mardi 11 avril 2017

La nouvelle FAA (4), Bouras se plaint à l’IAAF

Amar Bouras, l’ancien président de la FAA, son mandat à peine achevé, aurait retrouvé cette envie qui le tenaille, celle de voyager. Une inclination qui, au moins deux reprises, fut stoppée sine die par une obligation de présence à Alger. Une réunion impérative au niveau du ministère l’obligea de revenir sur la capitale alors que, se trouvant à Paris, il s’apprêtait à prendre le vol de la Havane au lieu d’assister à une réunion de l’IAAF. Ensuite, en pleine préparation de l’assemblée générale ordinaire.
Ces deux exemples, parmi tant d’autres racontés, montrent que le fonctionnement de la fédération et les relations avec le ministère ou les instances internationales ne faisaient pas, depuis le retour de Rio, partie de ses préoccupations. Si elles en ont fait partie.
Le précédent président de la fédération d’athlétisme serait parti pour Cuba, cette île des Caraïbes qui exerce une attraction manifeste sur lui. Cette fois-ci, le besoin déclaré de décompresser, après une longue période de rapports tendus avec le comité olympique et les instances sportives nationales, s’est fait ressentir très fortement. Un voyage que beaucoup ont interprété beaucoup plus comme étant une fuite en avant, une fuite de ses responsabilités. Ainsi que le désir de perturber l’harmonie de façade par ce moyen d’afficher son dépit.
Une escapade qui n’est pas précipitée puisque prévue de longue date mais chaque fois reportée. Il fut envisagé en dernier lieu qu’il accompagne Bouraâda pressenti s’y rendre à la faveur d’un stage de préparation finalement annulé.
La préméditation (l’anticipation) fait partie de la panoplie des signes de ressentiment qui sont étalés au grand jour. En annonçant son intention de se rendre à Cuba, ce président qui, rappelons-le, n’était pas (officiellement et au vu et au su de tous) candidat à sa propre succession, avait lancé à la cantonade que la passation de services (moment important de la transition susceptible de le conduire à l’inéligibilité aux prochaines élections) matérialisant la continuité de l’activité n’avait guère d’importance à ses yeux et qu’il était prêt à signer ce que l’on voudrait.
Nous devons concevoir (et certainement à juste raison lorsque l’on examine objectivement et donc avec une relative neutralité les événements de la dernière année de son mandat) qu’il voulait se débarrasser au plus vite des charges administratives devenues pour lui pesantes.
Mais avant cela, nous avons appris d’une source habituellement crédible que, juste après les élections, le parangon du nationalisme avait pris attache avec un niveau élevé de la hiérarchie administrative de l’IAAF  afin d’informer la fédération internationale qu’il avait été empêché de se porter candidat et  pour signaler également quelques dérives (dont celle portant sur la modifications des statuts de la FAA non transmis pour examen et validation par l’instance faîtière) dont il a imputé la responsabilité au secrétaire général de la fédération qu’il avait démis (arbitrairement selon la réglementation nationale en vigueur) de ses fonctions. Une décision rejetée par le ministère en raison de l’irrespect des procédures.
Ceci rend difficile notre compréhension des événements actuels. La FAA, en tant qu’institution, est amnésique. Les mises fin aux fonctions de cadres permanents ont été nombreuses. Deux d’entre elles semblent intéressantes à rappeler. Celles d’Ahmed Mahour Bacha et d’Arezki Azaoun. Deux mises fins aux fonctions lourdes de conséquences pour la FAA.
Sans qu’il en ait conscience ( ?), l’ancien président de la FAA a fait porter une responsabilité par un cadre, certes comptable de ses actes, mais agissant (il semble l’avoir oublié) sous son autorité directe. Un cadre qui fut absent pour différents motifs (hospitalisation, convalescence, remise en cause de son affectation) pendant plus d’une année à partir de la fin de l’année 2015 (marathon d’Alger 2015) jusqu’à la réinstallation dans ses fonctions par le ministère à la veille des élections fédérales de 2017.

