dimanche 5 novembre 2017

Samira Messad (83), Boubrit au centre des polémiques

La polémique engagée entre Toufik Makhloufi, fort de sa médaille olympique sur 1 500 mètres, et les cadres du mouvement sportif, obligea, par médiatisation interposée, le ministre de la jeunesse et des sports de l’époque, le professeur en cardiologie Tahmi, à passer outre à toutes les habitudes et à faire convoyer, d’Alger aux Etats Unis, par monsieur le DTN transformé en un convoyeur de fonds qui ne demandait que celà, une mallette bourrée de dollars destinés à couvrir les dépenses d’un stage engagé par le champion olympique en dépit de toutes les règles. Makhloufi  n’aurait pas supporté les tergiversations de la FAA et de son DTN voulant lui imposer un entraîneur et des règles qui lui furent insupportables.

Un an plus tard, une autre polémique mit aux prises le champion olympique de 2012 et double médaillé de 2016, cette fois-ci, avec le président du comité olympique qui, lors de la précédente crise, avait été son soutien. La mèche de la bombe médiatique avait été allumée à la fédération d’athlétisme.

Toujours au sujet de Makhloufi, il y eut également les deux polémiques au sujet de l’établissement de visa. L’un pour disputer une compétition à Birmingham (Grande-Bretagne) puis, quelques mois plus tard pour se rendre sur les lieux d’un stage programmé par son entraineur Dupont au Portugal. L’épisode du second visa fut le prélude au déballage médiatique entre Makhloufi et le COA.

Nous retiendrons également, au passif du sieur Boubrit, les incidents relatés dans la presse nationale, bien après qu’ils eurent eu lieu (une dizaine de mois après), par le coureur de 3000 mètres steeple résidant en France, Abdelhamid « Blondin » Zerifi.

Lors des championnats du monde de 2015, le coureur avait été contraint d’assumer personnellement des frais de transport (pour lui et ses coéquipiers) pour se déplacer du lieu d’hébergement au site de la compétition. Ces frais étaient restés non remboursés dans les semaines qui précédèrent les jeux olympiques de Rio 2016. Près d’une année plus tard. Il lui fut seulement proposé un remboursement en dinars d’une dépense engagée en devises.

Les frictions nées à Pékin, où Zerifi, le franco-algérien repêché par l’IAAF, se senti comme un intrus dans la délégation algérienne, produisirent, à l’encontre de la fédération, un sentiment de ressentiment exacerbé par le processus de sélection pour les jeux olympiques. (Cf. les chroniques de « Polémiques » n°48 et suivantes).

On retrouve Ahmed Boubrit au cœur d’autres polémiques dont l’athlétisme se serait bien dispensé si la DTN et le secrétariat général avaient fonctionné à peu près correctement. Des « affaires » qui épicèrent la préparation et la participation des athlètes algériens aux jeux olympiques de Rio de Janeiro. Comme celles liées à la préparation de Larbi Bouraâda et au comportement de son entraîneur.

Nous avons évoqué ces questions étranges qui occupèrent, plus qu’il n’en faut, les esprits à une période où la sérénité aurait dû prévaloir et qui, au contraire, envenimèrent les rapports entre la CPO/COA et la FAA tout en remettant au goût du jour les relations tumultueuses liant, depuis des décennies, Amar Brahmia/Mustapha Berraf, d’une part et Ahmed Mahour Bacha/Bouras, d’autre part.

Nous citerons à titre de simple rappel, les chroniques que nous avons consacrées aux départ retardé et au retour prématuré de l’entraîneur du spécialiste du 400 mètres haies, Abdelmalek Lahoulou, le billet d’avion de Salim Keddar, les « affaires » concoctées à partir des séances de cryothérapie et de técarthérapie qui entourèrent la participation de Larbi Bouraâda, l’incident de « la voiture officielle » dont Boubrit fut un acteur/spectateur au premier rang.

