dimanche 12 mars 2017

AGE de la FAA (2,) La commission sous influences

Pendant le bref laps de temps séparant l’AGO de l’AGE, la commission de candidatures a cristallisé les attentions. En premier lieu, (cela est tout à fait normal) celles des postulants à la fonction de président de la fédération et leurs partisans, puis celles des membres du bureau fédéral et enfin celles des observateurs.
L’examen des postulations au poste de président de la FAA (tel qu’il en ressort des relations publiées par les réseaux sociaux) a été indubitablement la preuve par neuf que la FAA a été mal gérée au cours de la fin du dernier mandat. Elles ont aussi permis de déceler des tentatives de manipulations par les parties fortes en présence et de produire des commentaires révélateurs à propos des désistements de dernière minute.
Au final, seules 4 candidatures (sur 6 déposées) auraient été examinées par la commission de candidature. Les médaillées olympiques Nouria Benida-Merah et Abderrahmane Hammad (pressentis ou incités par certains à se présenter pour occuper cette fonction) avaient fait connaitre leur décision : celle de ne pas être candidats. Au désespoir manifeste de ceux qui avaient manifesté l’intention de conserver le statut de mentors, de marionnettistes, de tireurs de ficelles, de faiseurs et défaiseurs de président. Un statut qui a d’ailleurs été immuablement le leur depuis plusieurs décennies. Certains l’assumant avec arrogance dans la sphère virtuelle pendant que d’autres sont restés comme d’habitude dans les coulisses.
Quoiqu’il en soit, ils se sont comportés en éminences grises désireuses de faire porter le poids de la responsabilité de leurs visions, de leurs philosophies, de leurs actes à d’autres, figures de proue certes de la famille de l’athlétisme national, mais perçus tels des pantins. C’est ce piège qu’ont su éviter Abderrahmane Hammad et Nouria Benida dont le positionnement dans la « crise de Rio » a été subsidiairement dévoilé par  leurs soutiens apparus enfin au grand jour.
La commission de candidatures n’a pu mener à son terme la délicate mission engageant l’avenir de la structure fédérale qui lui a été confiée par l’assemblée générale. Selon la dépêche de l’APS relatant cet accroc, la commission de candidature n’a pu se déterminer à propos de deux postulants, d’anciens présidents de la FAA n’ayant pas achevé leurs mandats antérieurs (Mohamed Hamouni et Kamel Benmissi). Dégageant sa responsabilité, elle a  laissé le soin à la commission de recours et au MJS de statuer.
Le texte le plus récent sur cette thématique est le décret exécutif n° 16-153 du 23 mai 2016 fixant les dispositions statutaires relatives aux dirigeants sportifs bénévoles élus. Il prévoit, en son article 14, que le candidat à la présidence de la fédération ne doit « pas avoir démissionné de son poste de dirigeant sportif bénévole élu sous réserve des dispositions prévues par la réglementation en vigueur ». Une réglementation restant à définir.
Un des principes fondamentaux du système juridique est que la loi n’est pas applicable avec rétroactivité. Ses dispositions prennent effet à partir de sa promulgation. Notons également que le corpus juridique fondant les conditions d’éligibilité à la fonction présidentielle de l’institution fédérale est d’une richesse incontestable susceptible de faire le bonheur d’archivistes.
Depuis 1989, on ne compte plus (ou presque), les lois encadrant la pratique sportive. Sans exagération, on pourrait dire que tous les 5 ans le cadre juridique a évolué entraînant dans son sillage une ribambelle de textes d’application.
Il aurait été judicieux de la part de la commission de candidature de vérifier quelles étaient les prescriptions en la matière prévues antérieurement et qu’elles sont « les dispositions prévues par la réglementation en vigueur » dont la FAA (comme toute structure administrative de gestion respectable) est sensée être dépositaire d’une copie et donc de détenir la collection complète.
Nous devons donc comprendre que cette commission de candidatures n’était pas préparée à sa mission et qu’elle n’a pas disposé de la documentation nécessaire pour statuer sur ces deux situations qui ne sont pas comparables.

