samedi 30 septembre 2017

Samira Messad (63), Quand la police intervient

Nous remarquerons simplement que le titre X (« lutte et contrôle antidopage ») de la loi n° 13-05 du  juillet 2013, relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives, stipule  en l’article 221 que « Outre les officiers de police judiciaire, sont habilités à rechercher et constater les infractions aux dispositions antidopage, les agents du secteur chargé des sports, dûment assermentés et commissionnés  cet effet ».
Par ailleurs, la « judiciarisation du dopage » est contenue dans d’autres articles peu connus de la loi 13.05. Celle-ci prévoit des peines d’emprisonnement ainsi que des amendes pour le très large panel  d’infractions aux dispositions insérées dans les articles 192 (prescription, cession, offre, vente, administration, application, proposition, production, importation, exportation, transport, facilitation à l’usage, incitation à l’utilisation, opposition aux mesures de contrôle des agents prévus l’article 221 ainsi que les  falsification, destruction, dégradation d’échantillon ou d’analyse cités en l’article 223) et 193 (détention, sans raison médicale justifiée ou autorisée par une AUT, de substances et de méthodes  interdites).
De toute évidence, la présence de ces dispositions coercitives, dans le corpus juridique et sportif  algérien n’a pas été intégré dans l’esprit de la communauté des sportifs refusant inconsciemment de le reconnaitre et beaucoup par ignorance.
Ces dispositions légales ne seraient donc considérées que comme une simple mise en conformité avec la réglementation internationale. Un processus d’uniformisation universelle insérée dans la mondialisation des règles de lutte contre le dopage qui n’aurait guère plus de valeur que la mise en conformité des statuts des associations sportives avec la législation nationale, avec cette loi 13.05 que de nombreuses associations, ligues et fédérations et autres institutions sportives bafouent à leur convenance quand cela leur convient.
Ce ne serait finalement qu’une obligation légale formelle n’impactant en aucune façon la vie  sportive bien que la loi nationale et la convention internationale aient été adoptées par les représentants du peuple et promulguée par le président de la République. L’univers sportif est un monde qui se veut distinct des autres groupes sociaux.
Dans l’esprit des sportifs et des observateurs, les officiers de police judiciaire ne font pas partie du dispositif de lutte contre le dopage. Le sentiment général a, semble-t-il, été que ce dispositif était une activité déléguée par la loi aux agents assermentés désignés par l’agence nationale de lutte contre le dopage. Une affaire concernant uniquement les sportifs et assimilés.
L’article cité ci-dessus (art 221) remet les choses en leurs véritables places en plaçant les OPJ (dont on sait qu’ils relèvent de plusieurs corps constitués : police, gendarmerie, douanes, etc.) au premier  rang, celui que leur attribue la loi.
Les services de police ou de gendarmerie ne sont (à notre connaissance) jamais apparus dans les affaires de dopage. Nous devons supposer que ce qui n’était considéré que comme des affaires isolées a pris une tout autre tournure avec la multiplication de celles-ci et, qui plus est, avec la constatation (cette fois-ci flagrante) d’un possible effet de groupe et d’un trafic mis en évidence par 5 contrôles positifs lors d’un seul contrôle.
Nous avons tenté de montrer à plusieurs reprises que la corporation des entraîneurs a phagocyté l’ensemble des niveaux hiérarchiques de la structure sportive. Depuis 1990 et l’abrogation de la « Réforme Sportive », cette corporation formant alors l’Association Algérienne des Cadres du Sport a exprimé son ambition à visée technocratique (singeant celle des énarques dans l’Administration), celle d’avoir la main mise sur la totalité de l’organisation sportive, en vue d’en faire une bulle dont doivent être exclus les bénévoles perçus comme des intrus et s’ils sont acceptés dans les organisations comme des supplétifs.

Le corps des entraîneurs est, croyons-nous, le premier utilisateur et le primo-demandeur de dopage (bien avant les sportifs qui, dans le contexte algérien, sont des suiveurs de mode trop influençables). Ils sont les initiateurs d’un fléau où interviennent d’autres acteurs d’activités liées et connexes (médecins, pharmaciens, kinés, soigneurs, etc.) en accompagnateurs de la demande et en qualité de membres de ces réseaux dont on parle beaucoup dans la sphère sportive et que l’on ne dévoile jamais. Comme tout corporatisme, les problèmes majeurs (dont le dopage) sont résolus en vase clos, à l’abri des regards indiscrets. 

mercredi 27 septembre 2017

Samira Messad (62), Judiciarisation du dopage

Nous retiendrons du premier article paru que la fédération algérienne de cyclisme (FAC)  a été approchée et qu’elle s’est, en toute logique, « abstenue de commenter cette affaire qui a eu l'effet d'une bombe ». 