La présence clandestine, à Rio de Janeiro, de Mohamed Hocine (présenté comme l’assistant de Mahour Bacha) validée postérieurement par le DTN (après une autre affaire de billet d’avion acquis par la FAA dans une tentative de mettre en porte-à-faux la CPO) d’un entraîneur qui n’avait pas été inscrit parmi les membres de  la délégation par sa fédération, etc. appartient aussi à une logique destructrice.

Voir à ce propos, les  cent et une chroniques (révélatrices du malaise de l’athlétisme) parues dans la série « Polémiques ». Des chroniques disponibles sur le blog « Sousolivier.blogspot.com ».


 A son triste tableau de chasse figurent aussi les propos déplorables tenus à l’encontre de ceux dont les propos ou les demandes lui déplaisaient.  

jeudi 2 novembre 2017

Samira Messad (82), Le bilan peu reluisant de Boubrit

Nous devons postuler que, de par ses fonctions au sein de la fédération, le président Dib a pris connaissance de cette correspondance. Nous devons aussi nous demander par quel biais il fut informé. Celui de la fédération ou du ministère ? La perspective de la prise de connaissance de l’ensemble des événements semble bien réelle au vu du rôle qui sera le sien lors des élections fédérale et olympique.

Les deux présidences (clôturées sur des résultats contradictoires : élection à la présidence de la FAA, échec pour la présidence du COA) lui étaient offertes sur un plateau par le secrétaire général de la FAA (écartant pour un motif ou un autre, tous les candidats) et par les cadres du ministère dont on connait le rôle dans l’après AGE du comité olympique.

S’il en eut connaissance, le président de la FAA, inspecteur à la DJS de Tlemcen, l’ignora superbement. En effet, l’une des premières décisions prises par le président Dib (quasiment dès son installation) fut de mettre fin (unilatéralement) aux fonctions d’Ahmed Boubrit.

Plus tard, au début de l’automne 2017, il fut à l’origine d’un conflit majeur, avec les membres du bureau fédéral, en s’opposant frontalement à leur volonté de ne plus reconnaitre Rezki Azaoun en tant que secrétaire général. Là encore, il semblerait que la procédure décrite par le ministère de la jeunesse et des sports a conduit à un clash.

La réunion du 4 août 2013 fut intéressante en tous points de vue. Elle fut celle qui, en plus de maintenir Boubrit à son poste, dévoila publiquement et sans aucune honte (sans doute le sentiment de l’impunité fondée sur la souveraineté des institutions sportives que sont l’assemblée générale de la FAA et le bureau fédéral élu) que « Messieurs Mahour Bacha Ahmed, Rahmani Miloud,  Hadj Lazib Othmane, Bouraâda Larbi » ont été en stage du 20 juillet 2013 au 05 août 2013 à Leverkusen (Allemagne).

Une information d’apparemment peu d’importance si ce n’est qu’elle met à jour et entérine un fait majeur qui  est que Larbi Bouraâda a pris part à un stage de la FAA. Le décathlonien avait été suspendu, pour une durée de deux années prenant effet à compter du 12 juin 2012, pour dopage au stanozolol.

De par sa fonction de DTN, Ahmed Boubrit ne pouvait ignorer cette situation réglementairement illicite. Il avait donc cautionné la présence d’un athlète suspendu pour dopage dans un stage organisé et financé par la fédération et les pouvoirs publics.

Malgré la réglementation nationale et internationale ! On peut aisément croire que ce ne fut pas sous l’influence d’Amar Bouras, président de la fédération, et d’Ahmed Mahour Bacha, entraîneur national omnipotent et accessoirement entraîneur de l’athlète suspendu.

Le bilan d’Ahmed Boubrit, à la tête de la direction technique nationale, est bien maigre. Il est toutefois marqué par quelques événements saillants.

Le premier événement marquant à porter au bilan de Boubrit, directeur technique national, est le recul du niveau de performance masqué par les chronos, les titres et les médailles de Toufik Makhloufi, devenu le fameux arbre qui cache non pas  la forêt mais l’avancée du désert.  