Pendant que la commission de candidatures examinait (nous le supposons en toute impartialité si nous nous référons aux commentaires ultérieurs critiquant des membres de cette commission supposés soumis aux orientations d’agitateurs relevant du diwan de l’ex-président) les dossiers fournis par les postulants, un « expert » (agissant le plus souvent en marge, en borderline) est intervenu sur les réseaux sociaux dans ce qui peut être interpréter comme une tentative d’influencer les membres de cette commission.

samedi 11 mars 2017

AGE de la FAA En arrière-plan du report


Aussi bien sur son site que sur sa page Facebook, la fédération algérienne d’athlétisme a annoncé l’annulation de l’assemblée générale élective initialement prévue pour le jeudi 9 mars 2017 ainsi que son report à une date indéterminée. Une annulation qui démontre irrémédiablement que l’instance nationale de gestion et de promotion de la discipline olympique est dans de beaux draps. Cette annulation et ce report indiquent aussi que les jours à venir (c’est-à-dire le prochain mandat) sauf retournement de situation, ainsi que le montrent quelques indices, ne seront pas vécus sous les meilleures auspices.
Si nous avons bien compris, l’évolution des événements, depuis la tenue de l’AGO marquée par la désinvolture de beaucoup de ses membres, montre que l’instance fédérale ne se porte pas pour le mieux et que tout va de mal en pis.
La « crise de Rio » (nom que nous avons donné à la série  de dérapages médiatiques qu’a connu la participation algérienne  aux jeux olympiques de Rio de Janeiro, dont les principaux protagonistes appartiennent, pour la majorité, à cette « famille de l’athlétisme » portant les stigmates d’une désunion si flagrante que les dérives – y compris les plus rocambolesques - des autres fédérations semblent anecdotiques) s’est poursuivie par des péripéties montrant le manque de maturité du bureau fédéral sortant et des membres de l’assemblée générale. Des péripéties retranscrites (pour les plus importantes) dans quelques-unes des chroniques publiées ces dernières semaines.
L’assemblée générale ordinaire a démontré que ses membres ne sont pas porteurs de la volonté de réhabilitation, de redressement de la gestion de l’athlétisme. Sur les 96 membres constituant cette AGO, 20 (certaines ligues de wilaya n’étaient semble-t-il pas informées) n’ont pas daigné honorer ces assises, selon un discours quasi-unanime, devant marquer le renouveau de la discipline et poser les fondements du prochain mandat olympique. Ces membres auraient dû examiner, avec tant soit peu de lucidité, les bilans du mandat précédent. Quelques commentaires sur les réseaux sociaux montrent le soulagement des partisans de l’ancien président. Le coup est passé si près que …le chapeau n’en tomba pas.
Ceci relevant de leurs responsabilités individuelle et collective, nous ne débattrons pas ici ce sujet. Nous remarquerons cependant que (selon une dépêche de l’agence nationale de presse) une trentaine d’autres membres n’étaient pas présents au moment de l’approbation des bilans adoptés à l’unanimité (moins deux voix) des présents. Ces présents à l’AGO, mais absents au moment du vote, devaient certainement se trouver dans les couloirs, à la cafétéria ou devant la porte de la salle de restauration de l’ANALJ attendant avec impatience que le repas de midi soit servi. En fait, rien de bien nouveau ou de surprenant puisque cela reflète la immuable attitude des représentants de la Nation et ceux des instances sportives qui les copient allégrement lors de la confrontation avec leurs actes et des votations.
Le second événement évocateur de l’ambiance générale et du peu de considération apportée à l’athlétisme (au-delà des clivages claniques paraissant motiver la communauté) serait celui du formatage du disque dur du micro-ordinateur de la secrétaire de la FAA  entraînant l’effacement de toutes les données antérieurement sauvegardées avant que ces mêmes données ne réapparaissent, comme par miracle, avec la venue de cadres du ministère. Une situation qui a conduit un des irréductibles opposants au bureau fédéral sortant à s’interroger sur l’éventualité d’une action délibérée confinant à un acte de sabotage.
Cet acte préjudiciable au bon fonctionnement de la FAA a conduit à une décision draconienne, celle de l’interdiction (ministérielle) d’accès aux bureaux de la fédération de tous ses membres à l’exception du secrétaire général chargé d’achever la préparation de l’AGE. Une préparation à laquelle il n’avait pas pris part suite d’abord à sa mise fin aux fonctions, prononcée unilatéralement par le président de la FAA, malgré sa réhabilitation-réintégration par le ministère.

