sur notre olivier. A vrai dire (et pour plus de précision), c’est en survolant la fédération algérienne d’athlétisme qu’il s’est chargé des miasmes qui s’en dégagent.
Nous avons appris, suite à une information que l’on murmure du côté du Sato, que plus rien ne va au sein de cette fédération. Cette information indique que les premiers responsables de cette instance sportive ont perdu toute décence et pratiquent une politique qui à s’y méprendre ressemble à une boulimie insatiable de oyages….passant outre aux directives du ministère de la jeunesse et des sports.
Selon une source très proche de cette fédération, celle-ci aurait présenté un dossier de sortie de deux responsables fédéraux (le président Bouras et le DTN) afin de se rendre à une réunion de l’IAAF. Le second (à savoir le sieur Boubrit) est, dans le dossier remis au MJS, qualifié de secrétaire général de la fédération. Comme indiqué sur l’invitation reçue de l’IAAF. Une fonction qui, nous a-t-on appris, a été diffusé à toutes les instances sportives régionales, continentales et mondiales.
Il est de notoriété publique que la proposition de nomination de l’intéressé en qualité de secrétaire général par intérim de la FAA n’a pas été entérinée par le MJS qui a, par courrier du 27 octobre adressé au président de la FAA, maintenu Rezki Azaoun (unilatéralement démis de ses fonctions par Amar Bouras) dans ses fonctions.
Le président Bouras, sentant certainement la fin de son mandat, n’en fait qu’à sa tête. Il est passé outre au refus du ministère d’agréer le déplacement de Boubrit.
Les informations en notre possession exposent que le président de la fédération aurait ordonné l’acquisition d’un billet d’avion en faveur de Boubrit sur le compte de la fédération. Par ailleurs, ce même président  aurait cédé ses frais de mission au sieur Boubrit qui devait se rendre à la réunion de l’IAAF en lieu et place du président Bouras. Pour corser le tout, il semblerait  qu’il ait été également acquis un billet Alger-Paris - La Havane pour le compte du président de la FAA qui lui, au lieu d’assister à la réunion de l’IAAF se serait alors dirigé vers Cuba en compagnie de son épouse que l’on nous a dit originaire de ce pays.
Dans un premier temps, le DTN aurait donné son accord pour marcher dans la combine. Avant de se rétracter par peur des risques encourus.

Ces mêmes informations indiquent que le ministère ayant eu connaissance de ces agissements aurait demandé à Bouras de rentrer en extrême urgence de Paris pour être entendu (en compagnie du trésorier de la FAA) par les responsables du MJS afin de s’en expliquer.    

lundi 5 décembre 2016

Polémiques (61), Pas d’interlocuteurs


L’interview d’Abdelhamid Zerrifi montre que le cas du coureur émigré de 3 000 mètres steeple ne pourrait être qu’un prétexte (de la part du quotidien) pour écorcher la fédération, la déranger dans son fonctionnement très approximatif. Nous avons vu avec nos précédentes chroniques  ce que peut donner une analyse du discours empruntant ses outils à la praxématique. En particulier, celles qui se sont penchées sur les deux interviews accordées par Toufik Makhloufi à ce même quotidien. Deux interviews qui perturbèrent, à la fin des années 2014 et 2015, la fédération, le COA et le MJS.

L’avant-dernière question posée par notre confrère aurait pu être d’un apport plus riche en informations. Faire  preuve de perspicacité, de réactivité, accorder un plus d’attention aux réponses de « Blondin » (un surnom accepté et revendiqué quelque part par Zerrifi) aurait permis de donner une autre dimension à cette interview, à cette dénonciation.

Pour notre ami journaliste, formaté à ce genre de situations, face à ces agissements faisant partie de notre vie quotidienne, le recours de l’athlète est indubitablement la première autorité de la fédération, le président élu.

Zerrifi nous apprend qu’il a « appelé à maintes reprises » (donc, il n’a pas rencontré et n’a pas parlé de vive voix avec son interlocuteur) et qu’il a été orienté vers Bouras.  Le « il » est comme un fantôme. Le pronom personnel renvoie à un interlocuteur absent qui n’est pas spécifié dans la réponse de Zerrifi. En toute logique, son vis-à-vis a du être le chef de la délégation. Le premier concerné par la résolution de cette question qui traine au point de se transformer en une manigance. C’est la compréhension que nous devons avoir de la  réponse de Zerrifi qui, telle que publiée, mélange les cartes : « Je l’ai appelé à maintes reprises. Il m’oriente vers Bouras ».

Lorsque l’on sait qu’Amar Bouras est le président de la fédération, nous devons considérer que Zerrifi connait Bouras et qu’il saurait reconnaitre sa voix.  Le contraire serait inadmissible. Nous pouvons aussi échafauder plusieurs hypothèses. La première est que le président de la fédération s’est présenté (au téléphone) comme étant une autre personne et que (selon une expression populaire) il l’a envoyé baladé.

La seconde serait que Zerrifi aurait discuté réellement avec Bouras et que ce dernier l’aurait orienté vers Brahmia, président de la CPO. Cette hypothèse qui semble aussi valable que la première est inopérante puisque Zerrifi souhaitait recouvrer les droits dont il a été dépossédé pendant les championnats du monde de 2015. Brahmia, en sa qualité de président de la CPO, n’est pas concerné. Une troisième version est possible : notre ami journaliste, dans la confusion de ce mois de juillet 2016, a été l’auteur d’un lapsus.