Le second est la recrudescence des cas présumés de dopage, thèmes récurrents de ces innombrables rumeurs qui ont envahi la sphère. Il y a aussi, dans le même contexte, les apparitions éclairs et les disparitions aussi rapides de jeunes coureurs de demi-fond.

Une situation qui incite (à entendre la citation du nom de Salim Keddar dans l’interview diffusée sur « Annahar Tv ») à se demander s’ils n’auraient pas été des cobayes d’une politique qui se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui.

Le nom d’un jeune coureur prometteur sur 800 mètres, appartenant depuis le début de la saison dernière à un  groupe privilégié, est suspecté de dopage au championnat national Open 2017. Il est arrivé à nos oreilles qu’il s’est intéressé cet automne à la procédure introductive à l’audition par la CNAD. 

Le troisième est l’apparition sur la place publique, en particulier sur les écrans des chaînes de télévision satellitaires et les colonnes de la presse écrite appartenant aux mêmes groupes de presse, de polémiques polluant les relations au sein de l’élite et avec les entraîneurs n’appartenant pas à la caste privilégiée.


Nous compterons parmi les épisodes révélateurs des relations conflictuelles qu’entretenait Boubrit avec les autres, le rôle qu’il tint, à la fin des années 2013 et 2014, lors du déballage médiatique qui eut lieu entre Toufik Makhloufi, d’une part, la fédération algérienne d’athlétisme, le MJS et/ou le COA, d’autre part (cf. Sous l’olivier n° 49, 86 et 204 à 211). 

lundi 30 octobre 2017

Samira Messad (81), Évictions à la tête du client

Le procès-verbal de la réunion du bureau fédéral s’étant tenue le 4 août 2013 note, dans une simplicité effarante ne portant de prime abord à aucune interprétation négative, que « Sur proposition de M. Bouras Ammar, Président de la F.A.A, les membres présents soutiennent à l’unanimité et d’une manière inconditionnelle M. Boubrit Ahmed D.T.N dans ces fonctions ».  

Que cette éviction soit vraie ou un subterfuge, le procès-verbal consacre Amar Bouras en tant que plus fort et premier appui de Boubrit. Amar Bouras a été le promoteur de la motion de soutien. Doit-on (et peut-on) établir un lien entre ce soutien et le fait que Bouraâda est participé à un stage alors qu’il est suspendu ?

Quatre années plus tard, au début de l’année 2017, tout juste après les élections inaugurant le nouveau mandat, Boubrit est relevé de ses fonctions par le président nouvellement élu de la fédération. Les deux hommes se connaissent bien. Le nouveau président appartient à la maison. Président de ligue, relevant du corps des cadres du MJS, il a été le premier vice-président du précédent bureau fédéral. Un de ceux qui accordèrent  au DTN, unanimement et inconditionnellement, leur soutien au mois d’août 2013.

L’éviction arbitraire, d’un cadre nommé par le ministère, par le président de la fédération, sans examen du cas ni délibérations du bureau fédéral, qui plus est, en dépit des règles administratives, fait partie des mœurs de la FAA et d’autres institutions sportives nationales.

En vertu du respect du sacro-saint principe du parallélisme des formes connu de tous et revendiqué par tous, la proposition de mise fin aux fonctions d’un cadre permanent affecté à une fédération doit être formulée auprès du décideur qu’est le ministre de la jeunesse et des sports. Ce principe veut que seul le signataire de la décision de nomination puisse être le signataire de la décision de mise fin aux fonctions.

Un des prédécesseurs de Boubrit au poste de DTN, Ahmed Mahour Bacha pour ne pas le nommer, au tournant du 21ème  siècle, a été une des victimes connues de cette procédure bien rodée de l’éviction arbitraire et unilatérale commise impunément par les présidents de la fédération d’athlétisme qui se sont succédés. Il ne se laissa pas faire. Il fit des pieds et des mains, alertant les autorités et les médias.