Une faute dont il n’est pas totalement exonéré et qui de plus semble en dire long sur la passivité et une possible inefficience du nouveau président de la FAA, anciennement premier vice-président de la FAA et président de la commission juridique. A ce double titre, et dans la perspective du déroulement des actions entreprises par la fédération et de la répartition des tâches au sein du BF, il était en charge du suivi de ce dossier. 

lundi 10 avril 2017

La nouvelle FAA (3), Impairs en série

La dispute entre les cadres permanents pourrait avoir été suscité (tous les scenarii y compris les plus diaboliques sont dorénavant envisageables) pour faire table rase du passé, du personnel d’encadrement de la FAA, soutien indéfectible des bureaux fédéraux précédents.
Ce rôle de soutien, on est sensé le savoir, est organiquement le leur puisque nommés par le premier responsable de l’Administration algérienne en charge du secteur ministériel, le ministre de la jeunesse et des sports.
Ils sont en effet supposés être le lien entre les différentes et (possiblement) successives tendances idéologico-sportives choisies par l’assemblée générale élective et devant à ce titre tenir les rênes du pouvoir administratif fédéral le temps d’un mandat ou de plusieurs comme   cela fut le cas du DTN, en poste pendant une décennie.
Ces permanents ont pour mission de réaliser, traduire sur le terrain, les objectifs des élus dans le respect des règles administratives dont ils  sont les gardiens. Même si, trop souvent, ils passent une alliance stratégique avec les membres du bureau fédéral en place.
La conséquence de (ou le prétexte à) cet incident a été la décision (à nouveau arbitraire dans la formulation de l’acte d’autorité) de « dissolution » des structures permanentes, du renvoi des cadres occupant les fonctions y afférentes et la proposition, par voie médiatique, de nouveaux responsables. Il a été perdu de vue que si une priorité doit être donnée, elle l’est en faveur du ministre et/ou du ministère.
Peut-importe les noms proposés, la décence, le respect de la hiérarchie voudrait que les noms ne soient jetés en pâture, portés à la connaissance de la presse qu’après que le premier responsable ait été avisé du mouvement envisagé par le bureau fédéral et qu’il ait apposé sa signature sur la décision d’affectation.
Le plus étrange est que le ministre n’a pas été le seul à être considéré comme quantité négligeable. Le bureau fédéral s’est réuni et n’a débattu du sujet que quelques jours après que l’information ait été publiée dans la presse nationale.  
Les faits que nous venons de relater, la démarche suivie est  désolante. Elle amène à observer que des cadres (et ex-cadres) du ministère n’ont pas eu présent à l’esprit le respect de la démarche administrative et du rôle de chacun dans la hiérarchie. Ne serait-ce que du seul point de vue protocolaire et des formes généralement admises !
Nous sommes conduits à supposer que les premiers actes de gestion de la nouvelle direction fédérale sont impactés par la déliquescence du mouvement sportif national. Chacun agit à sa guise au nom des principes prétendument sacro-saints de la souveraineté d’une fédération.
La situation financière de la FAA (telle qu’elle nous est rapportée) est  difficile. Les principaux responsables (le président, les membres du bureau, les cadres restés en poste ou désignés provisoirement) sont déjà aux abois. Ils rencontrent des difficultés pour assurer le programme habituel des compétitions qui ne seront plus soutenues en l’absence d’un budget conséquent, de l’absence de sponsors et de la lourdeur des dettes qui atteindraient les 14 milliards.
Le mandat s’étant achevé avec un endettement de 7.8 milliards, nous devons donc supposer qu’aucune dépense n’a été réglée depuis le début de l’année et que les subventions habituellement accordées aux ligues régionales au titre de l’organisation des championnats régionaux ainsi qu’aux organisateurs des cross et des courses sur route n’ont pas été versées et ne le seront sans doute pas. Nous ne reviendrons pas sur cette problématique que nous avons déjà abordée qui par l’effet domino paralysera les ligues régionales et de wilaya habituellement actives.
La question se pose également quant aux stages de préparation de l’élite nationale qui ont été mis sur pied et au financement des déplacements figurant au programme (championnats du monde de Londres, championnats du monde cadets, jeux islamiques, etc.).