Cinq jours plus tard, le 14 septembre, dans un autre titre de presse, le président de la fédération rompra le silence et confirmera en laissant échapper des bribes d’informations relatives  aux rapatriements des  coureurs et leurs passages devant la CNAD. Par cela, il atteste de l’existence des informations essentielles qui sont la présence de produits dopants dans les analyses de 5 coureurs cyclistes dont le statut de sportifs internationaux est réaffirmé.

L’intervention des services de police surprend. Elle est cependant implicitement expliquée par deux faits qui  sont que « le fléau du dopage en Algérie qui n'est pas criminalisé est une réalité », d’une part et que ce « énième scandale de dopage en Algérie n'est guère une surprise », d’autre part.

L’article nous incite à penser en filigrane que la médiatisation de ce « scandale de dopage» était en quelque sorte attendue par les sportifs. Pour le journaliste (et les autres acteurs du mouvement sportif), en position de spectateur permanent du bruissement des rumeurs, cette médiatisation (à laquelle il participe peu ou prou) ne pouvait intervenir que par le biais de l’implication des services de sécurité et de la justice.
Il est sous-entendu que le dopage bénéficie d’une protection, d’une organisation que seuls les services de sécurité et la justice pouvaient combattre. L’ensemble des intervenants semblent être des otages consentants de cette pratique.  
Nous remarquons aussi que la certitude de l’existence du dopage en Algérie et de son organisation en réseaux maffieux est posée en un postulat qui serait connu de tous. Nous devons donc comprendre que les acteurs (sportifs, entraîneurs, dirigeants) seraient victimes d’une forme particulière du syndrome de Stockholm.
Ils seraient partagés, dans une ambivalence admirablement incompréhensible, entre l’admiration hypocrite et la valorisation des résultats obtenus par le dopage (les athlètes dopés et les entraîneurs inspirateurs sont souvent cités par les rumeurs) ainsi que la stigmatisation de celui-ci lorsqu’il importe de nuire à ces athlètes et entraîneurs que pourtant, dans un passé si proche qu’il se compte en jours et même en heures, on portait aux nues. L’athlétisme est un monde où règne Janus, le dieu à deux visages.
Ce postulat est traduit dans le discours du journaliste matérialisant l’inconscient collectif de la communauté sportive, à travers « fléau du dopage », « réalité », « énième scandale », « n’est guère une surprise ».
Un extrait de cet article mérite une remarque. En affirmant que « Le fléau du dopage en Algérie qui n'est pas criminalisé est une réalité », notre confrère introduit une thématique à la fois riche de sens et  créatrice d’une forme de confusion révélatrice du refus d’une opposition frontale au phénomène par ceux censés être les premiers défenseurs.
La notion de « criminalisation » est difficilement compréhensible. Du point de vue sémantique, cela correspond à l’action de rendre criminel la pratique récusée. C’est pour cela que nous invoquerons et préférerons celle de « judiciarisation », une terminologie sémantique plus vaste, renvoyant à « passible des tribunaux » qui elle-même signifie  mise en œuvre d’une procédure judiciaire débutant par l’ouverture d’une enquête par les services de sécurité, d’une instruction conduite par un procureur et un juge d’instruction et pouvant s’achever par un procès. Ce qui correspond à la mise hors-jeu des sportifs au sens large du terme. Les sportifs ne veulent pas s’impliquer si ce n’est en discours vaseux.  
La notion de « judiciarisation » permet de faire l’économie des subtilités du langage juridique et des concepts liés à l’organisation des tribunaux (la distinction entre « correctionnel », « criminel » entre autre) qui ne sont pas, nous devons le reconnaitre, de celles qu’il est aisé de maîtriser et de restituer correctement. 