Il aurait dû servir d’exemple à tous ceux qui subirent le même sort. Nous dirons que quelque part les sarcasmes qu’il adresse à ses pairs ont, sur ce plan, bien raison d’être, qu’ils sont fondés.

Plus proche de nous, après le retour de la délégation algérienne des jeux olympiques de Rio, donc au cours des   dernières semaines du mandat du président Bouras, le secrétaire général de la FAA, Rezki Azaoun, en subira à son tour les effets.

A l’issue de sa convalescence, il sera démis de ses fonctions avant d’être réintégré formellement par décision du ministère. Pendant quelques mois, il resta en stand-by. Réintégré dans ses fonctions sans avoir rejoint son poste d’affectation

Azaoun fera son retour plus tard dans les bureaux de la fédération. A la veille des élections. Il reviendra  sous la férule de l’Inspection Générale du MJS intervenant à la suite de l’incident dit de « l’ordinateur » vidé de son contenu avant que l’intégralité ne soit miraculeusement restituée.

La conséquence de ce pronunciamiento est que le personnel de la fédération (dont le DTN) fut prié de vider les lieux laissant le secrétaire général seuls aux commandes. On connait aujourd’hui les effets tangibles de cet acte sur la gouvernance sportive. L’athlétisme algérien et le mouvement sportif savent fermer les yeux quand ils le veulent.

Abdelhakim Dib, le président nouvellement élu avait été dans le précédent bureau, le président de la commission des affaires  juridiques de la fédération. Il était le premier concerné par ces histoires biscornues.


Il ne semble pas avoir retenu la leçon inscrite dans le courrier transmis par le secrétaire général du ministère portant à la fois annulation de la décision prise par le  président Bouras et rappel des règles des relations entre une fédération et sa tutelle administrative.  

dimanche 29 octobre 2017

Samira Messad (80), Boubrit prend le pouvoir

La fonction de secrétaire général, laissée provisoirement vacante par Azaoun, est confiée au…DTN, Ahmed Boubrit. Celui-ci est un des cadres permanents affectés par le ministère de la jeunesse et des sports à la fédération algérienne d’athlétisme. A ce titre, il occupait une des fonctions organiques prévus par les statuts  de la fédération algérienne d’athlétisme.

Avec cette nomination, il devient de fait - par la double casquette (de DTN et de secrétaire général par intérim) qu’il porte maintenant - le véritable patron de la fédération algérienne d’athlétisme. Il a la main mise sur les deux piliers fondamentaux de la fédération : le volet technique, c’est-à-dire l’élite nationale et la logistique, la gestion  des moyens, des ressources humaines et financières.

Nous avons vu que dans l’interview par téléphone, diffusée par la chaine de télévision « Annahar TV », alors que se déroulent les championnats du monde d’athlétisme de Pékin, Boubrit disait ne pas être concerné par le cas de dopage, relevé 48 heures plus tôt, de Samira Messad. Selon les déclarations à chaud, cette athlète n’appartenait pas au groupe très restreint des athlètes internationaux et des athlètes de haut niveau disputant les championnats du monde.

Depuis sa nomination en sa qualité de secrétaire général par intérim, Ahmed Boubrit est en charge de ce dossier des plus délicats. De par ses fonctions de DTN, il avait déjà eu à faire face aux multiples rumeurs (vraies ou fausses, cela n’a guère d’importance) qui surgirent à propos des pratiques de dopage qui seraient employées par le très haut niveau algérien. Dans le cadre de ses fonctions,  il se devait de défendre et promouvoir ses représentants de l’athlétisme algérien.