Obnubilés par l’apparemment inextinguible sentiment de revanche qui broie les cœurs et perturbe les esprits, ces mêmes responsables n’ont pas tenu compte que la subvention ministérielle ne créditera le compte bancaire de la fédération que dans plusieurs semaines. Comme disent les Anglais : « wait and see ! ».

dimanche 9 avril 2017

La nouvelle FAA (2), Débuts sur fond de revanches

Nous avons vu comment, pendant  le laps de temps si court que peut être un weekend, la maison « Fédération Algérienne d’Athlétisme » s’est retrouvé dans une situation préjudiciable à son avenir après que, pendant la quinzaine de jours qui ont précédé la tenue de l’assemblée élective, les lézardes préexistantes (celles qui sont apparues au cours du mandat précédent et de ceux qui le devancèrent) se soient élargies, au point d’en devenir béantes.
 Une quinzaine qui aurait prêté à sourire (ou à rire à gorges déployées) si cela avait été un sketch de l’humoriste Fellag. Elle a aussi permis de ressusciter le temps des vieux démons d’une démocratie spécifique historiquement fondée sur la pensée unique. En une semaine préparée de longue date, toutes les candidatures ont été écartées en faisant appel à des prétextes juridiques brinquebalants et à d’autres pratiques qui sont partie intrinsèques de notre passé.
Il se dit aussi que d’autres postulations possibles ont été repoussées avant qu’elles ne soient   déposées. Les candidatures de champions et de médaillés olympiques (Louail, Benida, Hammad) n’auraient pas abouti car elles auraient bénéficié d’un traitement spécial. Celui réservé à des candidats indésirables (ou au contraire désirés parce que influençables ou manipulables à souhait) qui auraient fait l’objet de pressions accompagnées pour certaines de menaces et chantages ou à l’inverse de propositions d’alignement sur certaines positions d’idéologie sportive (rejoindre un des clans présentement influents ou l’autre). Soit la panoplie des usages maffieux montrés dans les blockbusters d’Hollywood.
Au final, la bataille électorale s’arrêta ….faute de combattants. Il n’en resta qu’un qui, bien évidemment, fut élu. Le nouveau président serait, selon les indiscrétions largement répandues, solidement soutenu. Il disposerait d’amitiés fortes (dont on ne saurait dire qu’elles seront pérennes) tissées au cours du dernier mandat au sein de la FAA (il y fut premier vice-président du bureau exécutif de la FAA et président de la commission juridique) et, pour épaissir ou épicer la sauce (c’est selon au choix du lecteur), et bénéficierait du soutien d’un proche parent, responsable d’une structure importante du ministère.
Incidemment, si cela était vérifié, cela donnerait malheureusement du sens à un possible changement envisagé de la composition du groupe de « sous-fifres » (une expression que l’on doit à Ahmed Mahour Bacha) qui dirigerait en catimini le MJS. Un groupe ayant supplanté l’autre. 
Le résultat, la situation décousue que l’on perçoit ne peut décemment attribuer au nouvel élu à peine installé dans ses fonctions, est qu’une tyrannie féodale a été remplacée par une organisation présentant les signes précurseur d’une dictature en devenir.
On comprendra donc que la fermentation des esprits, structurés autour d’idées revanchardes, ait conduit à ce clash (précoce mais attendu à moyen terme) s’exprimant par des échanges de propos virulents (illustrant vertement la scission entre des cadres permanents de la corporation des cadres sportifs, fonctionnaires rémunérés par la Fonction Publique) avec des vociférations qui furent proches de se muer en échanges de coups.
Une scène saugrenue, au sein d’une institution prétendument représentative d’une pratique sportive de premier plan sur le territoire nationale, délégataire de service public et membre d’une institution supranationale, qui eut lieu en dépit de la présence incroyablement impassible, sans aucune réaction, sur les lieux du président nouvellement élu. Un président de fédération qui resta  enfermer dans ce bureau aux parois de papier qu’avait délaissé son prédécesseur ayant marqué une préférence marquée pour de multiples voyages tout azimuts incitant d’aucuns à observer qu’il s’est fait remarquer par son absence.
Le nouveau président de la FAA, élu par ses pairs dirigeants locaux, s’est comporté en Ponce Pilate. Il a laissé des cadres censés être ses proches collaborateurs, piliers de l’édifice fédéral nommés par décision ministérielle sur propositions des bureaux précédents, s’étriper publiquement ou du moins devant leurs pairs des autres fédérations également locataires de la « Maison des fédérations ».