Ces subtilités juridiques et les concepts véhiculés donnent la place à un débat byzantin dans une démarche d’implication du système judiciaire qui n’a cependant jamais été considérée comme une solution dans l’univers sportif dominé par l’idéologie (mode de pensée structurant l’action) d’une corporation dont l’ossature est constituée essentiellement par les entraîneurs. 

mardi 26 septembre 2017

Samira Messad (61), Le dopage : une réalité connue

Nous écartons sciemment, en tant que source possible de cet écart déontologique, les cinq coureurs impliqués. L’information ne pouvait pas être divulguée par l’un d’entre eux ou par un membre de leur entourage proche. Ils étaient en stage sur le sol ibérique, loin de leurs domiciles respectifs où le courrier (notification de résultats d’analyse anormaux) aurait dû leur être adressé par voie postale.

De plus, ils n’avaient aucun intérêt à divulguer un fait susceptible de porter atteinte à leurs réputations. Le mutisme (puis la conservation de l’anonymat) est leur meilleure protection jusqu’à la prise de la décision finale. Laisser parler les rumeurs jamais confirmées est la meilleure parade qui soit.

Pour sa part, la CNAD est, du point de vue éthique, tenue au silence jusqu’à l’expiration de la procédure. Un silence qu’elle semble avoir respecté (dans la forme) pour tous les cas qui se sont présentés jusqu’à ce que se produise cette fuite intempestive dans un média national.

Le premier article (09 septembre) ne fut donc que la médiatisation d’une de ces rumeurs qui font la vitalité discursive des activités qui se déroulent sur installations sportives du complexe olympique. Mais, une rumeur apparemment puisée à bonne source qui pourrait être située dans la proximité immédiate de l’un des organes cités (CNAD et FAC). Le second article (dans les mêmes colonnes), daté du 12 septembre, n’est qu’une actualisation du premier article. 

La confirmation de ces 5 cas allégués de dopage, celle attendue d’une source autorisée, est intervenue par le biais de la fédération algérienne de cyclisme (FAC). Apparemment à son corps défendant puisqu’en réponse à une demande, que nous supposerons pressante, d’informations complémentaires mises à jour formulée par un habitué des lieux. Le sujet (dopage), le contexte (rumeurs propagées par les acteurs, silence habituel des autorités) et les locuteurs (président de la FAC et journaliste) peuvent expliquer cette seconde transgression à la règle.

Dans son édition du 14 septembre, « Le Temps d’Algérie » indique s’être rapproché du premier responsable de la structure fédérale qui, selon la formulation utilisée par l’organe de presse, « ne nie pas et confirme, mais ne reconnaît pas » les faits. Il n’y a pas de clarifications mais une tentative de conserver la confusion créée par une situation inimaginable. La parade d’évitement  n’a pas été totalement efficace.

Dans ce qui est chronologiquement le troisième article en langue française consacré à ces 5 cyclistes dopés, le président de la FAC actualise simplement les informations publiées par « El Watan » et précise quelques données. Les informations essentielles sont préservées.

Il est intéressant de noter que l’article du 9 septembre (publié dans « El Watan ») rapporte que « Le contrôle a été effectué par la Commission nationale antidopage (CNAD) » dont nos lecteur savent désormais qu’elle est souveraine sur le territoire où elle peut intervenir tant pour son propre compte (dans le cadre de ses objectifs, ses priorités et sa planification) que pour celui d’organes sportifs    internationaux qui solliciteraient sa collaboration.

Etrangement, le journal reconnait une lacune. Son incapacité à dévoiler « le produit dopant qui a été trouvé dans les urines de ces jeunes cyclistes ». Une situation que l’on peut expliquer par la quasi-impossibilité pour n’importe quel quidam de retenir (et prononcer) les dénominations complexes.

Par ailleurs, au-delà de cet aspect, remarquons que seule une source au sein de la CNAD, proche du dossier, est (à ce moment de la procédure) en capacité de communiquer ce genre d’information. Tout comme il peut s’agir d’une manœuvre destinée à protéger l’informateur.

Une information également incomplète puisque en plus de ne pas connaitre le nom du produit, il ne nous est pas dit s’il s’agit du même produit qui a été décelé dans les urines des 5 coureurs. Une éventualité à retenir si l’on considère la suite de l’article où, de manière allusive, il est question d’un trafic de produits dopants organisé en filière ou réseau de distribution.


La seconde information troublante médiatisée est celle par laquelle  nous apprenons que suite à cette « affaire de dopage sans précédent », les services de la sûreté d’une wilaya (non déterminée mais que nous supposons être celle d’Alger) auraient déclenché, selon les sources du journaliste, « une enquête pour débusquer la "filière de dopage" en Algérie ». 

lundi 25 septembre 2017

Samira Messad (60), Comprendre le schéma d’information

Le premier intervenant possible, dans le long cheminement conduisant à cette « rumeur » (comme le monde sportif en connait tant) devenue par l’action médiatique « fuite » dans les médias, ne peut être qu’« un laboratoire de réputation mondiale basé à Paris ».