A postériori, on a le sentiment qu’il n’avait pas su (ou pu, la question reste pendante) éviter les commérages que produisirent inévitablement les relations des athlètes algériens avec les groupes controversés d’entraînement étrangers. On ne sort pas indemnes des contacts avec Aden Jama et ses athlètes et des sessions d’entraînements organisées sur les installations de nations sur lesquelles pèsent de forts soupçons de pratiques systématisées de dopage (Kenya, en Ethiopie ou  Maroc). Au contraire, il semble s’y être fourvoyé en connaissance de cause. Il est incontestablement prisonnier du milieu.

Pour Boubrit, cette nomination est comme l’apothéose de sa carrière. Aucun cadre permanent de la fédération n’avait cumulé entre ses mains autant de pouvoir. Il en est à son deuxième mandat à la tête de la DTN. Ces huit années à la tête de l’élite athlétique algérienne ont été mouvementées et peu productives sur le plan des résultats.

Au cours de ces deux mandats, il a affronté, avec l’aide du groupe formé par certains entraîneurs de l’élite nationale que l’on dit proches de la préparation biologique, plusieurs tentatives de destitution. Les noms de ces entraîneurs sont connus du milieu athlétique pour avoir été en relations, à plusieurs reprises, avec Jama ou pour avoir été impliqués dans des affaires scabreuses aux relents de scandales médiatiques. Il était déjà en poste en 2012, lors des contrôles positifs de Réda Megdoud, Zahra Bouras.

L’un d’entre ces entraineurs de haut niveau qu’il côtoie au quotidien (décrit par ses nombreux contradicteurs comme le plus impliqué dans le phénomène du dopage en Algérie) s’enorgueillit, avec l’arrogance qui fait partie de son personnage, dans un commentaire (à une chronique consacrée à ce thème : Sous l’olivier n° 263: La méthode Aden Jama, Pas aussi révolutionnaire qu’elle le parait) publié sur son mur Facebook, d’avoir mis en relation un de ces entraineurs de haut niveau avec Jama.
Ce qui s’en est suivi (participation à des stages financés par la FAA et/ou la CPO en des lieux où la présence de Jama est attestée) est un fait qui ne pouvait être réalisable qu’avec la collaboration du DTN et du secrétaire général de la fédération algérienne d’athlétisme : le premier en entérinant la proposition (les programmes de stage et de compétitions) et le second en actionnant la procédure des dossiers de sortie y afférent.   

Ces tentatives de destitution ne sont pas affabulatoires. L’une d’elles a été enregistrée, dans la forme la plus officielle qui soit,  celle de l’inscription sur le procès-verbal de la réunion du bureau fédéral qui s’est tenue le 04 août 2013. 

jeudi 26 octobre 2017

Samira Messad (79), La FAA décapitée

Ni Mahour Bacha, ni Bouras ne purent alors intervenir, intercéder favorablement en faveur de Larbi Bouraâda et Zahra Bouras. Les contrôles avaient été réalisés à l’étranger. Les dossiers de Zahra Bouras et de Larbi Bouraâda, athlètes internationaux, n’étaient pas traités par la CNAD. Ces deux dossiers échappaient totalement à l’emprise  qu’étaient susceptibles d’exercer certains membres du mouvement sportif national.

Dans la compréhension qu’avait Samira Messad du fonctionnement du système algérien de lutte contre le dopage, la CNAD a prononcé une suspension dont l’application est du ressort, en toute souveraineté, de la fédération.

Samira Messad a affirmé ces derniers mois, sur les réseaux sociaux (à partir de dires recueillis par elle tant à la CNAD  qu’à la fédération algérienne d’athlétisme) que des athlètes de haut niveau auraient été pris dans les filets de la lutte antidopage et auraient bénéficié de l’indulgence fédérale qu’elle sollicitait en vain

Des discussions qu’elle eut avec le président de la FAA, elle comprit cependant qu’elle ne devait rien espérer de lui. Elle ne savait d’ailleurs pas, ne se doutait pas de ce qui se tramait dans son dos. Elle l’apprendra ses dépens. Bien plus tard, une année après, au début de l’année 2017. Plus exactement, au mois de février 2017. Quand il sera trop tard pour faire face sereinement aux intrigues et manigances.