Evidemment, on peut supposer une autre éventualité (la plus évidente d’entre toutes) qui serait que Zerrifi s’est adressé au chef de délégation qui l’a renvoyé au président de la fédération dont on dit qu’il passe son temps à voyager à l’étranger et à l’intérieur du pays et est en conséquence absent de son bureau qui n’existerait pas à la FAA.

La conclusion de ce manège est que Zerrifi a été mené en bateau. Ces contretemps, ces atermoiements l’on conduit à tenter en vain de prendre attache avec le ministère « pour dénoncer le malaise des athlètes et de moi-même ». En l’absence d’informations, nous supposerons que le dossier a été clos et que Zerrifi est encore dans l’attente de ce qui est devenu un mirage qui dure près de 18 mois après les championnats du monde.

Le journaliste envisage une intervention de Toufik Makhloufi, afin de résoudre cette situation préjudiciable aux athlètes. Le leader de la sélection nationale auprès des responsables de la fédération, du point de vue du journaliste, aurait pu exercer une sorte d’intermédiation grâce à son statut de champion olympique, d’idole du public algérien.


dimanche 4 décembre 2016

Polémiques (60), Marche ou crève !

La première participation de Zerrifi aux championnats du monde qui se déroulèrent à Moscou (2013) est inoubliable. Le premier contact avec le très haut niveau devrait rester gravé dans sa mémoire. Comme l’est la « boule à zéro » lorsque la recrue du service national faisait son entrée à la caserne.

Pour Zerrifi, cela y ressemble un peu. Ou plutôt il y a une grande similarité avec la remise du paquetage. Le trouffion (ici le garde matériel ou le chargé de la logistique) marque sa position présente et ponctuelle de supériorité.  Celle que lui donne la distribution des effets vestimentaires qui lui permet  par anticipation de marquer son territoire par rapport à celui qui sera  peut être son supérieur, dans ce cas un champion.  Le coureur de Montpellier se souvient : « je me rappelle qu’on s'est vu remettre les tenues dans une poche en plastique avec une paire de basket même pas à notre pointure ».

Zerrifi relève l’incapacité de la fédération à doter correctement ses représentants, les ambassadeurs de l’athlétisme algérien, de leur fournir des équipements à leurs tailles et à leurs pointures. Ecoutons-le : « il y avait une délégation d'une vingtaine d'athlètes au maximum ce n'était pas comme si c'était une grosse délégation où il y avait beaucoup d'athlètes à prendre en charge ». Il n’est pas nécessaire de commenter.

A la lecture de l’interview accordée par Abdelhamid Zerrifi, les lecteurs comprennent mieux que les accompagnateurs des équipes nationales d’athlétisme sont des opportunistes. Les frais de taxi payés par Zerrifi, l’argent de poche qu’il n’a pas reçu étaient (du moins cela fait partie de la norme) disponibles sur les lieux des championnats du monde, prêts à être utilisés en tant que de besoin, dans la limite préalablement définie. Dans le meilleur des cas, la somme inutilisée a été restituée au Trésor Public.  Ce qui est anormal puisque des dépenses engagées (frais de taxi) et d’autres initialement prévues (argent de poche) restent à payer. Alors pourquoi apurer cette dette en dinars après les relances de l’athlète?

Il ne fait aucun doute ici que le premier responsable de cette situation saugrenue est le chef de délégation ou son collaborateur chargé des finances, de la trésorerie…..ou une autre personne mieux placée dans la hiérarchie fédérale.

Il n’y a sans doute pas de lien entre le récit de Zerrifi et un autre incident qui a longtemps fait les gorges chaudes du Sato, au sujet d’une facture de produits pharmaceutiques (3 000  euros ?) acquis à Moscou, qui mènera à la suspension du chef de délégation et aurait suscité, selon certaines rumeurs que nous n’avons malheureusement pas pu vérifiées, une enquête de l’Inspection Générale du MJS et des réserves de la part du commissaire aux comptes. Il n’y a pas de fumée sans feu. Surtout lorsqu’on relie cet achat aux accusations de dopage étatique en Russie qui seront médiatisés quelques mois plus tard.

L’interview a apporté des informations sur ce que ressent un athlète pris en grippe par les autres membres du groupe, par les officiels, les responsables de la délégation. Bien qu’intéressante, elle a cependant été bâclée. Certains détails manquent pour mieux saisir la complexité de l’ambiance.

On ne sait pas si ce sont les mêmes membres de la délégation qui sont concernés dans l’anecdote suivante : « Au championnat du monde, dans le stand de Nike, les dirigeants ont osé me demander du fait que je connaissais un peu la personne de prendre des paires pour eux ».


Le laissé pour compte devient un personnage incontournable. « On » le spolie (ou on laisse faire) des quelques euros qui lui reviennent de droit et on lui demande un service : intercéder en leurs faveurs auprès d’un équipementier sportif. En jeu, une paire de chaussures d’une marque réputée mondialement, Nike qui fut l’équipementier de Morceli. Des chaussures disponibles  sur le marché local dans les magasins d’articles de sport. Il est vrai qu’il s’agit d’autres modèles, les plus récents, de meilleures qualités, également plus onéreux que ceux mis à la disposition des athlètes algériens.