Ce laboratoire est vraisemblablement le « laboratoire accrédité » par l’AMA. On sait qu’il est rattaché à l’AFLD (agence française de lutte contre le dopage). Nous pensons que ce laboratoire (parce que le nombre des laboratoires accrédités est réduit et du fait de la localisation géographique qui nous est communiquée) est celui de Châtenay-Malabris. Nous avons vu antérieurement que le laboratoire est choisi par l’organe national de gestion de la lutte anti-dopage (la CNAD).

Selon la démarche instaurée par les standards internationaux définis par les structures de l’AMA, le laboratoire retenu est (outre l’examen des analyses) en charge de porter obligatoirement un résultat d’analyse anormal  à la connaissance des instances concernées: la CNAD, la FAC (fédération algérienne de cyclisme), l’UCI (fédération internationale de cyclisme) et l’AMA (ou WADA  en anglais).

Rappelons (à toutes fins utiles et bien que cette information ne permette pas de lier les deux affaires) que le laboratoire de Châtenay-Malabris a été celui ayant procédé aux analyses d’urine de Samira Messad. De toute évidence, entre la CNAD et le laboratoire, les relations sont marquées par une certaine permanence.

La divulgation publique de ces 5 cas de dopage a été restreinte à un seul titre de la presse francophone. Observons que dans les milieux de l’athlétisme algérois, il est de notoriété publique que l’auteur de l’article est un membre connu de la famille.

L’analyse du contenu de l’article nous incite à penser que cette information n’est pas porteuse du caractère officiel auquel nous aurions pu nous attendre au vu de la notoriété du journal.

Nous devons convenir que, malgré ce contexte handicapant (celui de la publication d’une information non sourcée dans un journal ciblant l’actualité et ayant habitué à la rigueur), cette rumeur est malgré tout un « scoop » (certes officieux au moment de la publication) très dérangeant qui secoue à la fois le cyclisme algérien en particulier et le mouvement sportif national en général.

L’annonce de ce quintuple cas de dopage est en effet le produit, ou plutôt le reflet, d’une véritable secousse tectonique qui ébranle le monde sportif et médiatique algérien. Nous devons avoir à l’esprit que la publication de cette information intervient dans un univers où règne habituellement la loi du silence même si celui-ci est sporadiquement rompu par des rumeurs rapidement oubliées. L’article officialise en quelque sorte une rumeur qui sort du cadre ordinaire.

Une approche systémique du fonctionnement du monde des médias nous amène à considérer qu’une fuite de cette  importance remarquable (compte tenu du nombre important de cas décelés au cours d’une seule compétition), localisée au niveau international, aurait été répercutée rapidement et à grande échelle par une des nombreuses agences de presse internationales.

L’information aurait ensuite été reprise par l’agence nationale (APS) et/ou un des nombreux sites algériens et étrangers d’informations générales et/ou sportives et/ou une des chaînes de télévision satellitaire privées à la recherche permanente de sensationnel (comme ce fut le cas pour Souad Aït Salem) et enfin par les organes de la presse écrite, en particulier les titres arabophones.

Le laboratoire, l’UCI et l’AMA auraient alors indéniablement été indexés, ciblés comme sources possibles de cet incident préjudiciable à l’éthique sportive. A ce niveau du processus de diffusion de l’information, l’agence internationale aurait cité sa source.

Ce scénario n’ayant pas été vérifié (jusqu’à présent l’information ne s’est pas propagée à l’international), la fuite (une bonne semaine avant le passage des coureurs cyclistes devant la CNAD) ne peut provenir que de l’une des deux instances sportives nationales immédiatement concernées par la question: la CNAD et la FAC.