En ce mois de décembre de l’année 2015, lorsqu’est prononcée la sanction de suspension, il faut avoir à l’esprit que la fédération algérienne est quasiment décapitée. Cela on l’oublie trop souvent.

Amar Bouras, le président de la fédération, est débordé par ses nombreuses activités et par les multiples voyages comptabilisés par ses contradicteurs. Son emploi du temps boulimique est accaparé également par sa fonction de président de la commission de la FAA en charge du « parrainage, sponsors et relations extérieures » qui absorberait la majeure partie de son temps. Il est aussi préoccupé par les challenges nationaux de courses sur route et de cross-country dont il a fait les chevaux de bataille de son mandat et le support des actions de sponsoring.

En outre, il est le premier vice-président du comité olympique algérien. Il démissionnera de cette fonction après les jeux olympique de Rio de Janeiro 2016, après avoir dirigé, pendant quelques mois, l’instance olympique et la préparation olympique, en l’absence du président Mustapha Berraf amoindri par un AVC (accident cardio-vasculaire).

Pour faire bonne mesure dans….. la démesure, il aurait été également le conseiller du président de la fédération algérienne de cyclisme dont la traduction en commission de discipline de l’instance olympique fut à l’origine de sa démission. Il fut aussi par ailleurs le manager d’une équipe de coureurs cyclistes. Celle à laquelle aurait appartenu Hichem Chaâbane, le cycliste surpris dopé (à deux reprises, à quelques jours d’intervalle) en 2015.

Les adversaires de Bouras évoquent aussi, lorsqu’ils veulent l’atteindre, les liens spéciaux qu’il entretiendrait avec une agence de communication  présente sur le marché sportif et en athlétisme.

Ces liens nous entraînent inéluctablement au cœur de l’organisation du marathon international d’Alger. Créé, organisé par une autre agence évènementielle ayant pignon sur rue, le marathon international d’Alger avait acquis un succès mérité.

Cette agence, réputée pour son sérieux et son expérience dans l’organisation de courses sahariennes à impact touristique international et l’organisation de stages à destination des équipes professionnelles de football et d’autres disciplines sportives, a été dépossédée de l’organisation du marathon par la fédération. On dit que celle-ci était jalouse à la fois de la réussite échappant au contrôle fédéral et de l’essor international de la course sur route au parcours tracé dans les rues de la capitale.

L’agence de communication proche du président Bouras en a repris l’organisation. Avec l’insuccès que l’on connait. Les reports succèdent aux annulations. En toile de fond à cet déboire, l’absence d’un montage financier conséquent, des prêts consentis par des instances sportives nationales non remboursés ou l’étant avec d’énormes difficultés. C’est aussi, une organisation sur laquelle viendra se greffé l’affaire, déraisonnable à tous points de vue, dite du transpondeur.

A cette même époque, le secrétaire général de la fédération algérienne d’athlétisme, Rezki Azaoun, échappa à une fin funeste. Un infarctus du myocarde pendant le marathon international d’Alger l’avait envoyé sur un lit d’hôpital et l’obligea à délaisser provisoirement ses fonctions.



mercredi 25 octobre 2017

Samira Messad (78), Les fédérations à la source des rumeurs ?