Réinstallé quelques jours plus tôt par les cadres du MJS, le secrétaire général était toutefois resté sur la touche, sans intervenir dans le processus, attendant la prise de fonction du nouveau bureau fédéral ou du moins du nouveau président puisque le précédent avait signifié, l’avant-veille de l’AGO, sa volonté de ne pas se présenter pour un nouveau mandat. La mise fin aux fonctions avait été appréhendée comme un casus-belli ayant marqué profondément les relations professionnelles au sein de l’instance athlétique. 

jeudi 9 mars 2017

David Torrence (9) La théorie des cercles de Barber

David Torrence, selon la première partie de son  témoignage rapporté précédemment, n’a finalement joué qu’un rôle secondaire dans l’ «Opération Rial », l’aboutissement d’investigations menées en secret pendant trois années (depuis 2013).
Par un curieux hasard, l’année du déclenchement de l’enquête sur les pratiques du groupe Aden est aussi celle qui a vu le changement de nationalité de David Torrence. Elle est également celle qui succéda aux jeux olympiques de Londres marqués par la victoire inattendue de Toufik Makhloufi sur le 1500. L’année qui vit également le champion olympique algérien se faire discret prétextant une maladie.
Depuis le printemps 2012 (certains « experts » algériens prétendent qu’il aurait été en contact avec Aden dès le début de l’année 2012 à l’occasion d’un stage organisé au Kenya), Makhloufi fait partie conventionnellement du groupe entraîné par le coach somalo-britannique. Il le restera ( ?) jusqu’à la fin de la saison sportive 2014.
Nous avons écrit précédemment que David Torrence ne fit pas partie du premier cercle des athlètes entraînés par Aden Jama. Cette notion doit être éclaircie. Nous la devons à Kyle Barber, responsable des investigations auprès de l’IAAF.
Selon des déclarations à la presse française, il avait acquis la conviction, après un nombre important d’informations glanées au cours de mois d’enquête, que le groupe dit d’Aden était composé de deux cercles. Le premier de ces deux groupes est «un petit groupe à l’intérieur qui est assez protégé, assez solide ». Un groupe d’athlètes qui s’entraînent en permanence avec lui. Kyle Barber dit de ce groupuscule qu’il « le suit jusqu’au bout ». Selon lui, ce groupe serait au cœur du système de dopage mis en place par Aden Jama.
Le second groupe serait « plus externe ». Il serait composé, toujours selon les propos de Barber, d’ « athlètes qui vont, qui viennent, qui s’entraînent avec eux pendant les mois d’été, les stages, en Suède, en Espagne. Puis ils repartent », s’entraînant à distance avec un programme qu’il leur a concocté.
Les lecteurs algériens doivent maintenant voir des informations remontées à la surface de leurs mémoires. Celles publiées par la presse nationale. Aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute que Toufik Makhloufi, s’il ne fut pas au cœur du système, en était proche. Kyle Barber, pour ce qui le concerne, le croit fermement. C’est une des raisons qui fit qu’il tenta de prendre langue avec lui.
Selon Barber, pour démonter les mécanismes du système de dopage d’Aden, il fallait accéder à ce groupe central : « Si on ne réussit pas à pénétrer au milieu, on ne saura jamais. C’est pour cela qu’il faut un athlète qui était vraiment au milieu. Là, il n’y a que deux personnes, Makhloufi et Driouch. Car les autres qui se sont entraînés 6 mois avec lui n’étaient jamais dans le centre».
Makhloufi et Driouch ont en commun d’être maghrébins et de ne plus appartenir au groupe. Nous savons aussi que le nombre de Marocains impliqués dans le dopage, objets de sanction est important. Sans exagération, ils sont aussi nombreux que les Russes, les Kenyans ou les Turcs. Un raisonnement facile que celui de Barber. Mais, reconnaissons que les deux athlètes ont été (à un moment donné) proches d’Aden.
Etrangement, l’IAAF et Kyle Barber obtiendront quelques informations par le second cercle, par le cercle externe, celui qui leur semblait peu concerné par le dopage (ou du moins peu accessible aux arguments pouvant être présenté) car n’ayant rien à déclarer, car non concerné. Selon la thèse de Barber.