Une maxime populaire énonce que « qui peut le plus peut le moins ». On ne doit donc pas s’étonner qu’après avoir déballé une partie du linge sale sur les écrans de télévision, devant le peuple algérien assemblé pour la messe olympique, que d’autres membres de la « famille athlétisme », étrangement silencieux auparavant, se donnent en spectacle devant les membres de la grande  « famille sportive ». Ils étaient entre eux.

samedi 8 avril 2017

La nouvelle FAA, Des canards aux crabes

En quelques jours, l’athlétisme algérien vu de loin, de très loin, de la base de la mosquée Emir Abdelkader que nous longeons quotidiennement à chacune de nos promenades  crépusculaires, a été l’objet d’une transformation radicale inattendue.
 Il est passé, pour le situer dans le registre animalier qui sied si bien aux fabulistes et moralistes de toutes cultures, d’une mare à un panier. Des canards s’ébattent dans la première. Dans le second s’affrontent des crabes comme pour donner consistance à ces deux expressions de la langue française que sont « mare aux canards » et « panier de crabes ».
Nous ne savons pas si Darwin se serait penché sur cette mutation quasi-magique faisant que l’on passe des cancans, des ragots pas toujours inoffensifs aux coups de pinces qui ne sont pas des coups de griffes. Les crabes ne peuvent décemment pas prétendre au noble statut de félins, de rois des animaux.
Il faut dire que nous nous étions habitués aux commérages (sources intarissables d’informations) qui donnent un semblant de vie commune à la forêt de Bouchaoui et au stade annexe succédant aux cafés du commerce.
Des commérages qui, pris stricto sensu et si l’on n’y prend précautionneusement garde, deviennent dénigrements, médisances, diffamations, persiflages, etc. avant d’emprunter la pente glissante s’achevant dans un cul-de-sac où l’on s’adonne à des  jeux de mains et de vilains.
Il a suffi d’une seule journée, d’un jeudi passé à Zeralda dans les locaux de l’Analj pour que la magie opère. L’élection d’un nouveau président de la FAA a modifié tous les rapports entre ceux qui sont sensés cohabité pendant un laps de temps variable, compté selon les circonstances en jours, en semaines,  en mois ou en années, dans des groupements humains où chacun respecte l’autre. Une trame temporelle envisageable malheureusement dans les seules communautés où l’intérêt général prime celui du particulier.
Les échos qui nous parviennent, ces funestes et innombrables cancans, nous ont appris que le nouveau pouvoir fédéral (celui qui, nous a-t-on dit et avons compris, s’est donné pour noble et inestimable  mission de redorer le blason terni de la discipline) n’a pas attendu le délai de grâce, les fameux « cent jours » marquant, en d’autres lieux certainement mieux et plus policés, la transition, le passage d’une autorité à une autre que les adeptes de la course à pied pourraient percevoir comme le passage du témoin de ce qui aurait dû être un relais de quatre ans.
Que nenni ! Les membres de la nouvelle fédération n’ont pas attendu de s’installer dans leurs nouvelles fonctions et de s’intégrer dans la structure fédérale archi-connue puisque quelques-uns en ont été membres, en connaissent parfaitement les rouages et les inimitiés.
Dès la semaine suivant les élections, dès les premiers jours de la semaine ayant suivi le jeudi électif, les opprimés, les marginalisés de tous bords - par une gestion des ressources humaines et relationnelles déplorable ayant semé la zizanie entre les membres d’une famille déchirée par le partage du legs hérité de leurs honorables et illustres prédécesseurs (nous pensons ici à  ceux qui ont fait l’histoire de la discipline et non aux précédent et immédiats gestionnaires enfants prodigues et dilapidateurs de l’institution) - ont entamé une opération de représailles qui ne fait pas honneur à leurs auteurs et aux valeurs humanistes olympiques devenues désuètes.
Quelques heures à peine ont suffi pour démanteler, mettre à bas des opérations et des actes de gestion qui ne méritaient pas autant de précipitation. Les nouveaux décideurs ont opté pour la révolution et non l’évolution. Marx, Bakounine, Lénine ont été préférés à Darwin.
Les premières décisions ont été, de notre point de vue, maladroites. Elles ont consisté à d’abord reprendre possession des véhicules de la fédération utilisés auparavant par le DTN  et le trésorier et ensuite à changer un chef de délégation. Comprendre qu’il fallait faire table rase du passé récent abhorré.
En quelques secondes, le discours prétendument rassembleur prononcé à l’issue de l’opération électorale a été renié par celui qui l’avait tenu tandis que la notion de « continuité de service public » a été mise à mal.
Ces deux actes révèlent aussi la qualité de la relation préexistante entre les élus et les cadres permanents objets de l’humiliation publique d’une part et entre les cadres permanents  qui dans un passé récent (éviction du secrétaire général), n’avaient pas su être solidaires.  