Cet article du code national de la lutte contre le dopage inspiré du code mondial édicté par l’AMA parait avoir prévu la situation que connaissent en Algérie (et en bien d’autres pays) les affaires de dopage comme celles de Samira Messad, de Souad Aït Salem et des cinq cyclistes. Une situation qui est celle  des manquements à l’obligation confidentialité.
Nous devons relever que le commentaire sur l’article 14.1.5 du code national, stipule que la CNAD  doit prévoir, dans ses propres règles antidopage, « des procédures relatives à la protection des informations confidentielles, aux moyens d’investigation et aux sanctions relatives à la    communication inappropriée d’informations confidentielles par un employé ou un mandataire de l’organisation antidopage ».
Il est clair que, du point de vue de cet article 14.1.5, la règle de confidentialité n’est  opposable qu’à la CNAD, à ses activités, à ce qui se passe au sein de ses locaux et dans son groupe de collaborateurs.
La CNAD n’est en aucune façon engagée par les dérèglements, les transgressions pouvant survenir ultérieurement ou en dehors de sa sphère d’intervention, de son périmètre d’activités et de responsabilités directes.
En toute légalité, la CNAD (comme toutes les agences nationales de lutte antidopage de par le monde) ne voit pas au-delà de ses obligations et se comporte en Ponce Pilate se  lavant les mains des errements, des actes et déclarations des autres.
Toutefois, si elle n’est pas responsable des fuites provenant des autres institutions sportives, la CNAD est cependant mise dans l’obligation de s’organiser, de se donner les moyens procéduraux pour   parer aux « fuites » conduisant à ces rumeurs dont nous avons tant parlé et qui fleurissent en quantité quasiment industrielle. Des rumeurs qui, en fin de compte, ternissent sa respectabilité et non celle des fédérations et autres instances sportives non assujetties à ces règles.  
Un examen des dispositions dont elle se serait dotée devrait éclairer les modalités prises pour une  application par les autres acteurs (fédérations, ministère de la jeunesse, comité olympique).
Donc, depuis le 6 décembre, Samira Messad est une athlète dopée et sanctionnée. Comme à toutes les  autres parties, le code national lui accorde la possibilité de déposer un pourvoi devant la commission d’appel  de la CNAD qui est le premier recours possible (en vertu de l’article 13.2.2) pour un athlète de niveau national.
A l’annonce de la sanction de 12 mois de suspension, Samira Messad, abattue par une éventualité qu’elle n’avait pas considéré à sa juste importance, a d’abord tempêté, rué dans les brancards, puis fait des pieds et des mains pour comprendre et ensuite trouver la possibilité de faire effacer la sanction. Une pratique faisant partie des mœurs algériennes. Nous savons que ceux auprès de qui elle s’est informée, qu’elle a contacté l’ont dissuadé de faire appel à la décision.

Amar Bouras, le président de la fédération, a été un de ceux vers lequel elle a été orientée. Pour qu’il lui accorde un éventuel pardon prenant la forme d’un étouffement, une non-application de la sanction prononcée. Le père de Zahra Bouras s’est voilé dans les oripeaux de président respectueux de la réglementation.

Il lui fit connaitre sa position de père outragé par la même infamie infligée à sa fille Zahra. Il lui indiqua qu’il avait été dans l’incapacité, quelques deux années plutôt, de faire changer la décision de suspension de deux ans prononcée. Samira Messad fut éconduite. Sans ménagement comme le montre les commentaires de Bouras sur les réseaux sociaux!

Samira Messad retiendra de ce refus que si la fille du président a été suspendue pendant deux années, elle aurait continué à bénéficier des avantages liés au statut d’athlètes d’élite. Zahra Bouras détenait le titre de championne d’Afrique du 800, prétendait au doublé et à battre le record national de l’icône du demi-fond féminin algérien, Hassiba Boulmerka.

Larbi Bouraâda profita aussi des largesses fédérales. Cet athlète, spécialiste du décathlon, était entraîné par Ahmed Mahour Bacha, l’ami et compagnon de route du président Bouras. Cet entraîneur fut celui de Zahra Bouras avant que n’intervienne une séparation suivie du passage de la spécialiste de 400-800 sous la coupe de son père.  Quelques mois avant le contrôle positif des deux champions.