Kyle Barber a pourtant été en contact, à la fin de l’année 2015, avec le jeune qatari d’origine marocaine Hamza Driouch convaincu de dopage et suspendu pendant deux ans en raison d’une anomalie de son PBA (passeport biologique d’athlète.

Le désir de Barber était de persuader le jeune coureur, fragilisé par une série d’événements malheureux (décès de son père, devenu qatari quasiment par obligation et maintenant suspendu), de raconter son vécu avec le groupe Aden.


A ce moment (après près d’une année de suspension), Hamza Driouch, déstabilisé par ce qui lui arrive, était prêt à tout dévoiler. Dans la presse électronique française, il laisse percer des éléments accusateurs et incrimine directement Aden dans ses malheurs. Une année plus tard, il niera ses déclarations.

mercredi 8 mars 2017

David Torrence (8) Dans le rôle d’informateur de l’IAAF

David Torrence, selon la première partie de son  témoignage rapporté précédemment, n’a pas été un témoin visuel de faits en relation avec le dopage. Il indique, dans l’interview accordée au cours des jours qui suivirent l’interpellation d’Aden Jama (ainsi que du duo composé du kiné marocain Mounir Ouarid et de l’athlète qatari somali d’origine, Musaeb Balla), que si il y a eu quelque chose de répréhensible cela s’est déroulé à « l'appartement de Jama et non pas à l'hôtel, pour autant que je sache ».

Le journaliste ayant préparé avec soin l’interview et étant à l‘écoute de Torrence, saisissant l’opportunité qui se présente à lui, s’empare (à un autre moment de l’entretien) de cette information pour l’interroger sur la question de l’hébergement du groupe. La question de l’appartement semble en effet être importante dans le dossier constitué par l’IAAF.

Du point de vue de l’organisation de l’hébergement, Torrence signale que : « La plupart des athlètes sont logés à l’hôtel. Il y avait des chambres à deux lits et une télévision et des suites occupées par six athlètes. Il y avait aussi un appartement séparé où logeaient Jama et quelques autres personnes ». Certainement son frère et le kiné. Mais, il ne le précise pas.

Bien qu’il n’ait pas été témoin d’actes de dopage proprement dit, Torrence a été perturbé par des situations anormales. Il rapporte qu’un athlète non identifié (mais qualifié d’« international bien accompli ») s’est retrouvé à un moment donné dans le creux de la vague.  En fait, dans une situation identique à celle qu’il vit que lui. La traduction littérale est imagée « il était dans une ornière », les coureurs diront « à la ramasse ».