Dans la circulation de l’information, la CNAD est au premier rang des suspects de la fuite. Elle est la première institution algérienne à être informée. Nous avons toutefois vu que la CNAD, la FAC, l’UCI  et l’AMA sont informées simultanément par le laboratoire. La CNAD parce qu’elle a commandé les analyses. Les autres organisations en leurs qualités de gestionnaires des cas de dopage.  

dimanche 24 septembre 2017

Samira Messad (59), L’intermédiation de la FAC

Au milieu de l’été 2017, d’un seul coup, le cyclisme rattrape son retard sur l’athlétisme avec ces 5 cas de dopage signalés au public en dépit de toutes les convenances réglementaires. Il se place au même niveau que le football qui connut une saison 2015-2016 démentielle sur le plan statistique. Aucun cas n’est signalé depuis. Quant aux rumeurs, elles furent nombreuses. Comme les oiseaux dans les champs de blé après que les moissonneurs soient rentrés.
Les informations communiquées dans la presse donnent à penser que les cas sont attestés. Il n’en est rien. En réalité, on apprend, au moment de la publication du second article de presse (12 septembre), que la procédure à diligenter (dans le respect des règles  édictées par l’AMA) a été seulement introduite par la CNAD.
Nous sommes enclins à supposer que l’organe national de lutte contre le dopage a mis en œuvre les étapes préliminaires (dont cette recherche d’AUT qui pollue le climat et parait être l’objet d’un trafic) avant de faire entreprendre l’examen de chacun des cas (examiné séparément comme il se doit) par la commission d’audition et de décision. Une rencontre précédée par l’envoi, à chacun des coureurs concernés pris individuellement, de la notification de résultat d’analyse anomal.
Comme pour compliquer la situation déjà inextricable, les premières données informationnelles indiquent clairement que les cyclistes incriminés n’ont pas été entendus par le comité d’audition et de décision. Ils ne seront auditionnés (dit-on aux lecteurs) qu’une semaine après leurs rapatriements sur le territoire national.  Sans que l’on nous dise s’il s’agit d’un retour en urgence consécutif à « cette catastrophe » ou de la fin programmée de stage.
Dans un troisième article publié le 14 septembre (soit 5 jours après le premier article), le président de la FAC déclare que les coureurs sont à Alger et seront auditionnés par « la commission de discipline de la CNAD » dans le courant de la semaine, donc par extrapolation avant le week-end du nouvel hégirien.
Ceci étant dit, nous sommes mis dans l’obligation d’enregistrer d’ores et déjà une entorse à la procédure. Celle-ci  est, de notre point de vue, un viol caractérisé de la règle de confidentialité.
Ainsi que nous avons eu à l’indiquer, la notification d’un résultat d’analyse anormal est au cœur d’enjeux juridiques importants pouvant conduire à l’annulation de toute la procédure en raison de vices dans le schéma de la communication d’informations aux concernés (sportif, fédérations nationales et internationales et AMA).

En France, l’envoi de la notification (et tout autre courrier lié à l’affaire) par courrier électronique n’est pas reconnu par la justice du pays. Cette nation privilégie l’envoi postal recommandé constatant une réception effective (bercée par une procédure aux relents bureaucratiques archaïques du point de vue anglo-saxon) du courrier en question par le destinataire.

La perception de la justice française ayant examiné les affaires qui lui ont été soumises a permis à des athlètes, dopés au sens de l’article 2.1 (présence de produits prohibés dans l’organisme du sportif), d’être blanchis, d’échapper aux foudres de la justice sportive qui avait pourtant prononcé une sanction.

L’AMA, quant à elle, conseille (au vu du gain de temps procuré et certainement d’autres préoccupations qui lui sont propres) et privilégie les moyens technologiques modernes (tel le courrier électronique) considérés comme surs mais qui ne sont pas admis sur le plan juridique en France.

En Algérie, quelques indices donnent à croire que le sportif n’est pas informé directement par la CNAD et que le courrier initial (notification de résultat d’analyse anormal) transite par la fédération. Lorsque nous examinons le dossier de Samira Messad,  on s’aperçoit que la notification n’a pas été envoyée à son domicile mais lui a été envoyée (par la CNAD) par l’intermédiaire de la fédération algérienne d’athlétisme.

Nous devons croire que cela (transmission de la notification par la fédération) est une procédure normale de la part de la CNAD. Une démarche renouvelée (depuis Samira Messad) pour Souad Aït Salem (dernier cas révélé en athlétisme) et donc les cinq cyclistes.