Ils illustrent, à notre profond désarroi, l’esprit de revanche semblant prendre le pas sur une réconciliation devenant hypothétique.  

jeudi 6 avril 2017

Les Algériens et le dopage (7), Parole enfin libérée

En plein jeux olympiques de Rio, Zahra Bouras a apporté à nouveau son grain de sel. Elle mit en avant la blessure, selon elle très diplomatique, de son ancien camarade d’entrainement qui aurait valeur de prétexte au forfait des championnats du monde en salle (Portland, 2016).

Zahra savait que Bouraâda était entrée en conflit avec Mahour Bacha. Le décathlon confirme, dans l’interview télévisée, cette information en disant qu’à cette période-là (au début de l’année 2016), il voulut quitter Mahour Bacha et qu’il en avait été empêché par la fédération et des entraîneurs qui firent valoir que cela ne serait pas intelligent de sa part à  l’approche des jeux olympiques.

Dans ces propos diffusés sur une chaine privée de télévision et reproduits dans la presse écrite nationale et étrangère, Larbi Bouraâda se laisse enfin à dire ce que pendant des années il a tu, ce qu’il a conservé par devers lui. Bouraâda était miné intérieurement. Il parle avec beaucoup de mesure. Mais, la catharsis n’est pas complète.

Il ne cache cependant pas que parler d’un passé - somme toute pas entièrement négatif bien que trouble, un passé qu’il ne renie pas totalement malgré les commentaires incendiaires des supporters de son ancien coach - serait ouvrir la boite de Pandore et aborder des thématiques passibles des tribunaux. D’ailleurs, cela est difficile compte tenu des problématiques individuelles et collectives en jeu.

On comprend que sa proximité avec Mahour Bacha lui a fait connaitre des situations peu reluisantes (c’est le moins que l’on puisse dire), désastreuses, dangereuses pour beaucoup de personnes évoluant dans cet univers interlope que l’on dit gangréné par le dopage. Dans une interview dont l’enregistrement dure un peu plus de 10 minutes, l’athlète a répondu à la menace de son ex-entraîneur (et aux pressions exercées par d’autres protagonistes alliés de celui-ci) par une menace suggérée.