Torrence raconte que ce coureur est allé chercher les « injections de vitamines » et que, deux jours plus tard, il  a fait une séance d'entraînement incroyable. Torrence se garde bien d’associer à ce fait l’éventuelle idée de dopage que l’on pourrait tirer de son récit. Il raconte que lui, qui ne fait pas appel à ces fameuses injections de vitamines faisant partie du processus d’entraînement selon Aden, avait eu « de terribles séances d'entraînement » et qu’ensuite, deux jours plus tard, il faisait une séance d'entraînement incroyable. Selon lui, il ne faut pas mettre «  les deux choses ensemble ». Cela ne l’empêcha pas de se dire un jour « Wow. C'est incroyable comment il a rebondi ».

Ce que nous attendons tous est de savoir quel a été son rôle à la fois dans l’enquête de l’IAAF et sur le raid des policiers et douaniers catalans. Son implication est à la fois réelle et marginale.

Torrence révèle qu’il est dans l’ignorance de la suite des événements (l’interview a été diffusée sur Internet, le 24 juin 2016, dans le courant de la semaine qui a suivi l’ « Opération Rial »). Il indique simplement qu’il « travaille avec l'IAAF » et qu’il souhaite qu'il soit clair qu'il n'a pas de son propre chef contacté l'IAAF : « Il y avait déjà une enquête en cours. Je fus contacté par l'IAAF ».

Ce contact fut un intermédiaire (dont la qualité n’est pas précisée) qui a « travaillé de très près avec l'IAAF ». Un intermédiaire qui « a appris que je quittais le groupe de Jama et avait entendu parler de certaines choses ».

Au cours des discussions avec cet intermédiaire, Torrence explique qu’ils ont parlé de ce que lui savait et ont reconstitué leurs expériences et qu’il lui avait dit : « Un gars de l'IAAF va vous appeler. Vous devez juste lui dire tout ce que vous savez et tout ce que vous m’avez dit ».

Le journaliste fait dire à Torrence qu’il ne fut pas la seule personne à avoir communiqué des informations à l’IAAF. Il aurait été ravi de « prendre tout le crédit pour cela » (être le seul lanceur d’alerte), Torrence reconnait qu’ « il y avait certainement beaucoup de personnes impliquées et beaucoup de différentes pièces du puzzle ».


Il admet également qu’il ignorait la date du raid sur l’hôtel de Sabadell et qu’il était un simple informateur. Son rôle à consister à les aider « à comprendre où l'appartement était et des trucs comme ça ».

mardi 7 mars 2017

David Torrence (7) En relation avec « Ibi » Aden

Selon le récit de Torrence, ses soupçons  de pratiques dopantes seraient apparus avec la proposition d’Aden de prendre des vitamines sous forme d’injections. Pour les Algériens, un parallèle est à faire avec les injections de compléments alimentaires  (« contaminées » selon les déclarations d’Ahmed Mahour Bacha, ex-entraineur de Zahra Bouras et Larbi Bouraâda et d’Amar Bouras, qui sera le futur président (et maintenant ex-président) de la fédération) qui les mèneront à une suspension de toutes activités sportives pendant deux années (juin 2012-juin 2014).

Selon Torrence, Aden lui aurait dit que ce qui est présenté comme étant des vitamines l'aiderait à effacer les effets de la fatigue. On peut imaginer que cela fut la même explication (dans une autre langue) qui fut donnée par Mahour Bacha à ses deux athlètes.

Torrence, le coureur américain - sans doute rendu méfiant par ce qui se racontait sur Aden et son alter ego Alberto Salazar - aurait répliqué qu’il préférait « les prendre par voie orale ».  Alors qu’il s’inquiétait de connaitre les vitamines proposées, Aden  aurait alors usé de moqueries  en lui disant « Oh, tu as peur des seringues ?».