lundi 23 octobre 2017

Samira Messad (77), Un délai irraisonnable de délibération

Sur le plan de la sémantique, la formule employée par le code national implique une décision rapide puisqu’elle doit être prise « à la fin de l’audition » ou peu de temps après cette audition. Une forme de mise en délibéré qui ne peut, crois-t-on, durer éternellement.
L’extensibilité, l’élasticité de la notion de temps fait partie des habitudes sociales algériennes. On comprendra  donc aisément que deux mois (53 jours) sont équivalents, en tous points de vue, à l’expression « à la fin de l’audition » et représente un délai ultérieur tout  à fait raisonnable quand la décision doit être prise à la fin de l’audition. Dans le cas de Samira Messad le 7 octobre. Une semaine pour délibérer à huis clos et 53 autres jours pour rédiger et finaliser la décision.
Nous devons admettre que ce présumé « délai ultérieur raisonnable » est indispensable, dans la configuration administrative de la prise de décision, pour la production d’un document respectueux de la forme et du fond. Que dire lorsque le document est susceptible (si recours il y a) d’être présenté devant une juridiction d’appel dont, en fin de processus, le TAS (tribunal arbitral sportif).
Nous dirons que, au vu de la qualité formelle de la documentation, le « délai ultérieur raisonnable » a été mis à profit comme il ne se doit pas…dans la perpétuation de la tradition de l’approximation suffisante, du sauver les apparences.
Nous pourrions expliquer la lenteur de la fin de la procédure disciplinaire par de nouvelles investigations entreprises consécutivement à la présentation d’éléments nouveaux au cours des deux séances d’audition. Cela ne semble pas avoir été le cas. Du moins, le compte-rendu des délibérations, les justifications explicatives de la mansuétude de la commission, n’en fait pas mention pour que cela puisse être pris en considération.
Depuis le 26 août, date de la notification du résultat d’analyses anormal, Samira Messad était une athlète soupçonnée de dopage passible d’une suspension incontournable.
A partir du 6 décembre 2015, elle change de statut. Par la décision de la commission de discipline de la CNAD, elle devient une athlète dopée et à ce titre, elle écope d’une suspension d’activité athlétique de 12 mois. Une sanction atténuée comparativement à la sanction prévue par le code national de la lutte contre le dopage et par l’AMA.
Nous avons vu que, dès les premiers jours, le traitement du dossier a fait l’objet de nombreuses anomalies dont la plus importante est celle du lieu intriguant du prélèvement passé étrangement inaperçu de tous. Jusqu’à présent, la majorité des bizarreries  sont imputables à la CNAD.
La question de la sacro-sainte notion de confidentialité est revenue en permanence sur le tapis. Elle est l’objet de l’article 14.1.5 du code national indiquant que les organisations destinataires de ce type d’informations (la fédération en fait partie) « ne devront pas les révéler à des personnes autres que celles ayant besoin de les connaître (…) jusqu’à ce que l’organisation antidopage responsable de la gestion des résultats les ait rendues publiques ».  
Les informations astreintes à la règle de confidentialité sont ciblées à l’article 14.1.3  (« Contenu de la notification d’une violation des règles antidopage ») et 14.1.4 (« Rapports de suivi »). Pour simplification, ces informations sont en étroites relations avec le contenu du dossier remis à la concernée pour présenter sa défense et le procès-verbal de la commission de discipline.
Nous constaterons également que l’entier dossier de l’affaire n’est pas remis à la fédération ou aux autres organisations (IAAF et AMA). Cette remise se fait uniquement que si elles en font la demande expresse, dans les conditions décrites à l’article 14.2.2, delle d’un appel à la décision : « Une organisation antidopage autorisée à faire appel d’une décision reçue en vertu de l’article 14.2.1 peut, dans les 15 jours suivant la réception de la décision, demander une copie de l’intégralité du dossier relatif à cette décision ».

Nous comprenons mieux pourquoi toutes les informations portées par la rumeur sont parcellaires, incomplètes. Hormis la CNAD et le sportif concerné, personne ne dispose de la totalité des informations. La fédération et les autres instances n’en disposant pas, le robinet à fuites est fermé…à la source.