Il a enfin, bien qu’en partie seulement, libéré cette parole longtemps tenue en laisse. Rio est  passé par là. Il a compris qu’à l’époque où il était sous la coupe de Mahour Bacha, « on m’induisait en erreur. Du moins, on me communiquait de fausses informations ».

Depuis la séparation, Mahour Bacha s’était retiré dans son coin. Il continue toutefois, de vitupérer, de s’agiter tel un poisson dans un bocal pollué par les histoires du passé, rempli des impuretés forts nombreuses révélées par les à-côtés des assemblées générales électives des fédérations sportives. La page Bouraâda était tournée sans dégâts. Du moins, Mahour Bacha le croyait.

Le silence vaut acquiescement. Par son mutisme (y compris lorsque tout allait de travers et qu’il fut banni des stades), Bouraâda s’est comporté en allié muet du travail de sape d’un Mahour Bacha percevant autrement le fonctionnement, la gestion du mouvement sportif national. Un mouvement sportif à sa botte, à mener à la baguette.

Pourtant, Bouraâda (c’est lui qui le dit dans cette interview) n’avait aucun problème particulier avec le COA. Les apparences ont été trompeuses. En particulier lorsqu’elles sont manipulées. Sans rien dire, Bouraâda a été associé aux déclarations incendiaires de l’entraîneur.

Le cinquième des épreuves du décathlon des championnats du monde de Pékin (2015) et  des jeux olympiques de Rio (2016), avoue avoir été induit en erreur par son entourage. En particulier, sur la question lancinante et insidieuse ayant rythmé l’année olympique, celle que Mahour Bacha a toujours mise en avant. Cette prise en charge de la préparation par les pouvoirs publics et surtout de ce COA qui aurait été la cause de ses ennuis logistiques.

Une polémique stérile qui est nait des inconséquences des responsables de la fédération. Une prise en charge gérée sur le plan des démarches administratives et financières par son mentor. Bouraâda dit ne pas avoir connu le montant des dossiers de sortie si ce n’est l’argent de poche que lui remettait son mentor d’hier.


Maintenant que Bouraâda a changé de camp, qu’il bénéficie d’une prise en charge qui ne souffre pas de retard, qu’il dépend directement du comité olympique algérien, qu’on lui a dévoilé ce fameux dossiers de sortie (prétexte à des déclarations polémiques et au décalage dans l’organisation d’un stage dont nous avons montré les péripéties) accepté dans sa totalité sauf….la location de voitures, il s’est rendu compte qu’il n’a été qu’un pion dans la main de Mahour Bacha. 

mercredi 5 avril 2017

Les Algériens et le dopage (6), La hantise de Bouraâda

Au retour des jeux olympiques de Rio, la collaboration qui liait Bouraâda et Ahmed Mahour Bach a  été rompue. A la surprise générale ! D’autant que la rupture a été à l’initiative médiatique du second. Le coach a avoué sur la place publique, via la presse télévisée, son incapacité à poursuivre sa mission auprès de l’athlète, à le mener plus loin dans la hiérarchie mondiale. Le super-entraîneur d’athlétisme algérien reconnaissait (c’est la stupéfaction du siècle naissant) avoir atteint ses limites et admet l’impossibilité d’apporter à son ex-poulain les moyens indispensables pour franchir les dernières marches de la gloire.

En filigrane, il fallait sans doute apercevoir la fin de la tentative de coup d’Etat mené  contre les instances sportives. Bouraâda, encore une fois, a gardé le silence bien qu’il ait été utilisé comme bélier dans une tentative d’éperonner le mouvement olympique algérien. Il faut reconnaitre que, pourtant, quelques jours plus tôt, alors que la délégation algérienne n’avait pas encore quitté Rio et juste après avoir achevé son décathlon olympique, il avait redressé la tête, fait face.