La recherche de l’origine de l’entorse à la règle de la confidentialité peut être circonscrite entre trois protagonistes (dont deux algériens) concernés directement par le traitement d’un résultat d’analyse   anormal.



samedi 23 septembre 2017

Samira Messad (58), Viol de la règle de confidentialité

Le hasard fait quelque fois  bien les choses. La règle de confidentialité (évoquée plus haut), introduite dans la réglementation universelle antidopage émise par l’AMA, a été mise à mal par le dévoilement dans les pages sportives de la presse algérienne de cinq nouveaux résultats d’analyse anormaux observés sur des coureurs cyclistes.
La première information sur le sujet a été publiée le 9 septembre 2017 dans les colonnes d’ « El Watan », un des titres références de la presse francophone proche par un de ses collaborateurs des milieux de l’athlétisme.
Depuis les divers événements constitutifs de la « crise de Rio », les lecteurs éloignés du Sato connaissent quelques-unes des relations de proximité existant entre l’athlétisme (discipline reine du mouvement  olympique) et le cyclisme (ou « petite reine »). On sait également qu’il y eut une collaboration soutenue des précédents présidents de ces deux  fédérations.
L’un (le président de la fédération d’athlétisme) aurait été le conseiller du second (président de la fédération de cyclisme) ainsi que le manager d’une équipe cycliste de premier rang dont serait issu un coureur suspendu en 2015 pour des faits de dopage.
Nous ne rappellerons pas le triste épisode qui a suivi le retour de Rio. Un moment qui vit le président de la FAC (Fezouine) suspendu de ses fonctions au sein du bureau exécutif du COA et de la réaction du président de la FAA (Bouras) qui préféra démissionner de cette même institution sportive nationale dont il occupait la première vice-présidence alors que (avons-nous compris à la lecture des articles de presse de l’époque) le COA délibérait.
A la publication de l’information, ces cinq sportifs de haut niveau (heureusement restés encore anonymes au moment de la publication des premiers articles) étaient encore présents, avec les autres membres de l’équipe nationale de la discipline (23 coureurs), sur le lieu du stage de préparation organisé à l’étranger (en Espagne) en vue de la participation aux championnats du monde (17 au 24 septembre en Norvège), aux championnats arabes de la discipline (du 18 au 24 octobre) puis au Tour d’Algérie « prévu juste après le championnat arabe du Maroc, sauf imprévu, car il pourrait être reporté de quelques  jours », dixit le président de la fédération.
Selon d’autres indiscrétions parues dans la presse nationale (« Le Temps d’Algérie » du 14 septembre), les prélèvements auraient été effectués le 21 juillet 2017 lors d’une épreuve cycliste nationale s’étant disputée à Batna.
 Nous savons, depuis les déclarations du docteur Mekacher, président de la CNAD, que le cyclisme est une discipline sportive qui, à l’instar de l’athlétisme, est particulièrement et prioritairement suivie par la CNAD. Nous ajouterons également que le dopage impacte fortement la discipline au niveau international ce qui lui vaut une attention soutenue de la part de la fédération internationale et de l’AMA.
Par ailleurs, l’histoire récente du dopage dans les milieux cyclistes relate qu’en 2013 des coureurs cyclistes s’étaient plaints de soigneurs qui les auraient obligés à utiliser de l’EPO. Aux côtés de cette information incertaine à plus d’un titre, nous savons qu’au printemps 2015, un champion cycliste algérien (Hichem Chaâbane) avait été impliqué à deux reprises, à quelques jours d’intervalles, dans l’utilisation de deux produits distincts, repérés dans deux villes différentes (Annaba et Constantine) de cet Est algérien qui manifeste à nouveau sa présence dans la détection de résultats anormaux.
Etrangement, tous les cas de dopage (à l’exception du lutteur Oukali et Messad contrôlés positivement à Alger) décelés en Algérie (en dehors du football qui selon le président de la CNAD occupe une place particulière aussi bien par le nombre de contrôles effectués, que par la gestion autonome du phénomène et les moyens mis en œuvre  ainsi que par le nombre de cas positifs enregistrés) l’ont été loin de la capitale.

En cette année-là, riche en nombre de suspension (le cycliste avait été précédé par le lutteur Oukali et suivi par Samira Messad), le cyclisme avait été (sur le plan statistiques) largement dépassé par l’athlétisme qui creusa encore l’écart les années suivantes (2017) avec la divulgation des cas Samira Messad et Souad Aït Salem (en cours de traitement) et la propagation de nombreuses suspicions dont nous supputons qu’il s’agit très vraisemblablement d’entorses à la règle de confidentialité. Des suspicions que l’on peut intellectuellement relier à des AUT post-validées.