Pour comprendre l’appréhension de David Torrence, il faut revenir au moins deux années  plutôt. Lorsqu’il s’entraînait avec John Cook, un entraîneur américain qu’il quitta à la fin de l’année 2013. John Cook avait des doutes sur les pratiques d’Aden Jama. Des doutes qui se sont amplifiés avec le résultat de Toufik Makhloufi, le champion olympique de 2012, qui avait devancé le miler américain Léo Manzano qui semblait alors imbattable. Surtout, cela va de soit aux yeux des Américains. John Cook était surpris par les performances des athlètes du « Groupe Aden ». A leur sujet, il disait : « Les performances de ses athlètes je n’y crois pas. Je ne crois pas aux miracles».

Torrence ne connaissait pas Aden Jama. Mais, il connaissait son frère Ibrahim « Ibi »Aden qui lui-même connaissait John Cook qui  l’avait entraîné à l’Université Georges Mason. D’Ibrahim, Torrence dit que c’était une personne sympathique, qu’il le voyait souvent et qu’il lui servit d’intermédiaire avec Aden Jama lorsque il dût quitter Cook qui « en avait marre de tout dans le sport le conduisant à prendre un peu de recul ».
David Torrence se définit lui-même comme un coureur tenté par les expériences nouvelles, ne pouvant s’astreindre à suivre un entraînement routinier, le « chemin bien usé ». Il se voit différent des athlètes américains qui ne sont pas très nombreux à s’être entraînés avec les Africains ou à s’être intéressé à la manière dont ils le font. Il serait un découvreur, un explorateur.

La collaboration avec Aden aurait réellement débuté au printemps 2014. Celle-ci se faisait à distance par Email et occasionnellement par téléphone. Quelques mois plus tard, en juin 2014, il s’est entraîné à Sabadell avec le groupe pendant environ trois semaines. Avant les championnats américains.

C’est au cours de ce stage qu’Aden lui aurait proposé les injections de vitamines. Après ce premier stage, Torrence est retourné aux Etats Unis pour participer aux championnats US qui ne furent pas concluant pour lui. Après ces championnats, Torrence rejoignit à nouveau le camp de base d’Aden qui n’était plus en Espagne mais en Suède. A nouveau, des injections lui furent proposées.

En plus de ces propositions d’injections dérangeantes à plus d’un titre, Torrence est surpris par la méthode d’entraînement basée sur un travail de vitesse qui expliquerait que « ces gars-là sont les plus rapides dans le monde et certains les meilleurs ». Dans l’interview, il conclue avec toutefois un soupçon de scepticisme que l’entraînement aérobie, contrairement à ce que pensent les Américains, n’« est pas aussi nécessaire ».


Au moment de l’entretien, il ne voulut pas évoquer d’« autres choses » constatées car ne voulant pas interférer avec l’enquête en cours. Il indiqua cependant qu’un «  couple d'autres choses » lui a  donné à réfléchir et à se passer d’une préparation avec Aden. La décision de quitter le groupe aurait été prise au cours de l’hiver 2015. Il tient néammoins à préciser qu’il n’avait « jamais vu personne prendre quelque chose ou faire quoique ce soit en relation avec les seringues ».

lundi 6 mars 2017

Sous l’olivier N°32 du 28/24/2015 El "maratoune"de Constantine (2) A la mode du "2 en 1"