Sa prise de parole dans la presse officielle, laissait apparaitre pour la première fois que des dissensions traversaient le duo. Bouraâda, dans un contexte différent de celui du stade annexe, totalement ouvert sur le microcosme sportif. Par sa rencontre avec les responsables, il avait découvert qu’il avait été dupé.

Bouraâda, en fin mars 2017, confirma ce que nous avions décelé. La relation n’était plus sereine. L’interview a montré que la dernière année, celle séparant les championnats du monde de Pékin des jeux olympiques de Rio a été marquée par trois moments de tension : les championnats du monde de Pékin, les championnats du monde en salle de Portland et cet avant jeux olympiques qui n’a pas débordé dans la presse. Ce moment de l’interview vient expliquer a posteriori la présence de « Moh » Hocine  dans la délégation algérienne et le rôle qu’il a joué.

Il avait apporté la contradiction aux déclarations de Mahour Bacha. Le sujet de la discordance apparue au grand jour a été celui  de la voiture officielle qui aurait dû l’accompagner pour sa séance de técarthérapie. En s’écartant de la voie que lui traçait antérieurement Mahour Bacha, Larbi Bouraâda montrait l’envie d’emprunter le chemin de l’émancipation. Bouraâda a certainement ressenti qu’il était le dindon de la farce.

Mahour Bacha a été surpris par l’attitude de Larbi Bouraâda d’autant qu’un peu plus tard, l’athlète (en prélude aux déclarations de Toufik Makhloufi sur les responsables sportifs) s’en prenait véhément à la fédération d’athlétisme. Nul ne s’attendait à une telle prise de position.

Dans des déclarations récentes publiées sur un site d’informations générales, Bouraâda est revenu sur l’arrêt de sa collaboration avec Mahour Bacha et de sa présence en France auprès d’un entraîneur français (choisi et rémunéré par le COA ce qui serait à l’origine des atermoiements pour la désignation de son nouvel entraîneur qui selon les vœux exprimés par Mahour Bacha et Amar Bouras auraient dû être ressortissant d’Ukraine ou de Cuba) dans la perspective ambitieuse d’une place sur le podium des championnats du monde de cet été.

Il  y affirme sans circonvolutions langagières qu’il n’avait plus totalement confiance en son coach avec lequel il avait passé de nombreuses années. Depuis son retour après sa suspension, chaque compétition, déclara-t-il, était marquée par la hantise d’être à nouveau contrôlé positivement : « Quand je suis revenu à la compétition, je vous avoue qu’à chaque fois que je subissais un contrôle, je tremblais comme une feuille. Entre moi et mon entraîneur, il n’y avait plus de confiance ».

Nous devons convenir que cette crainte n’a pas été la seule motivation de ce changement. Zahra Bouras, dès les semaines qui suivirent son contrôle positif, avait affronté médiatiquement son ancien entraîneur. A la fin de la suspension, elle s’est exilée dans un club de Constantine, ville natale de son père et a pris une autre licence dans un club du Sud de la France. Sa tentative de reprendre sa carrière sportive n’a pas répondu à ses attentes avec des chronos éloignés des 2 minutes aux 800.


Bouraâda est resté s’entraîner avec Mahour Bacha disposant du soutien précieux du président de la fédération, Amar Bouras.

mardi 4 avril 2017

Les Algériens et le dopage (5), La dénonciation de Benmissi

Dans une déclaration récente à la presse, Kamel Benmissi a eu l’audace (dans un espace qui se tait, l’expression est adéquate) de dire qu’« on a ramené 2 000 euros de médicaments qui existent sur le marché algérien, et des produits dopants, mais personne n’a été inquiété ».