vendredi 22 septembre 2017

Samira Messad (57), Le droit à l’information

La proximité de certains dirigeants et entraîneurs algériens (réputés, selon les commentateurs, soit  pour une maîtrise avérée ou seulement supposée) avec les experts de l’ex-République Démocratique Allemande (RDA), de l’ex- Union des Républiques Soviétiques et Socialistes (URSS) et des nations ayant formé l’ex-bloc de l’Est autorise les esprits suspicieux à rapporter la possibilité d’un transfert de savoir-faire dans ce domaine. Cette proximité serait même à l’origine de la familiarité qui aurait été remarquée avec le dopage.
Ce qui n’est en fin de compte qu’une conjecture est sortie incontestablement renforcée par cette mystérieuse importation - non-démentie par les pouvoirs publics (à savoir le MJS qui se serait saisi de  l’affaire et aurait désigné la CNAD pour mener une enquête à ce sujet - de produits pharmaceutiques et dopants.
Lorsque les résultats de l’échantillon B diffère de ceux de l’échantillon A, La CNAD est tenue d’en informer l’ensemble des parties concernée (le sportif, la fédération internationale, la fédération nationale et l’AMA) afin de prendre en compte cette modification.
Cette obligation de communiquer est impérative puisque les instances sportives avaient été tenues informées par le laboratoire (à travers le compte rendu d’analyses) puis par la CNAD (via la notification de résultat d’analyse anormal) du résultat initial.
Toutefois, bien que les résultats de l’échantillon B puissent disculper le sportif, la CNAD peut en décider autrement et considérer qu’il s’agit d’une violation des règles antidopage telles qu’elles sont définies par l’article 2.2. Les résultats de l’échantillon A étaient une violation de l’article 2.1.
En d’autres circonstances, celles prévues à l’article 7.4 portant sur l’ « examen des résultats atypiques », se référant au « Standard international », les laboratoires « ont instruction de déclarer  la présence de substances interdites qui peuvent aussi être produites de façon endogène comme étant des résultats atypiques des résultats nécessitant un examen plus poussé ».  Les laboratoires constatent les écarts. Les agences nationales décident.
Dans cette situation constituée par la présence dans les urines de substances produites par l’organisme, ce qui revient à dire qu’il s’agirait d’une production naturelle, organique et que donc elle  n’a pas fait l’objet d’un apport exogène (externe par consommation d’un produit pharmaceutique ou introduction par le biais d’une perfusion, d’une injection ou toute autre méthode), la CNAD doit procéder à un nouvel examen afin de déterminer (en respectant la procédure standard d’un résultat d’analyse anormal) l’existence d’une AUT préalable (ou si celle-ci peut être accordée à titre rétroactif signifiant certainement par-là que la CNAD sollicitera l’introduction d’un dossier de demande d’AUT explicatif de l’écart enregistré) ou encore s’il s’agit d’un écart normatif.
Dans ces deux hypothèses (existence d’une AUT et d’un écart endogène), le Code stipule que « le contrôle dans son entier sera considéré comme négatif et le sportif, sa Fédération internationale, sa fédération nationale et l’AMA en seront informés ».
Dans le cas contraire, la CNAD est astreinte à mener une enquête à l’issue de laquelle et devra conclure en décidant de trancher soit en faveur d’un résultat atypique à considérer comme un résultat d’analyse anormal d’une part  soit à l’absence de poursuite et de sanction, d’autre part. 
L’article 7.4.5 indique que la CNAD ne peut prendre une décision à propos d’un « résultat atypique » tant que l’enquête menée n’est pas terminée et qu’elle ne peut décider de la présentation (ou non) au comité d’audition et de décision de ce résultat atypique comme un résultat d’analyse anormal, à moins qu’elle ne décide de procéder à l’analyse de l’échantillon B avant la conclusion de son enquête.
Elle doit en informer le sportif par la notification de la description du résultat atypique (répondant ainsi au droit du sportif à exiger une copie du dossier d’analyse comprenant les informations requises par le « Standard international pour les laboratoires ») ainsi que les informations décrites à l’article 7.3.1 relatives à la date, à l’heure et le lieu prévus pour l’analyse de l’échantillon B, à sa représentation à l’ouverture et à l’analyse de l’échantillon B.

L’article 7.4.5.2 prévoit les injonctions d’une organisation responsable de grandes manifestations prenant la forme d’une demande d’informations préalables sur des athlètes sélectionnés pour une manifestation sportive internationale qui présenteraient un cas atypique en suspens. Les athlètes concernés en reçoivent notification.