"El Maratoune". Voila ce qu’est la course de route de Constantine que l’on affublé pompeusement du qualificatif de semi-marathon alors que sa distance n’effleure que les 15 kilomètres au lieu des 21 kilomètres et une centaine de mètres que prévoit la règlementation internationale. Une course qui s’est mise à la mode du « 2 en 1 » par la fusion de deux courses qui chacune avait son charme (la course entre les ponts et le ₺semi-marathon₺ Abdelhamid Benbadis) et la disparition du plus ancien et du plus emblématique (₺le Benbadis₺).
La langue dialectale, ₺el Derdja₺ que des universitaires s’efforcent de réhabiliter et de promouvoir face à l’impérialisme de la langue enseignée dans les établissements scolaires, est savoureuse, porteuse de la richesse populaire. ₺El maratoune₺ a suscité nombre de réflexions ironiques tout le long du parcours de la course. Des moqueries et des remarques pleines du bon sens populaire que les officiels n’ont pu entendre dans l’espace policé qui leur était réservé à l’arrivée de la course.
Le petit peuple, s’arrêtant un instant, plus ou moins long, pour regarder passer les coureurs, a émis des observations édifiantes qui démontrent que le populaire n’est pas dupe. « ₺Maratoune₺ ? Ils viennent du centre ville, ils retournent au centre ville » pour caractériser la brièveté de la course conçue comme une seule et unique boucle.
« Chouf, le parcours ! Ils leur ont mis une côte qu’une voiture ne peut  monter qu’en deuxième. Ilveulent les tuer ! ».
Jeunes et vieux, tous ont eu la dent dure pour ces organisateurs de ….. ₺pacotille₺ pour reprendre une expression trop souvent entendue. L’expression populaire en dialectal est encore plus expressive et n’est pas rendue par notre traduction.
Sans être des connaisseurs indiscutables de la course à pied, sur le parvis de la mosquée Emir Abdelkader surplombant une partie de la course (près de 500 mètres de pente), des témoins de mariages religieux qui fleurissent avec le retour des beaux jours, passionnés par Internet et les télévisions satellitaires, attendant la célébration des cérémonies,  ont eu des commentaires à faire rougir de honte ₺les techniciens₺ bon teint et bien d’hommes de culture. Des propos qui invalident tous les discours sur… l’inculture populaire.
Certains ont fait des rapprochements avec les ₺courses de montagne₺. Un autre revenant d’un voyage à Lyon (France) raconta qu’il avait assisté à une course dans les rues de la ville qui ne s’appelait pas ₺semi-marathon₺ mais ₺Lyon urban trail₺  qui serait justifié par les successions de pentes et de descentes affrontées par les coureurs.
Toujours sur le même lieu, le changement de nom a fait débat. Nombreux ont été ceux qui ont lié la débaptisation de la course à un autre événement s’étant déroulé quelques jours plus tôt : le déboulonnage de la statue de l’imam Benbadis offerte par un promoteur étranger à la ville de Constantine à l’occasion de la manifestation culturelle « Constantine, capitale 2015 de la culture arabe ».
L’un deux venu d’El Eulma, capitale du commerce, ayant beaucoup voyagé pour ses affaires, dans les pays du bassin méditerranéen, dit avoir vu une statue inesthétique de Christophe Colomb installée au port de Lisbonne regardant vers l’Ouest, l’Océan Atlantique, vers l’Amérique centrale et les Caraïbes. Un autre monde qu’il découvrait pendant que les musulmans débutaient leur reflux d’Andalousie et que les Barberousse régentaient Alger. « Ils n’ont pas cherché la ressemblance mais la symbolique », affirma-t-il. « Colomb représente, quoiqu’on en dise, la découverte de l’Amérique. C’est ce que les Portugais ont retenu. Pas que la statue est moche ou inexpressive ! ».
Un autre, à l’accent caractéristique des frontières orientales du pays numide où subsisterait encore ce qu’un homme politique avait qualifié d’ « archaïsmes sociétaux », commence par un « Loukane fi bledna… » pour terminer par « on n’aurait jamais retiré la stèle d’une personnalité locale, d’une personne représentative de la localité ».

C’est du pays chaoui qu’est venu le coup de grâce : « l’imam Ibn Badis, avait placé l’islamité et l’arabité avant l’amazighité. Il a placé, dans son triptyque, l’authenticité des racines de la population algérienne après les apports extérieurs. Voila ce qu’il advient lorsqu’on oublie ses origines. On commence à effacer son existence. On enlève sa statue à peine érigée et on retire son nom à un non-événement sportif». 

dimanche 5 mars 2017

Sous l’olivier N° 31 du 27/04/2015. El "maratoune" de Constantine Les élus et les "techniciens" se fourvoient


                                                                                                                                (Laaziz Ath Ighbane)