Ce qui est dérangeant dans cette information révélée publiquement par Kamel Benmissi qui ainsi outrepasse  les habitudes qui sévissent dans le milieu, nous nous trouverions dans une situation d’importation (frauduleuse et sous le couvert d’une délégation) de produits dopants que l’on imagine très (si l’on en croit ce qui se dit à ce sujet) répandus en Russie. Observons que, peu de temps après, cette nation athlétique de premier plan deviendra la cible des instances internationales et de la presse anglo-saxonne, allemande, britannique et américaine.

La Russie est un pays où (comme sous d’autres cieux tels qu’en Jamaïque, au Kenya, en Turquie, au Maroc et de plus en plus dans les pays du Golfe persique), selon les suspicions dispersées par un très influent réseau médiatique, les enquêtes menées par les instances internationales (AMA et IAAF) et enfin la lecture de la liste des athlètes bannis ne recouvrant pas totalement les soupçons, le fléau du dopage ferait des ravages. 

En Russie, comme au temps de l’Union des Républiques Socialistes et Soviétiques (URSS) et du « bloc de l’Est », le système étatique aurait été maintenu. Une notion qui inclus au moins la bienveillance des autorités et au pire à leur instigation quand ce n’est pas avec leur collaboration efficiente.

En aparté, aux oreilles qui veulent bien l’écouter, Kamel Benmissi laisse comprendre que ce « personne » est aussi un mot renvoyant, sur le plan sémantique, à l’absence de réactions. Il présente les caractéristiques de Polyphème le Cyclope, le géant à l’œil unique, éborgné  par Ulysse (roi d’Ithaque et héros de l’ « Odyssée » de l’aède grec Homère) qui le mis par conséquent dans l’incapacité de voir ce qui se déroule dans son environnement immédiat.

Ce « personne », lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu à ce sujet, et que Benmissi ne dissimule pas, serait le ministère de la jeunesse et des sports. Une institution sportive nationale qui, dans ce dossier des championnats du monde de Moscou, aurait pris ses responsabilités en successivement diligentant une enquête sur cette affaire via les services de son Inspection Générale, puis en prenant une décision conservatoire de suspension de mandat du responsable concerné (le chef de délégation)….. avant de fermer le dossier (ou du moins le laisser devenir  poussiéreux) et laisser, quelques mois plus tard, la fédération réhabiliter l’élu. Entre temps, le titulaire du département ministériel avait changé.

Du point de vue de Benmissi (il développe souvent ce point de vue dans ses diatribes à l’encontre de l’instance fédérale), la fédération, concernée par cette affaire, ne pouvait en aucune façon réagir, mener une enquête objective. L’implication (directe ou indirecte) d’Amar Bouras et d’Ahmed Mahour Bacha dans le dopage de la fille du premier et de deux athlètes entraînés par le second rendait inopérante toute velléité de dévoiler la réalité. Il les considère si ce n’est d’être les auteurs de cette importation d’en être complices.

Pour comprendre ce raisonnement, cette perception subjective, il faut remonter à juin 2012 (cf. les chroniques de 2016 sur le sujet) quand Zahra et Larbi furent attrapés par la patrouille anti-dopage provoquant des déclarations de ces deux responsables de l’athlétisme algériens et des plaintes qu’ils auraient déposées….apparemment sans suite.  

A la relecture des chroniques que nous avons écrites sur le sujet, il apparaitra que, le temps d’une olympiade, Larbi Bouraâda est resté silencieux. Pendant plus de quatre ans ! Depuis qu’il fut pris en flagrant délit de dopage, jusqu’à il y a peu. Quelques mois en fait.

Depuis ces jeux olympiques de Rio où il fut, selon une analyse proposée des déclarations à la presse des protagonistes de la « crise de Rio », une marionnette (de plus en plus récalcitrante) entre les mains de Mahour Bacha.


 Dès les championnats du monde de Pékin (août 2015), des indices puisés dans les rumeurs avaient laissé penser que Larbi Bouraâda n’était plus en complète symbiose avec son entraîneur. Larbi Bouraâda aurait compris que la présence de Mahour Bacha à ses côtés lui portait préjudice.