Depuis la nuit des temps, l’athlétisme, discipline sportive par excellence ou du moins reconnue comme étant la première discipline olympique, propose à ses pratiquants et aux publics qui l’accompagnent deux catégories de course à pied : celles qui se disputent dans l’enceinte du stade et celles que l’on regroupe sous l’intitulé de courses hors stade₺. Les deux sont codifiées par une réglementation à valeur internationale et régies par des commissions. Les courses dans le stade se déclinent en distance dont la mesure-étalon est le mètre, les secondes en kilomètres.
Les premières sont connues pour avoir donné au sport algérien quelques champions du monde et champions olympiques (Boulmerka, Morcelli, Benida-Merah, Saïd Guerni). Les secondes ont acquis une certaine popularité pour se pratiquer soit dans les champs (cross-country) soit sur la route (les rues). Nous remarquerons que chez nous règne une confusion lexicale et sémantique certaine. Au fil des années, sous l’impulsion populiste des élus locaux ne maitrisant pas le domaine (ce qui ne peut leur être totalement reproché) et la ₺fonctionnarisation₺ des cadres du sport, aux diplômes certes validés par l’institution universitaire et la Fonction Publique mais au vécu claudicant, engagés dans un processus où la gestion de carrière a pris un importance essentielle, nous avons assisté à un glissement inapproprié, ₺spécifique₺ menant le ₺cross-country₺ à se courir dans les rues des villes et des villages (cross du Parti) et les appellations contrôlées (semi-marathon et marathon) des courses sur routes à être dénaturées. Le marathon se court réglementairement (qu’on le veuille ou pas) sur une distance de 42 kilomètres 195 et le semi-marathon sur 21 kilomètres 095. Point barre !
La réglementation n’interdit pas l’organisation de courses sur routes dont la distance ne répondrait pas à cette définition. Les adaptations sont possibles à condition de ne pas adopter ces appellations officielles, réglementées. Dans les pays latinos américains de l’hémisphère Sud (Brésil), les ₺corridas₺ (courses) – qui ne sont pas uniquement les₺corridas de toros₺  (courses de toros) où s’affrontent à mort ₺toros₺ et ₺matadores₺ -  ont lieu au passage d’une année à l’autre (nuit du 31 décembre au 1er Janvier) sur des distances variables pouvant atteindre ou dépasser celle d’un semi-marathon.
Dans toutes les nations affiliées ou pas à la fédération internationale d’athlétisme se déroulent des courses sur routes dont la distance n’est pas celle du marathon ou du semi-marathon. Partout, les règles fondamentales sont respectées et on ne fait pas dans la publicité mensongère. Surtout lorsque la compétition s’inscrit dans un challenge national qui permet la comparaison entre les courses et les valorise les unes par rapport aux autres.
Contrairement à ce que l’on peut croire, la motivation des participants n’est pas seulement financière, même si cet aspect est évidemment présent. L’athlète, quel que soit son niveau, se compare à ses adversaires mais aussi et surtout à lui-même, à la recherche de la meilleure performance possible qui peut être un ₺record₺ personnel, local, national, etc. dont l’homologation répond au respect d’un certain de critères ou d’avantages que peut procurer la morphologie, le tracé de la course choisi par des experts en la matière.

Malgré la rigueur mise en place par la réglementation, on a assisté à une prolifération de courses sur route (ici et en Europe) qui rivalise avec les courses cyclistes d’antan, aux ₺kermesses₺ organisées pour célébrer un événement local. Mais, aucune ne s’approprie ce qui ne lui appartient pas. Elles ne sont pas toutes semi-marathons encore moins marathons. Chacune porte un costume fait sur mesure. ₺El maratoune₺, dans un tel contexte, aurait été et aurait du être en toute simplicité ₺La course sur route entre les ponts de Constantine₺. Une recherche sur n’importe quel site ouvrira les esprits réfractaires.